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Élaboration, instruction
et adoption des décisions
de questure
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Points-clés
Dans le cadre de l’autonomie de gestion reconnue par principe aux assemblées
parlementaires et sous la haute autorité du Bureau dont ils sont membres, les
questeurs exercent des pouvoirs étendus en matière financière, comptable et
administrative. Pour accomplir leur mission et prendre les décisions qui
relèvent de leurs compétences, les questeurs disposent notamment des services
administratifs dirigés par le secrétaire général de la Questure, qui a en
charge tous les aspects non législatifs de la vie de l’Assemblée.
Voir également la fiche 21,
70, 71,
78, 79 et
81
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I.– Un organe de dÉcision :
les questeurs
1. – Une institution qui a fêté son bicentenaire en 2003
Comme le rappelle Eugène Pierre dans son Traité de droit politique,
électoral et parlementaire, « de tout temps, les représentants du
pays ont choisi dans leur propre sein des membres chargés de veiller à ce
qu’aucune préoccupation matérielle ne vienne entraver ou troubler la
marche du travail législatif ».
Ainsi, dès 1789, l’Assemblée nationale fixe les missions de ceux qui
allaient être dénommés questeurs par le sénatus-consulte du 28 frimaire
an XII (20 décembre 1803), en référence au rôle administratif et financier
des questeurs de la République romaine.
2. – Les questeurs sont désignés par leurs pairs
Les trois questeurs sont élus par les députés au début de chaque
législature, puis tous les ans au début de la session ordinaire, sauf
celle qui précède le renouvellement de l’Assemblée.
On constate de fait une grande stabilité dans la fonction de questeur.
La désignation des questeurs obéit à un souci de pluralisme tenant compte
des effectifs des groupes de l’Assemblée nationale. En pratique, l’un des
questeurs appartient toujours à l’opposition.
3. – Les questeurs assument une quadruple fonction
Les missions des questeurs découlent du principe de l’autonomie financière
des assemblées réaffirmé par l’ordonnance du 17 novembre 1958. Elles sont
précisées par le Règlement de l’Assemblée nationale et l’Instruction
générale du Bureau.
a) Ils disposent de pouvoirs financiers et budgétaires
Ils établissent et exécutent le budget de l’Assemblée, engagent toutes les
dépenses et en ordonnent le règlement. Ils prennent les décisions
relatives aux marchés publics passés par l’Assemblée nationale.
b) Ils exercent un pouvoir administratif de direction du personnel
et des services de l’Assemblée nationale
Le service du personnel, en charge du recrutement et de la gestion des
personnels de l’Assemblée nationale, relève du secrétariat général de la
Questure.
c) Ils assurent les relations de l’Assemblée avec les députés
et avec l’extérieur
Ainsi, ils mettent à la disposition des députés les locaux et les moyens
matériels nécessaires à l’exercice de leur mandat. Ils sont membres de la
commission chargée d’accréditer les organes de presse et délivrent les
cartes d’accès et laissez-passer ainsi que les autorisations de
photographier et de filmer.
d) Ils diligentent les procédures contentieuses
4. – Les questeurs prennent leurs décisions collégialement
Les décisions des questeurs sont prises collégialement au cours des
réunions de questure qui se tiennent généralement chaque semaine pendant
la session parlementaire, et environ deux fois par mois hors session. La
collégialité est tempérée par l’institution du questeur délégué,
responsabilité exercée à tour de rôle pendant un mois par chacun des trois
questeurs.
Chaque questeur dispose théoriquement d’un droit de veto. Toutefois, en
pratique, les décisions ne donnent jamais lieu à un vote.
Les réunions des questeurs, auxquelles participent les deux secrétaires
généraux, ainsi que le directeur général des services administratifs, sont
aussi l’occasion d’échanges nombreux sur le fonctionnement administratif
de l’Assemblée.
Les questeurs ne sont responsables de leur gestion que devant leurs pairs,
au travers de la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les
comptes.
II.– La prÉparation et la mise
en œuvre des dÉcisions des questeurs
Pour accomplir leur mission et prendre les décisions qui relèvent de leurs
compétences, les questeurs disposent des services administratifs de
l’Assemblée nationale, dirigés par le secrétaire général de la Questure,
et des services communs placés sous l’autorité des deux secrétaires
généraux.
