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Adrien ANDRÉ 

ANDRÉ (Adrien, Baptiste, Honoré)

Né le 29 mai 1884 à la Bussière (Vienne)

Décédé le 22 avril 1965 à Béthines (Vienne)

Député de la Vienne de 1928 à 1936

Sénateur de la Vienne de 1936 à 1944

Député de la Vienne de 1951 à 1958

Inéligible en raison de son vote accordant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, Adrien André est relevé de cette inéligibilité par une décision du jury d'honneur en date du 25 avril 1945, pour avoir participé à la Résistance. Aussi retrouve-t-il ses mandats locaux de maire de Béthines et de conseiller général de Saint-Savin en 1945. En revanche, la liste Union des républicains et défense rurale, sur laquelle il figure en seconde position, n'obtient que 16 661 suffrages et n'a pas d'élu aux élections pour la première Assemblée nationale Constituante. Aux élections suivantes, Adrien André ne se représente pas.

Lors des élections législatives du 17 juin 1951, en tant que président de la Fédération radicale de la Vienne, il est tête de liste de ce parti. Celle-ci améliore son score avec 18 514 voix et 12,4 % des suffrages et, grâce au système des apparentements, obtient un siège.

Dans sa profession de foi, Adrien André se présente comme un fidèle héritier de la Troisième République, partisan du scrutin d'arrondissement, ennemi des extrêmes, favorable au retour à l'ordre dans tous les domaines, à la défense de la paysannerie, "arbitre de la politique nationale et pilier de la prospérité économique et financière de la France". La laïcité et le refus du capitalisme d'Etat figurent aussi parmi les principaux points de son programme.

Au cours de la législature, Adrien André appartient à la Commission de la famille, de la population et de la santé publique et à la Commission du travail et de la sécurité sociale. S'il n'intervient pas dans les débats, il dépose trois propositions de loi : une sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement uninominal à deux tours, une autre tendant à modifier la date de la 2e session ordinaire des conseils généraux et une dernière tendant à l'abrogation des décrets pris en application de la loi du 11 août 1954 autorisant le Gouvernement à mettre en œuvre un programme d'équilibre financier, d'expansion économique et de progrès social. Ses votes sont en harmonie avec son programme. Il vote contre la loi Marie, contre l'échelle mobile des salaires, approuve la ratification des traités instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) et la Communauté européenne de défense (CED). En revanche, le 30 août 1954, il vote la question préalable sur le même sujet, ce qui équivaut au rejet du projet d'armée européenne. Il soutient le Gouvernement Mendès France jusqu'au dernier jour et se joint à ceux qui votent pour le retour au scrutin d'arrondissement.

Aux élections du 2 janvier 1956, Adrien André conduit une liste radicale apparentée à la liste SFIO au sein du Front républicain. Dans sa profession de loi, il dénonce de nouveau la loi électorale et les apparentements (qui "baillonnent le suffrage universel"), se réclame de l'action positive de Pierre Mendès France - notamment en Indochine -, insiste sur la défense de l'agriculture, propose des mesures pour désarmer le mécontentement des artisans et des commerçants qui se manifeste alors au sein du mouvement de Pierre Poujade, réaffirme son attachement à la laïcité et à une politique de bourses pour l'enseignement et enfin propose des réformes en Algérie. Son score électoral s'améliore par rapport à 1951, puisqu'il rassemble 23 090 voix et dépasse celui de la liste MRP.

Au cours de la nouvelle législature, il est nommé membre de la Commission du travail et de la sécurité sociale et en 1957, de la Commission de la marine marchande et des pêches. Sa seule activité parlementaire publique est le dépôt, le 3 février 1956, d'une nouvelle proposition de loi en faveur du scrutin d'arrondissement. Il soutient, dans la plupart de ses votes, les Gouvernements, jusqu'au vote de confiance à Pierre Pflimlin, mais refuse, le 1er juin 1958, la confiance et les pleins pouvoirs au général de Gaulle.