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Vincent BADIE 

BADIE (Vincent, Henri)

Né le 16 juillet 1902 à Béziers (Hérault)

Décédé le 8 septembre 1989 à Montpellier (Hérault)

Député de l'Hérault de 1936 à 1942 [Mandats]

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Hérault)

Député de l'Hérault de 1946 à 1958

Ministre des anciens combattants et des victimes de guerre du 20 octobre 1955 au 1er février 1956 et du 14 mai au 1er juin 1958

Vincent Badie est né en 1902 à Béziers. Sa famille paternelle est originaire des Pyrénées-Orientales et sa famille maternelle de l'Alsace. Il entre comme boursier national au lycée de Montpellier où il fait ses études secondaires, après quoi il s'inscrit à la faculté de droit, où il passe sa licence et son doctorat avec un diplôme d'études pénales. Il est lauréat du prix Verrières de l'ordre des avocats à la Cour d'appel de Montpellier. En 1923, il devient avocat au barreau de cette ville.

Mais dès l'âge de 18 ans, Vincent Badie s'est inscrit au Parti radical-socialiste dont il devient un militant actif. Il mène de front une carrière d'avocat et d'homme politique. En 1927, il publie un ouvrage sur le Procès des Fleurs du Mal. En 1931, il consacre une étude à Alexandre Millerand, socialiste réformiste : son œuvre sociale. La même année, il conquiert son premier mandat électif en devenant conseiller général du 3e canton de Montpellier. Il est élu député aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936 dans l'arrondissement de Lodève, au deuxième tour de scrutin. En 1937, il est élu maire de Paulhan, et en 1938, retrouve un siège de conseiller général dans le canton de Gignac.

A la Chambre des députés, Vincent Badie montre son intérêt pour les questions coloniales. En 1939, il effectue un voyage en Afrique du Nord. En 1940, dans plusieurs interventions, il manifeste sa volonté de voir la guerre conduite avec énergie ; après le pacte germano-soviétique, il approuve les mesures de déchéance proposées contre les élus communistes. En juillet, à Vichy, Vincent Badie, sans s'opposer au principe d'une révision des lois constitutionnelles de 1875, refuse une délégation au maréchal Pétain qui ruinerait le régime républicain. Le 8 juillet, il dépose en ce sens une motion que vingt-sept parlementaires cosignent. Le 10, il est parmi les quatre-vingts opposants au vote de la loi portant délégation du pouvoir constituant au maréchal Pétain. [Commémoration du vote des Quatre-vingts]

Le gouvernement de Vichy le suspend de ses fonctions de maire. Il se consacre de nouveau à ses études juridiques et publie en 1942 La hausse illicite. Mais ses activités dans la Résistance lui valent d'être arrêté par la Gestapo le 25 novembre 1943, d'être déporté à Dachau où il reste jusqu'au 30 avril 1945. Chevalier de la Légion d'honneur à son retour, il est décoré de la Croix de guerre avec palme, le 7 octobre 1947. Il est également titulaire de la médaille de la Résistance, de la médaille des Déportés et Résistants. Membre du Comité français des internés de Dachau, il est appelé à siéger, au titre des "prisonniers et des déportés", à l'Assemblée consultative provisoire.

Aux élections du 21 octobre 1945 à l'Assemblée nationale Constituante, Vincent Badie se représente dans l'Hérault à la tête d'une liste radicale-socialiste. Il est élu à la plus forte moyenne, sa liste obtenant 30 761 suffrages sur 208 516 exprimés. Il en va de même le 2 juin 1946, avec une liste du Rassemblement des gauches républicaines qui regroupe 36 130 voix sur 219 990 suffrages exprimés.

Le 10 novembre 1946, il est élu à la première Assemblée législative de la IVe République. Son activité parlementaire est multiple. Il assume avec prédilection la tâche de rapporteur de la Commission de la défense nationale et de celle des pensions. Il est en outre membre de nombreuses commissions. Il intervient particulièrement dans les débats qui marquent le vote de la loi d'amnistie en 1947. La même année, il écrit en collaboration avec Eugène Koop une étude sur l'Amnistie, la loi du 16 août 1947.

Il mène aussi une activité journalistique ancien directeur de La Voix de Paris, il dirige, à Montpellier, l'hebdomadaire du Rassemblement des gauches : Démocratie méridionale.

Aux élections législatives du 17 juin 1951, dans l'Hérault, il y a six sièges à pourvoir pour sept listes en présence ; un apparentement est conclu entre la SFIO, le MRP, les Indépendants et paysans, et le Parti radical. Sur 273 971 inscrits et 211 485 suffrages exprimés, la SFIO avec 18,5 % des voix a trois élus, le Parti radical avec 11,2 % a un élu, le MRP avec 9,9 % un élu, les Indépendants avec 12,2 % un élu, le Parti communiste avec 32,8 % et le Rassemblement du Peuple Français avec 10,2 % n'ont aucun élu. Dans cette législature, il est vice-président puis président de la Commission des pensions. Il est juge titulaire de la Haute cour de justice. Il fait partie également, en 1953, de la commission chargée d'enquêter sur le trafic des piastres.

Dans les grands débats de la législature, il condamne la Communauté européenne de défense et vote contre les accords de Paris et ceux de Londres. Il défend la présence française en Indochine et en Afrique du Nord. Sa compétence et son ardeur dans la défense des anciens combattants le désignent aux fonctions de ministre des anciens combattants et victimes de guerre, poste qu'il occupe dans le gouvernement Edgar

Faure du 20 octobre 1955 au 24 janvier 1956. Le 2 janvier 1956, pour les élections législatives, il y a dix listes en présence, et le Parti radical ne réalise un apparentement qu'avec le MRP et le centre national des indépendants. Sur 230 240 suffrages exprimés, il obtient 17 413 voix, soit 7,6 % ce qui assure son élection. Il défend avec constance la cause de la présence française en Algérie. En mars 1956, il vote les pouvoirs spéciaux demandés par le gouvernement Guy Mollet. Dans le débat, il affirme : "Ce que souhaite le pays, ce n'est pas à vrai dire un gouvernement de Salut public : ce qu'il exige par dessus tout, c'est que se dégage dans cette Assemblée une majorité de salut public". Il condamne la démission du gouvernement de Pierre Mendès France et au 52e congrès du Parti radical, en octobre, se range nettement dans la minorité qui critique sa politique. Le congrès voit la scission du Parti radical : 28 sénateurs et 14 députés créent un groupe distinct qui conserve un temps l'appellation "Parti radical socialiste". Vincent Badie préside le nouveau groupe parlementaire du 16 janvier 1957 au 14 mai 1958. Le même jour, Pierre Pflimlin l'appelle au ministère des anciens combattants. Il demeure ministre jusqu'au 31 mai. Rapprochant la situation de 1958 de celle de 1940, le 1er juin 1958, il n'accorde pas la confiance demandée par le général de Gaulle, et le 2, il vote contre le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs.