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Jean Moulin
Après des études de droit, Jean Moulin entreprend une carrière de
haut fonctionnaire et devient le plus jeune préfet de France en 1937. Toute sa vie il
reste marqué par les convictions républicaines de son père, militant du Parti Radical
et de la Ligue des Droits de lHomme. Nommé Préfet dEure-et-Loir en janvier
1939, il est maintenu à son poste durant les hostilités et ne peut rejoindre les forces
combattantes. En juin 1940, Jean Moulin soppose aux Allemands en refusant de signer
une déclaration imputant les massacres de civils aux unités de Sénégalais. Soumis à
la torture, il tente de se trancher la gorge. Révoqué par le gouvernement de Vichy en
novembre 1940, il entre en contact avec des mouvements de résistants avant de partir pour
Londres. Il devient le représentant du Général de Gaulle en métropole. Chargé
dunifier les mouvements de résistance en zone libre, il crée des structures
administratives communes de coordination de leurs opérations de lutte contre
loccupant. Sa mission est étendue à la zone nord et il crée en 1943 le Conseil
National de la Résistance (C.N.R.). Le 21 juin 1943, lors dune réunion de lArmée
secrète à Caluire, Jean Moulin et ses compagnons sont arrêtés par la police
allemande. Torturé par Klaus Barbie, Jean Moulin succombe à ses blessures lors dun
transfert en Allemagne. __________
Oraison funèbre à l’occasion du transfert au Panthéon des cendres de Jean Moulin en présence du général de Gaulle.(19 décembre 1964) « [...] Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais: " Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi." L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. A côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... »
Vidéo (Internet Explorer 6 : rafraîchir la page) Voir aussi : Chronologie de l'appel du 18 juin 1940
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