Accueil > Histoire et patrimoine > Biographies des députés de la IVe République > Raymond CAYOL

Raymond CAYOL 

CAYOL (Raymond, Louis, Jean)

Né le 29 janvier 1917 à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Décédé le 9 juin 1997 à Marseille

Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (Bouches-du-Rhône)

Député des Bouches-du-Rhône de 1946 à 1951

Raymond Cayol est né le 29 janvier 1917 à Marseille, dont sa famille était originaire. Il y fait ses études secondaires, passe le baccalauréat, entreprend ensuite un cursus d'études littéraires supérieures aux Facultés d'Aix, puis de Paris. Licencié, titulaire du diplôme d'études supérieures en lettres classiques, il passe avec succès l'agrégation de lettres classiques.

Raymond Cayol est mobilisé en 1939-1940 et participe à la Résistance pendant l'Occupation. En 1941 à Toulon, il appartient au groupe "Témoignage chrétien" puis assure de 1942 à 1944 les liaisons entre les organisations de résistants, les administrations publiques et le MLN (Mouvement de libération nationale). Il est lors de la Libération chef de la section des Chrétiens combattants à Marseille et siégera notamment au Comité de libération des Bouches-du-Rhône. Son comportement lui vaut la Croix de guerre 1939-1945 et le grade de chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur. A la Libération, Raymond Cayol, nommé professeur au lycée de Toulon, s'oriente vers la vie publique et se présente, sans succès, sur la liste MRP dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône aux élections du 21 octobre 1945 à la première Assemblée nationale Constituante.

Le rejet du projet de Constitution par le référendum du 5 mai 1946, impose la convocation d'une nouvelle Assemblée nationale constituante. Aux élections du 2 juin 1946, Raymond Cayol se présente en seconde position sur la liste MRP conduite par Germaine Poinso-Chapuis dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône. La liste MRP avec 60 185 suffrages exprimés, emporte deux des neuf sièges à pourvoir.

A l'Assemblée nationale le nouveau député est nommé membre des Commissions de l'éducation nationale et de l'intérieur. Il, dépose, au cours de cette brève session, sept textes, propositions de loi ou de résolution et rapports, dont la plupart ont trait à des questions relevant de l'éducation nationale. Sa proposition de résolution du 23 septembre 1946 vise en outre à faire simplifier par le gouvernement les formalités de naturalisation pour les immigrés d'origine arménienne ayant servi pendant la guerre sous les drapeaux français.

Le 28 septembre 1946, Raymond Cayol vote pour le projet de Constitution. Le 2 octobre suivant, il intervient dans la discussion du budget de 1946 (chapitre de l'éducation nationale), et le 5 prend part à la discussion du statut général des fonctionnaires. Ce même jour, il déclare en conclusion que "le Mouvement républicain populaire votera ce projet (...) parce qu'il a été élaboré suivant une méthode que nous nous réjouissons de voir devenir habituelle au gouvernement : la méthode démocratique, qui consiste à travailler, à préparer les textes en accord avec les grandes centrales syndicales..."

Raymond Cayol figure toujours en seconde position sur la liste MRP conduite par Germaine Poinso-Chapuis aux élections du 10 novembre 1946 pour la première législature de la IVème République. La liste MRP obtient 53 861 voix sur 280 901 suffrages exprimés et conserve ses deux sièges. Nommé membre des Commissions de l'éducation nationale (1946, 1949, 1950, 1951) et de la marine marchande et des pêches (1946, 1948, 1949, 1950, 1951), il est régulièrement élu secrétaire de cette dernière Commission de 1946 à 1951. Raymond Cayol est en outre nommé membre de la Commission supérieure du crédit maritime mutuel (1951) et est appelé à siéger comme juré à la Haute cour de justice (1946, 1948, 1949). Enfin, il prend très fréquemment part aux débats, spécialement, quand ils portent sur l'éducation nationale, la marine marchande et les pêches. Parmi les premières tâches de l'Assemblée nationale figure la désignation du président d'un gouvernement provisoire : le 12 décembre 1946, Raymond Cayol vote pour la candidature de Léon Blum.

