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LA CITOYENNETÉ POLITIQUE DES FEMMES
le vote et l'éligibilité des femmes...
... vers la parité

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    LE VOTE ET L'ÉLIGIBILITÉ DES FEMMES....

     

    LES PREMIÈRES FEMMES AU GOUVERNEMENT
    SOUS LE FRONT POPULAIRE

     

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    Cécile Brunschvicg
    photographiée par Henri Manuel

      Bibliothèque Marguerite Durand

    Cécile Brunschvicg, sous-secrétaire d'État à l'Éducation nationale.

    Cécile Brunschvicg (1877-1946), qui en 1894, avait dû passer son brevet supérieur clandestinement pour ne pas mécontenter son père, consacra sa vie à l'action féministe, notamment en présidant l'Union française pour le suffrage des femmes et en dirigeant le Journal La Française.

    Elle fut membre du parti radical.

    Sa nomination au poste de sous-secrétaire d'État à l'Éducation nationale dans le gouvernement Léon Blum en 1936 lui permit de réaliser (suppression de l'autorisation maritale pour l'obtention des passeports) ou d'amorcer plusieurs réformes.

     


    Suzanne Lacore

    Suzanne Lacore (mai 1875-novembre 1975), sous-secrétaire d'État à la Santé publique, chargée de la protection de l'enfance du 4 juin 1936 au 21 juin 1937 (1er gouvernement Léon Blum).

    Directrice d'école primaire, Suzanne Lacore fut l'une des trois femmes qui firent partie pour la première fois d'un gouvernement en France, avant même d'être électrices et éligibles. Elle institua les visiteuses sociales et s'attacha à développer la formation des jeunes salariées.

     


Irène Joliot-Curie
Bibliothèque de l'Assemblée nationale

Irène Joliot-Curie, fille de Pierre et Marie Curie, démontre, avec son mari Frédéric Joliot, l'existence du neutron et découvre la radioactivité artificielle. En 1935 elle partage avec son mari le prix Nobel de chimie. Elle est nommée sous-secrétaire d'État à la recherche scientifique du gouvernement de Front populaire. A l'Institut du radium, elle étudie des radioéléments produits par les neutrons dans le thorium et l'uranium.

        On a souvent relevé l'innovation, et le paradoxe, qu'a constitué la présence dans le gouvernement de Front populaire de Léon Blum en juin 1936, de trois femmes, ministres (ou « sous-secrétaires d'État ») alors qu'elles n'étaient, comme toutes les femmes de leur temps, ni électrices ni éligibles.

        Cette « première » eut une portée symbolique considérable. Il faut cependant rappeler que ni Cécile Brunschvicg, sous-secrétaire d'État à l'Éducation nationale, ni Irène Joliot-Curie, sous-secrétaire d'État à la Recherche scientifique, d'ailleurs démissionnaire dès le 28 septembre 1936, ni Suzanne Lacore, sous-secrétaire d'État à la protection de l'enfance, ne prirent jamais la parole dans l'hémicycle du Palais Bourbon. Leur présence fut donc muette, ce qui ne veut pas dire, loin de là, qu'elles furent inactives.

        Après la démission du premier gouvernement Blum en juin 1937, les ministères de la fin de la IIIe République ne comportèrent plus de femmes. Léon Blum lui-même, dans son deuxième gouvernement (13 mars-10 avril 1938), ne renouvela pas l'expérience.

        Il fallut attendre 10 ans et l'aube de la IVe République pour revoir une femme ministre. Andrée Viénot, député des Ardennes, fut sous-secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports dans le premier cabinet Georges Bidault (24 juin 1946-16 décembre 1946). Elle garda ces fonctions dans le cabinet homogène de Léon Blum (16 décembre 1946-22 janvier 1947). En tant que sous-secrétaire d'État, elle intervint dans la discussion budgétaire le 2 octobre 1946 (J.O., 2e Assemblée nationale constituante, 3e séance du 2 octobre 1946, p. 4447). Elle fut dans toute notre histoire parlementaire la première ministre qui ait parlé au Palais Bourbon.

        Elle avait été devancée par Rose Guérin, député communiste de Paris (5e secteur), qui en présentant et défendant un amendement au projet de budget de 1946 fut la première élue à prendre la parole dans l'hémicycle. C'était le 21 décembre 1945 (J.O. lre Assemblée nationale constituante, 2e séance du 21 décembre 1945, p. 306). L'Assemblée nationale constituante était en session depuis le 6 novembre.

      Le Gouvernement de Front populaire photographié sur les marches du Palais de l'Élysée. Au premier rang, Suzanne Lacore.


    Bibliothèque de l'Assemblée nationale

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