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70ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940
Portrait du Général de Gaulle au micro pendant la guerre - DR
Chronologie de l'appel historique du général de Gaulle
1935
1935
Dans une communication du Gouvernement à la Chambre des députés, le président du Conseil expose les mesures destinées à pallier le déficit des classes creuses de 1936 à 1940. Paul Reynaud défend le principe d'une armée de métier dont la théorie est celle exposée par Charles de Gaulle dans Vers l'armée de métier. M. Paul Reynaud me parut, par excellence, qualifié pour cette entreprise. Son intelligence était de taille à en embrasser les raisons ; son talent, à les faire valoir ; son courage, à les soutenir. En outre, tout notoire qu'il fût, M. Paul Reynaud donnait l'impression d'être un homme qui avait son avenir devant soi. Je le vis, le convainquis et, désormais, travaillai avec lui. » (Mémoires de guerre, tome 1, p. 13) Mais Jean Sénac, rapporteur du contre-projet de Paul Reynaud, conclut au rejet du « Corps Spécialisé », l'estimant « impossible, non souhaitable, ayant contre lui, la logique et l'Histoire » [Rapport au nom de la commission de l'armée chargée d'examiner le projet de loi portant modification à la loi du 31 mars 1928 sur le recrutement de l'armée ].
Dans une lettre adressée le lendemain à Paul Reynaud, Charles de Gaulle, qui a assisté aux débats en séance publique, se déclare enthousiasmé par cette intervention.
Devant la commission chargée d'enquêter sur les événements survenus en France de 1933 à 1945, Paul Reynaud déclarera après la guerre : [Jean Auburtin : Le lieutenant-colonel Charles de Gaulle, Espoir n° 27, 1979.]
16 mars Hitler dénonce les clauses militaires du traité de Versailles et rétablit en Allemagne le service militaire obligatoire à l'encontre des stipulations du traité. 28 mars À l'unanimité, la commission de la défense rejette le contre-projet de Paul Reynaud visant à instaurer une armée de métier dotée d'un corps cuirassé. À la conférence de Stresa, la France et la Grande-Bretagne se prononcent pour le statu quo en Europe. La conférence de Stresa réunit l'Italie représentée par Mussolini, la Grande-Bretagne par MacDonald et sir John Simon, la France par Flandin et Laval, afin de riposter à l'abrogation unilatérale par l'Allemagne des clauses militaires du traité de Versailles. En janvier 1935 avaient eu lieu les entretiens Laval-Mussolini : Laval recherchait l'appui de Mussolini, qui avait contribué à faire échouer la tentative d'Anschluss de juillet 1934. Les trois puissances établissent un front commun contre l'Allemagne, réaffirmant leur fidélité au traité de Locarno, signé en 1925 - comportant l'engagement de l'Allemagne à ne pas remilitariser la Rhénanie et de respecter les frontières occidentales imposées par le traité de Versailles - et à l'indépendance de l'Autriche. Toutefois ce front devait se dissoudre à la suite de la crise provoquée par l'expédition italienne en Éthiopie. Mussolini entreprendra alors un rapprochement progressif avec Hitler. 21-25 juin Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, à la Mutualité à Paris. 1936 Remilitarisation de la Rhénanie 4 juin Constitution du Gouvernement de Front populaire sous la présidence de Léon Blum. 8 juin Signature des accords de Matignon. 18 juillet Les militaires espagnols, avec à leur tête le général Francisco Franco, se soulèvent contre la République. 14 octobre Le lieutenant-colonel de Gaulle expose, sans succès, à Léon Blum, président du Conseil la nécessité de créer une armée blindée. L'Allemagne et le Japon signent un pacte anti-Komintern pour cinq ans. 1937 Hitler dénonce la clause de culpabilité de l'Allemagne inscrite dans le traité de Versailles. 21 juin Démission du Gouvernement de Front populaire de Léon Blum. 14 mars Le pape Pie XI condamne le nazisme dans l'encyclique Mit brennender Sorge adressée aux catholiques allemands. 6 novembre L'Italie adhère au pacte anti-Komintern. 1938 21 janvier Le général Maurice Gamelin est nommé chef d'état-major de la Défense nationale. 11 mars Démission du chancelier autrichien Schuschnigg, sous la pression de l'Allemagne. Signature de l'Anschluss
Entrée des troupes allemandes dans Vienne. 14 mars Hitler souligne le retour de 10 millions d'Allemands dans le Reich. Septembre Revendication des Sudètes 15 septembre Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain rencontre Hitler à Berchtesgaden. Hitler prévient qu'il est prêt à la guerre pour venir en aide aux Sudètes. 27 septembre Publication de La France et son armée.
La France et son armée, Paris, Plon, 1938. In-8° « Ce livre est une biographie. Son sujet, c'est la France, militante, souffrante et triomphante, dont il évoque la vie millénaire dans le but de la faire aimer. Mais, comme nous n'aimons que ce qui nous émeut, La France et son armée s'applique à mettre en relief ce qu'il y a d'émouvant dans le destin d'une nation qui s'élève et s'abaisse en même temps que sa force militaire et pour d'innombrables raisons. » (Lettres, notes et carnets, 1919-mai 1940, p. 474-475.) Accords de Munich
Signature des accords de Munich . Les accords prévoient la cession à l'Allemagne des territoires habités par les Allemands des Sudètes. Après les accords de Munich, le colonel écrit à sa femme : « Voici donc la détente, les Français comme des étourneaux, poussent des cris de joie, cependant que les troupes allemandes entrent triomphalement sur le territoire d'un État que nous avons construit nous-mêmes, dont nous garantissions les frontières, et qui était notre allié. Peu à peu nous prenons l'habitude du recul et de l'humiliation, à ce point qu'elle nous devient une seconde nature. Nous boirons le calice jusqu'à la lie. » (Lettre, notes et carnets, 1919-mai 1940, p. 476) Le colonel de Gaulle est à Metz où il assure le commandement du 507e régiment de chars. 9-10 novembre Nuit de cristal, gigantesque pogrom sur tout le territoire du Reich. 1939 2 mars Le cardinal Pacelli est élu pape et prend le nom de Pie XII. 5 avril
7 avril Attaque de l'Albanie par l'Italie 29 juin La Chambre des Représentants des États-Unis décide de maintenir l'embargo total sur les armes et les munitions.
La Pologne est attaquée de manière foudroyante par des forces allemandes modernes et puissantes. Sous-équipées, les forces polonaises sont coupées par les blindés allemands couverts par les bombardements aériens. Les soldats polonais se replient vers la Vistule et se regroupent autour de Varsovie. La ville est assiégée le 15 septembre. L'armée rouge occupe l'est de la Pologne. Varsovie capitule le 27 septembre. Les dernières poches de résistance sont anéanties le 5 octobre. 80 000 soldats polonais s'échapperont vers des pays neutres et rejoindront la résistance. 1er septembre Invasion de la Pologne. 2 septembre
Le Royaume-Uni exige la fin immédiate des hostilités en Pologne de l'Allemagne, l'ultimatum prenant fin à 11 heures. Six heures plus tard, la France qui avait adressé un ultimatum séparé, entre en guerre. 28 septembre Le traité germano-russe de délimitation et d'amitié scelle le partage de la Pologne et des États baltes.
La période de la « drôle de guerre », sans attaque ni offensive, s'étend du 3 septembre 1939, déclaration de guerre de la Grande-Bretagne et de la France à l'Allemagne, au 10 mai 1940, invasion de la Belgique et des Pays-Bas par les troupes allemandes. Roland Dorgelès, correspondant de guerre, a revendiqué la paternité de l'expression une expression utilisée dans un reportage sur les armées alliées qui attendaient l’offensive en trompant l’ennui dans leurs retranchements, notamment la ligne Maginot. 19 octobre Installation du corps expéditionnaire britannique en France 23 octobre Le Président de la République Albert Lebrun, visitant le front, passe en revue l'unité de chars du colonel de Gaulle, commandant des chars de la Vème armée. Il se fait expliquer la tactique des chars de combat. « Vos idées me sont connues, me dit-il aimablement. Mais, pour que l'ennemi les applique, il semble bien qu'il soit trop tard.
C'est pour nous qu'il était trop tard. » 4 novembre Loi de neutralité des États-Unis. Le Congrès approuve la loi cash and carry permettant aux belligérants qui accèdent aux ports américains d'acheter des armes s'ils paient immédiatement. 11 novembre De Gaulle adresse au ministre de la Guerre Edouard Daladier et aux commandants en chef des armées un mémorandum préconisant la constitution urgente d'un corps blindé. 30 novembre Début de la « guerre d'hiver » : la Finlande est envahie sans déclaration de guerre par l'Union soviétique. L'URSS est exclue de la SDN le 14 décembre. 2 décembre La Chambre des députés et le Sénat votent les pleins pouvoirs au gouvernement pour la durée de la guerre.
1940 Le colonel de Gaulle envoie à 80 personnalités un mémorandum, intitulé L'avènement de la force mécanique, les exhortant à « doter la France d'un corps de réserve mécanique ».
« À aucun prix le peuple français ne doit céder à l'illusion que l'immobilité militaire actuelle sera conforme au caractère de la guerre en cours. C'est le contraire qui est vrai. Le moteur confère aux moyens de destruction modernes une puissance, une vitesse, un rayon d'action tels que le conflit présent sera, tôt ou tard, marqué par des mouvements, des surprises, des irruptions, des poursuites, dont l'ampleur et la rapidité dépasseront infiniment celles des plus fulgurants événements du passé. 13 mars Signature à Moscou du traité de paix soviéto-finlandais. 19-20 mars À la Chambre des députés, réunie en comité secret, Edouard Daladier est critiqué quant à son manque de fermeté ainsi qu'aux conditions d'entrée en guerre. 21 mars Cabinet Paul Reynaud (gouvernement d'union nationale). 22 mars Paul Reynaud déclare devant la Chambre des députés : « La France est engagée dans la guerre totale [...]. Par le fait même, l'enjeu de cette guerre totale est un enjeu total. Vaincre c'est tout sauver. Succomber c'est perdre tout ». [Tables nominatives des interventions de Paul Reynaud devant la Chambre des députés et l'Assemblée nationale] Le gouvernement obtient l'investiture par 268 voix pour, 156 contre et 111 abstentions. 28 mars Lors de la réunion du Conseil suprême interallié est adoptée une déclaration franco-britannique aux termes de laquelle les deux gouvernements s'engagent « à ne pas négocier ni conclure d'armistice ou de traité de paix durant la présente guerre, si ce n'est d'un commun accord. »
8-9 avril Les forces allemandes pénètrent au Danemark sans résistance, s'emparent d'Oslo et envahissent la Norvège. 14 avril Des troupes britanniques débarquent en Norvège rejointes le 19 par des unités françaises. Après des pertes infligées par la Royal Navy aux navires allemands à Narvik, les Allemands sont repoussés le 27 mai. Refusant de se soumettre aux volontés des envahisseurs, qui lui demandent de prendre pour Premier ministre un nazi, le roi Haakon VII sera évacué le 7 juin par les forces britanniques et formera un gouvernement en exil.
Les forces françaises et britanniques sur le continent sont brisées par la guerre éclair menée par une combinaison allemande de blindés rapides et d'appui aérien. Le général Gamelin, commandant en chef français, ordonne à l'armée française et au corps expéditionnaire britannique de se déplacer vers le nord afin de soutenir les forces néerlandaises et belges le long de la Dyle L'offensive lancée par les Allemands, recourant aux attaques aériennes et aux parachutistes, a bien lieu sur le front Ouest. Les Pays-Bas, pays neutre, sont anéantis en quatre jours et la Belgique vacille. Une partie de l'armée française et des forces expéditionnaires britanniques marchent vers la Belgique. Cette percée devait être suivie d'une offensive sur Paris. Mais Hitler décide d'adopter un plan alternatif du lieutenant général Erich von Manstein, chef d'état-major du groupe d'armées A, dirigée par le général Gerd von Rundstedt : une percée blindée, dans le sud à travers la forêt des Ardennes, hors des fortifications de la ligne Maginot et faiblement défendue, car considérée par les Alliés comme imperméable aux opérations blindées. Trois colonnes de chars allemands et d'infanterie motorisée traversent la Meuse ; puis, couverts par les bombardiers Stuka, les Allemands se dirigent vers la Manche menaçant d'encerclement les lignes alliées en Belgique. Dunkerque tombe le 4 juin, Paris le 14 juin. La capitulation est signée le 21 juin. Les deux tiers de la France sont soumis au régime d'occupation allemand. L'autre partie est dirigée par le gouvernement de Vichy. Les pertes enregistrées au cours de la bataille de France s'élèvent à 290 000 Français, 68 000 Britanniques et 111 000 Allemands. Pendant la bataille de France jusqu'à l'armistice, les Allemands font 1 850 000 prisonniers dont 1575000 sont transférés en Allemagne et immatriculés dans les Oflags , s'agissant des officiers et des Stalags quant aux soldats.
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Vidéo : La Bataille de France (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) « Nous venons de subir une incroyable défaite. A qui la faute ? Au régime parlementaire, à la troupe, aux Anglais, à la cinquième colonne, répondent nos généraux. A tout le monde, en somme, sauf à eux. Que le père Joffre était donc plus sage ! « Je ne sais pas, disait-il, si c'est moi qui ai gagné la bataille de la Marne. Mais il y a une chose que je sais bien : si elle avait été perdue, elle l'aurait été par moi. » Sans doute entendait-il surtout rappeler, par là, qu'un chef est responsable de tout ce qui se fait sous ses ordres. {...] La grande vérité que cet homme si simple exprimait si simplement prend cependant aujourd'hui un sens encore plus plein. Au retour de la campagne, il n'était guère, dans mon entourage d'officier qui en doutât ; quoi que l'on pense des causes profondes du désastre, la cause directe - qui demandera elle-même à être expliquée - fut l'incapacité du commandement. (Au surplus, c'est le général Weygand, ancien directeur du Centre des hautes études militaires, ancien généralissime, qui l'a dit, le 25 mai 1940- les documents secrets de l'Etat-major général français, p.140 - : « La France a commis l'immense erreur d'entrer en guerre n'ayant ni le matériel qu'il fallait, ni la doctrine militaire qu'il fallait » -juillet 1942 -) » Marc Bloch, L'étrange défaite 10 mai Début de la première phase de l'offensive allemande à l'ouest depuis la mer du Nord jusqu'à la frontière méridionale du Luxembourg. Winston Churchill, ministre de la marine, devient Premier ministre en remplacement de Neville Chamberlain. 11 mai Le colonel de Gaulle reçoit le commandement de la 4ème division cuirassée. 14-16 mai Le front français est enfoncé à Sedan par les blindés allemands aux ordres du général Guderian. L'armée néerlandaise capitule. Après les civils belges les Français du nord fuient sur les routes en grand nombre devant l'arrivée de la Wehrmacht. C'est l'exode. Un ordre du général Gamelin interdisant l'évacuation des civils restera sans effet.
Vidéo : Général de Gaulle, Mémoires de guerre, L'Appel, 1940-1942 (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page)
17 mai La 4e Division cuirassée de réserve, composée de 5 000 hommes et de 85 blindés et placée sous le commandement du colonel de Gaulle, contre-attaque à Montcornet, puis à Crécy-sur-Serre et au nord de Laon.. 18 mai Le maréchal Pétain entre au gouvernement en qualité de vice-président du Conseil. 19 mai Les troupes allemandes atteignent Abbeville. Le piège se referme sur les unités franco-britanniques. Le poste de commandant en chef des forces terrestres de l'armée française, auquel avait été nommé le général Gamelin, est supprimé par décret. Le général Weygand est nommé par décret chef d'état-major général de la Défense nationale et commandant en chef de l'ensemble des théâtres d'opérations. 21 mai
Le colonel de Gaulle, prononce depuis son PC de Savigny-sur-Ardres une allocution radiodiffusée : 22 mai Les troupes allemandes atteignent Arras. 26 mai Début de l'évacuation vers l'Angleterre des troupes alliées encerclées par les forces allemandes à Dunkerque. Environ 1 000 navires civils et militaires traversent la Manche pour sauver près de 340 000 soldats français et britanniques. Dynamo est l'une des plus grandes opérations d'évacuation par mer de l'histoire militaire. 27-30 mai La 4e Division cuirassée de réserve arrête l'ennemi débouchant d'Abbeville. Le général Altmayer, commandant la Xe armée indiquera dans son appréciation en date du 13 juin 1940 : « 1940, la 4e Division cuirassée a été à la disposition du groupement A de la VIIe Armée - pendant quelques jours. Son chef, le général de Gaulle y a donné de nouvelles preuves de son caractère, de son esprit de décision, de son jugement, de son sang-froid dans les circonstances difficiles et de sa grande intelligence, - en particulier pendant l'attaque de tête-de-pont allemand d'Abbeville du 28-30 mai qu'il a commandée avec les renforts de partie de la 2e D.L.C. et de la 51e D.I.W. » 31 mai Les troupes françaises encerclées à Lille se rendent. 1er juin Paul Reynaud, président du Conseil, nomme Charles de Gaulle général de brigade à titre temporaire. [Tables d'archives] Vidéo : Du Colonel au Général, septembre 1939 - 1er juin 1940 (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) 4 juin Dunkerque est prise par les Allemands. Paul Reynaud nomme le général de brigade à titre temporaire Charles de Gaulle au poste de sous-secrétaire d'État à la Défense nationale et à la guerre.
Paul Reynaud et les membres de son gouvernement, 6 juin 1940 AFP
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Vidéo : quelques jours qui vont changer l'histoire (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) « Sans renoncer à combattre sur le sol de l'Europe aussi longtemps que possible, il faut décider et préparer la continuation de la lutte dans l'Empire. Cela implique une politique adéquate : transport des moyens vers l'Afrique du Nord, choix des chefs qualifiés pour diriger les opérations, maintien de rapports étroits avec les Anglais, quelques griefs que nous puissions avoir à leur égard. Je vous propose de m'occuper des mesures à prendre en conséquence. » M. Paul Reynaud me donna son accord. Je vous demande, ajouta-t-il, d'aller à Londres au plus tôt. » 1er juin Charles de Gaulle est nommé général de brigade à titre temporaire. 9 juin Première rencontre de de Gaulle avec Churchill 10 juin Le gouvernement quitte Paris pour Tours. L'Italie entre en guerre contre la France et la Grande-Bretagne. 11 juin Conseil interallié de Briare. Le général de Gaulle rencontre une deuxième fois Winston Churchill. 13 juin Conseil interallié de Tours. Le général de Gaulle rencontre une nouvelle fois Winston Churchill. Les troupes allemandes victorieuses défilent dans Paris, déclarée ville ouverte le 11 juin. Le gouvernement français s'installe à Bordeaux. 15 juin Les dernières unités britanniques et polonaises quittent la France pour l'Angleterre. Au Conseil des ministres, après avoir entendu le général Weygand, rejetant la capitulation, et l'amiral Darlan refusant que la flotte soit livrée à l'Allemagne, Paul Reynaud plaide pour la poursuite des combats auprès de la Grande-Bretagne, puis, face au poids de Pétain et aux ministres partisans de la cessation des combats, pour le refus de l'armistice et la signature de la capitulation militaire. 16 juin Le général de Gaulle est à Londres pour quelques heures où il est arrivé via la Bretagne avec pour objectif la signature du traité d'union franco-britannique par Paul Reynaud et Winston Churchill. À Bordeaux, avant la réunion du Conseil des ministres, Jules Jeanneney, Président du Sénat, et Édouard Herriot, président de la Chambre des députés, affirment aux ministres qu'ils approuvent la poursuite du combat et le transfert du gouvernement en Afrique du Nord. À 11 heures, au début du deuxième Conseil des ministres, Pétain annonce sa démission, car le gouvernement n'a pas décidé de demander l'armistice. Le troisième et dernier Conseil des ministres du gouvernement de Paul Reynaud, dont la réunion se tient de 17 heures à 20 heures, au cours duquel le président du Conseil défend le projet d'union de la France et de la Grande-Bretagne inspiré par Jean Monnet, soutenu par de Gaulle puis proposé par le Premier ministre Winston Churchill. Le projet vise à mettre en commun toutes les ressources de la France et de la Grande-Bretagne afin de poursuivre ensemble la guerre. Mais le gouvernement ne donne pas suite à cette solution. Un échange très vif a lieu entre Camille Chautemps, qui déclare que la France doit demander à l'Allemagne à quelles conditions elle cesserait les hostilités, et Georges Mandel qui s'y oppose. Paul Reynaud propose sa démission au Président de la République Albert Lebrun qui d'abord la refuse, puis l'accepte. Il suggère que le maréchal Pétain lui succède. À 23 heures, le Président Lebrun charge le maréchal Pétain de former le nouveau gouvernement. Formation du gouvernement du maréchal Pétain. [Composition du gouvernement Pétain] À sa descente d'avion, à Mérignac en provenance de Londres, le général de Gaulle apprend le changement de gouvernement. À minuit se réunit le gouvernement Pétain décidant de demander les conditions de l'armistice.
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Vidéo : le jour du destin (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) 17 juin Le général de Gaulle gagne l'Angleterre accompagné de son officier d'ordonnance, le lieutenant Geoffroy de Courcel et de Sir Edward Spears, agent de liaison personnel de Winston Churchill auprès du gouvernement français, qu'il avait rencontré aux conseils interalliés de Briare, le 11 juin, et de Tours, le 13 juin. Il est à Londres à 14 heures 30 disposant d'une somme de 100 000 francs que Paul Reynaud lui avait fait remettre sur les fonds secrets et installe ses bureaux à Seymour Grove (aujourd'hui Curzon Place). « Je m'apparaissais à moi-même seul et démuni de tout, comme un homme au bord d'un océan qu'il prétendrait franchir à la nage. » écrira le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre (tome 1). Le général de Gaulle rend visite à Winston Churchill au 10 Downing Street, en milieu d'après-midi. Le Premier ministre britannique décide de mettre la BBC à la disposition du général de Gaulle dès lors que le gouvernement Pétain aurait demandé l'armistice. Le gouvernement du maréchal Pétain annonce qu'il demande l'armistice. « [...] C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.[...] », déclare le maréchal Pétain dans un discours radiodiffusé. « Le jour même de notre arrivée à Londres, je conduisis de Gaulle chez Churchill, au numéro 10 Downing Street, écrira Edward Spears. Une des premières choses qu'il lui demanda fut l'autorisation de parler à la France par la BBC, ce que le Premier ministre lui accorda sans un instant d'hésitation. Churchill obéit sans doute à l'impulsion généreuse de donner satisfaction à ce Français, fugitif et solitaire, qui demeurait fidèle à notre cause, mais il pensa aussi certainement que le simple fait d'une voix française, éloquente, appelant à la résistance, pouvait éveiller des échos inattendus. » Vidéo : le saut dans l'inconnu, 17 juin 1940 (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page)
Ce 17 juin, Jean Moulin, préfet d'Eure-et-Loir depuis juillet 1939, refuse de signer un document établi par les Allemands accusant à tort les troupes sénégalaises de l'Armée française de massacres sur les civils à La Taye, un hameau près de Saint-Georges-sur-Eure, en réalité victimes de bombardements allemands. Maltraité et emprisonné pour refus de complicité avec les Allemands, il tente de se trancher la gorge pour éviter le déshonneur. Il passe l'affaire sous silence et demeure à son poste pour protéger la population des exactions de l’occupant. [Jean Moulin (1899-1943)] Vidéo : Des difficultés à lancer un appel (18 juin) (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page)
À 10 heures Elisabeth de Miribel dactylographie le texte du discours que le général de Gaulle s'apprête à prononcer. À la fin de la séance du cabinet de Guerre élargi tenu à partir de 12 heures 30, le ministre de l'Information Alfred Duff Cooper indique que le général de Gaulle lui a communiqué le texte d'une allocution qu'il souhaite radiodiffuser, dans laquelle il expose que la France n'a pas été vaincue et invite tous les soldats français à se joindre à lui. À 18 heures le général de Gaulle se présente dans les locaux de la BBC. Le général de Gaulle lance un premier appel radiodiffusé par la BBC. L'appel, annoncé à 20 heures 15 au début de l'émission en français, est diffusé à 22 heures, sur 1 500 m grandes ondes, 373 m ondes moyennes, et ondes courtes. L'appel a été enregistré mais l'enregistrement n'a pas été conservé. Les bulletins d'écoute radiophonique de la Suisse attestent une rediffusion sur ondes courtes le 19 juin à 12 heures 15.
L'affiche À tous les Français ayant suivi l'appel du 18 juin
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Vidéo : un appel, plusieurs versions (Jean-Louis Crémieux-Brilhac) (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) Parmi les tous premiers à rejoindre l'Appel il y a déjà à Londres avant même que de Gaulle eût prononcé son discours historique Christian Fouchet [Tables d'archives], le capitaine Pierre de Chevigné, Claude Hettier de Boislambert, Gaston Palewski, véritables pionniers de la France Libre.
Des personnalités de premier plan se souviennent de l'avoir entendu : Pierre Mendès-France, André Philip, Maurice Schumann, par exemple. Il en est de même du gouverneur d'Afrique équatoriale française Félix Eboué, de la garnison française d'EI Kantara, des marins de l'Ile de Sein ralliés entre le 24 et le 26 juin. « C'est seulement le lendemain matin, le 19 juin, [que] j'appris à Bayonne qu'un général français avait la veille, proclamé en substance à la radio de Londres : "La France a perdu une bataille, mais n'a pas perdu la guerre. Cette guerre a un caractère mondial. Je fais appel aux officiers, ingénieurs et techniciens se trouvant en Angleterre pour continuer le combat." Cette nouvelle me frappa comme un trait de lumière. » témoigne René Cassin (Les hommes partis de rien : le réveil de la France abattue (1940-1941), Paris, Plon, 1974) L'absence d'enregistrement, le relais seulement assuré par certains organes de la presse écrite et par l'affiche contribuent à conférer à l'Appel un caractère immatériel. 19 juin C'est à bord du modeste bateau de commerce et de transport Ar Zénith, Qu'un groupe de jeunes civils volontaires rejoint par quelques militaires quitte l'île de Sein et traverse la Manche pour rallier le général de Gaulle à Londres. Ils sont suivis le 21 juin par 124 hommes embarquant sur des bateaux de pêche. Ils signeront leur engagement le 1er juillet 1940. [L'Île de Sein, compagnon de la Libération] Vidéo : Silence radio ! (19 juin) (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page)
A Londres, le général de Gaulle propose à André Maurois de devenir porte-parole de la France libre. Celui-ci décline la proposition et gagne les Etats-Unis. Les parlementaires reçoivent l’ordre de gagner le Verdon où un paquebot, le Massilia, affrété sur les instructions du gouvernement, est mis à leur disposition. Vingt-sept parlementaires - vingt-six députés et un sénateur - embarquent le 21 juin 1940 à destination de Casablanca. Ils espèrent voir transférer le siège des pouvoirs publics dans les départements d’Algérie, afin de poursuivre la lutte contre l’ennemi sur les terres africaines françaises. Ils ne seront pas présents lors des débats et du vote du 10 juillet à Vichy.
Les parlementaires passagers du Massilia :
- Les députés : - Le sénateur Tony Révillon (Ain, Radical-socialiste).
Le gouvernement Pétain conclut l'armistice avec l'Allemagne La convention d'armistice est signée dans la clairière de Rethondes dans le wagon où avait été signé l'armistice de 1918.
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Vidéo : Quand l'armistice d'un maréchal fait renaître un général, 22 juin 1940 (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page)
Le général de Gaulle prononce un nouveau discours radiodiffusé à la BBC, prenant la forme d'un réquisitoire, par lequel il exhorte les Français continuer le combat. Les discours des 22, 24, 26 et 28 juin sont des réponses aux actions du maréchal Pétain. Le général de Gaulle se pose comme le chef de la résistance militaire française. C'est le début d'une guerre des ondes entre de Gaulle et Vichy.
retrouver ce média sur www.ina.fr Audio (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) « Tous les huit jours environ, je parlais moi-même, avec l'émouvante impression d'accomplir, pour des millions d'auditeurs qui m'écoutaient dans l'angoisse à travers d'affreux brouillages, une espèce de sacerdoce. Je fondais mes allocutions sur des éléments très simples : le cours de la guerre, qui démontrait l'erreur de la capitulation ; la fierté nationale, qui au contact de l'ennemi, remuait profondément les âmes ; enfin l'espoir de la victoire et d'une nouvelle grandeur pour notre dame la France ». (Mémoires de guerre, tome 1, p. 132) Outre les discours radiodiffusés, le général de Gaulle s'adresse aussi par courriers et télégrammes aux autorités civiles et militaires de la France métropolitaine et des colonies.
L'affiche À tous les Français ayant suivi l'appel du 18 juin 23 juin Le maréchal Pétain nomme Pierre Laval et Adrien Marquet ministres d'État. Hitler visite Paris. Par décret signé du président de la République, le général de Gaulle est mis à la retraite d’office par mesure de discipline. Vidéo : les tracas d'un général qui voulait aller trop vite , 23 juin 1940 (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) 24 juin À Rome est signée la convention d'armistice franco-italien. 27 juin Les Allemands entrent à Bordeaux. Laval est vice-président du Conseil. Le sous-marin Narval (capitaine de corvette François Drogou) est le premier bâtiment de guerre à répondre à l’Appel. 28 juin
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Vidéo : la longue marche vers les sommets, 24-28 juin 1940 (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) Le gouvernement britannique reconnaît publiquement le général de Gaulle comme « Chef des Français Libres ». « Vous êtes tout seul ! Eh bien ! Je vous reconnais tout seul » avait déclaré Churchill à de Gaulle, la veille au soir. Le général de Gaulle est officiellement investi comme représentant de la seule autorité française à poursuivre la lutte aux côtés des Alliés. 29 juin Le gouvernement s'installe à Clermont-Ferrand, puis choisit de s'installer à Vichy. 30 juin L’amiral Muselier rallie la France Libre et crée les Forces navales françaises libres (FNFL). Il assure à titre provisoire le commandement des Forces aériennes françaises libres (FAFL). Une centaine de bateaux de pêche (dont la quasi totalité des bateaux de l'île de Sein) sont arrivés en Grande-Bretagne. Les ralliements individuels dans la France Libre sont le fait de jeunes gens, ayant 25 ans d'âge moyen. Tous volontaires, ils refusent la défaite de la France. Les engagements sont d'abord favorisés par la présence de combattants sur le sol britannique, évacués de Dunkerque ou du corps expéditionnaire de Norvège ou transitant par des territoires sous souveraineté britanniques. Des pilotes, ou d'autres venus par bateau, tel Pierre Messmer [Portrait] [Tables d'archives] et le commandant de marine marchande Vuillemin, gagnent l'Angleterre via Gibraltar. Plusieurs centaines de volontaires embarquent aussi fin juin, à Bayonne et Saint-Jean-de-Luz. 1er juillet Le gouvernement s'installe à Vichy : Pétain, Laval et les services d'information siègent à l'Hôtel du Parc.. 3 juillet Vidéo : l'été de tous les dangers (juillet-août 1940) (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) Une escadre britannique attaque et détruit l'escadre française au mouillage à Mers el-Kébir, faisant plus de 1 200 victimes. « [...] il n'est pas un Français qui n'ait appris avec douleur et avec colère que des navires de la flotte française avaient été coulés par nos Alliés. Cette douleur, cette colère, viennent du plus profond de nous-mêmes. [...] Ensuite, m'adressant aux Français, je leur demande de considérer le fond des choses du seul point de vue qui doive finalement compter, c'est-à-dire du point de vue de la victoire et de la délivrance. » (Extrait du discours prononcé à la radio de Londres, 2 juillet 1940)
« Les jours qui suivirent me furent cruels. J'éprouvais les impressions d'un homme dont un séisme secoue brutalement la maison et qui reçoit sur la tête la pluie des tuiles tombant du toit. À Londres, une tempête de colères ; à Washington, un ouragan de sarcasmes, se déchaînèrent contre moi. Pour la presse américaine et beaucoup de journaux anglais, il fut aussitôt entendu que l'échec de la tentative était imputable à de Gaulle. [...] Quant à la propagande de Vichy, elle triomphait sans retenue. » (Mémoires de guerre, tome 1, p.108 et 109). 4 juillet Le tribunal militaire de la 17e région condamne le colonel de Gaulle à quatre ans de prison et 100 francs d’amende pour refus d’obéissance. Les relations diplomatiques sont rompues entre Londres et Vichy. Réunie à Vichy, l'Assemblée nationale délègue le pouvoir constituant au maréchal Pétain : « L'Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l'autorité et la signature du maréchal Pétain, à l'effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l'État français. » [Compte rendu intégral de la séance de l'Assemblée nationale du mercredi 10 juillet 1940] 11 juillet Pétain se proclame chef de l'État. Les pleins pouvoirs sont accordés au gouvernement. Les assemblées sont ajournées. Le projet de Constitution du maréchal Pétain, rédigé en vertu de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940, n'a jamais été officiellement promulgué. 12 juillet Démission du gouvernement du maréchal Pétain. Nomination du premier ministère de l'État français composé de douze ministres et trois secrétaires d'État. Pierre Laval est vice-président du Conseil. Raphaël Alibert est ministre de la Justice. Adrien Marquet est ministre de l'Intérieur. Le général Weygand est ministre de la Défense nationale. L'acte constitutionnel n° 4 désigne Pierre Laval successeur du maréchal Pétain, chef de l'État. Les conseils généraux et d'arrondissement sont épurés de leurs membres considérés comme hostiles au régime de Vichy.
Le général de Gaulle passe en revue les premiers détachements des Forces françaises libres Musée de l'Ordre de la Libération Le général de Gaulle passe en revue à Whitehall les premiers contingents des Forces françaises libres qui défilent dans les rues de Londres. Il dépose une couronne au monument du maréchal Foch. « Mais il n'y a pas de France sans épée. Constituer une force de combat, cela importait avant tout. [...] « Le 13 juillet, je me risquais à annoncer : "Français ! Sachez le ! Vous avez encore une armée de combat." Le 14 juillet, je passai à Whitehall, au milieu d'une foule saisie par l'émotion, la revue de nos premiers détachements, pour aller ensuite à leur tête déposer une gerbe tricolore à la statue du maréchal Foch. » ( Mémoires de guerre, tome 1, p.74, 78)
17 juillet Loi d'épuration de l'administration. 22 juillet Les autorités françaises du condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides se rallient au général de Gaulle. Promulgation de la loi de révision des naturalisations acquises depuis la promulgation de la loi du 10 août 1927 sur la nationalité. La loi du 10 août 1927 avait modifié le code de la nationalité de 1889 et ouvert des procédures d’acquisition de la nationalité française. La loi du 22 juillet 1940 institue une procédure systématique de révision et, à cet effet, une commission présidée par le garde des Sceaux, Raphaël Alibert, chargée d’instruire les dossiers. 23 juillet Loi prononçant la déchéance de la nationalité française et la confiscation des biens des personnes ayant quitté le territoire métropolitain entre le 10 mai et le 30 juin 1940. 24 juillet Le général de Gaulle transfère le QG de la France libre de l'appartement de Saint Stephen’s House à l'immeuble du 4, Carlton Garden, à proximité de St James' Park, dans le quartier de Westminster.