1. – Le secrétariat général de la questure
L’ensemble des activités de questure est coordonné par une cellule
volontairement réduite et légère qui, outre le secrétaire général de la
Questure et le directeur général des services administratifs, comprend un
chef de division et deux secrétaires.
Le secrétariat général de la Questure prépare les réunions des questeurs,
veille, en liaison avec les services à la confection des dossiers soumis
aux questeurs, établit les procès-verbaux, enregistre les décisions et
s’assure de leur exécution ainsi que de la diffusion des décisions prises,
notamment sur les sites Intranet-Extranet « 577 », pour les députés et
leurs collaborateurs et Weban, pour le personnel (rubrique « Nouvelles de
la questure »).
Après chaque réunion de questure, le secrétaire général de la Questure et
le directeur général des services administratifs réunissent les directeurs
des services gestionnaires pour les informer des décisions prises et pour
fixer avec eux leurs modalités pratiques de mise en œuvre.
Ils président fréquemment des groupes de travail constitués sur des
dossiers impliquant plusieurs services.
Les dossiers qui n’entrent pas dans les attributions réglementaires d’un
service administratif sont instruits et suivis par la division du
secrétariat général de la Questure, placée sous l’autorité du secrétaire
général de la Questure et du directeur général des services
administratifs. En outre, le conseiller, chef de la division du
secrétariat général de la Questure est mis à la disposition du président
de la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes et
assure le secrétariat de cette commission.
2. – Les services administratifs et les services communs
a) La direction générale des services administratifs
Le directeur général des services administratifs supplée en tant que de
besoin le secrétaire général de la Questure. Il est notamment chargé de
coordonner les mesures relatives à la sûreté et à la sécurité du Palais
Bourbon et de tous les locaux de l’Assemblée ainsi qu’à la mise en œuvre
des décisions de l’Assemblée nationale agissant en qualité de maître
d’ouvrage. Sont placées sous son autorité :
- la division de l’accueil, de la sûreté et de la sécurité ;
- la division des marchés (cette division étudie et prépare
notamment, en liaison avec les services concernés, les décisions des
questeurs relatives aux marchés publics passés par l’Assemblée
nationale) ;
- la division du secrétariat général déjà évoquée.
b) Les autres services administratifs
Ces services instruisent, dans le cadre de leurs attributions
réglementaires, les dossiers soumis aux questeurs et exécutent les
décisions de ces derniers :
-
le service des affaires administratives générales,
qui comporte deux divisions, la division du secrétariat
(orientation et renseignement des parlementaires et des correspondants
extérieurs, locaux, salles de réunion, moyens de communication) et la
division des transports (bureau des voyages, parc automobile), gère
les différents moyens offerts aux députés pour l’exercice de leur mandat.
Ainsi en matière de locaux, c’est sur la base d’un dossier instruit par le
secrétaire général de la Questure et le service des affaires
administratives générales que les questeurs et les présidents de groupe
arrêtent, lors d’une réunion commune se tenant au début de chaque
législature, la répartition des bureaux et salles de réunion affectés aux
secrétariats de chaque groupe et aux députés. Le service des affaires
administratives générales instruit également pour les questeurs les
demandes de réservation, notamment en vue de colloques, des salles
Lamartine et Victor Hugo de l’immeuble Jacques Chaban-Delmas. Il en est de
même pour les demandes de reportage ou d’interview lorsque ceux-ci sont
réalisés en dehors des lieux librement accessibles aux journalistes
accrédités et des bureaux de député, ainsi que les autorisations de
photographier et de filmer dans les salles, couloirs et cours de
l’Assemblée nationale. Ce service dirige aussi certaines opérations
d’investissement ou de communication décidées notamment par les questeurs
ou y participe ;
-
le service du personnel gère les ressources
humaines de l’Assemblée nationale constituées notamment de quelque 1 350
fonctionnaires. Une division est chargée du recrutement et de la
formation professionnelle, une autre du statut et de la
gestion du personnel. Un conseiller chargé de mission réalise des
études ponctuelles sur des questions de personnel ;
-
