1ère séance : Amnisitie des faits commis lors de mouvements sociaux
Accueil > Les députés > M. André Chassaigne
Puy-de-Dôme (5e circonscription)
Mandat en cours

Président du groupe Gauche démocrate et républicaine
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M. André Chassaigne interroge M. le ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche, sur le service public maritime de continuité territoriale entre le continent et la Corse. Des moyens financiers doivent être attribués par l'État à la collectivité territoriale Corse, au titre de la dotation spécifique de continuité territoriale, afin qu'elle puisse procéder à l'attribution de la prochaine délégation de service public du transport maritime entre le continent et la Corse pour une durée de dix ans. En décembre 2013, la DSP en cours arrivera en effet à son terme. À l'issue de la procédure d'appel d'offres visant à son renouvellement, l'Assemblée de Corse doit prochainement se prononcer. Selon le président de l'Office des transports de la Corse (OTC), le groupement CMN et SNCM est le seul à avoir fait une offre techniquement recevable. Mais elle est économiquement intenable dans le contexte financier de l'OTC dont la dotation a été gelée depuis 2009 alors que le prix du combustible a plus que doublé, sans compter l'inflation des autres coûts d'exploitation liés au contrat de délégation de service public. Le conseil d'administration de l'OTC a dû voter un budget 2013 en déséquilibre avec un déficit de 15 millions d'euros. Dans le même temps, l'offre commune de la SNCM et la CMN est fragilisée. D'une part, la Cour européenne exige de la SNCM le remboursement de 220 millions d'euros d'aides publiques déclarées incompatibles avec la « libre concurrence ». D'autre part, des incertitudes pèsent sur la structure de son capital toujours détenu à 25 % par l'État et à 66 % par Transdev que contrôle majoritairement la Caisse des dépôts. La CDC et Transdev refusent en effet de rester au capital de la SNCM malgré les demandes unanimes des présidents et élus de l'assemblée de Corse, et de nombreux élus de PACA et Marseille. Dans ces conditions, se dessine un risque d'appel d'offres infructueux et de lourds plans sociaux. Une telle issue serait dramatique pour les salariés des compagnies CMN et SNCM historiquement en charge du service public qui a été déstabilisé par une logique concurrentielle soutenue par les fonds publics de la solidarité nationale. Les résultats négatifs de la CMN et de la SNCM en découlent, tout comme le vieillissement des navires sur la desserte de service public, l'accroissement des risques liés à la sécurité du transport maritime et les atteintes à l'environnement (Corsica ferries a été condamné pour dégazage en zone protégée au large du Cap corse). Face à cela, le Gouvernement doit faire connaître sa politique en faveur du service public maritime de continuité territoriale entre le continent et la Corse et pour la marine marchande française dont la pérennité et le développement passent par la consolidation des capacités et de l'activité des deux compagnies CMN et SNCM, qui emploient 4 000 personnes en Corse et sur le continent. Il l'interroge sur son engagement en faveur du service public, de l'industrie et de l'emploi maritime français avec le pavillon français de 1er registre. Il demande sa position sur la réindexation de l'enveloppe de continuité territoriale indispensable à l'attribution de la prochaine délégation de service public 2014-2023 votée par l'assemblée de Corse, sur le maintien au capital de la SNCM de la Caisse des dépôts et consignations via Transdev (alors que Veolia environnement se débarrasse de toute activité transport), sur sa volonté de lancer, avec un plan de financement et des mesures fiscales adaptées, un programme de renouvellement de flotte à la SNCM et la CMN, nécessaire au service public entre le continent et la Corse comme pour les lignes du Maghreb. Il demande de lui préciser les mesures mises en œuvre pour faire appliquer toute la réglementation française, notamment en matière sociale et fiscale, à Corsica ferries, compagnie « low cost » basée à Bastia dont les navires naviguent tous sous pavillon international italien équivalent au RIF, pavillon français pourtant interdit sur les lignes à passagers. Il demande aussi si le Gouvernement compte faire valoir les intérêts publics de la France face à la décision de la Cour européenne concernant la SNCM.
