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Michel DEBRÉ

JEUNESSE

 


 

Michel Debré dans le jardin de sa maison de Montlouis-sur-Loire, en 1958.
Fonds Debré - Archive FNSP - CHEVS © DR

 

Né à Paris, ses origines paternelles et maternelles le rattachent au Rhin et à la Garonne, mais c'est dans la vallée de la Loire que Michel Debré vit son enfance : c'est là qu'il aimera à se recueillir ; c'est de là qu'il détiendra un mandat local pendant plus de 40 ans.

« La France est mon pays et je m'y suis promené partout ou presque. J'ai parcouru à pied le Jura, les gorges du Verdon, les Alpes de Provence ; je me suis promené à cheval dans le Chinonais et à bicyclette autour de la Bretagne ; et un peu partout j'ai voyagé en voiture ou par le train. En hélicoptère, en avion, j'ai survolé ses plaines à basse altitude et approché les flancs de ses montagnes... Des Vosges au Cotentin, des Flandres aux bords de la Méditerranée, des Alpes à l'Atlantique, je ne me lasse pas de nos provinces. A douze mille kilomètres de là, les circonstances de ma vie politique m'ont fait découvrir et aimer les lointains paysages français de la Réunion. Est-ce illusion ? Au plus profond de moi-même, il me semble que je sens un appel particulier quand je retrouve les lieux de mon enfance... »

(Mémoires, tome I)

 

Fils du professeur Robert Debré ("Dans ma vie d'homme, mon père a beaucoup compté"), et père de quatre fils, c'est pourtant par l'éloge des femmes qu'il commence ses Mémoires, en répétant à plusieurs reprises : « Je dois à ma mère, à ma femme, à ma sœur d'avoir... ».

   

 

Michel Debré et Robert Debré lors de l'inauguration d'une rue « Professeur Robert Debré »
à Vernou-sur-Brenne, le 13 juin 1973. Photographie de quatre générations.
Fonds Debré - Archives FNSP-CHEVS
© DR

 

Formé par l'école laïque, empreint des leçons du Tour de France par deux enfants, le futur académicien fait ensuite l'éloge de ses maîtres.

Mais « le meilleur d'entre eux fut la lecture... Je suis de ceux que l'on moquerait aisément en les dessinant entre quatre murs surchargés de livres et se lamentant : je n'ai rien à lire ce soir ».

Bien qu'il ait hésité, ce n'est pas sur les traces de son père qu'il se lance : « Après mon père, comment faire mieux ? ». Influencé, dit-il, par la lecture à Rome des Catilinaires de Cicéron, il étudie le droit et les sciences politiques. A dix-neuf ans, diplômes en poche, il devance l'appel et incorpore l'école de cavalerie de Saumur.

 

Michel Debré. Mon père ou l'honneur de vivre. Extrait de la Revue des Deux Mondes - juin 1978.

Fonds Debré - Archives FNSP - CHEVS
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Michel Debré, sous-lieutenant au 11e régiment de cuirassiers à Paris (1932).
Fonds Debré - Archives FNSP-CHEVS
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A son retour, son activité le mène dans trois directions successives :

• il présente sa thèse de doctorat en droit sur le sujet « L'artisanat, classe sociale » ;

Michel Debré. L'artisanat classe sociale. La notion d'artisan, la législation artisane.
Thèse pour le doctorat présentée et soutenue le 1er mars 1934. Paris, Dalloz, 1934.
Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

• il est admis au concours de l'auditorat du Conseil d'État. (A l'occasion de son succès, son père lui offre le texte de la conférence de   Renan :   Qu'est-ce   qu'une   nation   ? « depuis lors, ce livre fut toujours à portée de ma main ») ;

 

Ernest Renan, qu'est-ce qu'une nation ?
Paris, Presses pocket, 1992.
Edition annotée.
Fonds Debré - Archives FNSP-CHEVS © DR

« L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle a le droit d'exister. »

[Texte de la conférence faite en Sorbonne, le 11 mars 1882]

   

• enfin il consacre une partie de ses loisirs à la promotion d'Eugène Labiche : il anime une association théâtrale et c'est sur scène, en jouant Le plus heureux des trois, qu'il rencontrera Anne-Marie Lemaresquier, avec qui il unira sa vie.

- Programme d'un spectacle de la Compagnie Eugène Labiche (ci-dessus).
- Invitation au spectacle.
- Melle Lemaresquier en costume.
- Projet manuscrit de carton d'invitation.

Coll. part. © DR

Voir : Eugène Labiche, texte écrit à l'occasion du bicentenaire de la mort d'Eugène Labiche en 1988

 

En novembre 1938, il entre au cabinet du ministre des Finances, Paul Reynaud et c'est sa première expérience politique : « Entrer "en politique", est-ce entrer en religion ? J'ai été parfois dépeint comme un homme qui a donné une réponse affirmative à cette question. »