Date : 24 mars 2020
Cible : Sur l'ensemble du texte

Le moment de crise que nous vivons aura pour notre société toute entière des conséquences dont il est aujourd’hui difficile de mesurer la portée même si nous pressentons tous que la secousse sera considérable. La première urgence est évidemment d’ordre sanitaire. Et requiert la mobilisation de tous. 

Le deuxième combat, à mener en même temps, est celui qui concerne notre économie et au delà notre cohésion sociale.

C’est de récession dont il est question et contre cette récession, il faut des mesures d’exception, quoi qu’il en coûte pour nos finances publiques. Et il les faut en France, en Europe et au niveau mondial puisque personne ne sera épargné, aucun pays, aucun continent ne sera à l’abri longtemps. La solidarité doit s’organiser à tous les niveaux.

Il y avait donc urgence à décider. Le projet de loi préparé en un temps record nous y invite avec plusieurs volets qui sont les premières réponses à l’inquiétude qui frappe les entreprises, les salariés, les indépendants, les libéraux, en somme tout ce qui fait notre tissu économique.

Aujourd’hui il s’agit de soulager tout notre appareil productif : garanties de l’Etat sur les prêts bancaires afin de soulager les trésoreries ; aides aux petites entreprises et aux indépendants ; mesures relatives à l’activité partielle. Ces premières mesures, à apprécier en regard des décisions prises au niveau européen, par la Commission et par la Banque centrale, permettront, il faut le souhaiter, d’amortir le premier choc.

A court terme, ce sont aussi les instances internationales qui doivent être sollicitées : FMI, Banque mondiale, OMC, G20, G8… Chacun doit prendre sa part afin de soutenir l’activité économique partout dans le monde.

Ce projet, chacun en mesure bien la nécessité. Il est une première étape. Tout doit être fait pour sauver la confiance de nos concitoyens dans la capacité de l’Etat, de nos partenaires, à relever un tel défi.

 

 

 

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Date : 20 mars 2020
Cible : Sur l'ensemble du texte

Concernant la dimension économique, je réitère mon soutien total à cette loi ainsi qu’aux moyens à y consacrer. Ils sont sans commune mesure avec toute intervention précédente de l’état lors d’une quelconque crise.

Face à l’épidémie du Covid-19, le gouvernement a dû prendre des décisions dures, parfois radicales, comme fermer les commerces et lieux non essentiels (les cafés, restaurants, bars, musées…) dans le seul but de limiter la propagation du virus. Dans ce même esprit sérieux et responsable, il déploie des politiques de solidarité économique et sociale hors du commun. Dans un contexte aussi grave, il démontre sa force et le rôle majeur qu’il joue en matière économique, sociale, fiscale et dans l’accompagnement des entreprises de notre pays avec des mesures d’urgence économique et d’adaptation exceptionnelles pour lutter contre l’épidémie. Cette loi rectificative ainsi que le Titre 3 du projet de loi d'urgence pour faire face à l'épidémie de Covid-19 sont indispensables, massifs et légitimes.

Il est important d’informer pleinement le monde économique que les mesures prises, et les réseaux consulaires sont de précieux alliés pour cela. Chaque député doit aussi prendre sa part en la matière.

L’Etat organise notamment la mise en place de délais de paiement d’échéances sociales et/ou fiscales ; des remises d’impôts directs dans les situations les plus difficiles ou encore le report de paiements des loyers, des factures d'eau, de gaz et d’électricité pour les plus petites entreprises en difficulté. Par ailleurs, une aide de 1500 euros pour les plus petites entreprises, les indépendants et les microentreprises des secteurs les plus touchés sera également octroyée grâce au fonds de solidarité. Le maintien de l'emploi dans les entreprises sera possible par la mise en place d'un dispositif de chômage partiel simplifié et renforcé.

De plus, l’Etat s’engage à hauteur de 300 milliards d’euros pour garantir des lignes de trésorerie bancaires dont les entreprises pourraient avoir besoin à cause de l’épidémie.

Enfin, l’Etat comme les collectivités locales reconnaissent que le Coronavirus est un cas de force majeure pour leurs marchés publics, c’est pourquoi les pénalités de retards ne seront pas appliquées.

Ces mesures fortes sont à la hauteur des enjeux économiques et des difficultés majeurs que les commerçants, entreprises, artisans et acteurs privés pourront subir avec cette crise sanitaire historique.

En tant qu’ancien chef d’entreprise, je comprends l’importance de ces dispositifs et salue la réactivité de l’Etat. Je suis également conscient qu’un tel déploiement d’aides et de ressources impactera fortement notre PIB et créera donc encore plus de dette. Plus que jamais, nous devons être solidaires en France mais également au niveau européen. Je salue la décision courageuse et ambitieuse de la BCE de racheter massivement la dette des États et d’entreprises de la zone euro sur les marchés, afin d’encourager les banques à maintenir leurs prêts et à soutenir la production et l’emploi.

Au vu de la terrible situation que nous vivons, nous nous devons de mettre « quoi qu’il en coûte » à la disposition des entreprises, quels que soient leur taille et leur modèle économique, tous les moyens de survivre à cette crise et ainsi sauvegarder l’emploi et l’activité de toutes et tous. Nous sommes en guerre contre un virus qui a déjà causé la mort de milliers de personnes en Europe, il est de notre devoir à tous de se prémunir et de protéger ceux qui nous entourent en restant chez soi. Mais il faut aussi protéger notre économie, et est du devoir du gouvernement et des parlementaires de permettre à chaque entreprise de passer cette épreuve difficile pour sauver l’emploi et l’activité.

 Il est difficile de prévoir l’impact de cette crise mais je pense qu’il sera supérieur aux montants attendus. Le PIB de la France s’élève à 2300 milliards d’euros dont 78% sont à risque (22% relèvent de l’activité publique). Le secteur de l’alimentaire résistera avec la reconstitution ou la création de e stocks alimentaires massifs (un symbole avec la vente de pâtes d’une année normale en deux jours). D’autres secteurs passeront à zéro durant deux mois minima. Les productions seront fortement perturbées. Si l’Etat veut compenser, il faudra mobiliser plusieurs centaines de milliards d’euros de dépenses et donc de dette supplémentaire. En tout état de cause, cette mobilisation absolue est indispensable.

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Date : 20 mars 2020
Cible : Sur l'Article 2

Le projet de loi de finances rectificative comporte plusieurs mesures.

L’une vise l’instauration d’une provision de deux milliards d’euros pour accompagner les soignants à l’hôpital et fournir du matériel comme les masques.

Selon la présentation qui en est faite par le gouvernement cette provision permettra également de financer le recours accru aux indemnités journalières des salariés.

Comme le dit un amendement déposé par le groupe des députés socialistes et apparentés « faute d'un PLFRSS, ces 2 milliards d'euros n'apparaissent nulle part. »

Sans préjuger de l’ensemble des décisions complémentaires qui pourront être prises au titre de la loi de la loi financement de la sécurité sociale pour 2021 et modifiant les projections et autorisations établies au titre de la loi de financement pour 2020 en cours d’exécution, plusieurs mesures auraient pu être inscrites à titre complémentaire dans ledit projet.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 a acté de l’abandon du principe de compensation par l’État des décisions d’exonération de cotisations que celui-ci autorise et donc a acté d’un déficit du régime général de l’assurance-maladie ce qui conduit à justifier des économies à l’hôpital encore d’actualité. A aucun moment l’exécutif n’a dit revoir la situation.

La PLFSS 2020 a autorisé des mesures nouvelles à hauteur de 4,6 Mds ; parallèlement les économies à faire ont été évaluées à 4,2Mds€.

Pour les établissements de santé, elles étaient estimées en 2020 à 1,6 Mds € : 215 M€ sur l’ambulatoire et les hospitalisations ; 830 M€ sur la « performance interne » ; 585 M€ sur les achats…

Une mesure forte aurait été dans le projet de loi de finances rectificative d’affirmer que l’État compenserait les exonérations de charges pour l’assurance-maladie et annulait, à la suite, les plans d’économies toujours prévus pour les établissements de santé.

S’il faut manifester notre soutien aux personnels soignants et à leurs dévouements, il faut aussi affirmer mettre fin à des mesures qui ont trouvé leurs limites et ne se justifient pas.

 

 

 
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Date : 20 mars 2020
Cible : Sur l'ensemble du texte

On pourrait considérer que la situation sur laquelle repose le PLFR résulte, seulement, de l'apparition inopiné du Covid-19, celui-ci bouleversant toutes les données macro-économiques sur lesquelles se fondait le PLF2020 et nécessitant de profondes adaptations dans les politiques que nous devons conduire.

