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Ambroise CROIZAT 

CROIZAT (Ambroise)

Né le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie)

Décédé le 11 février 1951 à Suresnes (Seine)

Député de la Seine de 1936 à 1940 et de 1946 à 1951

Délégué à l’Assemblée consultative provisoire de 1943 à 1945

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Seine)

Ministre du travail du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946

Ministre du travail et de la sécurité sociale du 26 janvier au 16 décembre 1946 et du 22 janvier au 4 mai 1947

En mars 1941, alors qu'il effectuait la peine de cinq ans de prison à laquelle il avait été condamné en avril 1940 pour son appartenance au Parti communiste, alors interdit, Ambroise Croizat est transféré à Maison-Carrée (Alger) par le gouvernement de Vichy. Libéré en février 1943, il représente la CGT auprès des autorités d'Alger avant d'être nommé à l'Assemblée consultative provisoire, au titre de son syndicat, en novembre 1943.

Membre de nombreuses Commissions - affaires économiques et sociales, réforme de l'Etat et législation, équipement national, travail et sécurité sociale - Ambroise Croizat participe largement aux travaux de l'Assemblée consultative provisoire. Il s'intéresse à la production de charbon, à la politique économique, aux nationalisations, à la création des comités d'entreprise et à l'organisation de la sécurité sociale.

Membre du comité central, fonction qu'il exercera jusqu'à sa mort, le Parti communiste le présente en deuxième position sur la liste que conduit André Marty dans la première circonscription de la Seine pour les élections du 21 octobre 1945 à la première Assemblée nationale Constituante. Réalisant 29 % des suffrages le Parti communiste est distancé par le MRP (32 %) et obtient trois des sièges à pourvoir. Ambroise Croizat sera réélu, toujours en deuxième position derrière André Marty, aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée Constituante et aux élections législatives du 10 novembre 1946. Lors de ces deux consultations le Parti communiste arrive en tête avec respectivement 27,7 % et 29,7 % des suffrages exprimés et conserve ses trois sièges, le MRP subissant sur sa droite la concurrence du Parti républicain et de la liberté.

Au lendemain des élections du 21 octobre 1945, le général de Gaulle confie le ministère du travail à Ambroise Croizat. Reconduit dans ses fonctions, auxquelles s'ajoute la sécurité sociale, par Félix Gouin (26 janvier 1946) puis par Georges Bidault (24 juin 1946), il ne fait pas partie du cabinet Blum (26 décembre 1946) mais retrouve ses attributions dans le cabinet Ramadier (22 janvier 1947) et les exerce jusqu'au 4 mai 1947, date à laquelle celui-ci met fin aux fonctions des ministres communistes.

Ministre pendant vingt huit mois, l'ancien métallurgiste accomplit une œuvre considérable. Si son nom reste attaché aux grandes lois relatives à la sécurité sociale - organisation administrative de celle-ci, élection aux conseils d'administration des caisses et régimes des fonctionnaires - il dépose ou soutient des projets concernant les comités d'entreprise, le statut des délégués du personnel dans les entreprises, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, le régime des prestations familiales ou encore l'aide de l'Etat aux économiquement faibles.

Après son départ du gouvernement, Ambroise Croizat siège à la Commission du travail et de la sécurité sociale. Député actif, il dépose des propositions de loi ou de résolution et des rapports, au nom de la Commission, intéressant l'allocation servie aux vieux travailleurs salariés (AVTS), les prestations de la sécurité sociale, la gestion de cette institution, les conventions collectives. En séance, il intervient à de nombreuses reprises sur tous ces sujets et prend part à la discussion du projet de loi, violemment combattu par son groupe, tendant à la protection de la liberté du travail (29 novembre et 3 décembre 1947).

Ambroise Croizat ne se cantonne pas aux seules questions ayant trait au travail et à la sécurité sociale. Il participe à des débats de nature économique - prélèvement exceptionnel de lutte contre l'inflation (21 décembre 1947), projet de loi relatif à certaines dispositions économiques (24 et 25 mai 1949) - ou à caractère plus politique. A ce dernier titre, il interpelle Robert Schuman sur la composition et la politique de son gouvernement (27 novembre 1947) et développe largement les positions de son parti lors de la discussion d'interpellation sur la politique du deuxième cabinet Bidault à l'égard de l'Allemagne (25 novembre 1949).

En juillet 1950, son fils trouve la mort dans un accident du travail. Quelques mois plus tard, Ambroise Croizat subit d'urgence une grave intervention chirurgicale et succombe à une complication imprévue. Le 13 janvier 1951, à l'Assemblée nationale, le Président Herriot, citant l'ancien ministre, témoigne qu'il a réalisé son programme : "Demeurer fidèle à mon origine, à ma formation, à mes actions ouvrières et mettre mon expérience de militant au service de la nation."

La CGT et le Parti communiste organiseront des funérailles grandioses au cimetière du Père-Lachaise. Le nom d'Ambroise Croizat demeure attaché à la participation de communistes au gouvernement : le Parti communiste y fit souvent référence dans la perspective de la formation d'un gouvernement d'union de la gauche.