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Gérard OUEDRAOGO 

OUEDRAOGO (Gérard, Kango)

Né le 19 septembre 1925 à Ouahigouya (Haute Volta)

Député de Haute-Volta de 1956 à 1951

Issu de la famille royale du Pays Mossi, Gérard Ouedraogo est le fils de l'ancien régent du trône du Yatenga à la mort du roi Boulli le 27 janvier 1899. Diplômé de l'Ecole supérieure Terrasson de Fougères de Bamako, il devient à partir d'octobre 1945 chef de la 3ème section des affaires politiques, administratives et sociales à Koulouba, au Soudan français puis, de novembre 1947 à avril 1948, chef du secrétariat particulier du gouverneur de la Haute Volta et directeur du personnel de la colonie. Jusqu'en 1952, il dirige le domaine des affaires réservées au cabinet du Haut commissaire de France en Afrique occidentale française à Dakar.

C'est à cette date que Gérard Ouedraogo décide d'entrer en politique. Candidat aux élections législatives du 17 juin 1951, il figure en seconde position sur la liste d'"évolution voltaïque" dirigée par le conseiller de l'Union française Michel Dorange. Mais cette dernière, avec 16 980 suffrages exprimés, soit à peine 7% des voix, n'obtient aucun élu. L'année suivante, il devient cependant grand conseiller de l'AOF, de la Mauritanie et du Sénégal et le demeure jusqu'en 1960. Il occupe, de 1952 à 1957, les fonctions de questeur puis, de 1957 à 1958, celles de vice président du grand Conseil de l'AOF tout en présidant sans interruption la commission de la justice, des affaires politiques et administrative de l'Assemblée fédérale. En 1952, il est élu conseiller général du cercle de Ouahigouya et, en 1956, conseiller municipal de Ouagadougou.

Gérard Ouedraogo décide de se représenter aux élections législatives du 2 janvier 1956 et constitue avec Michel Dorange, pour ce faire, une liste "progressiste voltaïque" qu'il dirige. Les 120 586 voix qu'elle recueille, soit 19,2% des suffrages exprimés, lui offre l'un des quatre sièges à pourvoir, les trois autres revenant aux listes du Parti social de l'éducation des masses africaines (Henri Guissou et Joseph Conombo) et du Mouvement populaire de la révolution africaine (Nazi Boni).

Une fois son élection validée, le 10 février 1956, Gérard Ouedraogo rejoint les commissions de la famille, de la population et de la santé publique, ainsi que de l'outre mer dont il devient le secrétaire. Il s'apparente au groupe des républicains sociaux puis rejoint le groupe des élus du Parti du regroupement africain. Durant cette dernière législature, il ne fait guère montre d'une activité parlementaire soutenue. Tout juste prend il la parole en séance le 18 juin 1957 pour défendre une proposition de loi tendant à réviser le mode d'élection des conseillers de la République.

Il accorde sa confiance à Guy Mollet, Maurice Bourgès-Maunoury et Félix Gaillard, se prononce contre le projet de CEE, vote en faveur de la proclamation de l'état d'urgence en Algérie. S'il s'abstient lors de l'investiture du général de Gaulle le 1er juin 1958, il accepte de lui accorder les pleins pouvoirs le lendemain et se prononce pour la révision constitutionnelle.

Comme 23 autres des ses collègues députés sortants de Madagascar et d'Afrique noire, Gérard Ouedraogo voit son mandat de député prolongé jusqu'au 15 juillet 1959. Il consacre alors l'essentiel de son énergie à la vie politique de son pays natal. Il a fondé en juillet 1956 le Mouvement démocratique voltaïque et fonde, en 1958, le Mouvement de regroupement voltaïque, né de la fusion du MDV, du PSEMA et du MPA, dont il prend immédiatement la présidence. Gérard Ouedraogo est ainsi appelé à jouer un rôle politique de première importance en Haute Volta. Durant la période d'application de la loi cadre, il devient ministre des finances de la nouvelle République et, après l'indépendance, est envoyé comme ambassadeur en Grande Bretagne jusqu'en 1966. Député de Haute Volta depuis 1960, il a assumé, entre autres, les fonctions de premier ministre de 1971 à 1974, de président de l'Assemblée nationale de 1978 jusqu'aux "événements" de 1980. Il a en outre dirigé l'UDV RDA, le parti majoritaire de son pays, de 1970 jusqu'à ces derniers temps.