Mais ce n'est pas le virus, lui-même, qui bouleverse nos prévisions et qui nous oblige à adapter notre économie, ce sont les politiques qui ont été mises en oeuvre pour tenter de juguler la propagation de ce virus qui induisent de tels bouleversements.

Aussi, avant même d'examiner les conséquences et les adaptations qu'elles nécessitent, devons nous examiner si les politiques proposées sont bien celles qui sont nécessaires pour lutter efficacement contre le Covid-19.

L'état d'extrême impréparation de notre pays pour faire face à la pandémie, qui touche maintenant de très nombreuses zones dans le Monde, doit nous interroger car chaque jour qui passe est un jour qui compte à tel point que les discours ne cessent d'évoluer parfois d'heure en heure.. 

Un jour il faut tous se confiner et surtout ne pas bouger de chez soi, le lendemain il faut surtout continuer de travailler afin que notre économie ne s'effondre pas...

Il nous faut adopter des mesures "barrières" mais les moyens de protection (masques, gants) font défauts y compris pour certains acteurs de première ligne, rendant leurs conditions de travail impossibles.

Ensuite il est indiqué avec insistance que tous ceux qui peuvent aller travailler -ceux qui ne manifestent aucun symptôme- doivent le faire...

Enfin, impossible de résumer tout cela tant les directives peuvent paraitre contradictoires aux yeux du plus grand nombre.

C'est dans ce contexte de grande confusion que notre économie, nos entreprises, les travailleurs, salariés ou indépendants, doivent tenter d'y voir clair et de survivre. 

Evidemment cela n'est pas facile pour personne, mais la confusion rend encore la situation plus critique.

Le Gouvernement qui n'a pas su trouver d'autres réponses que dans l'urgence, alors même que l'épidémie couvait à nos portes, va être contraint de dépenser des milliards d'Euros pour tenter de colmater le brèches qui vont être de plus en plus béantes.

Nous devons par la force des choses, en tant que parlementaires, être associés aux décisions budgétaires qui nous sont proposées. Nous y opposer n'aurait pas de sens, mais nous devons clairement indiquer que cette situation extrêmement préoccupante résulte en grande partie des atermoiements du gouvernement et des décisions discutables qui ont été adoptées. 

D'autres Nations, telles que la Corée du Sud, ont su juguler la pandémie sans mettre à mal leur économie. Pour cela des mesures différentes ont été prises, en particulier la détection à grande échelle des potentiels malades afin de les traiter pour limiter le risque de propagation. En France nous manquons depuis quinze jours de masques de protection... alors que dire de la situation de manque de tests ??

Confiner une très grande partie de l'économie aura des conséquences extrêmement lourdes, et si le virus au termes de plusieurs semaines sera enfin jugulé (au risque de réapparaître à tout moment tant que le vaccin ne sera pas à disposition), notre économie elle risque d'être bien malade. Nous pourrions être en bonne santé, ce qui est infiniment souhaitable, mais avec un virus économique potentiellement très dangereux qui continuera de courir partout dans notre système économique.

Le vote de ce PLFR doit donc nous conduire à réfléchir sur les moyens que nous devons nous donner pour lutter efficacement contre la propagation de ce virus. Aujourd'hui ces moyens font défaut... nous pourrions nous croire en partie revenu au Moyen-Age...

Nous sommes en guerre, proclame le Président de la République, et il importe alors de savoir où se trouve nos ennemis...pas de se contenter de les enfermer chez nous, avec de multiples trous dans la raquette comme nous le constatons chaque jour.

Pour toutes ces raisons, ne trouvant pas dans ce projet l'ensemble des réponses que j'attendrais du Gouvernement pour lutter avec plus d'efficacité contre le Covid-19, je ne voterai pas ce projet de PLFR 2020 et je m'abstiendrai. 

 

 

 

 

 

 

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Date : 20 mars 2020
Cible : Sur l'ensemble du texte

Ce projet de loi de finances rectificative pour 2020, qui complète les initiatives décidées en lien avec nos partenaires européens et de la Banque Centrale Européenne, vise à une ouverture de 6,2 Mds € pour une nouvelle mission « Plan d’urgence face à la crise sanitaire » (article 2) et au lancement par l'Etat d’une garantie de 300 milliards d'euros pour tous les nouveaux prêts bancaires aux entreprises (article 4).
 
