Date : 9 mai 2020
Cible : Sur l'Article 1er

Les Français à l’étranger ont besoin de savoir clairement si, et comment, ils peuvent revenir en France.

Les Français à l’étranger se sentent partie intégrante de l’aventure nationale tout comme de celle de leur pays d’enracinement. Certaines mesures prises actuellement pour lutter contre la pandémie oublient trop souvent cette réalité à laquelle je suis confronté chaque jour : dans quelles conditions se passe la vie de Français qui ont pris la décision de vivre dans deux pays ? L’Allemagne réfléchit à l’ouverture des frontières d’ici le 15 mai, et la France aurait besoin d’un mois de plus ? La liste est longue, de situations, quotidiennes et naturelles, prises en compte sur le territoire national, mais oubliées dans le cas de citoyens français résidant à l'étranger…

Et pourquoi le déconfinement devrait-il porter plus de blocages à la vie sociale et économique que le confinement ?

Fermera-t-on des frontières nouvelles entre départements verts et rouges ? Non !

Les restrictions nécessaires à contenir la pandémie peuvent être réalisées, bien mieux et plus efficacement, sans remettre des barrières et des gardes.

Cessons donc de jouer sur les mots : Une frontière annoncée « fermée avec des exceptions » est contraire aux objectifs même du déconfinement qui devrait justement nous faire prendre conscience et nous apprendre à vivre longtemps avec le virus, d’autant que ces exceptions auront de toute façon des bases moins sanitaires que sociales ou économiques.

Alors qu’une frontière ouverte est un signe fort de la solidarité entre nos pays et de la confiance mutuelle que nous nous portons, solidarité qui nous a tant manqué dans la première phase de cette pandémie.

Et surtout, cette frontière même annoncée ouverte, ne nous rendra que plus prudents et responsables, citoyens, dans nos déplacements, à l’image de ce qui se fera en France entre territoires rouges et verts.

J’appelle donc le gouvernement à anticiper enfin clairement les situations qui affectent plus de trois millions de Français installés hors des frontières de l'Hexagone. Les retours d’expérience récents permettent, autour des postes consulaires et des élus locaux des Français à l’étranger, d’envisager précisément les différentes situations : région transfrontalière franco-allemande, autres régions transfrontalières, Union européenne, hors-Union européenne…

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Date : 9 mai 2020
Cible : Sur l'ensemble du texte

A deux jours du déconfinement progressif de notre pays, beaucoup reste à faire pour nous prémunir de la pandémie de Covid-19 qui a frappé nos territoires, qui a endeuillé des milliers de familles. La première vague a été surmontée grâce à un personnel soignant en tout point remarquable d’efficacité et d’abnégation. Cette première vague a également été surmontée grâce au civisme de nos concitoyens qui ont mesuré combien le respect du confinement, des gestes barrière, étaient nécessaires.
Le 11 mai ouvre une période nouvelle, différenciée selon la nature de l’épidémie dans les territoires. Dans cette période les pouvoirs publics devront être aux côtés de ceux qui, sur le terrain, seront en première ligne : les maires, les directeurs d’écoles, les chefs d’établissements, les personnels éducatifs, les chefs d’entreprise, les salariés, les commerçants et artisans.
Et la responsabilité et la vigilance de chacun seront, plus que jamais, indispensables.
Pour écrire ce chapitre nouveau, l’Etat, les administrations, les entreprises ont besoin d’instruments juridiques nouveaux, de lignes directrices, pour faire face et nous prémunir d’une deuxième vague.
Le projet de loi prolonge l’état d’urgence. Il s’inscrit dans le cadre de l’avis du Conseil scientifique du 28 avril dernier appelant à une prolongation de l’état d’urgence sanitaire et rappelant que la sortie du confinement devait être progressive et contrôlée.
Pour l’essentiel le projet de loi intègre les enjeux principaux du déconfinement, qu’il s’agisse des transports, des établissements recevant du public ou du port du masque. Il touche également à des domaines où le respect des droits doit être appliqué sans faille, comme la mise en quarantaine, l’isolement des malades ou la mise en œuvre d’un système de traçage afin de remonter puis de casser les chaînes de contamination.
Sur ces sujets, les débats tant au Sénat qu’à l’Assemblée nationale ont permis d’aboutir à un texte d’équilibre, permettant tout à la fois de garantir la protection des droits des personnes et l’efficacité du système d’information.
Le texte précise également le champ des responsabilités des acteurs du déconfinement dans le cadre de la législation actuelle qui a fait ses preuves.
Les lois sont bien sûr nécessaires pour donner aux pouvoirs publics tous les moyens pour lutter contre l’épidémie. Mais, plus que jamais, nous avons besoin de confiance commune. Nous faire confiance. Et faire confiance. C’est le chemin que nous devons prendre pour mettre toutes les chances de notre côté.

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