Accueil > Connaissance de l'Assemblée nationale

 

Secrétariats des groupes et collaborateurs de députés

Document actualisé en novembre 2009

  Les secrétariats des groupes

  Les assistants parlementaires

  

 

Outre le concours des fonctionnaires de l'Assemblée nationale agissant dans le cadre des services décrits par ailleurs, les députés peuvent solliciter la collaboration de personnes qui assurent le secrétariat collectif du groupe dont ils sont membres et recruter des collaborateurs individuels.

Les secrétariats des groupes

I.–   Organisation et financement des secrÉtariats des groupes politiques

1. –   Les collaborateurs des groupes politiques

Chaque groupe politique de l’Assemblée nationale est entièrement responsable de son personnel – qu’il s’agisse du recrutement, de la fixation des rémunérations, des conditions de travail ou des licenciements.

Ces collaborateurs sont d’origine variée : il peut s’agir de jeunes diplômés d’un deuxième ou troisième cycle universitaire, de fonctionnaires d’administration centrale ou territoriale détachés ou encore de personnes venues du milieu associatif.

Leur effectif total s’établit, sous la XIIIe législature, aux alentours de cent personnes.

2. –   Le financement des secrétariats des groupes politiques

Pour gérer son personnel, chaque groupe dispose, sur le plan financier, d’une contribution de l’Assemblée nationale aux frais de secrétariat et des participations consenties par ses membres, sous forme de cessions d’une partie du crédit collaborateur ou de cotisations. Cette subvention a été instituée en 1954, soit plus de vingt ans avant la création du crédit collaborateur.

Sur le plan administratif, les groupes bénéficient depuis 1980 de l’appui technique du service des affaires financières qui calcule les payes des salariés de chaque groupe et les charges sociales et fiscales y afférentes, sur les instructions de leur employeur.

3. –   L’association des présidents de groupe de l’Assemblée nationale

Une association, créée en 1961, regroupe les présidents des groupes politiques de l’Assemblée nationale.

Elle assume, à l’égard des organismes sociaux, les obligations d’un employeur pour ce qui concerne les déclarations des rémunérations et le versement des cotisations.

En pratique, les compétences de l’association sont largement formelles. Néanmoins, elle est immatriculée auprès de l’URSSAF en tant qu’employeur (en lieu et place des groupes dont certains n’ont d’ailleurs pas la personnalité juridique).

Par ailleurs, l’ensemble des salariés des groupes sont affiliés aux mêmes régimes de retraite complémentaire et de prévoyance de cadres ou de non-cadres selon leur statut.

II.–  Missions des secrÉtariats des groupes politiques

Les collaborateurs des groupes politiques relèvent, en règle générale, de l’autorité d’un secrétaire général qui, sous l’autorité du président du groupe, répartit les tâches entre les collaborateurs et assure leur gestion.

Chaque groupe politique arrête librement le choix de son organisation interne, qui dépend en grande partie du nombre de collaborateurs disponibles. La plupart d’entre eux sont en charge du suivi d’un ou plusieurs domaines de l’activité législative: en contact régulier avec les fonctionnaires du secrétariat des commissions permanentes, ils suivent les activités d’une ou plusieurs commissions et contribuent, au sein de leur groupe, à la définition de la position adoptée vis-à-vis des textes en cours d’examen (animation de groupes de travail, préparation de propositions de loi et d’amendements, etc.).

Les assistants parlementaires 

La création de la fonction d’assistant parlementaire (ou de collaborateur de député) remonte à 1975. Elle constitue, d’une certaine manière, l’aboutissement d’un long processus répondant aux souhaits des députés de disposer, à côté de leur indemnité parlementaire perçue comme « un salaire », des moyens humains et matériels leur permettant de faire face aux diverses charges de leur mandat, et venant renforcer ceux qui avaient été accordés collectivement aux groupes politiques.

Plusieurs étapes ont marqué ce processus.

Une indemnité compensant les frais de secrétariat des députés a été créée en 1953 et supprimée en 1958.

L’indemnité d’aide dactylographique, mise en place en 1970, se substitue aux dispositifs introduits en 1968 et qui offraient aux députés la possibilité de se constituer un secrétariat particulier ou d’utiliser les services d’un secrétariat collectif organisé au sein des groupes politiques. L’objet et les conditions de gestion de cette indemnité furent modifiés à plusieurs reprises jusqu’en 1997. À cette date, l’indemnité de secrétariat fut remplacée par l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), destinée à couvrir les dépenses liées à l’exercice du mandat de député qui ne sont pas prises en charge ou remboursées par l’Assemblée nationale : en tant qu’allocation spéciale pour frais, elle n’est pas imposable à l’impôt sur le revenu mais est assujettie à la CSG/CRDS. Son montant brut s’élève, au 1er juillet 2009, à 6 361 € par mois.

