Paul DUSSAUSSOY (1860-1909)

Paul DUSSAUSSOY (1860-1909)

© Assemblée nationale

 

 

 

Né le 6 janvier 1860 à Dunkerque, fils d’un député bonapartiste du Pas-de-Calais, Paul Dussaussoy appartient à une famille d’industriels. Avocat, il est député « républicain libéral » du Pas-de-Calais de 1893 à 1902 et de 1906 à 1909.

Homme de droite, Paul Dussaussoy n’est pas pour autant conservateur. On trouve, dans sa profession de foi électorale, une formule qui en préfigure une autre, bien connue : « Les collectivistes n’ont pas le monopole de la philanthropie et de la solidarité. »

C’est un homme élégant, la mine ouverte, la moustache en croc. Il a 46 ans quand, le 10 juillet 1906, il prend l’initiative de déposer une proposition de loi tendant à accorder le droit de vote aux femmes. Une proposition bien timide, en apparence, puisqu’elle ne concerne que les élections locales : mais l’idée de Paul Dussaussoy est de créer un précédent, qui conduirait naturellement les Françaises à la pleine citoyenneté.

Saisis de cette proposition de loi en faveur du vote des femmes, les membres de la « commission du Suffrage universel » souhaitent attendre que soit réglée la question des modes de scrutin, qui oppose alors « erpéistes » et « arrondissementiers ».

Mais un « Groupe pour la défense des droits des femmes » se constitue autour du député Henry Chéron. Le 16 juillet 1909, son collègue Ferdinand Buisson dépose un rapport très documenté, qui sera publié après les élections législatives de 1910.

Le conflit mondial qui éclate en 1914 semble d’abord réduire à néant ces efforts, mais la part prise par les femmes dans l’effort de guerre finit par changer la donne. Le 20 mai 1919, la Chambre des députés examine enfin la proposition Dussaussoy – dont l’auteur est mort depuis dix ans, le 15 mars 1909, emporté à quarante-neuf ans par une maladie foudroyante.

Différée puis repoussée par le Sénat, la proposition Dussaussoy n’aboutira pas et c’est finalement par voie d’ordonnance que le général de Gaulle, le 21 avril 1944, que les Françaises deviennent « électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ».