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Mamadou OUEDRAOGO 

OUEDRAOGO (Mamadou)

Né en 1906 à Ouahigouya (Haute-Volta)

Décédé le 9 septembre 1978 à Ouahigouya

Député de Haute-Volta de 1948 à 1955

Neveu par sa mère de l'empereur des Mossis du Yatenga et dont le père a sollicité en 1896 l'occupation française dudit territoire, Mamadou Ouedraogo est le fils du chef d'une province qui servit toujours loyalement les Français. Fort, et fier, de cette ascendance intimement et sincèrement allégée à la puissance coloniale, il reçoit une solide instruction à l'école normale William Ponty de Gorée et obtient en juillet 1924 son diplôme d'aptitude élémentaire.

Nommé dans un premier temps instituteur stagiaire, il dirige par la suite un certain nombre d'écoles primaires ou agricoles qui, à ce titre, lui vaudront plusieurs médailles, distinctions ou mentions académiques. Partisan de longue date de la présence française en Haute-Volta, il est intégré, en 1953, aux services administratifs de l'inspection primaire puis, trois ans plus tard. à ceux de l'information.

Resté à l'écart de tout engagement militaire durant la seconde guerre mondiale, il n'entre en politique qu'au lendemain de celle-ci en se présentant avec succès à l'Assemblée de l'Union française le 3 novembre 1947. Il remporte par la suite, le 30 mai 1948, le siège de conseiller général de la dixième circonscription de Haute-Volta reconstituée. Il ne demeure que peu de temps conseiller de l'Union puisqu'il est élu, le 27 juin 1948, député sur la liste pro-française de " défense des intérêts de la Haute-Volta " dirigée par le conseiller de la République Henri Guissou où il figurait en deuxième position. Avec 86 819 suffrages exprimés, soit plus de 82% des voix, cette liste écrase la liste d'Union indépendante et remporte les trois sièges à pourvoir. L'essentiel de la campagne avait été mené autour du thème du retour de la Haute-Volta dans ses frontières naturelles et de son maintien sous la domination française.

Mamadou Ouedraogo s'inscrit au groupe des Indépendants d'outre-mer, est nommé membre puis secrétaire de la commission de l'éducation nationale en janvier 1949 et, l'année suivante, de celles de la production industrielle et du suffrage universel, du règlement et des pétitions. Il retrouve cette dernière en 1951 et rejoint également la commission du travail et de la sécurité sociale. Durant ces trois années, Ouedraogo ne se signale par aucun dépôt de proposition de loi ou de résolution et n'intervient strictement jamais en séance. Il s'abstient lors du vote de ratification du Pacte atlantique tout comme lors du vote de la loi des apparentements.

En vue des élections du 17 juin 1951, il est de nouveau choisi par la liste de "défense des intérêts de la Haute-Volta" où il figure cette fois-ci en troisième position, derrière Joseph Conombo et Henri Guissou. La liste, avec 146 861 voix, soit 59% des suffrages exprimés, enregistre un net tassement mais conserve ses trois sièges sur les quatre désormais à pourvoir, la Haute-Volta ayant été entre-temps dotée d'un siège supplémentaire.

Une fois son élection validée le 17 juillet 1951, Ouedraogo retrouve le groupe des Indépendants d'outre-mer et rejoint la Commission du suffrage universel, du règlement et des pétitions dont il occupe à deux reprises, en 1951 et 1953, les fonctions de secrétaire. II intègre également celles des affaires économiques en 1951 et de la famille, de la population et de la santé publique en 1954 et 1955. Son activité parlementaire, durant cette seconde législature, demeure quasiment nulle puisqu'il ne prend qu'une seule fois la parole en séance le 6 décembre 1953 pour évoquer brièvement la question des pensions des anciens combattants d'outre-mer.

II vote pour les lois Marie et Barangé, le pool charbon-acier, le cessez-le-feu en Indochine, les accords de Genève et ceux de Londres, contre la motion Aumeran, c'est-à-dire pour le projet de CED, et pour l'admission de la RFA dans l'OTAN et en faveur de la proclamation de l'état d'urgence en Algérie. Il vote les investitures d'Edgar Faure, d'Antoine Pinay, de Joseph Laniel et de Pierre Mendès France dont il vote également la chute.

Mamadou Ouedraogo ne se représente pas lors des élections du 2 janvier 1956 ni à tout autre scrutin. A l'inverse de son cousin Gérard, il ne prendra après 1960 aucune part active à la vie politique de la Haute-Volta