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Abderrahman FARÈS 

FARÈS (Abderrahmane)

Né le 30 janvier 1911 à Akbous (Constantine, Algérie)

Décédé le 13 mai 1991 à Zemmouri (Algérie)

Membre de la première Assemblée nationale constituante (Alger)

Originaire d'une famille modeste de Kabylie, Abderrahmane Farès effectue des études de droit à la Faculté d'Alger. Ceci lui permet d'accéder à la première charge de notaire tenue par un Algérien. A la Libération, il obtient ses premiers mandats politiques : au conseil municipal et au conseil général du département d'Alger. Il est également membre de l'Assemblée financière de l'Algérie. Pour les élections du 21 octobre 1945 à la première Assemblée nationale constituante, il figure en quatrième position sur la liste d'union et de progrès social proche de la SFIO Cette liste, conduite par le docteur Abderlouahab Bachir, arrive en tête dans le collège des musulmans non-citoyens avec 136 109 suffrages devant la liste communiste algérienne (82 285 voix) et la liste d'union et d'action musulmane (17 435 suffrages). Les trois premiers de la liste sont donc élus, mais le docteur Abderlouahab Bachir ayant démissionné au début de 1946, l'élection de Abderrahmane Farès est validée en remplacement le 14 mars 1946.

Pendant son court mandat, le nouvel élu siège à la Commission de l'intérieur, de l'Algérie et de l'administration générale. Il rédige deux travaux écrits : une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à abroger les textes régissant l'aliénation des terres de colonisation en Algérie et un rapport sur le projet de loi portant extension à l'Algérie de l'ordonnance du 15 juin 1945 qui supprime la censure préalable. Abderrahmane Farès n'intervient qu'une seule fois, mais longuement, au nom du parti socialiste, pour défendre l'instauration du collège unique dans le régime électoral algérien en discussion. Il utilise des arguments d'ordre historique (l'héritage de la Révolution française) et politique (réconcilier les communautés en leur accordant l'égalité politique) et dénonce les contradictions des communistes et des démocrates populaires alliés à l'époque aux socialistes : les représentants de ces deux partis soutiennent en parole le collège unique mais le refusent en pratique au nom d'arguments d'opportunité qui violent leurs principes démocratiques.

Après la fin de ce premier mandat, Abderrahmane Farès ne se représente pas aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale constituante. Il siège alors à l'Assemblée algérienne dont il assume la présidence. Il y conduit une politique modérée et pragmatique. Lors de l'insurrection algérienne, il se prononce toujours pour l'intégration dans le cadre français puis se rallie au FLN.

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Proche de la SFIO, il siège au Conseil général d'Alger, puis, en 1946, à la première Assemblée constituante française, et en 1953, à l'Assemblée algérienne dont il est président. Lors de l'insurrection du 1er novembre 1954, il croit à l'intégration au sein de la nation française. Après les événements du 20 août 1955, il prend ses distances avec la politique de Soustelle, et noue des contacts avec le Front de libération nationale (FLN) à qui il apporte aide matérielle et juridique, tout en souhaitant un règlement négocié du conflit. Installe en 1956 à Paris, il est arrêté le 4 novembre 1961 pour collecte de fonds au profit du FLN. Libéré après les accords d'Evian, il préside, d'avril à septembre 1962, l'Exécutif provisoire algérien, négocie l'indépendance, et prend contact avec Jean-Jacques Susini, alors à la tête de l'OAS. L'indépendance proclamée en juillet 1962, il remet, le 27 septembre, le pouvoir à Ahmed Ben Bella. Arrêté en juillet 1964, il est libéré un an plus tard, et se retire de la vie politique. Il meurt le 13 mai 1991.