La demande des députés ne pouvait se satisfaire d’un soutien se limitant à la seule aide dactylographique, à un moment où les sollicitations pesant sur le mandat parlementaire exigeaient la présence de collaborateurs auprès d’eux, à l’image de ce qui existait dans certains parlements étrangers comme le Congrès américain : c’est ce qui explique la mise en place d’une dotation spécifiquement consacrée au recrutement de collaborateurs particuliers, appelée « crédit collaborateur ».

I.–   Le statut des assistants parlementaires

1. –   Le principe du député-employeur et l’application du droit commun du travail

Le député dispose d’un crédit lui permettant de recruter jusqu’à cinq collaborateurs. Ce crédit mensuel s’élève, au 1er juillet 2009, à 9 066 €.

Le principe de base, qui est en quelque sorte la clé de voûte du système, est celui du député-employeur : le collaborateur est le salarié du député, non celui de l’Assemblée nationale. De ce principe, dont la portée a été renforcée en 2002 par la possibilité offerte aux députés de gérer directement leur crédit collaborateur, découle l’ensemble des règles et dispositifs qui organisent la relation du député avec son ou ses collaborateurs :

-       le député a la qualité d’employeur : il recrute librement ses collaborateurs, licencie, fixe les conditions de travail et le salaire de son personnel, dans le respect des dispositions du code du travail ;

-       les collaborateurs sont recrutés sur la base d’un contrat de travail de droit privé. En règle générale, il s’agit de contrats de travail à durée indéterminée, mais le député peut recruter des collaborateurs sur la base de contrats à durée déterminée (dans les conditions fixées par le code du travail) ou conclure des contrats spécifiques lorsqu’un fonctionnaire est détaché auprès de lui en application des lois portant statut des fonctionnaires. Le contrat à durée indéterminée perdure en cas de réélection du député employeur ; en revanche, il est rompu lors de la fin de mandat du député ou en cas de dissolution ;

-       des contrats types, dont les clauses sont approuvées par les questeurs, sont mis à la disposition des députés par le service des affaires financières. Ils comportent deux stipulations directement liées au mode de gestion du crédit collaborateur : la première, relative à l’objet du contrat, dispose que « l’employeur, agissant pour son compte personnel, engage le salarié qui lui est juridiquement et directement subordonné et a toute sa confiance, pour l’assister à l’occasion de l’exercice de son mandat de député » ; la seconde précise que « la cessation, pour quelque cause que ce soit, du mandat du député employeur constitue une juste cause de résiliation du contrat ».

En cas de différend entre le député-employeur et son collaborateur, le conseil des prud’hommes est seul compétent – comme pour tout litige opposant un salarié et son employeur au sein d’une entreprise privée.

Une organisation de collaborateurs a tenté de remettre en cause le principe du député-employeur en faisant reconnaître par le tribunal d’instance du 7ème arrondissement de Paris l’existence d’une unité économique et sociale entre les députés employeurs de collaborateurs. La requête a été rejetée par un jugement du 21 mai 2002 qui précise que les avantages sociaux et, plus généralement, les conditions de travail des collaborateurs s’apparentent à « une mutualisation des moyens, habituelle au sein d’une même profession » et conclut que « l’absence d’une réelle communauté de travailleurs et d’une unité économique empêchent de reconnaître l’existence d’une unité économique et sociale entre les députés de l’Assemblée nationale ». Ce jugement a fait l’objet d’un pourvoi en cassation. La chambre sociale de la Cour de cassation l’a rejeté par un arrêt du 18 février 2004 en considérant « qu’il n’existe aucune unité de direction sur les collaborateurs parlementaires » et que « les députés composant l’Assemblée nationale ne constituent (donc) pas une unité économique et sociale ».

2. –   Une gestion du crédit collaborateur déléguée au service des affaires financières

Le service des affaires financières de l’Assemblée nationale est le plus souvent chargé de gérer le crédit collaborateur des députés qui signent à cet effet un mandat de gestion.

Le service des affaires financières impute, sur les instructions de chaque député, les rémunérations des collaborateurs et effectue, pour le compte des députés, les actes de gestion tels que l’établissement des bulletins de paye, le paiement des salaires et des charges y afférant, l’élaboration et la transmission aux organismes compétents des déclarations sociales et fiscales. Il n’exerce, à ce titre, qu’une fonction de prestataire de services.