Très actif, le député des Bouches-du-Rhône dépose un grand nombre de textes : sa proposition de loi du 12 décembre 1946 vise à instituer l'allocation logement, d'autres portent sur l'enseignement (personnels, élèves et étudiants). Le 4 mai 1947, Raymond Cayol se prononce pour la confiance au gouvernement Paul Ramadier, scrutin à la suite duquel celui-ci se sépare de ses ministres communistes. Puis le 29 mai, il dépose une proposition de résolution tendant à augmenter le taux des bourses de l'enseignement supérieur et le nombre de leurs bénéficiaires. Le 27 août suivant, Raymond Cayol vote pour le projet de statut de l'Algérie. Enfin, le 13 novembre 1947, il dépose une demande d'interpellation sur les incidents qui se sont produits à Marseille la veille. Le refus du MRP et de la SFIO de prendre parti avait amené l'élection comme maire de la ville, du RPF Michel Carlini succédant au communiste Jean Cristofol. Le Parti communiste et la CGT, prenant prétexte d'une hausse des tarifs des tramways marseillais, avaient alors lancé un appel à la grève, qui dégénère en affrontements violents pendant lesquels le maire fut blessé et un jeune manifestant communiste tué. Raymond Cayol développe très longuement son interpellation sur ces événements tragiques dans la séance du 18 décembre 1947, concluant sa première intervention par cet appel : "seul un gouvernement stable et fort pourra assurer le respect de la loi, supprimer la misère du peuple et par la même, sauver la République". Il demande la dissolution des CRS, l'augmentation des effectifs de la police et celle des traitements de ses fonctionnaires et, surtout, toutes les mesures nécessaires au ravitaillement de la préfecture des Bouches-du-Rhône et au "transport des ouvriers qui voudraient reprendre leur travail".

Les 19 mars et 29 avril 1948, Raymond Cayol est rapporteur de plusieurs projets de loi relatifs à l'organisation du trafic maritime avec la Corse. Le 25 janvier 1949, il revient sur les problèmes des étudiants en demandant que les étudiants parisiens bénéficient d'une réduction de 50 % sur le prix des transports publics dans la région parisienne. Puis le 6 avril, il dépose une proposition de loi tendant à allouer une subvention de 25 millions à la Cité universitaire de Paris. Le 24 février 1950, Raymond Cayol intervient comme rapporteur dans la discussion du projet de loi portant prorogation de l'organisation de la marine marchande et revient sur ces problèmes au cours de la séance du 30 mars suivant. Puis le 15 juin, il dépose au nom de la Commission de l'éducation nationale, le rapport sur la proposition de loi tendant à instituer la double correction au baccalauréat. Enfin, il intervient longuement dans la séance du 22 décembre suivant, comme rapporteur du projet de loi sur l'exploitation du service maritime à partir du continent.

Raymond Cayol vote le 7 mai 1951 la réforme électorale instituant le scrutin de liste majoritaire départemental à un tour avec apparentements. Le 12 mai, il revient comme rapporteur sur une question qui avait été abordée à plusieurs reprises au cours de la législature : la rémunération éventuelle des élèves et étudiants de l'enseignement supérieur. Puis le 16, il est rapporteur du projet de loi relatif à la construction navale.

Le 17 juin 1951 se déroulent les élections pour la deuxième législature : le MRP sera le grand vaincu de la consultation électorale. Dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône, la liste MRP toujours conduite par Germaine Poinso-Chapuis ne réalise que 23 641 voix soit 8,1 % des suffrages exprimés. Malgré le large apparentement allant de la SFIO aux indépendants, ces résultats aboutissent à la perte d'un siège par le MRP, celui de Raymond Cayol.

Il devient en 1951 conseiller technique auprès du ministre de l'instruction publique puis en 1952, conseiller technique auprès du ministre de la France d'outremer, avant d'être nommé professeur à Marseille. Il restera tout particulièrement actif dans le domaine du statut des étudiants et des œuvres universitaires et scolaires. Raymond Cayol ne se présente pas aux élections du 2 janvier 1956.

Il est chevalier des Palmes académiques.