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François Mitterrand

Message du Président de la République au Parlement

François Mitterrand © La Documentation française. Photo Gisèle Freund

26 octobre 1988

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- 2ème séance du mercredi 26 octobre 1988

- Tables nominatives des interventions de François Mitterrand devant l'Assemblée nationale

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Vidéo

M. le président. Mes chers collègues, je vais vous donner lecture d'une lettre que j'ai reçue de M. le Président de la République. (Mmes et MM. les députés et les membres du Gouvernement se lèvent.)

« Paris, le 26 octobre 1988. »

« Monsieur le président,

« J 'ai l'honneur ce vous adresser le texte d'un message au Parlement, relatif au référendum du 6 novembre 1988 sur la Nouvelle-Calédonie.

« Je vous serais reconnaissant d'en donner lecture à l'Assemblée nationale au début de sa séance de ce jour.

« Je vous prie d'agréer, monsieur le président, l'expression de mes meilleurs sentiments. »

« Signé : FRANÇOIS MITTERRAND. »

Voici les termes du message de M. le Président de la République :

« Mesdames, messieurs les députés,

« Comme vous le savez, j'ai décidé, sur proposition du Gouvernement, et conformément à l'article 11 de la Constitution, de soumettre au référendum le projet de loi portant dispositions statutaires et préparatoires à l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie.

« Après une longue période de déchirements et d'incompréhension, la Nouvelle-Calédonie voit s'ouvrir devant elle un avenir que ses responsables, exprimant le vœu des populations, entendent consacrer à la réconciliation et au développement.

« S'il est malheureusement fréquent d'observer dans l'histoire l'enchaînement de la violence conduire des communautés divisées jusqu'à la guerre civile et à son cortège de haines inexpiables, plus rares sont celles qui, prenant conscience de la course à l'abîme où elles sont engagées, accomplissent sur elles-mêmes l'effort d'en arrêter le cours.

« Cet acte de courage et de lucidité, nos compatriotes de Nouvelle-Calédonie ont su le faire. Le dialogue a été renoué. L'accord a été signé. II prévoit et organise un délai de dix ans avant le vote d'autodétermination. Dans l'intervalle, il reviendra à la République d'administrer la preuve qu'un développement équilibré est possible dans la justice et la sécurité pour tous.

« Ce projet de loi, le Gouvernement aurait pu vous en confier le soin. Le Parlement a souvent délibéré des institutions de la Nouvelle-Calédonie. (« Eh oui ! » sur de nombreux bancs du groupe du Rassemblement pour la République.)

« Sept fois depuis 1945, dont trois au cours de la dernière décennie. Mais ces multiples remises en cause (« Eh oui ! » sur de nombreux bancs du groupe socialiste.) ont précisément convaincu les dirigeants des deux principales communautés de l'archipel que pour garantir la durée du contrat il convenait que le peuple français engageât directement et solennellement sa foi.

« C 'est à quoi j'invite aujourd'hui les Français. Sans référendum, il n'y aurait pas eu d'accord.

M. Gabriel Kaspereit. Ce n'est pas vrai !

De nombreux députés du groupe socialiste. Chut !

M. le président. « Le référendum n'a pas d'autre objet que de le confirmer, pour ratifier ce qui s'est fait et rendre possible tout ce qui reste à faire. Ainsi que je l'ai dit ailleurs et le redirai, il ne marquera ni le triomphe d'un camp, ni la défaite d'un autre, aussi bien en métropole qu'en Nouvelle-Calédonie. II annoncera la victoire de la concorde et de la paix.

« Mesdames et Messieurs, j'espère que vous pourrez y contribuer. »

« Signé FRANÇOIS MITTERRAND. »

(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste.)

L'Assemblée nationale donne acte à M. le Président de la République de son message qui sera imprimé et distribué.