Carlton Gardens DR
30 juillet Création d'une Cour suprême de justice de l'État français compétente pour juger les anciens ministres « accusés d'avoir commis des crimes ou délits dans l'exercice ou à l'occasion de leurs fonctions ou d'avoir trahi les devoirs de leur charge ». 2 août Ultimatum japonais à l'amiral Decoux nommé par le maréchal Pétain gouverneur général de l'Indochine en remplacement du général Catroux. 3 août Le tribunal militaire permanent de la 11e région, siégeant à Clermont-Ferrand, condamne par contumace le colonel d’infanterie breveté d’état-major, en retraite, Charles de Gaulle, à la peine de mort, à la dégradation militaire et à la confiscation de ses biens meubles et immeubles. La décision est motivée par la trahison, la désertion à l’étranger en temps de guerre, sur un territoire en état de guerre et de siège. 6 août Les trois États baltes deviennent des Républiques soviétiques. 7 août Un accord entre le gouvernement britannique et le général de Gaulle, préparé par René Cassin, consacre la reconnaissance de la « France Libre » par la Grande-Bretagne et fixe les règles qui régiront leurs rapports. Reconnu chef des Français libres par Churchill, le 28 juin 1940, le général de Gaulle obtient par l'accord du 7 août 1940 une première victoire diplomatique. L'accord consiste en un échange de lettres entre Churchill et de Gaulle ainsi qu' en un mémorandum annexé énonçant le statut des Forces françaises libres (FFL). Les FFL ne sont pas une légion dans l'armée britannique mais une force française dont de Gaulle est le commandant suprême. Dès le 29 juin, le général de Gaulle avait chargé René Cassin de rédiger un texte fondé sur un principe :« Nous sommes la France ». [Comment furent signés les accords Churchill - de Gaulle du 7 août 1940, par René Cassin] La France Libre peut se doter des attributs régaliens d'un État. « L'accord du 7 août eut, pour la France Libre, une importance considérable, non seulement parce que, dans l'immédiat, il la tirait matériellement d'embarras, mais encore pour cette raison que les autorités britanniques, ayant maintenant une base officielle pour leurs rapports avec nous, n'hésitèrent plus à nous faciliter les choses. Surtout, le monde entier connut qu'un commencement de solidarité franco-anglaise était, malgré tout, rétabli. » (Mémoires de guerre, tome 1, p. 81)
L'Allemagne paraissait avoir gagné la guerre au début de l'été. Le 7 septembre a lieu le premier raid massif de jour au-dessus de Londres. Pendant deux mois 13000 tonnes de bombes explosives et un million de bombes incendiaires sont larguées, faisant 13 000 mots et laissant 250 000 personnes sans abri. Mais le moral civil ne faiblit pas. Le 15 septembre, la Royal Air Force s'impose au-dessus de la capitale britannique. Entre juillet et novembre la Luftwaffe perd 1 537 appareils et la RAF 925. 415 pilotes anglais perdent la vie dans l'affrontement. Leur héroïsme suscite la reconnaissance de Churchill : « Jamais dans l'histoire des guerres un si grand nombre d'hommes n'ont dû autant à un si petit nombre ». La défaite de la Luftwaffe a fait repousser le plan d'invasion de la Grande-Bretagne que devait précéder le Blitz. Hitler renonce, en effet, le 12 octobre à cet objectif et préfère concentrer l'effort stratégique sur le plan Barbarossa d'attaque de l'Union soviétique, même si les bombardements se poursuivent jusqu'en mai 1941. 13 août Loi prononçant la dissolution des sociétés secrètes en France visant essentiellement la franc-maçonnerie. La Luftwaffe lance, le « jour de l'Aigle », un plan d'attaque destiné à clouer au sol l'aviation de chasse britannique, puis à désorganiser l'économie du pays par des bombardements intensifs, préalables à une opération d'invasion depuis la mer. 18 août Dans une interview au journal national-socialiste Das Reich, Pierre Laval déclare : « Les Français ont été trop longtemps gâtés et repus, ils ont eu la vie trop belle, il leur faudra réapprendre les exigences du devoir. » 15 août
L'Appel du général de Gaulle est largement diffusé dans l'Empire par les radios britanniques. Après les Nouvelles-Hébrides, et même si en Afrique du Nord le général Noguès reste au service de Vichy, le ralliement des territoires de l'Afrique équatoriale française (AEF) permet à la France Libre d'exercer une souveraineté territoriale. « Dans cette guerre mondiale et totale, dans cette guerre où tout compte, déclare le général de Gaulle, l'Empire français est un faisceau de forces capital ». 26 août
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Vidéo : de l'Empire à la France, automne 1940 (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page)
27 août Ralliement du Cameroun à la France Libre sous l'impulsion de Leclerc (le capitaine Philippe de Hauteclocque), arrivé en pirogue avec Boislambert et 22 hommes, qui investit le palais du gouvernement à Douala et prend le commandement militaire du territoire. 28 août Larminat rallie le Moyen Congo à la France Libre. 29 août Ralliement de l'Oubangui-Chari à la France Libre sous l'impulsion du gouverneur Pierre de Saint-Mart. Du 26 au 29 août, au cours de ces « trois glorieuses », la France Libre s'installe sur le sol africain d'où débutent la reconquête et les premiers pas vers la Libération. 31 août Le général Catroux, gouverneur général de l'Indochine, limogé par Vichy, arrive à Londres. 2 septembre Ralliement de Tahiti à la France Libre. 6 septembre L'émission en français de la BBC est intitulée : « Les Français parlent aux Français ». 7 septembre Début du Blitz à Londres. La famille royale participe à la protection civile. 9 septembre Le gouverneur Bonvin rallie les Etablissements Français de l'Inde à la France Libre. 22 septembre Les Japonais débarquent à Haiphong au Tonkin. L'amiral Decoux, gouverneur de l'Indochine, signe un accord permettant le stationnement des troupes japonaises. Début de la Résistance en Indochine. 