Les Départements d'outre-mer
L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE
ET L'ACCESSION A LA CITOYENNETÉ
La fin du règne de Louis XIII voit apparaître
simultanément aux Antilles les plantations de canne à sucre et l'esclavage.
Le début du règne de Louis XIV confirme cette corrélation
: Colbert se félicite de ce que « le royaume, naguère tributaire de
l'étranger pour le sucre, commence à lui en vendre » et dès mars 1685, un
premier état du futur Code noir est appliqué dans les îles françaises
d'Amérique : « L'esclave fugitif.... aura les oreilles coupées et sera marqué
d'une fleur de lys à l'épaule ; s'il récidive, il aura le jarret coupé.... ;
s'il récidive encore il sera puni de mort. L'esclave qui aura frappé son
maître, ou la femme de son maître, ou leurs enfants, ... au visage sera puni
de mort (Art. XXXVIII). « Déclarons les esclaves être meubles » (Art. XLIV).
Montesquieu rattache l'esclavage au despotisme, mais il
concède qu'il peut « dans certains pays être fondé sur une raison naturelle »
: (Esprit des lois, XV - 7. 1748). Allant plus loin que le Code noir, Louis
XVI fera interdire aux Blancs de contracter mariage avec les Noirs, mulâtres
et autres gens de couleur : il est expressément fait « défense de qualifier
ceux-ci du titre de sieur et dame » et leur entrée en France est désormais
prohibée. Voltaire se borne à défendre les « serfs du Mont-Jura »
(Franche-Comté), en s'apitoyant sur « le triste état des douze mille honnêtes
gens traités comme des nègres par des chanoines et par des moines ».
Ce n'est qu'avec l'abbé Raynal qu'on a vu, en 1770, se
dresser un véritable opposant à l'esclavage : « Le droit d'esclavage est celui de commettre toutes sortes de
crimes... Je hais, je fuis l'espèce humaine composée
de victimes et de bourreaux : si elle ne doit pas devenir
meilleure, puisse-t-elle s'anéantir ! Brisons les chaînes des victimes de
notre cupidité, dussions-nous renoncer à un commerce qui n'a que l'injustice
pour base et le luxe pour objet» (Histoire philosophique et politique...V-l
1) et sous son influence se crée à Paris la Société des amis des Noirs, qui
va prospérer sous la Révolution, avec l'adhésion de Mirabeau, Condorcet,
Lavoisier, l'abbé Grégoire, tous à l'origine de l'article 1er de
la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789 : « Les
hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »).
Avec espoir les « citoyens de couleur des îles et colonies
françaises » écrivent à l'Assemblée nationale. Dans le même esprit, un obscur
député de la Constituante, Viefville des Essarts, dépose le projet d'une loi
affranchissant les esclaves (sur 16 années) et supprimant la traite. Chacun
se souvient aussi de la tirade fameuse de Robespierre (13 Mai 1791) : « Dès
le moment où, dans un de vos décrets, vous aurez prononcé le mot « esclaves »,
vous aurez prononcé et votre propre déshonneur et le renversement de votre
constitution. Périssent vos colonies si vous les conservez à ce prix ».
Il faut peu de temps aux révolutionnaires pour aboutir :
en septembre 1791, « Tout individu est libre aussitôt qu'il est entré en
France » ; en 1792, les hommes libres de couleur obtiennent l'égalité civique
; le 4 février 1794 (16 pluviôse An II), une loi de la Convention abolit
l'esclavage.
C'est le Premier Consul, le 20 mai 1802, qui rétablira et
l'esclavage et la traite selon les lois et règlements existant avant 1789,
au motif que « dans le régime antérieur à 1789 les colonies avaient
constamment prospéré ».
Il fera marche arrière pendant les Cent jours en
supprimant la traite des Noirs. Mais il faudra patienter jusqu'à la
Monarchie de Juillet pour voir ensuite quelques progrès : rétablissement des
droits civils, puis politiques des Libres de couleur ; création de la
Société pour l'abolition de l'esclavage (avec, à partir de 1844, un journal
bimestriel L'Abolitionniste français) ; modalités de l'affranchissement
par rachat.
Si la suppression de l'esclavage avait été votée en
Grande-Bretagne dès 1833, avec une période transitoire de cinq ans et le
versement de l'équivalent de 500.000.000 F d'indemnités, en France les
choses menaçaient donc de s'éterniser : dans un rapport de 1839 devant la
Chambre des députés, Tocqueville proteste qu'on gagne peu à attendre et
qu'il y a même péril à le faire ; les ouvriers parisiens se déclarent
solidaires des Noirs ; mais en Algérie le maréchal Bugeaud se refuse à
intervenir contre la traite des esclaves.
Pourtant les événements vont brusquement s'accélérer
sous l'influence tant des réalités économiques que de la Révolution de
1848, et de
Victor Schœlcher en particulier.
La recherche du sucre avait fait naître l'esclavage, sa
production en abondance favorisera l'abolitionnisme. La production de
sucre de betterave, initiée sous le blocus continental, a peu à peu
concurrencé le sucre de canne : au départ encouragée par le
protectionnisme, la concurrence qu'elle porte à la canne à sucre amène les
colons à réclamer sa taxation. Ils l'obtiennent en 1837 (loi du 18
juillet) et elle est renforcée en 1840 (loi du 3 juillet), puis en 1843
(loi du 2 juillet). Trop tard : la production de sucre de betterave croît
plus vite que la consommation et passe entre 1828 et 1848 de 5.000 à
70.000 tonnes, ce qui la place presque au niveau auquel était parvenue la
production de sucre de canne après deux siècles.
Une semaine après la proclamation de la IIe
République, le 4 mars 1848, le Gouvernement provisoire déclare que « nulle
terre française ne peut plus porter d'esclaves » et V. Schœlcher est nommé
« Sous-secrétaire d'Etat chargé des colonies et des mesures relatives à
l'abolition de l'esclavage ». Face à ceux qui veulent encore tergiverser,
il se montre favorable à une abolition immédiate « pour cause d'utilité
morale » et souhaiterait que l'indemnisation profite à la colonie tout
entière, et non pas aux seuls propriétaires.
Le 27 avril 1848, considérant qu'il « est un attentat
contre la dignité humaine », un décret du gouvernement provisoire abolit
l'esclavage : on compte alors 75.000 esclaves en Martinique, 89.000 en
Guadeloupe, 13.000 à la Guyane, et 62.000 à l'île Bourbon. Et, dès le 4
novembre, l'abolition est incorporée au texte même de la nouvelle
constitution (art.6 : « L'esclavage ne peut exister sur aucune terre
française »).
Mais l'action du Gouvernement provisoire était allée
bien plus loin : le suffrage universel ayant été institué en mars, les
anciens esclaves devinrent du même coup non seulement des hommes libres,
mais aussi des citoyens de plein droit, électeurs et éligibles. Le
gouvernement provisoire le rappelle clairement à l'article 2 de son
instruction du 27 avril pour les élections dans les colonies : « Les
élections auront lieu dans le plus bref délai possible après la libération
générale des esclaves, devenus citoyens français ». Et ce bouleversement
ne resta pas théorique : il s'incarna aussitôt dans la personne de
Louisy
Mathieu, esclave en février, député constituant en août. Sur cette
novation révolutionnaire, la République ne revint jamais.
Le 30 avril 1849, l'Assemblée nationale fixe à
126.000.000 F l'indemnité à verser aux anciens maîtres : soit environ 500
F par esclave, ce qui correspond à 10.000 F actuels.
Le Code noir, ou Recueil des règlements rendus jusqu'à
présent concernant le Gouvernement, l'administration de la Justice, la
Police, la Discipline et le Commerce des Nègres dans les Colonies françoises
A Paris, Prault, 1788
Ce recueil comprend les principales déclarations et
édits royaux de 1671 à 1785 relatifs au statut des esclaves dans les
diverses colonies françaises : le Code noir, qui ne portait pas encore ce
nom, fut d'abord promulgué pour les îles de l'Amérique françoise (1685)
puis pour l'Ile Bourbon (l'actuelle île de La Réunion) et la Louisiane
(1723-1724).
Le Code noir (au format PDF)
Bibliothèque de l'Assemblée nationale

Abbé Raynal (1713-1796)
Prêtre et jésuite, il abandonne très tôt la vie
sacerdotale pour se consacrer à la philosophie et à l'histoire et devient
un habitué des salons d'Helvétius, de D'Holbach et de Mme Geoffrin.
Son ouvrage Histoire philosophique et politique des
établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, qu'il
doit publier clandestinement (en 1770), contient des attaques contre la
politique des peuples colonisateurs, contre le clergé, contre
l'Inquisition, qui lui valent d'être décrété d'arrestation et de devoir
s'exiler jusqu'en 1787. Les contemporains plaçaient Guillaume Raynal au
même rang que les plus illustres des combattants des Lumières.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.
Plan du camp des Noirs du Roi à La Réunion (1822)
Les Domaines de la Couronne avaient aussi leurs
esclaves (ils seront affranchis en 1846-1847). On voit ici comment les
cases étaient regroupées, chacune avec un petit jardin dont les Noirs
tiraient supplément de nourriture et petit profit, car, malgré les règles
de l'esclavage, ils en vendaient les fruits sur les marchés, se procurant
ainsi un peu d'argent et d'autonomie.
Aquarelle - CAOM
Société française pour l'abolition de l'esclavage, fondée
en 1834.
Elle compte parmi ses premiers membres : de Beaumont,
H. Carnot, Lamartine, Montalembert, Rémusat, de Sade, Tocqueville, de
Tracy...
Bibliothèque de l'Assemblée nationale.
L'Abolitionniste français, bulletin mensuel (en fait
bimestriel) de la société instituée en 1834 pour l'abolition de l'esclavage.
Paris, au bureau du Journal,....
Bibliothèque
de l'Assemblée nationale.
Abolition de l'esclavage ; examen critique du préjugé
contre la couleur des Africains et des sang-mêlés, par V. Schœlcher.
Paris, Pagnerre, éditeur, 1840. Bibliothèque
de l'Assemblée nationale.
Des colonies françaises. Abolition immédiate de
l'esclavage, par Victor Schœlcher.
Paris, Pagnerre, éditeur, 1842.
Il s'agit de l'ouvrage le plus célèbre de Schœlcher.
Bibliothèque de l'Assemblée nationale.
Cachot de la mulâtresse Lucile
Réduit (3 x 2 m ; hauteur maxi : 1,3 m) où un
propriétaire enchaînait, au fond du jardin et avec une « double boucle » en
fer pour les chevilles, sa concubine esclave et mère de ses enfants.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.
Supplice du fouet à Saint-Pierre de la Martinique.
Sur cette gravure l'esclave fouetté est maintenu à
terre par trois piquets et le suppliciant, debout, frappe de toute sa
force.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.
Ces deux illustrations figurent dans C.A. Bissette
Réfutation du Livre de M. V. Schœlcher sur Haïti, Paris, Ebrard,
1844.
Bibliothèque de l'Assemblée nationale.
« Bissette (Cyrille-Charles-Auguste), homme de couleur,
publiciste, né au Fort-Royal (Martinique) en 1795, mort à Paris en 1858.
Condamné au bannissement par la cour de la Guadeloupe, pour ses opinions
abolitionnistes, il vint en France, où il publia un grand nombre d'écrits
en faveur des hommes de couleur et des noirs. Il fonda, en outre, la
Revue des colonies, la Revue abolitionniste et autres recueils.
» (Pierre Larousse : Grand dictionnaire universel du XIXe
siècle). Bissette, qui était monarchiste, s'était fâché avec Schœlcher.
Cet ouvrage sur Haïti s'achève par un florilège de scandales concernant le
traitement des Noirs aux Antilles françaises, illustrées par les gravures
ci-dessus dont font partie les gravures, destinées à faire progresser la
cause abolitionniste.
Abolition de l'esclavage
Procès-verbaux, rapports et projets de décrets de la
Commission instituée pour préparer l'acte d'abolition immédiate de
l'esclavage.
Paris, Imprimerie nationale, 1848.
Avec le texte du décret du Gouvernement provisoire en
date du 4 mars 1848 : « Considérant que nulle terre française ne peut plus
porter d'esclaves, ... : une commission est instituée auprès du ministre
provisoire de la marine et des colonies pour préparer, sous le plus bref
délai, l'acte d'émancipation immédiate... »
Paris, Imprimerie nationale, 1848.
La Commission était composée de Victor Schœlcher,
président ; Mestro, directeur des colonies ; Perrinon, chef de bataillon
d'artillerie de marine ; Gatine, avocat aux conseils ; Gaumont, ouvrier
horloger ; Montrol, représentant du peuple ; Pascal Duprat, idem ; Vinçard,
ouvrier. (Henri Wallon et L. Percin en étaient secrétaires).
Ses travaux durèrent du 6 mars au 21 juillet 1848.
Bibliothèque de l'Assemblée nationale.
Esclavage et colonisation par Victor Schœlcher.
Introduction par « Aimé Césaire, ancien élève de
l'Ecole normale supérieure, député de la Martinique ».
Presses universitaires de France, 1948. Bibliothèque
de l'Assemblée nationale.
Aimé Césaire. Manuscrit autographe de la préface du
livre de Victor Schœlcher « Esclavage et colonisation ».
« Abolitionniste », oui, avec tout ce que ce mot désuet
comporte de moralisme didactique et de philanthropie généreuse.
Abolitionniste oui,
Comme Tocqueville, Broglie, Lamartine, Agenor de
Gasparin
Certes
Schœlcher est cela et mieux que cela
« L'abolitionniste » n'est jamais à tout prendre qu'un
« homme de la vertu » et de ce Don Quichotte vertueux qui n 'a guère à
opposer au cours du monde que le ronronnement de sa belle conscience, le
cours du monde se débarrasse vite - à moins que plus simplement il ne le
séduise et digère.
C'est ici que très précisément, Schœlcher dépasse
l'abolitionnisme et rejoint la lignée de l'homme révolutionnaire : celui
qui se situe résolument dans le réel et oriente l'histoire vers sa fin.
Bibliothèque de l'Assemblée nationale.
Victor Schœlcher.
Buste par Gilbert Privat
D'origine alsacienne, Victor Schœlcher (1804-1893)
prit fait et cause contre l'esclavage dès son retour d'un voyage en
Amérique, en 1829. Aussi fut-il dès le 4 mars 1848, nommé sous-secrétaire
d'Etat chargé spécialement des colonies et des mesures relatives à
l'abolition de l'esclavage. Il présida la commission qui mit au point le
décret d'abolition du 27 avril. Elu représentant de la Martinique, puis de
la Guadeloupe, il siégea à la Montagne et lutta aux côtés de Baudin contre
le coup d'Etat du 2 décembre : proscrit, il refusa l'aministie et ne
rentra d'Angleterre qu'en 1870. Il fut alors élu à l'Assemblée nationale à
la fois par la Seine, la Martinique et la Guyane avant d'être désigné
comme sénateur inamovible en 1875 : à ce titre, il se signala comme un
ardent défenseur de l'abolition de la peine de mort.
La dépouille de l'apôtre de la libération des Noirs fut
transférée au Panthéon en 1949.

Les élus d'outre-mer en 1848.
(Galerie des représentants du peuple 1848-1851 - Les deux
photographies ci-dessus et ci-dessous sont tirées de cet ouvrage.)
