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Michel DEBRÉ

RÉSISTANCE

Combattant, prisonnier, évadé, résistant, Michel Debré est, sous des noms d'emprunt, actif dans la clandestinité dès 1942.

 

Carte d'identité
(Au nom) de Jacquier François Pierre, employé de commerce, né le 14 décembre 1911 à Lifou (Nouvelle-Calédonie). Datée 15 janvier 1941.
Coll. part.

Attestation d'appartenance aux F.F.C.
Émise par le Secrétariat d'État aux Forces armées (guerre) en date du 7 août 1951. Certifie l'appartenance aux Forces françaises combattantes du 15 juin 1943 au 30 septembre 1944, avec le grade de commandant.
Coll. part. © DR

 

 

• Carte d'identité F.F.L. n° 23.269
Atteste l'engagement dans les Forces françaises libres
le 15 juin 1943 dans le réseau « Délégation générale ».
Coll. part. © DR

 

Il organise le réseau des préfets qui exerceront leurs fonctions à la Libération et devient lui-même commissaire régional de la République à Angers :

« A le voir si jeune et si actif dans le grand bureau de la Préfecture où il nous reçoit - sa porte est ouverte à tous - on ne peut manquer d'évoquer les grandes figures des jeunes conventionnels qui firent la Ire République et dont il est à coup sûr le descendant et le continuateur.»

(reportage d'Ouest-France).


« Paysans de la région d'Angers...
Paysans, refusez-vous au marché noir... »
Angers, le 9 novembre 1944.
Signé M. Debré, commissaire de la République.
Affiche.
Coll. part. © DR

 

C'est à ce titre qu'il rencontre pour la première fois le Général de Gaulle à Laval, le 22 août 1944 : « Une voiture s'avance. Une grande silhouette en sort. Je m'approche et j'entends sa voix : Bonjour, M. Jacquier ».

Michel Debré et le Général de Gaulle à Laval, le 22 août 1944.
Photographie devant le monument aux Morts.
Au second plan, on reconnaît Gaston Palewski.
© Photographie F. Trouillet.

« La France est sortie d'un océan de catastrophes sans être asphyxiée ; de l'enfer elle est sortie libre; d'une maladie qui était mortelle elle est revenue comme d'un long évanouissement. La France, pour ce miracle n'a aucune dette vis-à-vis du régime qui s'est effondré en 1940, ni de l'ersatz de régime qui a suivi. La France le doit, pour ne parler que des Français, à un général, à ses compagnons, à la France libre et combattante, à la forte et populaire Résistance. »

La République et son pouvoir - p. 11

 

   

 

Dans le gouvernement provisoire, il entre au cabinet du Général de Gaulle comme chargé de mission : animant la Mission provisoire de réforme de l'administration et proposant de réformer la fonction publique, il fait aboutir, à ce titre, le projet d'École nationale d'administration qu'avaient vainement tenté de mettre en place Hippolyte Carnot en 1848 et Jean Zay en 1936. Tournant le dos aux modèles existants, il est à l'origine de l'ordonnance du 9 octobre 1945 qui crée une école à scolarité originale et à recrutement diversifié.

Jacquier-Bruère (pseudonyme de Michel Debré et Emmanuel Monick)
- Refaire la France : l'effort d'une génération.
Paris, Plon, 1945.
Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

« Alors que, dans l'histoire d'un pays, la plupart des générations reçoivent toujours de leur patrie plus quelles ne peuvent lui donner, il en est d'autres à qui revient la charge de porter dans leurs bras, comme un enfant blessé, la patrie épuisée. La génération qui monte en France est de celles qui sont marquées de cet insigne destin. Elle ne peut lui échapper. »

Refaire la France (sous le pseudonyme de Jacquier-Bruère)

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Chronologie de l'Appel du 18 juin