Voir la questionM. André Chassaigne attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre du redressement productif, chargée des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique, sur les difficultés à conserver son numéro de téléphone fixe si l'on change d'opérateur. Aujourd'hui, lorsqu'on change d'opérateur, il est plus simple de garder son numéro de mobile que celui de son téléphone fixe. Tout abonné a pourtant le droit de conserver un numéro fixe comme un numéro mobile. Or dans les faits, des procédures complexes sont mises en oeuvre pour gérer cette portabilité. Outre les erreurs de manipulation de fichiers, certaines boutiques expliquent que le numéro fixe reste la propriété de son ancien opérateur. De nombreux usagers ignorent ainsi qu'ils peuvent garder leur ancien numéro. L'ARCEP est pourtant propriétaire de tous les numéros puisque c'est elle qui les attribue par blocs aux opérateurs qui lui versent en échange une redevance. De plus, cette portabilité n'est pas toujours possible, la France étant découpée, depuis 1996, en cinq zones de numérotation. Il est donc impossible, par exemple, de garder un numéro fixe commençant par un 01 (Paris et l'Île-de-France) si l'on part vivre dans une autre région où le numéro débute par un autre préfixe (de 02 à 05). Il lui demande si des mesures sont mises en oeuvre par l'ARCEP pour permettre et simplifier la conservation de son numéro fixe lors d'un changement d'opérateur, visant notamment à raccourcir les délais. Il demande aussi si de nouvelles règles ne pourraient pas permettre de conserver son numéro alors que la numérotation nationale sépare la France en cinq zones.
Voir la questionM. André Chassaigne attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre du redressement productif, chargée des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique, sur la protection des données personnelles des internautes. Les données liées à une personne sont une mine d'or pour faire du commerce : état civil, coordonnées postales et électronique, coordonnées bancaires, derniers achats effectués, adresse IP de l'ordinateur, sites et pages consultés, contenu de certains messages... Un internaute laisse de multiples informations que les professionnels du marketing utilisent en analysant les goûts et habitudes pour mieux répondre à la demande et s'adapter aux usages. Pour protéger ses données, l'internaute peut modifier des paramètres de son ordinateur, de son smartphone et des logiciels. Mais il ne peut éviter la transmission de certaines données, indispensables pour participer à des réseaux sociaux, laisser de commentaires sur les sites, décrire par courriel son litige au service après-vente d'une entreprise, etc. Les internautes ne savent pas à qui leur informations sont transmises et vendues, comment elles sont exploitées, quel degré de connaissance les administrations et les entreprises ont d'eux. À l'extrême, ce sont des armes dans les mains d'usurpateurs des identités à des fins malhonnêtes. Aussi, face à la puissance de l'économie numérique, la protection de « l'individu numérique » est indispensable pour redonner aux utilisateurs les moyens de gérer leurs informations personnelles. Il lui demande si des actions sont projetées ou mises en oeuvre pour évaluer les données accumulées par les entreprises, obtenir la restitution partielle d'informations, réglementer « le droit à l'oubli ». Il souhaite savoir si un projet de loi est en préparation pour que soient respectées en ce domaine la vie privée et la liberté individuelle.
Voir la questionM. André Chassaigne interroge Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur les modalités de versement des pensions de retraite pour les personnes partant à la retraite à l'âge de 65 ans. Lors du départ à la retraite, la date d'effet de la pension est le 1er du mois suivant la date anniversaire. Ceci s'applique également pour certains régimes de retraite complémentaire. Ce mode de calcul ne sanctionne pas les retraités qui peuvent choisir leur date de fin d'activité. Mais il engendre une pénalité pécuniaire pour les personnes qui sont mises à la retraite à l'âge de 65 ans. Ainsi, sont pénalisés les plus démunis, les plus fragiles, ceux dont la carrière a été chaotique, qui ont malheureusement connu de longues périodes d'inactivité et qui sont contraints d'attendre la date butoir de 65 ans pour bénéficier d'une pension de retraite au taux de 50 %. Ainsi, une personne native du 2 mars aura l'octroi de sa pension le 1er avril suivant son 65eme anniversaire, ce qui engendre une amputation de 29 jours. La sanction financière encourue est donc fonction du jour de naissance de la personne retraitée. Cette situation est très mal vécue par les personnes en grande difficulté financière. Il faut donc créer un dispositif visant à combler le manque à gagner crée par ce mode de calcul ou supprimer la période de carence. Il lui demande son avis sur l'instauration d'un dispositif permettant d'obvier à la période de carence engendrée par le mode de calcul actuel pour les personnes partant à la retraite à l'âge de 65 ans.