le service des achats et des moyens matériels joue
un rôle d’acheteur et de gestionnaire pour des produits et services
extrêmement divers, il gère les restaurants, libres-services et buvettes
de l’Assemblée nationale et est responsable de l’hébergement des
députés ;
-
le service des affaires financières exerce trois
missions essentielles :
§
la division de la comptabilité et de la trésorerie
contrôle et valide les mandats de paiement et les titres de recettes
signés par les questeurs, tient la comptabilité générale de l’Assemblée
nationale et les comptabilités annexes et suit l’exécution financière
des marchés. Le trésorier est responsable devant les questeurs des fonds
qui lui sont confiés, quelle qu’en soit la nature ou la forme. À ce
titre, il surveille la conservation et la gestion de la dotation versée
par l’État, des disponibilités et des immobilisations financières ;
§
la gestion financière des députés et de leurs
collaborateurs est traitée par la division de la gestion financière
parlementaire ;
§
la division du budget prépare le projet de budget
de l’Assemblée nationale, en centralisant et instruisant les demandes de
crédits formulées par les différents services gestionnaires. Le projet
de budget, adopté par les questeurs, détermine le montant des crédits
nécessaires au fonctionnement de l’Assemblée nationale, qui est ensuite
arrêté par la commission commune des crédits, instituée par l’ordonnance
du 17 novembre 1958 et composée des questeurs des deux assemblées
réunies sous la présidence d’un président de chambre de la Cour des
comptes assisté de deux magistrats appartenant à celle-ci. Le montant
des crédits nécessaires, une fois arrêté, est transmis au ministre
chargé du budget pour inscription dans le projet de loi de finances. En
début d’exercice, les questeurs arrêtent la répartition des crédits
entre les différents chapitres budgétaires. Le suivi de l’exécution du
budget incombe alors à la division du budget qui contrôle les
engagements et les imputations. À ce titre, elle assure la liaison avec
les différents services gestionnaires des crédits et instruit les
éventuelles modifications du budget initial ;
-
le service des affaires sociales assure la
gestion administrative des régimes de protection sociale – fondée
également sur le principe d’autonomie – des membres de l’Assemblée et
des personnes qui y travaillent. Ce service, tout à la fois caisse de
sécurité sociale à ressort géographique et caisse de pensions et
retraites, comporte pour cette raison deux divisions :
§
la division des affaires sociales assure le
fonctionnement du régime autonome de sécurité sociale des députés et
anciens députés ainsi que celui des personnels en activité et des
retraités. Chaque fonds est administré par un comité de gestion présidé
par un questeur. La division est chargée de mettre en œuvre les
dispositions prises en matière d’aide sociale et peut être amenée à
proposer aux questeurs ou aux comités de gestion le versement de
prestations ou de secours exceptionnels ;
§
la division des pensions et retraites assure, sous
l’autorité des questeurs, la gestion administrative des régimes
autonomes des pensions et retraites des anciens députés et des anciens
personnels de l’Assemblée ;
-
le service des affaires immobilières et du patrimoine
a pour missions essentielles de gérer le patrimoine immobilier et
mobilier de l’Assemblée nationale et d’assister les autorités de
l’Assemblée dans l’exercice de la maîtrise d’ouvrage. Le directeur du
service est assisté, dans l’exercice de ses fonctions, d’un conseiller,
chef de division. Ce dernier, assisté d’une cellule technique qui lui
est rattachée, assure, notamment, la coordination des missions de
maîtrise d’ouvrage.
c) Les services communs
-
Parmi ces services figure la division du protocole et de
la gestion qui est notamment chargée de gérer les crédits afférents à
la vie internationale de l’Assemblée et de ses divers organes.
-
Le service des systèmes d’information participe à la
définition du programme de développement des moyens informatiques et
technologiques nécessaires au traitement automatisé et à la diffusion de
l’information et de la documentation, ainsi qu’à la dématérialisation des
procédures administratives et législatives. Il comporte une division de
la gestion et des pôles techniques chargés des applications, de la
production et du support aux utilisateurs. Une mission de coordination
traite de la conception et de la réalisation des applications législatives
et documentaires.