Aux Antilles, les élections à l'Assemblée constituante
marquèrent le triomphe des Schœlcheriens. Mais si les représentants ainsi
élus avaient tous en partage la foi démocratique et progressiste de la
Révolution de février (ils votèrent tous avec la Montagne), quel
raccourci saisissant ne formaient-ils pas de l'histoire sociale de leurs
îles ! Voici Charles Dain, descendant d'une ancienne famille de planteurs
békés, l'avocat Pory-Papy et le polytechnicien Perrinon, qui ne doivent
leur situation qu'à une opiniâtre réussite scolaire, le fils d'esclaves
Mazulime enfin et le nouveau libre Louisy Mathieu.
De gauche à droite et de haut en bas : Charles Dain,
François-Auguste Perrinon, Louisy Mathieu (Guadeloupe), Victor Mazulime,
Victor Schœlcher, Pierre-Marie Pory-Papy (Martinique), Louis
Dorville-Jouannet (Guyane ; élu trop tard pour venir siéger, il sera réélu
à la Législative). La Réunion n'ayant pu élire à temps ses représentants à
la Constituante, on a associé à cette liste Prosper de Greslan, député
(royaliste) de l'île à la Législative en 1849.
Bibliothèque de l'Assemblée nationale.
Louisy Mathieu (1817-1874).
Louisy Mathieu, créole de la Guadeloupe, était un
esclave tonnelier lorsque la Révolution de 1848 fit de lui un citoyen.
Suppléant de Schœlcher, il devint député à la Constituante, Schœlcher
ayant opté pour la Martinique, où il avait également été élu.
Mathieu, qui, semble-t-il, devait faire effort pour
s'exprimer en français, ne prit que trois fois la parole à l'Assemblée,
chaque fois pour réaffirmer avec gravité, devant des propos ou
comportements ambigus, la pleine citoyenneté noire.
Il est clair qu'à travers lui, Schœlcher souhaitait
donner des anciens esclaves l'image de citoyens de couleur revendiquant
dignement -mais sans concessions- les droits des autres Français, face à
celle de revanchistes menaçants que propageaient les colons. Mathieu vota
avec la Montagne (-la gauche démocratique et sociale).
En 1849 le nombre de sièges à pourvoir fut diminué :
Mathieu ne fut pas réélu. Il entra alors dans l'équipe du journal
Schœlcheriste Le Progrès où il fut notamment typographe.
En 1871, il soutint encore à la Guadeloupe la
candidature de Schœlcher avec le programme suivant : « droit pour tous
d'arriver par le suffrage universel et par l'instruction largement
répandue à toutes les positions ; diffusion de la propriété : émancipation
de la terre, suivant l'émancipation de l'homme et par suite moralisation
et constitution plus forte de la famille, base de toute société ».

Photographie. Bibliothèque de l'Assemblée nationale.
Foulard électoral : les bancs de « la Montagne »
(1848-1849).
A l'imitation des « grands ancêtres » de 1793, les
députés de la gauche de l'Assemblée nationale constituante élus le 28
avril formèrent, le 8 novembre 1848, un groupe dénommé « la Montagne » qui
regroupait 56 députés.
On reconnaît sur ce foulard la plupart des grands noms
du groupe : Ledru-Rollin (3), Raspail (4), Louis Blanc (5), Lamennais
(11), Proud'hon (12), Arago (15), l' « ouvrier Albert » (16), Agricol
Perdiguier (27).
Sur le 2e banc à partir du haut, Victor
Schœlcher (18) semble présenter et parrainer Louisy Mathieu, à sa droite.
Ce qui correspond à la réalité politique, on l'a vu.
On reconnaît également, en bas à droite, Armand Barbes
qui joua un rôle de premier plan en 1848. Ce Guadeloupéen, né à
Pointe-à-Pitre en 1809, avait fait ses études en France. Il fut député de
l'Aude à l'Assemblée constituante.

Bibliothèque de l'Assemblée nationale.

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