Voir la questionM. André Chassaigne attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt sur la mise sur le marché de pesticides déclarés nocifs. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a adressé plusieurs lettres, depuis août 2012, à la Direction générale de l'alimentation (DGA) pour attirer son attention sur des anomalies concernant les autorisations de mise sur le marché (AMM) de pesticides dont la toxicité est avérée. Les avis rendus par l'Anses n'ont pas été pris en compte pour une quarantaine d'AMM. La DGAL a en effet maintenu sur le marché, sans modification des conditions d'emploi, des préparations ayant fait l'objet d'un avis défavorable, général ou partiel, à l'occasion du réexamen communautaire. De très nombreux pesticides, ou usages de pesticides, restent ainsi autorisés alors qu'ils devraient être interdits car non conformes aux exigences de la législation en vigueur. Il s'agit notamment de cinq désherbants, dont plusieurs à des fins de jardinage, et deux insecticides. Il lui demande quelles décisions il a prises pour que toute la vérité soit faite sur les dysfonctionnements de son administration.
Voir la questionM. André Chassaigne attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social sur les conditions de travail et de sécurité des personnels salariés en sous-traitance dans le secteur du nucléaire civil. L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a récemment recommandé un encadrement de la sous-traitance en cascade pour l'ensemble des activités du secteur nucléaire civil. Déplorant que « dans certains cas, il pouvait y avoir jusqu'à 8 niveaux de prestataires », l'Office juge que de telles pratiques « font froid dans le dos car la multiplication des niveaux est source de lourdeurs et d'erreurs. Elle conduit à une dilution extrême des responsabilités et s'avère difficile à identifier ». Ces conclusions confirment les inquiétudes exprimées par la fédération CGT mines-énergie sur le fait qu'EDF a privilégié la sous-traitance, plutôt que la formation des agents, sur certains métiers décisifs en matière de sécurité (robinetiers, chaudronniers...). Cette logique mercantile a conduit EDF à sous-estimer les conséquences sur la sécurité des installations et sur la santé des salariés. Ainsi, le chantier de l'EPR à Flamanville est révélateur de ces dérives. Plusieurs milliers de salariés, dont un fort pourcentage d'intérimaires et d'étrangers, y travaillent pour 150 entreprises. Pour la seule année 2010, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) y a recensé 112 accidents du travail, dont plus de 40 % n'ont fait l'objet d'aucune déclaration. Des entreprises d'intérim s'affranchissent du droit du travail, en toute impunité, en faisant appel à une main-d’œuvre étrangère totalement corvéable. Le maître d'ouvrage du chantier, EDF, laisse se développer de telles pratiques au prétexte qu'il ne peut s'immiscer dans la gestion des groupes industriels travaillant sur le site. En conséquence, il souhaite connaître les mesures prises par lui pour que les conditions de travail et la sécurité sanitaire des salariés travaillant sur le site de Flamanville soient en conformité avec la législation nationale. Plus largement, pour toutes les activités liées au secteur nucléaire, il désire savoir quelles mesures législatives sont envisagées pour mettre un terme aux activités sous-traitées et permettre une prévention efficace, ainsi qu'un suivi obligatoire et indépendant, de tous les salariés en activité sur les sites nucléaires.
Voir la questionM. André Chassaigne attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt sur les conditions de l'élevage intensif des vaches laitières. La France compte près de 3,6 millions de vaches laitières. Dans des élevages de plus en plus nombreux, les vaches sont enfermées en bâtiment toute l'année, sans la possibilité de brouter l'herbe en prairie, avec de fréquents problèmes de santé dus aux soins inadaptés et aux mauvaises conditions de vie, de logements et d'alimentation. Pour atteindre une forte production, leur alimentation doit être de plus en plus élaborée à base de concentrés, riches en énergie. Un régime à base d'herbe et le pâturage sont dès lors moins rentables. Bien que la plupart des vaches laitières soient encore élevées dans des systèmes au pâturage, il existe une forte tendance au développement de fermes-usines. Ces élevages excluent l'accès des vaches au pâturage et exigent des rendements difficilement compatibles avec la santé et les besoins comportementaux des animaux. Cette course au gigantisme trace une voie dangereuse avec de nombreuses implications négatives, non seulement sur le bien-être animal, mais aussi sur l'environnement, les paysages et l'avenir des éleveurs eux-mêmes. Le projet gigantesque de « ferme des 1 000 vaches », en Picardie, sera par exemple couplé à un méthaniseur valorisant les excréments pour produire de l'électricité, avec pour conséquence un abaissement du prix de vente du lait produit. C'est la disparition programmée des productions laitières traditionnelles. Pour éviter de telles dérives, préserver l'avenir des producteurs locaux et permettre une meilleure protection des vaches laitières, les systèmes d'élevage très intensifs devraient être soumis à des règles de fonctionnement extrêmement strictes, voire interdits dans certaines conditions. Il lui demande de rendre publiques les initiatives qu'il a prises, ou compte prendre, afin d'encadrer les conditions d'élevage intensif des vaches laitières en France et en Europe.
