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Hélène SUZANNET (DE) (NÉE DURANT DE MAREUIL) 

SUZANNET (Hélène, Anne, Marie, Charlotte de, née Durant de MAREUIL)

Née le 20 octobre 1901 à Paris (VIIIème)

Décédée le 24 décembre 1961 à Paris (XVIème)

Membre de la première Assemblée nationale constituante (Vendée)

Née le 20 octobre 1901, Hélène de Suzannet est la fille du colonel de Mareuil, mort pour la France durant la guerre 1914 - 1948. Elle se marie en 1922 à l'âge de 21 ans avec le comte Jean de Suzannet, descendant d'une vieille et illustre famille vendéenne, militaire de formation, et avec qui elle aura cinq enfants, quatre garçons et une fille. Un de ses fils, évadé de France en 1942, sera volontaire pour l'Indochine et tué à l'ennemi le 3 janvier 1946.

Hélène de Suzannet n'a pas eu d'activité politique connue avant la fin de la seconde guerre mondiale mais elle partage largement les vues de son mari, député de la 2ème circonscription de La Roche-sur-Yon de 1936 à 1938, élu avec le soutien des Croix de feu et inscrit au groupe de la Fédération républicaine. Egalement conseiller municipal de Chavagnes-en-Paillers et conseiller général, Jean de Suzannet est mort le 27 janvier 1938 des suites de ses blessures lors d'un accident de voiture. Sa femme va recueillir son héritage politique en Vendée.

Pendant la campagne de France de 1939 - 1940, Hélène de Suzannet participe à l'effort de guerre en tant que bénévole au service de la Croix-Rouge et infirmière à l'hôpital de la Roche-sur-Yon. Par la suite et jusqu'en 1943, elle est assistante sociale et travaille dans les services des internés civils et détenus politiques au Val-de-Grâce et dans ceux des internés civils britanniques à Saint-Louis.

Elle participe activement à la Résistance à partir de 1943 et mène plusieurs activités hors réseaux : aide à l'évasion, camouflages et placement d'enfants juifs. Considérée comme "Agent P.2", assimilée au grade de sous-lieutenant, elle appartient ensuite aux réseaux "Comète" et "Vaneau", avec des missions d'hébergement (notamment d'aviateurs), de détection et de convoi. Arrêtée le 23 juin 1943, elle est incarcérée à Fresnes pendant plus de 6 mois, inculpée et passible de la peine de mort. En raison de sa santé très atteinte - elle reste pendant cinq mois sans soins -, son cas est ajourné avant jugement pour " inaptitude à la détention " et elle est placée sous surveillance de la police. A la Libération, elle est membre du Comité départemental de Libération (CDL) et participe au lancement du mouvement "Les Françaises libres", dont elle est vice-présidente, avec Irène de Lipkowski, Marcelle Devaud et Hélène Ribière.

Hélène de Suzannet entre en politique en 1945. Très proche d'Edmond Barrachin et de ses Comités de regroupement républicain (CRR), elle collabore étroitement à l'action de ces comités qui conduira à la scission du PSF dès 1944. Elle invite notamment en mars 1945 les maires du département à une réunion fondatrice des CRR. Elle devient conseillère municipale de Chavagnes-en-Paillers en mars, puis conseillère générale de Saint-Fulgent élue avec une belle majorité aux cantonales de septembre. Conservatrice, incarnant la Vendée traditionaliste, elle a une grande popularité dans les milieux catholiques du département et une forte influence dans le bocage vendéen.

Candidate aux élections à l'Assemblée nationale constituante en octobre 1945 sur la liste républicaine d'action agricole, maritime et sociale, emmenée par Armand de Baudry d'Asson, elle figure en 3ème position. Dans ses discours de campagne électorale, elle intervient sur son expérience pendant la guerre, les questions des réformes sociales, notamment parmi les agriculteurs, l'habitat rural, les questions de l'enseignement - elle souhaite pour l'école catholique les mêmes avantages que le privé -, et appelle les femmes à venir voter. La liste obtient 96 015 suffrages (sur 198 130 suffrages exprimés) et 4 députés : Hélène de Suzannet est donc élue députée de Vendée avec Armand de Baudry d'Asson, Henri Rochereau et Charles Rousseau, le cinquième siège allant à Georges Gorce qui dirige une "Liste socialiste républicaine de la Résistance". Hélène de Suzannet siège dans les rangs du PRL et est membre du comité directeur de ce parti.

A l'Assemblée, elle est membre de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique, de la Commission du travail et de la sécurité sociale et elle est nommée juré à la Haute Cour de justice. Elle est à l'origine du dépôt le 23 janvier 1946 d'une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à procéder à une réforme de l'administration pénitentiaire dans le but d'utiliser la détention comme moyen de relèvement et de reclassement social et professionnel. Hélène de Suzannet vote contre le projet de Constitution du 19 avril 1946. Elle intervient lors de la discussion d'interpellation sur la politique extérieure du Gouvernement, notamment pour évoquer le problème de la frontière polonaise, le danger de l'impérialisme et "la lutte des démocraties contre les principes totalitaires". Elle prend également part à la discussion d'une proposition de loi de Jacques Bardoux relative à l'élection des membres de la Chambre des députés.

Battue aux élections du 2 juin 1946 alors qu'elle figurait en 3ème position sur la liste du PRL à nouveau emmenée par Armand de Baudry d'Asson, elle ne se représente pas aux élections législatives du 10 novembre 1946 et se retire peu à peu de la vie politique pour gérer ses propriétés. Elle démissionne de son mandat de conseiller général pour s'effacer en faveur du fils de l'ex-conseiller général décédé, M. Guerry de Beauregard, et qui lui succède au Conseil général en 1946.

Hélène de Suzannet est titulaire de la Croix de guerre 1939-1945, de la Médaille de la Résistance et de plusieurs décorations étrangères, dont la croix du combattant Silver Laurel Leaf Emblem of the King's Commendation for brave Conduct et de la Medal of Freedom.

Elle meurt le 24 décembre 1961 à Paris.