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Valéry GISCARD D'ESTAING 

GISCARD d'ESTAING (Valéry, René, Marie, Georges)

Né le 2 février 1926 à Coblence (Allemagne)

Député du Puy-de-Dôme de 1956 à 1958

[Tables nominatives des interventions de M. Valéry Giscard d'Estaing devant l'Assemblée nationale]

Valéry Giscard d'Estaing est né le 2 février 1926 à Coblence (Allemagne) où son père, Edmond Giscard d'Estaing, inspecteur des finances, exerçait les fonctions de directeur des finances au Haut-commissariat de France en Rhénanie.

Engagé volontaire, il sert au 2ème dragons d'avril à octobre 1945 et fait l'objet d'une citation à l'ordre du corps d'armée comportant l'attribution de la Croix de guerre avec étoile de vermeil.

Ancien élève de l'Ecole polytechnique (promotion 1944) et de l'Ecole nationale d'administration (promotion Europe, 1951), il entre en 1952 à l'inspection des finances. Adjoint à l'inspection générale des finances dès le 1er janvier 1952, il devient inspecteur des finances le 16 février 1954.

Au cours de l'année 1955, Valéry Giscard d'Estaing est successivement membre du comité restreint chargé d'enquêter sur les obstacles à la libération des échanges dans certains secteurs de l'économie (janvier), attaché au cabinet d'Edgar Faure, président du Conseil (mars) et directeur-adjoint de ce cabinet (22 juin - 12 décembre).

C'est alors que commence une carrière politique à laquelle le prédestine son ascendance dans la ligne maternelle. Son arrière-grand-père, Agénor Bardoux (1829-1897), membre de l'Institut, fut en effet sénateur et ministre de l'instruction publique sous la présidence de Mac-Mahon (1877-1879). Son grand-père, Jacques Bardoux (1874-1959), également membre de l'Institut (voir dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, p. 458 et 459 et 1940-1958, tome II, p. 252 à 254), sénateur du Puy-de-Dôme de 1938 à 1944, membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante, fut également député de ce département de 1946 à 1955, sous l'étiquette des Indépendants et paysans.

Jacques Bardoux n'étant pas candidat aux élections du 2 janvier 1956, Valéry Giscard d'Estaing se présente en deuxième position sur la liste d'Union des indépendants et paysans conduite par Joseph Dixmier, député sortant.

Dix listes sont en présence dans le département du Puy-de-Dôme pour sept sièges à pourvoir. Des apparentements ont été conclus entre, d'une part, les listes MRP et Indépendants-paysans, d'autre part, la liste d'Union et de fraternité française présentée par Pierre Poujade, une liste d'Action civique de défense des consommateurs et des intérêts familiaux, et une liste de Défense des intérêts agricoles et viticoles. Les autres listes sont celles du PCF, de la SFIO, de Défense paysanne et d'action populaire, du Parti radical-socialiste et des Républicains sociaux.

Sur 235 489 suffrages exprimés, les deux apparentements n'obtiennent respectivement que 49 092 et 43 535 voix. Les sièges sont donc répartis à la représentation proportionnelle.

Arrivée en tête avec 50 210 voix, la liste du PCF a deux élus. Celle de la SFIO (41 872 voix) obtient un siège. La liste d'Union des indépendants et paysans (36 095 suffrages) en remporte deux, compte tenu du score obtenu par la liste MRP qui lui était apparentée (12 997 voix). Les deux autres sièges de la circonscription sont attribués à la liste poujadiste (32 232 voix) qui bénéficie des suffrages obtenus par la liste de Défense des intérêts agricoles et viticoles (7 296 voix) et la liste d'Action civique de défense des consommateurs et des intérêts familiaux (4 007 voix). Les listes Radicale-socialiste (20 563 voix), de Défense paysanne et d'action populaire (19 850 voix) et des Républicains sociaux (8 207 voix) n'ont pas d'élu.

Valéry Giscard d'Estaing siège, tout naturellement, à la Commission des finances en qualité de membre suppléant. Il est, en outre, nommé membre de la Commission du suffrage universel, des lois constitutionnelles, du règlement et des pétitions.

De l'intense activité parlementaire qu'il déploie, il y a lieu de retenir surtout sa participation constante aux débats sur les grands problèmes qui se posent à la nation au cours de cette brève législature.

Ses interpellations sur le Marché commun européen témoignent de son souci de voir clairement posées toutes les questions que soulèvent la construction européenne et ses incidences sur l'économie française : nécessité d'une législation anti-trust, fixation du tarif extérieur commun, échanges avec les pays extérieurs au marché commun, mesures à prendre pour abaisser les prix français.

A l'occasion de la discussion, au mois de mars 1958, des conclusions d'un rapport relatif à la révision constitutionnelle, il intervient fréquemment pour souligner la nécessité d'opérer une véritable réforme constitutionnelle inspirée par des motifs de politique générale et le souci de modifier les moeurs parlementaires.

Il prend part à la discussion d'un projet de loi portant reconduction des lois prises successivement depuis le 16 mars 1956 relatives aux mesures exceptionnelles en Algérie (20 mai 1958).

Ne perdant pas de vue pour autant les questions intéressantson département, il intervient le 14 juin 1956, lors de la discussion du budget de l'éducation nationale, à propos de la transformation de l'école libre de droit de Clermont-Ferrand en faculté d'Etat.

Valéry Giscard d'Estaing vote la confiance au gouvernement du général de Gaulle le 1er juin 1958 et se prononce, le lendemain, pour l'adoption du projet de loi relatif aux pleins pouvoirs.

Il exerce aussi des responsabilités dans son département en tant que conseiller municipal de Chanonat et conseiller général du canton de Rochefort-Montagne.

En novembre 1956, il fait partie de la délégation française aux XIIème et XIIIème sessions de l'Assemblée générale des Nations unies à New-York.

Réélu député dans la 2ème circonscription du Puy-de-Dôme aux élections de novembre 1958, Valéry Giscard d'Estaing conserve ce mandat lors des renouvellements de 1962, 1967, 1968 et 1973. Ministre des finances du général de Gaulle et de Georges Pompidou, il lui succède à la Présidence de la République en mai 1974. Le 10 mai 1981, François Mitterrand, son concurrent de 1974, le distance. Valéry Giscard d'Estaing revient alors " à la base " : conseiller général de Chamalières en 1982, il retrouve son siège de député en 1984, mandat qui lui sera renouvelé lors des scrutins de 1986, 1988, 1993 et 1997.

Marié à Anne-Aymone Sauvage de Brantes (petite-fille d'Eugène Schneider, le maître de forges du Creusot), Valéry Giscard d'Estaing est père de quatre enfants.