Voir la questionM. André Chassaigne attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre du redressement productif, chargée des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique, sur les effets des ondes électromagnétiques. Une étude sur des rats, conduite par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et l'université de Picardie Jules-Verne, conclut à des « effets réels des ondes sur le métabolisme ». Cependant, les animaux soumis à cette expérience n'auraient été exposés qu'à une seule fréquence. Or une étude effectuée en 2008, en Suède, concluait à des résultats beaucoup plus inquiétants sur la perturbation du système immunitaire. Il demande si elle a sollicité d'autres organismes pour effectuer des recherches prenant en compte la multiplicité des fréquences sur le métabolisme.
Voir la questionM. André Chassaigne interroge M. le ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche, sur l'importation de poissons interdits à la consommation. Depuis 2002, la Suède n'est plus autorisée à exporter de poisson pêché dans la Baltique, l'Union européenne l'estimant dangereux pour la santé à cause de niveaux de dioxines supérieurs aux limites autorisées. Sa consommation reste cependant autorisée sur son territoire ainsi qu'en Finlande et en Lettonie. Un importateur français a pourtant reconnu avoir fait entrer en France du saumon suédois pêché en mer Baltique. L'entreprise a confirmé avoir importé 103 tonnes en 2011 et 2012. Il a été revendu à des transformateurs qui approvisionnent la grande distribution. Il s'est donc retrouvé dans des rayons d'enseignes de la grande distribution. Il l'interroge sur les mesures mises en œuvre pour contrôler les importations de poissons et pour que soit respectée l'interdiction de consommation de certains produits pêchés en mer polluée.
Voir la questionM. André Chassaigne interroge M. le ministre délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants, sur le déroulement des cérémonies du 19 mars. Alors que le 19 mars vient officiellement d'être reconnu comme « Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc », il attire l'attention sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées les cérémonies du 19 mars 2013. En effet, la déclaration scandaleuse d'un ancien ministre de la République, refusant d'appliquer la loi, est une grave entorse au pacte républicain. Elle s'oppose de fait à la circulaire du 13 février 2013, dans laquelle M. le ministre avait demandé aux autorités préfectorales qu'une cérémonie officielle soit organisée dans le chef-lieu de chaque département. Cet évènement est d'autant plus inquiétant qu'il s'inscrit dans un climat délétère où les partisans de l'Algérie française donnent de la voix tandis que se multiplient les tentatives de réhabilitation des putschistes de l'OAS. De plus, la circulaire est marquée par plusieurs insuffisances dans la mesure où elle n'affiche aucune autre exigence que l'organisation d'une cérémonie au chef-lieu départemental. Ainsi, dans de très nombreuses communes, les élus et les associations d'anciens combattants ont déploré l'absence de corps constitués durant la cérémonie. En conséquence, il souhaite connaître les mesures qu'il compte mettre en œuvre afin de ne pas laisser se reproduire les graves manquements républicains constatés lors de cette première commémoration officielle. Il souhaite connaître précisément les futures décisions ministérielles afin que l'ensemble des corps constitués affichent une présence visible et sans ambiguïté à l'occasion des prochaines cérémonies.
Voir la questionM. André Chassaigne interroge M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt sur la vague de suicides à l'ONF. De nombreux suicides touchent l'ONF depuis plusieurs mois. Le 12 février 2013, à La Réunion, cette réalité a pris un tournant particulièrement douloureux avec le geste désespéré d'un agent forestier qui a abattu le secrétaire général de la direction avant de retourner l'arme contre lui et de se donner la mort. L'ensemble du personnel a été profondément affecté par cette tragédie. Pour la première fois, un agent s'en prenait directement à sa hiérarchie. Un tel drame ne peut être considéré comme un fait divers. Il exige une analyse globale de la situation professionnelle des personnels de l'Office. Le mal-être dans lequel vivent quotidiennement les agents a d'ailleurs été mis en exergue par un audit socio-organisationnel, réalisé en fin d'année 2012 au sein de l'ONF. Ce résultat confirme la nocivité des politiques de restructurations, conduites sans discontinuer depuis les dernières années, et contre lesquelles les organisations syndicales se sont dressées en interpellant, à plusieurs reprises, la direction générale. Les suicides et tentatives de suicides, dont le nombre s'amplifie dans l'ensemble des catégories d'agents de l'entreprise publique, démontrent pourtant que les directions successives et le ministère de tutelle ne peuvent plus se dédouaner en qualifiant ces gestes désespérés « d'actes isolés ». En effet, au nom de la rentabilité, les réductions d'effectifs à répétition et l'organisation du travail, marquée par l'individualisation et la déshumanisation des relations, sont clairement identifiées comme les causes essentielles de la désespérance vécue par les agents. Dans son rapport pour avis sur la forêt, concernant le projet de loi de finances pour 2013, il a analysé cette situation et développé des propositions, sans retour de l'administration concernée. Face à l'urgence de la situation, il désire savoir quelles sont ses intentions pour apaiser la souffrance des personnels et s'il est disposé à ouvrir, dans un délai rapproché, des négociations sérieuses avec les organisations syndicales sur les questions décisives des effectifs et du système de management.
Voir la questionIntervention en séance publique
Intervention en séance publique
M. André Chassaigne interroge M. le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social sur les tentatives d'expulsion des organisations syndicales de leurs locaux. Des municipalités tentent d'expulser les organisations syndicales territoriales des locaux mis à leur disposition. C'est notamment le cas dans deux villes de la région Centre, Chartres et Châteauroux. En France, la mise à disposition gratuite de locaux aux organisations syndicales a été décidée en reconnaissance de la nature et du rôle qu'elles ont joué dans la résistance. Dans un contexte, non plus de guerre mondiale, mais de période de licenciements massifs, de délocalisations, où les droits des salariés sont trop souvent bafoués, il est intolérable qu'une chasse aux sorcières soit orchestrée à l'encontre des organisations syndicales, défendant les ouvriers qui n'ont que pour seul recours gracieux, la disponibilité des représentants syndicaux. Il n'est pas acceptable, alors que le Gouvernement parle de dialogue social, que des municipalités le musellent en empêchant l'existence des organisations syndicales sur leur territoire. Il lui demande si des mesures concrètes seront mises en œuvre afin de faire cesser les tentatives d'expulsion des organisations syndicales de leurs locaux.
Voir la questionM. André Chassaigne interroge M. le ministre de l'économie et des finances sur les conséquences de la RGPP et de la RéATE dans les missions des agents de la DGCCRF. Les mises en oeuvre de la révision générale des politiques publiques et de la réforme de l'administration territoriale de l'État ont eu des conséquences désastreuses pour les services déconcentrés de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et leur fonctionnement. Elles ont généré des difficultés majeures incompatibles au bon fonctionnement de ce service. Les effectifs présents sur les territoires sont désormais répartis dans deux services distincts : les directions régionales des entreprises, de la concurrence, du travail et de l'emploi, employant environ 25 % du total des agents affectés à la DGCCRF, et les directions départementales de la protection des populations ou les directions départementales de la cohésion sociale et de la protection des populations, occupant le restant des agents, soit environ 75 %. Les agents ont pour missions, la régulation concurrentielle des marchés, la protection économique des consommateurs ainsi que leur sécurité. Plusieurs récents rapports ont démontré l'inefficience des dernières réformes qui ont conduit à cette séparation des différents agents de la DGCCRF. En effet, les pilotages de l'État sont adressés au pôle C de la DIRECCTE qui ne dispose d'aucun pouvoir hiérarchique sur les DD(CS)PP. La diminution d'effectif, la régionalisation de certains d'entre eux, le renforcement d'activités administratives pour d'autres entraînent un fort amoindrissement de la présence physique sur le terrain. Dès janvier 2009, les organisations syndicales (CGT, CFDT, FO et Solidaires) avaient pourtant dénoncé l'invraisemblance de la structure administrative issue de la RGPP et de la RéATE, arguant que le faible nombre d'agents de la DGCCRF présent au sein des deux structures affaiblirait l'activité globale de la DGCCRF. Il lui demande quelles actions seront menées afin de donner aux agents de la DGCCRF les moyens utiles et nécessaires leur permettant d'accomplir leur mission avec efficacité.
