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Camille VALLINVALLIN (Camille) Né le 22 novembre 1918 à Givors (Rhône) Député du Rhône de 1956 à 1958 Fils d'un ouvrier mouleur et d'une mère femme de ménage, Camille Vallin est titulaire d'un brevet élémentaire d'enseignement primaire. En 1935, il échoue au concours d'entrée à l'Ecole Normale d'instituteurs, et entre aux PTT comme contrôleur du centre de tri de Lyon-Gare. C'est là qu'il fait la connaissance de militants CGT et communistes, et en 1936 il donne son adhésion au PCF. Incorporé au troisième régiment d'infanterie alpine en 1939, il participe à la campagne de France et est décoré de la Croix de guerre en 1941. Il quitte l'armée d'armistice en 1942, et l'année suivante il rejoint la Résistance comme membre du Parti communiste clandestin (chargé de la propagande). Il participe aux combats de la Libération de Givors et épouse en janvier 1945 Paulette, Isabelle Cognat. De ce mariage il aura trois fils (il se remariera après le décès de sa première femme). Le socle de la carrière politique de Camille Vallin est sa ville natale de Givors et le département du Rhône. Il est élu conseiller général du Rhône dans le canton de Givors dès septembre 1945, et il le demeure jusqu'aux élections de novembre 1985, battu par le RPR Jean-Claude Bahu. Cette longévité exceptionnelle est tout aussi remarquable sur le plan municipal. D'abord élu conseiller municipal en avril 1945 (il est deuxième adjoint), puis en octobre 1947 (il refuse un poste d'adjoint pour protester contre l'alliance entre la SFIO et le RPF), il devient en mai 1953 maire de Givors, mandat qu'il occupe sans discontinuer jusqu'en janvier 1993 (il reste néanmoins conseiller municipal jusqu'en mars 2001), remplacé par Martial Passi. Fort de ces deux mandats, il conduit à Givors une ambitieuse politique de rénovation urbaine, d'aménagement routier, de protection contre les inondations et d'équipement hospitalier, scolaire et culturel. Il se révèlera par contre impuissant face à la désindustrialisation de sa ville. Sur le plan national, Camille Vallin n'est pas candidat aux élections de novembre 1946, mais il l’est en revanche en 1951, deuxième sur la liste communiste derrière Eugène Montagnier, le député sortant. Bien que la liste du Parti communiste atteigne plus de 20% des suffrages (derrière le MRP), elle n'a aucun élu à cause d'apparentements extrêmement larges allant de la SFIO aux Indépendants, qui permettent au groupe des quatre listes apparentées d'emporter les quatre sièges de la deuxième circonscription. Bénéficiant de son ancrage local et d'une réelle popularité en tant que maire, il est porté en première position sur la liste communiste de la deuxième circonscription du Rhône (devant Eugène Montagnier) lors des élections de 1956. En dépit de trois groupes d'apparentements, la liste communiste arrive légèrement en tête. Elle ravit ainsi à un député indépendant sortant un siège qui revient à Camille Vallin. Les autres élus sont Lucien Dégoutte (Radical), Jean Laborbe (Paysan) et Jean Villard (MRP). En janvier 1956, à l'Assemblée nationale, il est nommé membre de la Commission des finances et de celle de l'intérieur. Il reste membre de cette dernière Commission jusqu'à la fin de la législature, et il présente en son nom plusieurs rapports en 1956 et 1957. Que ce soit en ce qui concerne les dépôts de proposition de résolution, les rapports de la commission de l'intérieur ou ses interventions lors des discussions de projets de loi, l'activité parlementaire de Camille Vallin concerne essentiellement les questions fiscales et budgétaires. Lors de ses interventions orales, il se contente souvent de soutenir purement et simplement les mots d'ordre politiques de son parti. Son action personnelle se manifeste en fait surtout en commission, et du point de vue technique, il se révèle au sein de la commission de l'intérieur et dans les débats comme un spécialiste des finances locales – vocation qui ne se démentira jamais : pour le bicentenaire de 1989, il rédige un livre de référence sur Les Quatre Vieilles. Son grand intérêt pour ces questions apparaît pleinement au cours de la discussion du projet de loi relatif aux ressources des collectivités locales du 19 mars 1958. La discussion est en effet ponctuée par ses interventions, motions et amendements, au cours desquels il expose la nécessité de mettre en œuvre une réforme profonde des finances locales donnant de réels moyens aux municipalités. Il n'a cependant pas l'opportunité d'appuyer ultérieurement ses conceptions à l'Assemblée nationale, car candidat dans la huitième circonscription du Rhône en 1958, il n'est pas réélu. Par la suite, il se présente à toutes les élections législatives de 1968 à 1988, sans succès. Ces échecs ne marquent cependant pas la fin de sa carrière parlementaire, car dès 1959 il est élu sénateur. Battu en 1968, il est réélu en 1977, et il perd son mandat une seconde fois en 1986. Ayant déjà perdu son siège de conseiller général en 1985, en mars 1992, il est candidat - non élu - aux élections régionales. Au sein du PCF, son élection marque le début de son appartenance au Comité Central, dont il est membre de mai 1956 à janvier 1976. A ce titre, il doit successivement superviser l'activité de plusieurs fédérations communistes, et il est également amené à faire des voyages dans les pays frères dirigés par des communistes (Albanie, Chine, Vietnam). Son attachement aux questions politiques locales se traduit aussi par son investissement hors du cadre de ses mandats nationaux. Appartenant à la commission nationale de l'Association des élus communistes, il est d'abord secrétaire général de la Fédération des élus républicains municipaux et cantonaux. Membre de l'Association des maires de France, il entre au Comité Directeur en 1965, et en 1976 devient vice-président et rapporteur de la commission des finances jusqu'en 1993 (c'est naturellement lui qui fait le rapport annuel sur les finances locales). De longue date animateur d'associations d'élus, Camille Vallin est également membre de la Fédération Nationale des Sociétés d'Economie Mixte (FNSEM), qu’il préside de 1996 à 1999. Fervent défenseur de ces sociétés d'économie mixte, pour lui gage d'autonomie et de dynamisme municipal, il en a précocement fait l'instrument privilégié de l'aménagement et de la modernisation de sa ville. La deuxième partie de sa carrière est enfin marquée par un net engagement pour la défense de l'environnement. A partir de 1970, il est à l'initiative de la création de plusieurs associations de lutte contre la pollution du Rhône réunissant un grand nombre de communes. Il a aussi pris une part active à la fondation du Mouvement National de Lutte pour l'Environnement (MLNE), né en 1981. Figure politique municipale et départementale, membre dirigeant de nombreuses associations, Camille Vallin a participé à la rédaction de plusieurs ouvrages concernant ses nombreux centres d'intérêt. En 2003, il fait paraître ses mémoires, Lêve-toi, pauvre humanité, dans lesquelles il retrace son parcours politique. Camille Vallin a obtenu la Croix de guerre 1939-1945 avec citation à l'ordre de la division. Il est titulaire de la Médaille de la Résistance. Il est depuis le 14 juillet 1994 chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur. |