Ferdinand BUISSON (1841-1932)

Ferdinand BUISSON (1841-1932)

© Assemblée nationale

 

 

 

Né à Paris le 20 décembre 1841 dans une famille protestante, fils d’un magistrat et orphelin de père à 16 ans, Ferdinand Buisson est un pédagogue, un humaniste et un pacifiste. Licencié ès lettres et agrégé de philosophie, il s’exile en Suisse pour ne pas servir le régime de Napoléon III. Un des organisateurs du Congrès de la paix qui se tient à Genève en 1867, il publie un journal intitulé Les États-Unis d’Europe.

Rentré en France après la chute du Second Empire, il organise un orphelinat pour les enfants des Parisiens tués. Nommé inspecteur primaire de l’Instruction publique, il est relevé de ses fonctions pour avoir parlé irrévérencieusement de la Bible, selon Mgr Dupanloup qui élève une protestation à l’Assemblée nationale.

Auteur d’un monumental Dictionnaire de Pédagogie, Ferdinand Buisson prend une place éminente dès lors que les républicains s’installent au pouvoir : inspecteur général de l’instruction publique en 1878, il travaille avec Jules Ferry à la préparation des textes qui vont instituer l’école laïque.

Dreyfusard, il compte parmi les fondateurs de la Ligue des Droits de l’Homme. Il sera aussi président de la Ligue de l’enseignement et recevra le prix Nobel de la paix en 1927.

Élu député dans le XIIIe arrondissement de Paris, sous l’étiquette radicale, il entre au Parlement en 1902. Deux fois réélu, il est battu en 1914 mais revient en 1919. Vice-président de la commission du Suffrage universel, il se prononce en faveur de la RP (représentation proportionnelle) et du vote des femmes. Par humanisme, il défend les minorités nationales slaves, les révolutionnaires russes et, après la Grande Guerre, proteste contre les violences faites aux Arméniens et aux juifs.

Battu en 1924, il s’installe au village de Thieuloy-Saint-Antoine dans l’Oise, dont il devient conseiller municipal. Après une tentative malheureuse en vue d’obtenir un siège au Sénat, il s’y éteint à quatre-vingt onze ans, le 16 février 1932.