Depuis 2002, il s’agit là d’une simple faculté offerte aux députés. Un petit nombre d’élus ont préféré gérer directement leur crédit collaborateur. Ils reçoivent à ce titre l’équivalent d’une fois et demi le crédit de base pour couvrir les charges patronales.

3. –   La protection sociale des assistants parlementaires

Les collaborateurs salariés relèvent du régime général de sécurité sociale des travailleurs salariés pour les risques maladie, maternité, invalidité, décès, accident du travail et vieillesse, d’un régime de retraite complémentaire de salariés de droit privé et du régime d’assurance chômage. Ils bénéficient des actions de formation professionnelle prévues par le code du travail.

Depuis 1975, une série de mesures ont amélioré la situation des collaborateurs. Outre que leurs rémunérations sont revalorisées en fonction de l’évolution des rémunérations publiques, diverses charges incombant à l’employeur sont financées hors crédit collaborateur, telles que :

-       dès l’origine, les charges patronales sociales et fiscales obligatoires, qui représentent environ la moitié de la rémunération salariale brute imputée sur le crédit collaborateur ;

-       à partir de 1978, les indemnités de fin de contrat (indemnité légale de licenciement et indemnité dite de « précarité », indemnités compensatrices de préavis et de congés payés) allouées aux collaborateurs en cas de cessation du mandat du député-employeur ;

-       diverses dépenses liées à des formations spécifiques délivrées aux collaborateurs (formations dispensées par l’École nationale d’administration depuis 1986 et par le Centre national de la fonction publique territoriale depuis 1991, cours d’anglais depuis 1992), à la médecine du travail et aux frais de transport des collaborateurs pour des trajets entre Paris et la circonscription liés à leurs fonctions.

Par ailleurs, divers avantages accessoires s’ajoutent au salaire de base :

-       la prime de 13ème mois, instituée en 1982 et qui équivaut à un mois de salaire de base ;

-       l’allocation de frais de garde d’enfant âgé de moins de trois ans, instituée en 1988 ;

-       la prime de prévoyance qui s’est substituée en 1998 au remboursement plafonné des frais de mutuelle ;

-       l’avantage repas (prime-repas ou titre-restaurant), instauré en mai 2000.

À l’origine, ces avantages étaient directement pris en charge par le budget de l’Assemblée et le député-employeur pouvait s’opposer à leur versement. Depuis 2002 et à l’exclusion de l’allocation de frais de garde (pour laquelle cette prise en charge subsiste), ils sont imputés sur le crédit collaborateur qui a été revalorisé à due concurrence.

Depuis le 1er janvier 2006, les collaborateurs peuvent percevoir une prime de rappel d’ancienneté prenant en compte celle qui a été acquise auprès du même député entre le 12 juin 1997 et le 31 décembre 2005 et une prime d’ancienneté prenant en compte celle qui est acquise – également auprès du même député – depuis le 1er janvier 2004 : le crédit collaborateur de chaque député est majoré à due concurrence du montant total de ces primes.

Depuis le 1er janvier 2006 également, les collaborateurs remplissant certaines conditions de diplôme et/ou d’ancienneté peuvent accéder au statut de cadre dès lors qu’ils en ont fait la demande écrite à leur député-employeur.

II.–  Les fonctions des assistants parlementaires

Le collaborateur joue le rôle que chaque député lui fixe à l’intérieur de l’équipe qu’il a recrutée : cette situation interdit d’aller au-delà d’observations générales quant aux attributions des collaborateurs.

Certains députés concentrent leur équipe dans leur circonscription, d’autres à Paris, d’autres encore répartissent leurs collaborateurs entre l’Assemblée nationale et la circonscription. On peut considérer que les deux tiers environ des collaborateurs sont attachés à la circonscription du député tandis qu’un tiers travaille au Palais Bourbon.

Les tâches confiées dépendent fondamentalement des besoins du député et des compétences de la personne recrutée :

-       la plupart des collaborateurs se voient confier des tâches d’assistance et de secrétariat comme la tenue de l’agenda, la prise de rendez-vous, la permanence téléphonique et l’assistance à diverses tâches matérielles ;

-       les collaborateurs les plus qualifiés, disposant par exemple de diplômes de second cycle universitaire, apportent de surcroît une contribution qui touche à l’exercice de son mandat par le député : rédaction de discours, préparation de propositions de lois et d’amendements, représentation au sein du groupe politique, etc.