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Patrice, Pierre, François BROCAS 

BROCAS (Patrice, Pierre, François)

Né le 28 novembre 1919 à Paris (8ème)

Décédé le 28 août 1968 à Montauban (Tarn)

Député du Gers de 1956 à 1958

Né dans une famille de la bourgeoisie parisienne, Patrice Brocas effectue ses études primaires et secondaires dans le 8e arrondissement de Paris. Après le baccalauréat, il commence des études de droit et obtient une licence. La déclaration de guerre le trouve élève aspirant à l'Ecole de cavalerie de Saumur. Après juillet 1940, il est versé quelques mois dans les Chantiers de jeunesse. Il reprend ensuite ses études. En 1941, il passe une licence ès lettres et en 1942, obtient un diplôme d'études supérieures de droit, et est lauréat de la Faculté de droit de Paris. Il entre dans un groupe de résistance, celui du capitaine Biaggi. En 1943, il devient inspecteur des services administratifs de la SNCF. La même année, il se marie avec Marie-Joseph Tracou et aura trois enfants.

En avril 1945, il prépare et réussit le concours d'entrée au Conseil d'Etat. En juillet 1949, il est secrétaire de la Commission de la sidérurgie à la conférence de coopération économique européenne de Paris. En 1948, il est secrétaire général adjoint de la conférence internationale de la main-d'œuvre à Rome. Le 31 mai 1950, il est nommé maître des requêtes au Conseil d'Etat. En mai 1951, il est désigné comme commissaire du gouvernement près la Commission supérieure de cassation des dommages de guerre. De 1949 à 1954, il est aussi maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris. De 1948 à 1954, il est professeur à l'Ecole nationale d'organisation économique et sociale.

En 1951, Patrice Brocas a commencé une carrière politique élective en étant candidat du Parti radical dans le Gers aux élections du 17 juin. Il figure en troisième position sur une liste conduite par l'ancien ministre Abel Gardey. Dans ce département, où trois sièges sont à pourvoir, et où aucun apparentement n'est conclu, sur 111 981 électeurs inscrits et 78 069 suffrages exprimés, le Parti radical arrive en tête, avec 21 150 voix, mais n'emporte qu'un siège, les deux autres allant respectivement au Parti communiste, avec 17 714 voix, et à la SFIO, avec 15 165 voix. Patrice Brocas n'est donc pas élu. Mais, en octobre, il remporte une élection cantonale à Samatan. Il devient rapporteur général du budget au conseil général du Gers. Ce mandat électif lui permet d'étendre son influence dans le département, tout en exerçant ses fonctions de maître des requêtes au Conseil d'Etat. En mars 1954, il est rapporteur de la Commission des marchés des PTT et des chemins de fer.

Le 2 janvier 1956, pour les élections législatives anticipées, il mène la liste radicale. Plusieurs apparentements sont conclus, notamment entre les radicaux et l'Union démocratique et socialiste de la Résistance, mais aucun n'atteint la majorité absolue. Les trois sièges sont donc répartis à la proportionnelle. Sur 114 665 électeurs inscrits et 85 674 suffrages exprimés, la SFIO arrive en première position avec 18 218 voix, suivie par le Parti communiste avec 17 008 voix. Le Parti radical obtient 14 753 voix et emporte le troisième siège.

Le 31 janvier, le nouveau député du Gers est nommé membre, à la fois de la Commission de l'intérieur et de la Commission de la production industrielle et de l'énergie. Le 10 février, il est élu vice-président de la Commission de l'intérieur. Son activité parlementaire est importante. Il présente plusieurs rapports au nom de sa commission, concernant notamment l'administration de l'Algérie. Evoquant l'affaire du canal de Suez, le 2 août 1956, il se définit comme "un député national", et défend la politique du gouvernement de Guy Mollet. Rapporteur de la Commission de l'intérieur, le 16 juillet 1957, dans le débat sur la reconduction de la loi sur les pouvoirs spéciaux en Algérie, il déclare : "Aujourd'hui l'accent doit être mis sur les exigences de la défense de l'Etat et de la protection du citoyen. C'est pourquoi une législation conçue pour des temps normaux ne saurait faire face à des circonstances exceptionnelles". Dans le débat sur la révision constitutionnelle, en février 1958, il est amené à proposer une réforme pour redonner vigueur au droit de dissolution et revenir au scrutin majoritaire. "La pire des erreurs, indique-t-il, serait de laisser croire que nous consentons à ce que se perpétue l'état de chose actuel, la crise générale où sombre l'autorité de l'Etat ". Le 1er juin 1958, il justifie son vote pour la confiance au général de Gaulle, en disant son espoir qu'il pourra mettre un terme au conflit algérien, tout en rappelant la tradition républicaine. Il pré-sente, à cette occasion, une défense de la IVe République : "Tout n'est certes pas condamnable dans l'œuvre accomplie par le Parlement depuis le jour où le général de Gaulle a abandonné le pouvoir". Le 2 juin, il vote les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle.