• Ministre de la Justice, il prend une part décisive dans la rédaction de la Constitution de 1958, à laquelle il réfléchissait depuis des années. (v. ses notes de guerre).
« On imagine la France sans Napoléon, on imagine la France sans Louis XIV. On n'imagine pas la France sans Henri IV, on n'imagine pas la France sans Clemenceau, car au moment où Henri IV ou Clemenceau ont été portés à la direction des affaires, la crise que traversait la Nation était une crise mortelle, si un homme, doté de certaines caractéristiques, ne s'était pas trouvé pour en prendre le gouvernement.
Il en est ainsi, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, du Général de Gaulle. »Tribune libre : Refaire une démocratie, un État, un pouvoir - p.34-35

Michel Debré. Carnet manuscrit.
Notes personnelles sur les réformes constitutionnelles à mettre en place
(ci-dessus : ses réflexions sur la durée du mandat présidentiel).
Carnet correspondant aux années 1943-1944.
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Michel Debré appose le sceau
de la République |
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« Liberté des partis politiques (liberté essentielle de la démocratie), liberté d'interpeller le gouvernement (liberté essentielle du régime parlementaire), liberté de chaque citoyen garantie par le pouvoir judiciaire (liberté essentielle de l'individu) : le projet de Constitution est inspiré par le plus généreux respect de la liberté. Cette réforme constitutionnelle est la dernière chance donnée aux hommes et aux partis qui pensent que la France peut à la fois demeurer une des fortes nations du monde, et une démocratie. »
Discours devant le Conseil d'État le 27 août 1958
lors de la présentation du projet de Constitution.La magistrature reçoit un statut unifié et, pendant de l'École nationale d'administration, est instituée à l'initiative de M. Debré, une École nationale de la magistrature. L'organisation judiciaire est refondue.
« Il n'y a pas de justice si la magistrature n'a pas d'autorité. Pour donner de l'autorité à la magistrature, bien des conditions sont nécessaires. Les premières sont d'ordre matériel. Le magistrat doit être le fonctionnaire le mieux payé de France, ce qui impose que les juridictions ne soient pas trop nombreuses, que le travail y soit bien organisé, les procédures suivies et les juges aidés. »
Ami ou ennemi du peuple ? - p. 68
« (...) Jules Ferry, au terme d'une carrière difficile, qui fit de lui, à travers les amertumes et les ingratitudes, un des grands hommes de notre histoire, reconnut un jour avec tristesse : « Nous n'avons pas su donner à la République figure du gouvernement. » Il entendait par là que les hommes et les formations politiques qui s'étaient donné la mission de créer un nouveau régime n'avaient su dominer ni leurs intérêts, ni leurs idéologies. A peine la République installée, elle avait été, en quelque sorte, dépecée par les luttes intestines des républicains eux-mêmes. La stabilité des ministères en avait pâti : la fermeté de l'action politique avait été atteinte sans retour et, au-delà, l'image nécessaire de l'État. Retenons cette leçon du plus grand des parlementaires qui ait honoré la tribune d'une réussite : permettre le gouvernement de la nation. Ce qui était vrai à la fin d'un siècle où l'évolution du monde paraissait conduire l'humanité à la liberté et à la paix devient éclatant de vérité en un siècle comme le nôtre, agité par des tempêtes d'une violence inouïe (....) »
1959
Michel Debré devient le premier Premier ministre de la Ve République.
© AFP
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Présentation à l'Assemblée nationale du programme du Gouvernement, par Michel Debré, Premier ministre du général de Gaulle, le 15 janvier 1959
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En qualité de Premier ministre, Michel Debré intervient personnellement dans tous les domaines : négociations avec les États de la Communauté (qui s'acheminent vers l'indépendance), enseignement (il fait face à un boom démographique, allonge la scolarité obligatoire et modernise les structures de l'enseignement en supprimant la filière primaire et en instituant une orientation progressive) [Loi n° 59-1557 du 31 décembre 1959 sur les rapports entre l'État et les établissements d'enseignement privés], monnaie (il lutte contre l'inflation et institue le Nouveau Franc), économie (l'industrie connaît une phase de développement rapide et de progrès technique, favorisée par la libération des échanges), recherche (lois de programme, usine marémotrice de la Rance...), armée (concept de force de dissuasion)...
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Jacques Chaban-Delmas,
président de l'Assemblée nationale.
Note manuscrite, à l'intention de Michel
Debré (sans date).
« Est-ce que tu veux une suspension de séance avant ton intervention ? »
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Michel Debré à la tribune de
l'Assemblée nationale.
© Archives
de l'Assemblée nationale / Associated Press
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Caricature : « Les ordonnances, quel
boulot ! »
Dessin de Sennep
Point de vue - 13 février 1959.
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• Le 14 avril 1962 Michel Debré est remplacé au poste de Premier ministre par Georges Pompidou.
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• Dans les gouvernements Pompidou, Couve de Murville et Chaban-Delmas, il détiendra ensuite, à partir de 1966 le portefeuille de l'Économie et des finances, puis des Affaires étrangères, puis, avec le titre de Ministre d'État, celui de la Défense nationale. A ce titre il sera l'auteur du Livre blanc sur la défense nationale.

Michel Debré et Georges
Pompidou.
A l'arrière-plan, Yvon Bourges.
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« C'est la France gouvernée qui est libre ; c'est la France animée par l'effort qui est généreuse ; c'est la France bien armée qui travaille pour la paix ; c'est la France indépendante qui peut coopérer utilement ; c'est la France fidèle à son passé qui conquiert l'avenir, c'est la France réaliste qui fait applaudir et accepter son idéal. »
Lettre à des militants sur la continuité, l'ouverture et la fidélité -p. 14

Michel Debré passant en revue la promotion 1972 de l'École Polytechnique.
Au premier rang Anne Chopinet, major de la promotion.
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Voir aussi :
Table nominative des interventions de Michel Debré devant l'Assemblée nationale