24 septembre Le gouverneur Sautot rallie la Nouvelle-Calédonie à la France Libre. 23-25 septembre L'opération franco-britannique, menée à Dakar afin d'obtenir le ralliement de l'Afrique Occidentale Française à la France Libre, échoue. 3 octobre Loi portant statut des Juifs signée par le maréchal Pétain et les principaux membres de son gouvernement, publiée au Journal officiel du 18 octobre : « est regardée comme juif pour l'application de cette loi toute personne issue des trois grands-parents de la même race, si son conjoint est lui-même juif ». Aux terme de la loi du 4 octobre relative aux ressortissants étrangers de race juive, ceux-ci pourront être internés dans des camps spéciaux ou assignés à résidence. Une loi du 7 octobre abroge le décret Crémieux du 24 octobre 1870, aux termes duquel les Juifs d'Algérie avaient été déclarés citoyens français. 11 octobre Discours du maréchal Pétain annonçant le programme de la révolution nationale. 22 octobre Dans une Note sur les conditions nécessaires à la formation d'un gouvernement de la France Libre susceptible d'être reconnu par les gouvernements anglais et américain, René Cassin souligne qu'un « gouvernement implique l'existence d'une autorité consistante et représentative qui exerce les attributs de la souveraineté : armée, finances, justice, production économique, administration, représentation extérieure, au moyen de services publics organisés ». Le régime de Vichy ne saurait être représentatif : « en effet, l'organisme qui est à Vichy, et qui prétend porter ce nom, est inconstitutionnel, et soumis à l'envahisseur ». 24 octobre Hitler convoque Pétain à Montoire. Pétain accepte le principe de la collaboration franco-allemande.
Rencontre Pétain-Hitler le 24 octobre 1940 à Montoire-sur-le-Loir Pétain justifie quelques jours plus tard sa poignée de main au Führer : « C'est librement que je me suis rendu à l'invitation du Führer. [...] Cette collaboration doit être sincère. [...] Cette politique est la mienne.. Les ministres ne sont responsables que devant moi. C'est moi seul que l'histoire jugera. » 27 octobre A Brazzaville, le général de Gaulle crée le Conseil de Défense de l'Empire [manifeste de Brazzaville]. « Or, il n'existe plus de Gouvernement proprement français. En effet, l'organisme sis à Vichy et qui prétend porter ce nom est inconstitutionnel et soumis à l'envahisseur. Dans son état de servitude, cet organisme ne peut être et n'est, en effet, qu'un instrument utilisé par les ennemis de la France contre l'honneur et l'intérêt du pays. Il faut donc qu'un pouvoir nouveau assume la charge de diriger l'effort français dans la guerre. Les événements m'imposent ce devoir sacré, je n'y faillirai pas. J'exercerai mes pouvoirs au nom de la France et uniquement pour la défendre, et je prends l'engagement solennel de rendre compte de mes actes aux représentants du peuple français dès qu'il lui aura été possible d'en désigner librement. » (Manifeste de Brazzaville) 2 novembre En raison de ses idées républicaines marquées, Jean Moulin, préfet d'Eure-et-Loir, est révoqué et placé en disponibilité 5 novembre Roosevelt est réélu président des États-Unis. 9 novembre Ralliement du Gabon à la France Libre. La préfecture de police communique : « Les administrations et les entreprises privées travailleront normalement le 11 novembre à Paris et dans le département de la Seine. Les cérémonies commémoratives n’auront pas lieu. Aucune démonstration publique ne sera tolérée. ». Ce jour-là des étudiants et lycéens manifestent contre l'occupant à l'Arc de Triomphe brandissant symboliquement deux gaules. La police française et les autorités allemandes interviennent. La répression est brutale. L'université est fermée jusqu'au 20 décembre. Ce 11 novembre 1940 est devenu un véritable symbole de la résistance.
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Vidéo : Pierre Lefranc est l’un des organisateurs (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) Les quatre principaux journaux clandestins de Paris Pantagruel, Libération, Valmy et le bulletin du réseau du Musée de l'homme, Résistance, font mention du général de Gaulle. Dès juillet-août 1940, des premiers tracts avaient été édités par le groupe de Résistants du Musée de l’Homme. Le réseau du Musée de l'Homme s'était formé autour de l'ethnologue Boris Vildé, avec Paul Hauet, Anatole Lewitzky, chef du département de technologie comparée, et Yvonne Oddon. Ceux-ci sont rejoints par l'ethnologue Germaine Tillion et sa mère Émilie Tillion ainsi que d'autres issus de la Bibliothèque nationale ou de l'Université de Paris. 14 novembre Bombardement allemand de Coventry. Plus de 40 000 bombes sont larguées par 450 avions faisant 554 morts et 865 blessés. 16 novembre Le général de Gaulle signe la Déclaration organique de la France Libre complétant le manifeste du 27 octobre 1940. Le général de Gaulle considère que « l'organisme dit gouvernement de Vichy » n'a ni légitimité constitutionnelle ni légitimité morale. Création de l'Ordre de la Libération par l'ordonnance n° 7 du Général de Gaulle. 9 décembre Un bataillon de la France Libre participe à la contre-offensive britannique en Libye. 24 décembre Le gouvernement britannique reconnaît le Conseil de Défense de l'Empire.
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Le 14 juin 1944, à l'aube, le général de Gaulle mettait le pied sur le sol de France qu'il avait quitté quatre ans auparavant.
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___________________________________________________________________________ La République dans la tourmente Troisième République (XVIe législature) Compte rendu intégral de la 2e séance du 15 mars 1935 (Chambre des députés) [Intervention de Paul Reynaud] ___________________________________________________________________________
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