Au vu de l’estimation de croissance qui a été revue à la baisse à -1,0% au lieu de +1,3%, les prévisions de déficit public pour 2020 ont été modifiées passant de -2,2% du PIB à -3,9%. De ce fait, le déficit prévisionnel de l’État augmente à 108,5 Mds € suite aux dépenses et à la baisse de recettes envisagées.
 
Il me semble essentiel de relever l’avis du Haut Conseil des finances publiques qui rappelle que ces prévisions reposent sur deux hypothèses : d’abord que le confinement ne dure pas plus de 1 mois, ensuite qu’un retour rapide de la demande française et étrangère se produise. Or il n’y a aucune certitude à ce jour sur ces éléments laissant présager des projections optimistes, pour rappel, en 2008, nous étions tombés à 7% de déficit public. Néanmoins, l’urgence diffère. La crise actuelle impacte immédiatement et directement les petites entreprises, artisans et leur trésorerie, demandant une réponse rapide et forte pour les soutenir.
 
Je souhaite ici appeler toutes les entreprises à réunir dans les délais les plus brefs leur Comité social et économique pour discuter des conditions de protections de la santé, de la sécurité et des conditions de travail dans l'entreprise des salariés.
 
Je souscris totalement à l’ouverture de 6,2 Mds € pour un Plan d’urgence face à la crise sanitaire divisé en 2 programmes : le premier de 5,5 Mds € sur la prise en charge du dispositif exceptionnel de chômage partiel ; le second de 0,75 Md € pour le fonds de solidarité pour les entreprises.
 
Le premier dispositif, cofinancé par l’Unédic, permettant aux salariés placés en activité partielle de toucher 70% de leur salaire brut, doit permettre de diminuer le reste à charge pour l’entreprise et ainsi éviter tout licenciement. Le second dispositif prévoit un soutien exceptionnel aux entreprises subissant une baisse de leur chiffre d’affaire d’au moins 70% et aux entreprises concernées par des mesures de fermeture et dont la pérennité est menacée.
 
Néanmoins, des interrogations demeurent. Sur les charges des entreprises, parlons-nous d’un report des charges ou d’une annulation des charges ? Le fond d’indemnisation, tel qu’il est présenté aujourd’hui exclut les conjoints collaborateurs, les présidents de SAS, mais aussi les entreprises dont la baisse de chiffre d’affaire n’atteint pas les 70%. Je regrette que ces cas ne puissent bénéficier de l’automatisation de la procédure et doivent être traités au cas-par-cas dans des délais pourtant très contraints.
 
Enfin, je serai attentif à ce que les engagements du Gouvernement quant à l’ouverture de l’ensemble de ces mesures aux associations employeuses, et à la mise en place de plateformes numériques pour permettre aux artisans de continuer à livrer leurs produits soient bien mis en place.
 
Je souscris également au lancement par l'Etat d’une garantie de 300 milliards d'euros pour tous les nouveaux prêts bancaires aux entreprises. Cette garantie est considérable et à la hauteur de l’enjeu, c’est 50% de plus qu’en 2008 lors de la crise financière.
 
Incontestablement, notre déficit va plonger et le niveau de la dette publique devrait durablement dépasser les 100% du PIB. Il faudra en tirer rapidement toutes les conséquences. Les hausses de dépenses portent principalement sur l’Etat, avec une hausse de 6,25 Mds € et sur la sécurité sociale, avec 2 Mds € de dépenses supplémentaires dans le domaine de la santé, permettant de couvrir les achats de matériel (masques), l’augmentation des indemnités journalières et la reconnaissance de l'engagement des personnels hospitaliers.
 
Il est de notre devoir en tant que Parlementaire d’être vigilant à ce que ces dispositifs d’urgence conservent toute leur agilité pour s’adapter à une crise qui peut encore évoluer rapidement. La priorité étant de sauver nos entreprises en préservant leur trésorerie, le temps est à l’urgence. Pourtant, il ne doit pas occulter le temps de la relance, qui va arriver rapidement et où nous devrons être à la hauteur de l’enjeu. Cette relance doit d’ores et déjà commencer par des discussions avec tous les acteurs qui devront prendre leurs responsabilités, et je pense ici notamment aux assurances dont nous attendons beaucoup.
 
Tout en restant attentif à son efficacité et aux suites données, ce projet de loi de finances rectificative répond à la sincérité financière attendue et je voterai en faveur.

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Date : 20 mars 2020
Cible : Sur l'ensemble du texte

Alors que la France connaît une crise sanitaire inédite, que des centaines d’hommes et de femmes – demain des milliers – luttent pour leur survie, l’heure n’est pas à la polémique, mais au rassemblement, comme la France et les Français savent le faire en ces moments-là.
Nous avons une chance extraordinaire de vivre dans un pays où l’accès à des soins de grande qualité est gratuit et où nous bénéficions d’un système de protection sociale poussé. Cela va nous permettre, collectivement, de mener cette bataille. J’ai bien sûr une pensée toute particulière pour les familles endeuillées et pour les personnes souffrant de la forme sévère du virus, qui se trouvent à l’hôpital. Je pense aussi à toutes les personnes contaminées, en leur souhaitant un prompt rétablissement. Nos personnels soignants font un travail extraordinaire, avec un réel dévouement. Je veux leur dire mon admiration et mes remerciements.

C’est une crise sanitaire qui paralyse notre pays, qui a conduit le gouvernement à prendre des mesures inédites de fermeture de tous les lieux de vie, non essentiels, mais si chers aux Français, si liés à la culture Française : restaurant, café, bar, cinéma, théâtre… et puis de confinement de la population, chez eux, pour limiter la propagation de ce virus si contagieux.

Le monde économique, PME, Indépendants, comme Grands groupes, souffre considérablement aussi de cette situation et il est important que l’Etat Français mette en place les dispositions pour protéger au maximum les Français tant d’un point de vue sanitaire que social et financier, mais aussi les acteurs économiques de notre pays, afin que, une fois la crise derrière nous, nous puissions faire redémarrer l’ensemble des entreprises françaises.

De sensibilité de droite, l’augmentation continue des dépenses publiques – en temps normal - ne fait pas partie de mon ADN politique. Mais pour autant, je vais voter ce projet de loi de finances rectificatif, car il est nécessaire en temps de crise – comme en 2008 – afin que tout ne s’écroule pas !

Je souhaite que ces 300 milliards de crédits ne soient pas accompagnés d’un blanc-seing donné au gouvernement. Ils devront être utilisés efficacement, et le Parlement y veillera.

Nous devons à la fois veiller à ce qu’il n’y ait pas de fraudes dans l’usage des dispositifs que nous votons aujourd’hui, avec des chefs d’entreprises faisant travailler leurs salariés alors que ceux-ci bénéficient du chômage partiel et en même temps veiller à ce qu’il n’y ait pas de situation vécue comme injuste. Je pense notamment à deux chefs de PME du bâtiment qui m’ont expliqué aujourd’hui qu’ils ne prendraient aucun risque pour leur salarié, et que même si le télétravail est impossible dans leur cas et que le carnet de commandes est plein, ils souhaitaient les protéger en leur demandant de ne pas travailler. Ils répondent ainsi au message « Restezchezvoux » du gouvernement. Pourquoi eux n’auraient-ils pas droit au chômage partiel ?

Cette pandémie doit être saisie comme une opportunité de s’interroger sur l’essentiel. L’essentiel pour l’être humain que nous sommes ; l’essentiel en matière de politiques publiques. Le réchauffement climatique, de nouvelles pandémies, de grandes crises migratoires nous attendent dans les décennies qui viennent. Notre vulnérabilité nous a été révélée et nous devons désormais orienter nos investissements en réfléchissant non plus en termes comptables, mais en termes d’investissements prospectifs, pour nous prémunir au maximum de ces risques.

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Date : 20 mars 2020
Cible : Sur l'ensemble du texte

La crise sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid 19 est sans précédant amenant le Gouvernement à prendre des mesures sans précédent pour protéger la population. Se fondant jusqu’alors sur le code de la santé publique, il lui a semblé nécessaire de nous proposer une loi pour être plus efficace dans la lutte contre le virus. A cette occasion, certaines entorses aux libertés publiques ont déjà pu être évoquées. Pourtant, elles sont admises et même réclamées par tous les responsables de notre pays : c’est la marque d’un grand pays démocratique que de se rassembler dans la diversité de nos opinions pour l’intérêt général ; Il s’agit désormais de consolider les bases juridiques du confinement ou des réquisitions.