Voir la questionM. André Chassaigne interroge M. le ministre de l'économie et des finances sur l'impact des réductions d'effectifs au sein des douanes. Les services des douanes assurent un service public de qualité tant en matière de répression que de conseil. Cependant, force est de constater que la réduction des effectifs, engendrée par la RGPP puis par la modernisation de l'action publique a fortement perturbé l'efficacité des douaniers sur le terrain. Ainsi la direction interrégionale Rhône-Alpes-Auvergne s'est vue amputée de plus de 200 agents, durant les cinq dernières années. Il est important également de s'interroger sur les conséquences, en termes d'emploi, qui résulteront de la mise en oeuvre du plan stratégique douane 2014-2018, actuellement en cours d'élaboration. Dans un contexte où les stupéfiants font de plus en plus de ravages notamment chez les jeunes, où des objets contrefaits envahissent les étals, pénalisant très fortement les industries françaises, un service douanier capable de faire face à ces trafics lucratifs est pourtant indispensable. La taxe poids-lourds qui rentrera en vigueur le 1er octobre 2013 générera une activité supplémentaire pour les douaniers. Il est primordial de ne pas dépasser le seuil critique en-dessous duquel les douaniers n'auront plus la possibilité de remplir leurs missions. Dans ce contexte, l'intersyndicale douanière dénonce une rupture de dialogue avec la direction générale des douanes et droits indirects. Il lui demande de faire renouer le dialogue entre l'intersyndicale douanière et la direction générale des douanes et droits indirects et d'établir un moratoire sur les conséquences des réductions de moyens humains et budgétaires sur le fonctionnement des douanes.
Voir la questionM. André Chassaigne attire l'attention de M. le ministre de l'économie et des finances sur la possibilité de lever le monopole de vente des pièces détachées automobiles. En effet, l'Autorité de la concurrence, dans son communiqué du 8 octobre 2012, a émis un avis favorable à la levée « progressive et maîtrisée » du monopole des pièces détachées dites « visibles », non mécaniques. Une loi, suivie d'un décret pour ce qui concerne l'échéancier, pourrait supprimer le monopole sur les pièces détachées dites de réparation, à l'instar de ce qu'ont décidé 11 autres pays européens, dont l'Allemagne. En France, la loi protège toujours cette catégorie de pièces détachées au titre des dessins et modèles et du droit d'auteur, et leur vente et leur production sont donc contrôlées par les constructeurs, tandis que la commercialisation des pièces mécaniques est libre. Le maintien de ce monopole, qui ne peut se justifier également par des raisons de sécurité, a provoqué une hausse importante des prix, de l'ordre de 26 % entre 2005 et 2010, alors que les prix à la consommation ont augmenté de 9,30 % sur la même période. Des organismes de consommateurs ou de professionnels du secteur estiment que l'ouverture à la concurrence ferait baisser les prix de manière significative, peut-être jusqu'à 30 %. La levée de ce monopole pourrait passer par une phase transitoire d'adaptation, notamment pour sauvegarder l'emploi, d'une modification du code de la propriété intellectuelle, et par un accès des équipementiers et des réparateurs indépendants aux données techniques des constructeurs. Il lui demande quelles initiatives il compte prendre pour faire baisser le prix de vente de certaines pièces détachées d'automobile, par la suppression progressive du monopole des constructeurs.
