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Albert AUBRY 

AUBRY (Albert, Jules, Marie)

Né le 8 décembre 1892 à Malestroit (Morbihan)

Décédé le 11 août 1951 à Paris (Seine)

Député d'Ille-et-Vilaine de 1919 à 1924

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Ille-et-Vilaine)

Député d'Ille-et-Vilaine de 1946 à 1951

Né à Malestroit (Morbihan) le 8 décembre 1892, Albert Aubry est le dernier d'une famille de 14 enfants. Son père, Louis Constant Aubry, ancien compagnon du tour de France, était bourrelier et syndicaliste militant. Sa mère, Marie-Josèphe Thetiot, tenait un commerce, place de la mairie, à Malestroit.

La famille doit bientôt s'installer à Rennes, où Albert Aubry suit l'école primaire, puis entre à l'Ecole normale d'instituteurs. Il en sort en 1911, puis exerce en qualité de professeur en Indochine.

Albert Aubry se trouve mobilisé comme lieutenant, en 1914, et est grièvement blessé le 30 octobre 1918, non loin de Guise (Aisne). Il s'était marié au Tronchet (commune de Plerguer, Ille-et-Vilaine) le 8 juin 1916 avec Berthe, Joséphine, Ernestine, Marie Mordrelle. Démobilisé avec la croix de guerre, il s'inscrit au Parti socialiste SFIO.

Se présentant aux élections du 16 novembre 1919 comme tête de liste SFIO dans l'Ille-et-Vilaine, Albert Aubry est élu député. Il est également élu conseiller municipal de Rennes. Battu aux élections générales de 1924, il abandonne alors l'éducation nationale pour l'administration des impôts, et devient percepteur. Il avait épousé en secondes noces, à Rennes, le 7 novembre 1921, Renée, Lucienne Richard, puis, en troisième noce, à Paris, le 26 janvier 1935, Renée, Louise, Anna Marche.

Mobilisé le 3 septembre 1939, Albert Aubry accomplit la campagne de 1940 comme capitaine de chars d'assaut. Entré dans la Résistance au lendemain de l'armistice, il est placé en résidence surveillée, puis arrêté par les Allemands, le 18 février 1944, et déporté au camp de concentration de Neuengamme. Il en reviendra en mai 1945, avec une santé profondément altérée.

Albert Aubry se présente aux élections du 21 octobre 1945 à la tête de la liste de la SFIO dans l'Ille-et-Vilaine. La liste recueille 53 905 suffrages sur 273 109 suffrages exprimés, et Albert Aubry devient membre de la première Assemblée nationale Constituante. Très actif, il participe au travail parlementaire comme membre de nombreuses Commissions : finances et contrôle budgétaire, comptabilité, ravitaillement, et est également nommé juré de la Haute cour de justice. Albert Aubry dépose notamment un rapport sur le budget des anciens combattants et victimes de guerre pour 1946.

Il demande, en outre, à interpeller le Gouvernement sur l'insuffisance de l'épuration dans la magistrature comme dans l'administration en général, et sur le travail de la Commission des grâces.

A nouveau à la tête de la liste SFIO dans l'Ille-et-Vilaine, Albert Aubry est réélu, le 2 juin 1946, à la seconde Assemblée nationale Constituante. Celle-ci recueille 56 635 suffrages sur 290 873 suffrages exprimés. A l'Assemblée, il continue à siéger dans les trois mêmes Commissions que précédemment, et est nommé juré à la Haute cour de justice. Toujours très sensible à la situation des anciens combattants et des victimes de guerre, il intervient sur le problème de la retraite des combattants, et dépose une proposition de loi pour instituer une aide spéciale au profit des aveugles de la Résistance. Il interpelle le gouvernement sur l'insuffisance de l'épuration dans la magistrature (6 août 1946).

Albert Aubry est à nouveau réélu député de l'Ille-et-Vilaine, le 10 novembre 1946, pour la première législature. La liste SFIO qu'il conduit recueille 49 497 voix sur 288 229 suffrages exprimés dans le département. A l'Assemblée, il est nommé membre des Commissions des pensions, du ravitaillement, de la comptabilité, des finances et du contrôle budgétaire. Il est également élu président de la Commission de la comptabilité. Il vote la confiance au cabinet Blum (17 décembre 1946).

Albert Aubry s'est spécialisé, à l'Assemblée, dans les problèmes relatifs à l'administration des anciens combattants et victimes de guerre. Comme membre de la Commission des pensions, il représente notamment l'Assemblée nationale au comité d'administration de l'Office national et des Offices départementaux des anciens combattants et victimes de guerre, et à la Commission consultative pour la revalorisation de la retraite du combattant. Il soutient la candidature de Vincent Auriol à la présidence de la République (16 janvier 1947), vote pour la question de confiance au gouvernement à la suite de laquelle Ramadier se sépare des ministres communistes (4 mai 1947), et pour le statut de l'Algérie (27 août 1947).

En 1948, Albert Aubry représente à nouveau l'Assemblée dans une Commission chargée de travailler sur l'établissement du rapport constant. Il intervient fréquemment dans le travail parlementaire, et dépose de nombreux rapports au nom des Commissions dont il fait partie, ainsi que diverses propositions de loi sur les problèmes des anciens combattants, résistants et victimes de guerre. Le 9 juillet 1949, il vote pour le Conseil de l'Europe.

Albert Aubry se présente au nom de la SFIO aux élections législatives du 17 juin 1951, toujours dans l'Ille-etVilaine. Avec 39 027 voix sur 280 274 suffrages exprimés, il est à nouveau réélu, pour la deuxième législature. Il est nommé membre de la Commission des pensions et de celle de la comptabilité. Très malade, il doit être transporté à l'hôpital parisien du Val-de-Grâce, où il décède le 11 août 1951. Il est inhumé au Tronchet (Ille-et-Vilaine).

Albert Aubry était chevalier (1919), puis officier (1946), commandeur (1947) et grand-officier (1951) de la Légion d'honneur. Il était également titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre avec palmes, et de la rosette de la Résistance.