Les libertés publiques en France ont des sources juridiques diverses dont certaines anciennes, tous nous accordons à en comprendre le sens général et la nécessité, et tous aujourd’hui allons en conscience les limiter par l’adoption d’une loi. Mais cette limitation est dictée par l’urgence et la gravité de la crise, elle devient une nécessité à la sauvegarde de l’ordre public et sanitaire. Elle en devient même une condition à l’exercice de ces libertés !

Ce texte permettra en outre un fonctionnement sécurisé des collectivités locales qui chaque jour œuvrent pour l’intérêt général.

La bataille sera longue et ardue, elle devra être menée sur tous les fronts : sanitaire, médical, économique, social, juridique, humain…..

Je fais confiance au Gouvernement pour que cette limitation proportionnelle permette de prendre des mesures proportionnées au risque encouru et appropriées aux circonstances de temps et de lieux.

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Date : 19 mars 2020
Cible : Sur l'ensemble du texte

Ce projet de loi de finances rectificative appelle plusieurs réflexions concrètes et immédiates.


La première concerne la question de la chaîne logistique des produits alimentaires indispensables à nos concitoyens.


Que proposons-nous pour garantir la pérennité de la production agricole et agro-alimentaire ?

Aujourd’hui la production agro-alimentaire se fait souvent de façon “postée” dans les entreprises industrielles. En dépit de la réorganisation des entreprises, les salariés sont souvent proches les uns des autres. Si ce maillon de la chaîne venait à faiblir, nous aurions rapidement d’importants problèmes d’approvisionnement. Que proposons-nous pour garantir la sécurité sanitaire des ouvriers leur permettant ainsi travailler en toute sécurité ? La question peut notamment se poser en termes de masques et équipements de protection. Ils ont également besoin de sous-traitants, notamment dans le bâtiment (plombiers, cartonnage,...). Il faut que ces sous-traitants poursuivent leur activité.


Que proposons-nous pour soutenir les entreprises de transport qui vont convoyer les produits agricoles ou agro-alimentaire vers les lieux de distribution ? Comment permettre notamment aux chauffeurs d’accéder aux lieux de repos et de restauration qui, pour beaucoup, sont fermés aujourd’hui ? Comment pouvons-nous garantir l’ouverture de lieux d’hébergement et de restauration partout sur le territoire ? Cette chaîne logistique est indispensable et nous devons garantir les conditions de sécurité et de confort des chauffeurs dans le temps.


La deuxième réflexion concerne les services à domicile indispensable à la vie quotidienne des personnes fragiles : situations de handicap, personnes âgées…


Cette question concerne évidemment le soin à domicile mais également la livraison de repas à domicile, la livraison de courses, et les tâches d’entretien chez les personnes qui ne sont plus en situation d’entretenir elle-même leur domicile. Elles concerne aussi les assistants de vie. Ce sont souvent des jeunes femmes qui ont souvent des enfants. Ils ne sont pas prioritaires comme les personnels soignants pour accéder aux structures d’accueil des enfants pour accéder aux structures d’accueil des enfants dans les crèches, écoles et collèges.


Que prévoyons-nous en termes de matériel de protection, notamment de masques, pour les professionnels qui viennent travailler au domicile des personnes les plus fragiles ?


La troisième réflexion concerne les personnes qui accueillent les enfants de ceux qui travaillent, particulièrement les assistantes maternelles. Il faut saluer la mobilisation de celles qui continuent à travailler et permettent ainsi aux parents des enfants qu’elles accueillent de travailler. Se pose aussi la question des protections et notamment des masques.


Se pose aussi la question de la rémunération des assistantes maternelles quand les parents ne conduisent plus l’enfants chez elles. Il importe que, dans cette hypothèse, l'assistante maternelle continue à être rémunérée.


Un quatrième point concerne la question l’accueil de soins de premier niveau.


Se pose la question du matériel de protection qui est destiné aux médecins généralistes ou aux pharmaciens (masques, gants, blouses jetables, charlottes). Ces équipements ne sont pas en nombre suffisant. 


Se pose également la question de la consultation en visio ou audio conférence. Elles sont désormais considérées comme de véritables consultations avec remboursement de la sécurité sociale. C’est une bonne chose. Il faut intégrer la question de la formation à ces technologies de tous les médecins en activité ainsi que des médecins retraités qui se mobilisent dans le cadre de la réserve sanitaire.

 

 

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