Voir la réponseM. André Chassaigne attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt sur la nécessité de reconduire le règlement sucre dans le cadre de l'Organisation commune des marchés (OCM) unique. Depuis la réforme du régime des quotas applicables au sucre, en 2006, l'industrie sucrière a subi de profondes transformations. C'est ainsi que l'Union européenne, de premier exportateur mondial de sucre, est devenue le premier importateur. Le prix moyen du sucre dans l'Union est à présent plus élevé que la moyenne mondiale et certains États membres connaissent une pénurie de sucre. Les problèmes auxquels font face certains États membres aujourd'hui marquent l'échec de la réforme menée par l'OCM dans le secteur du sucre en 2006-2007, lequel a entraîné une baisse de la production de 6 millions de tonnes et exposé les producteurs et les consommateurs à la spéculation sur les marchés internationaux. Malgré cela, la Commission tente d'acter durablement la fin de la régulation des quantités de production pour le sucre. Après une prise de position favorable de la commission de l'agriculture du Parlement européen, le 23 janvier 2013, les députés européens viennent d'adopter à une très large majorité la reconduction du règlement sucre jusqu'en 2020. Cette prise de position, sur la reconduction pour cinq ans du règlement sucre, est conforme aux attentes de l'ensemble des planteurs de betteraves de l'Union européenne. De plus, toutes les dispositions en matière de quotas, de prix, et de relations contractuelles et interprofessionnelles, sont conservées. À la suite du conseil agricole des 18 et 19 mars 2013 sur la réforme de la PAC et donc sur l'OCM unique incluant le règlement sucre, le conseil agricole informel du 26 mai 2013 à Dublin et le conseil agricole des 24 et 25 juin 2013 doivent permettre de finaliser la réforme de la PAC incluant le futur règlement sucre. André Chassaigne demande à M. le ministre comment il compte agir auprès de ses homologues européens, pour appuyer, dans la continuité du choix des parlementaires européens, la reconduction du Règlement sucre et des quotas sucre après 2014. Il souhaite également connaître sa position sur le réajustement indispensable du système des quotas pour répondre aux besoins de production, de transformation et de consommation dans chaque État membre, en fonction de leur potentiel de production, afin de créer des emplois locaux et de réduire les importations de matière première ou de sucre transformé.
Voir la réponseM. André Chassaigne attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie et des finances, chargé de l'économie sociale et solidaire et de la consommation, sur la situation des ouvriers des parcs et ateliers. Depuis la publication d'un rapport de la cour des comptes de février 2011, tout recrutement d'OPA est interrompu dans les services et établissements publics du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie. Cette interdiction de recruter semble venir d'une consigne du ministère du Budget qui a imposé un moratoire tant que les règles statutaires décrites dans le décret n° 65-382 du 21 mai 1965 ne seraient pas revues. Il souhaiterait savoir pourquoi de telles consignes ont pu être données et pourquoi cette situation perdure. L'absence de recrutements d'OPA pose en effet d'énormes problèmes pour l'exécution de missions techniques et spécifiques concernant la maintenance, l'entretien et la gestion des infrastructures routières, maritimes et fluviales. Le travail sur la révision du décret du 21 mai 1965 risque d'être long, il n'est plus possible d'attendre pour recruter des OPA afin de faire face aux besoins de service public. Il y a aujourd'hui 120 postes vacants dans les services, ces derniers étant fortement demandeurs de recrutements d'OPA. Il lui demande de lever l'interdiction de recruter des OPA et de procéder à des embauches dans les meilleurs délais.
Voir la réponseM. André Chassaigne interroge M. le ministre du redressement productif sur le territoire de Charleville-Mézières. Depuis plusieurs mois, la Poste opère une diminution de sa présence sur le territoire de la ville de Charleville-Mézières. Suite à une agression qui a eu lieu dans le bureau du quartier du Mohon en juin 2012, ce bureau a été fermé. La direction de la Poste décide maintenant de réduire l'amplitude horaire du bureau de Montcy-Saint-Pierre, le laissant uniquement ouvert les matins. Les élus locaux craignent à juste titre que cette réduction d'horaire n'entraîne une baisse d'activité au sein du bureau et que cette baisse, créée artificiellement par La Poste, engendre à son tour une fermeture de ce bureau. Ces diminutions du service rendu aux Carolomacériens et Carolomacériennes sont décriées par les élus locaux. Le conseil municipal a par ailleurs voté un vœu à l'unanimité afin de s'opposer à cette réduction d'amplitude horaire. Ces mêmes élus regrettent profondément le manque de dialogue avec la direction départementale de la Poste, ne respectant pas les termes du contrat de présence postale signé entre la Poste, l'État et l'association des maires de France. La ville de Charleville-Mézières, qui compte plus de 50 000 personnes, souhaite conserver ses sept bureaux de poste avec une amplitude horaire correspondante aux besoins de ses habitants. Il lui demande d'intervenir afin de maintenir un service postal de qualité auquel ont droit les Carolomacériens en réouvrant le bureau de poste de Mohon et en maintenant les horaires actuels de tous les bureaux présents sur le territoire carolomacérien.
Voir la questionAssemblée nationale
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