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Pierre Mendès France

L'entrée dans la vie politique
Le député de Louviers
1929-1940

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L'œuvre financière du Gouvernement Poincaré

• Préface de Georges Bonnet, ancien ministre du Budget.

Paris, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1928.

Mendès France a fait de Raymond Poincaré, avec Léon Blum et Charles de Gaulle, une des trois figures votives de son action politique. Il l'évoque en ces termes à la fin de son premier discours d'investiture, le 3 juin 1953 : « Tout jeune, j'admirais en Raymond Poincaré l'homme d'État, digne de la France qu'il gouvernait ». Les dernières lignes de sa thèse montrent que l'admiration n'allait pas sans réserves : « Une fois de plus, hélas, notre République politiquement démocratique n 'a pas été économiquement équitable. La sûreté technique, la réussite même de M. Poincaré ne peuvent nous faire oublier les injustices commises ou accrues. Demain, sur le nouveau terrain d'un franc restauré, de finances rétablies, il faudra donc reprendre le programme qui réalisera enfin, jusque dans le domaine de l'économique, la vraie République égale et sociale ».

(Bibliothèque de l'Assemblée nationale)

Lettre en date du 15 mars 1928 adressée par Raymond Poincaré, Président du Conseil, à Pierre Mendès France en remerciement pour renvoi de sa thèse « L'œuvre financière du Gouvernement Poincaré »

• Raymond Poincaré au sommet de sa gloire d'homme d'État républicain remercie, dans une lettre qui est plus qu'un accusé de réception courtois, un obscur docteur en droit de 21 ans. « Je ne fais aucune difficulté de reconnaître les imperfections de l'œuvre accomplie. »

Vingt-sixième congrès du Parti républicain radical et radical-socialiste tenu à Reims (24-25-26 et 27 octobre 1929)

• La délégation de l'Eure compte pour la première fois dans ses rangs « Mendès, France, Paris. » (sic). Par la suite, Mendès France, qui y tenait, eut beaucoup de mal à faire supprimer le trait d'union entre Mendès et France.

Dans son discours d'ouverture au congrès du Parti radical à Marseille en octobre 1954, il évoquera son adhésion au parti en 1923, à 16 ans à peine, séduit par un discours d'Édouard Herriot.


(Bibliothèque de l'Assemblée nationale).

Programme électoral. Circonscription de Louviers. Élections de mai 1932

« C'est à une croisade de liberté intérieure, de justice sociale et de paix démocratique que vous appelle le parti auquel j'appartiens, le Parti républicain radical et radical-socialiste, à l'occasion des prochaines élections législatives les plus graves peut-être qu'ait connues la Troisième République. »

Circonscription de LOUVIERS

M. MENDÈS-FRANCE, radical-socialiste.
Élu   au   deuxième   tour   de   scrutin.   —  6.347   voix.

Aux électeurs !

Désigné par l'unanimité des comités républicains de la circonscription, j'ai l'honneur de solliciter vos suffrages à l'occasion des prochaines élections législatives, les plus graves peut-être qu'ait connues la Troisième République.

Le monde est en proie à une crise intense. La paix est en péril. Notre pays sauvé en 1918, grâce à l'endurance et à la ténacité des anciens combattants, grâce au sacrifice de centaines de milliers de victimes, est menacé aujourd'hui à nouveau par les difficultés économiques, et par l'incertitude d'une paix précaire.

Contre ces menaces et ces dangers, notre pays doit être défendu avec énergie. Or, depuis quelques années, les Gouvernements qui se sont succédé n'ont pu mener à bien la tâche qui leur incombait. Certes, la critique est toujours plus facile que l'action. Mais la preuve est faite, par leur échec, qu'il faut aujourd'hui changer de méthodes et changer d'hommes.

Mon devoir de candidat est de vous soumettre un programme d'action susceptible de rallier tous les républicains auxquels je fais appel.

Avant tout, c'est la paix, dans la sécurité, qu'ils réclament pour notre pays.

La collaboration internationale qui, par Locarno, a réussi à nous procurer des avantages substantiels, doit survivre à la disparition du grand Européen qu'était Aristide Briand. Les nécessités de la défense nationale, qu'il ne faut certes pas méconnaître doivent se concilier avec la nécessité des méthodes d'arbitrage et de conciliation.

Partisan résolu du désarmement progressif et simultané, je pense que la France doit travailler à l'aboutissement de la Conférence du désarmement. Des accords simples et pratiques doivent permettre d'alléger les charges militaires de chaque État. La France, comme les autres pays, en ressentira un soulagement financier inappréciable./p>

Nous ne pouvons pas oublier, à cet égard, que nos finances, autrefois florissantes, sont aujourd'hui déficitaires. Et les prodigalités des Gouvernements français depuis 1928, au profit de certains États, foyers de fascisme et de nationalisme, n'y sont pas étrangères. Plus de cinq milliards ont été ainsi distribués pour entretenir des germes guerriers — cinq milliards qui eussent permis de soulager pendant un an la misère d'un million de chômeurs..

L'heure n'est pas aux prodigalités et aux dépenses improductives puisque (c'est le bilan de la « politique de la prospérité ») notre budget est en déficit de huit milliards environ, que notre Trésorerie doit aujourd'hui de nouveau recourir à l'emprunt (où sont les vingt milliards d'économies de M. Chéron ?) et que nos ressources vont se trouver encore réduites par la défaillance de l'Allemagne pour sa dette de réparations.

A cet égard, la France doit proclamer qu'elle ne payera pas les États-unis si elle-même n'est pas remboursée par l'Allemagne. Il ne doit y avoir sur ce point aucune incertitude, car je ne crois pas que nous puissions engager notre pays à de lourds versements qui se prolongeront soixante ans durant, alors surtout que nous n'avons pas encore fait pour les anciens combattants, tout ce que nous avons le devoir de faire pour eux : révision de nombreuses pensions, distribution plus juste de la carte du combattant, liquidation plus rapide de la retraite du combattant, etc. La défense et l'extension de leurs droits figureront au premier plan de mes préoccupations.

L'équipement économique de notre région appellera aussi mon activité. Tous ceux qui m'ont entendu parler de ce grand problème — c'est l'immense majorité des électeurs, car j'ai tenu à visiter toutes les communes de l'arrondissement, les plus importantes comme les plus modestes — connaissent mes opinions sur ce point : le département de l'Eure, l'un des plus riches de France, a encore la moitié de ses communes sans électricité, sans téléphone. Et je ne parle pas des routes, des adductions d'eau, de tant de problèmes urgents qui mériteraient un effort énergique. Mais cet effort ne peut être entrepris qu'en contrôlant les grandes sociétés industrielles (travaux publics, électricité, etc.) qui rançonnent usagers et consommateurs, grâce à l'absence de concurrence et à la passivité de l'État.

Toute notre vie économique subit d'ailleurs l'influence égoïste de grandes entreprises que la nation a négligé de surveiller jusqu'ici : grands spéculateurs, sociétés productrices d'électricité, compagnies de chemins de fer, gros raffineurs, cartels de l'industrie lourde, etc. responsables de la vie chère.

La lutte contre la vie trop chère pour les travailleurs est le premier point d'un programme républicain. Elle comporte d'abord la révision de notre système d'impôts qui pèse surtout sur le modeste consommateur au lieu de frapper les grosses fortunes, et aussi la •répression de fraudes et de spéculations trop nombreuses.

La lutte contre la vie trop chère est aujourd'hui plus nécessaire que jamais, par suite de la baisse des salaires et des profits. Par suite aussi du chômage, contre lequel l'État doit lutter de la manière la plus vigoureuse, notamment par l'exécution d'un véritable plan d'outillage national (celui qui a été voté était trop modeste et n'a rien donné). En attendant, le règlement des caisses de chômage doit être amélioré et le fonctionnement des assurances sociales simplifié. L'État devra poursuivre une active politique des habitations à bon marché, dans les villes comme dans les communes rurales.

La stabilisation de la situation des classes laborieuses assurera plus de sécurité au petit commerce et à l'artisanat, atteints eux aussi par la crise, par des impôts souvent injustes, par l'insuffisance de grandes lois, telles que la loi de la propriété commerciale.

Quant à la culture, elle a droit à une protection particulière de la part des pouvoirs publics, en raison de l'inorganisation de la profession agricole en face de grands trusts, des grands moulins, des sociétés d'engrais, des ramasseurs de lait, etc.

C'est pourquoi, en modernisant l'équipement économique des campagnes, l'État devra favoriser les coopératives de stockage et de vente, les syndicats d'usagers, les associations agricoles, les mutuelles./p>

En un mot, le programme démocratique veut libérer les travailleurs urbains et ruraux de l'hypothèque que des «congrégations économiques» ont prise, depuis la guerre surtout, sur notre politique économique et sociale. Fermement attaché au principe de la propriété individuelle, j'estime qu'elle doit être respectée par ces grandes sociétés./p>

Si je suis fidèle sur ce point à la doctrine de la Révolution française, j'adopte aussi sa doctrine en matière de laïcité. L'État doit respecter toutes les convictions, toutes les croyances ; entre elles, il doit rester neutre. L'école publique, pour être obligatoire, doit être forcément étrangère aux diverses conceptions philosophiques.

De même, l'école aux divers degrés doit être ouverte à tous sans distinction de fortune et de rang social Cette idée est à la base de l'école unique, que nous voulons réaliser dans un prochain avenir, au profit des populations rurales, comme des populations urbaines.

C'est donc à une croisade de liberté intérieure, de justice sociale et de paix démocratique que vous appelle le parti auquel j'appartiens, le parti républicain radical et radical-socialiste.

Ce parti a été attaqué violemment : « On ne jette des pierres qu'aux arbres qui portent des fruits ». Ses services passés sont en effet garants de son action future. J'espère que vous le favoriserez de votre vote.

Quant à moi, vous me connaissez. J'engage la campagne électorale, au nom d'un pro gramme qui résume vos intérêts et votre idéal, et c'est sur ce terrain que je lutterai, négligeant toutes les attaques personnelles dont je serai peut-être l'objet, dédaignant d'y recourir moi-même contre les autres candidats.

Je serais fier d'être demain votre représentant, si vous voulez bien faire confiance à mon dévouement.

PIERRE MENDÈS-FRANCE

Docteur en droit. — Avocat à Louviers. Professeur à l'École des Hautes Études sociales.
Diplômé de l'École des Sciences politiques. Ancien chef-adjoint du Cabinet du Ministre du Commerce
et du Ministre des P. T. T. Candidat républicain radical et radical-socialiste.

 

 (Recueil Barodet - Bibliothèque de l'Assemblée nationale).

Vingt-neuvième congrès du Parti républicain radical et radical-socialiste à Toulouse (3-4-5 et 6 novembre 1932)

• Dès son entrée dans la carrière, Pierre Mendès France prit figure d'économiste compétent, chose rare alors dans le monde politique, et plus encore à gauche, et plus encore au Parti radical (à l'exception, notable, de Joseph Caillaux).

Le congrès de Toulouse en apporte un témoignage, avec les félicitations adressées au « citoyen Mendès France » à la fois pour sa récente victoire à Louviers, et pour sa « science ». Science qui n'est pas encore keynésienne. Mendès France au début de l'année 1937, sur le conseil de Georges Boris, lira la « Théorie générale de l'emploi et de la monnaie » parue en 1936, et traduite en français en 1942 seulement.


Pierre Mendès France en 1932
© Assemblée nationale

 


(Bibliothèque de l'Assemblée nationale).

Proposition de loi concernant les fraudes fiscales commises à l'instigation d'agents d'affaires (janvier 1933)

(Impression de la Chambre des Députés n ° 1209).

Proposition de loi concernant la protection de l'épargne et la réglementation des émissions publiques et privées (janvier 1933)

(Impression de la Chambre des Députés n° 1210).

• Premiers textes dus à l'initiative de Mendès France, au début de sa vie parlementaire. En janvier 1933, il dépose une dizaine de propositions de loi à portée financière, économique, fiscale..., conformément à une spécialisation et à une volonté réformatrice qui s'affirment dès son premier mandat. « Ce fut aussi une manière de ménager ses aînés et de s'interdire toute incursion dans les chasses gardées de la politique générale »

(Alain Gourdon, Mendès France ou le rêve français). Sa Spécialisation lui vaut ses premiers galons parlementaires, la présidence de la commission des douanes en 1936.

(Assemblée nationale).

Programme électoral. Circonscription de Louviers. Élections de mai 1936

Circonscription de LOUVIERS.

 M. PIERRE MENDÈS-FRANCE
(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)
Élu pour la 1ère fois le 8 mai 1932. — Réélu le 3 mai 1936.

Aux électeurs de l'arrondissement de Louviers,

Il y a quatre ans, dans un magnifique mouvement de confiance, vous m'avez désigné pour vous représenter au Parlement et y défendre vos intérêts.

Cette confiance, j'espère l'avoir méritée.

Inlassablement, dans une période difficile, j'ai travaillé pour la réalisation du programme que je vous avais soumis. Prochainement, je vous rendrai compte de ce labeur sur le terrain politique et sur le terrain économique.

Laissez-moi évoquer seulement aujourd'hui quatre ans d'une collaboration constante entre toutes les forces vives de notre bel arrondissement de Louviers et moi.

Il n'est pas une collectivité, une société, un particulier qui n'aient trouvé chez moi le concours le plus actif, lorsqu'ils venaient faire appel à mon dévouement. De samedi en samedi, j'ai reçu et aidé des milliers de personnes à qui je pouvais être utile.

A aucune je n'ai demandé d'abord la couleur de son bulletin de vote.

J'ai soutenu les efforts des élus cantonaux ou municipaux — sans me soucier de leurs opinions. Plus d'une commune a pu ainsi être électrifiée, profiter d'une école nouvelle, d'un puits, ou d'une installation téléphonique.

J'ai eu naturellement à m'occuper plus spécialement de notre ville de Louviers. De 1932 à 1935, j'ai secondé le travail et le dévouement de M. Raoul Thorel, votre conseiller -général et ancien maire. J'ai pu souvent lui être utile en hâtant des formalités administratives ou en obtenant d'indispensables subventions (pour les nouvelles écoles, par exemple).

Lorsqu'il s'est retiré, j'ai accepté — à regret, on le sait — d'occuper sa place. Mais si j'hésite parfois à prendre des charges nouvelles, je ne marchande ni mon temps ni ma peine pour y faire face quand je les ai acceptées.

Je me suis donc mis à l'œuvre pour exécuter le programme que, mes amis et moi, nous avions proposé aux électeurs. Relisez-le. En moins d'un an, il est presqu'entièrement exécuté ou en voie d'exécution.

Trois hameaux (Saint-Lubin, La Fringale et les Monts) seront électrifiés en 1936. Pour un autre (La Haye-le-Comte), l'éclairage sera amélioré.

Le prix de l'électricité et des compteurs, celui du gaz font l'objet d'avenants qui représentent une réduction de charges pour les usagers de plus de 200.000 francs par an.

Grâce à des subventions de l'État ou à des bonifications d'intérêts, de grands travaux contre le chômage ont été entrepris ou seront entamés : place de Rouen, pont de la Villette (ce qui réduira les dangers d'inondation), écoles de Beaulieu et Saint-Germain, clocher de l'église Saint-Germain, etc. ainsi que d'importantes améliorations de voierie.

Des œuvres sociales ont été créées : cantine scolaire, baignade et salle de douches pour les enfants, livres scolaires gratuits, assurances sociales des chômeurs, distribution de lait à l'école des filles, etc., etc. L'eau a été ou sera incessamment amenée dans de nouveaux quartiers.

Le commerce profitera peu à peu d'un effort accru pour développer le tourisme, réduire le chômage et supprimer certains de ses impôts (patente sur les habitations, octroi, etc.).

La question des inondations enfin, va recevoir la solution réclamée depuis vingt ans par M. Raoul Thorel.

Mais tout cela n'est rien puisqu'il reste à faire. Trop de misères, de besoins urgents subsistent. Je m'emploierai à y faire face.

Pour poursuivre cette tâche, j'ai besoin de toute l'autorité que votre confiance me confère. On a critiqué parfois le cumul des mandats législatif et municipal. C'est une erreur. Depuis mai 1935, je n'ai pu résoudre à la mairie plus d'une question délicate ou obtenir une subvention (les subventions de l'État sont devenues si rares aujourd'hui) que parce que ma qualité de député m'a permis de mieux défendre les intérêts de la ville.

Aujourd'hui, je suis votre député depuis quatre ans, votre maire depuis près d'un an. Je vous demande de juger mon travail. En dehors des passions qui divisent, examinez l'effort constructif qui, seul, compte.

Vous approuverez aussi la fidélité d'un élu qui n'a jamais oublié le programme qu'il avait mission de défendre.

Demain comme hier, je resterai dans les rangs de ceux qui entendent maintenir à la fois la République libérale, laïque, largement tolérante, menacée par les factieux, et la paix, menacée par les dictatures étrangères et ceux qui les soutiennent. Je partage ici l'opinion des anciens combattants (pour la défense desquels je voterai demain comme je l'ai toujours fait hier) et des jeunes qui ne veulent pas revoir les horreurs qui ont assombri leurs premières années.

Je sais que, malgré les attaques de toutes soutes, vous me donnerez par votre vote le moyen de poursuivre mon chemin

—        pour la défense de vos intérêts agricoles, commerciaux et ouvriers,

—        pour la défense de la République et de la Paix.

PIERRE MENDÈS-FRANCE

Député .sortant.

Maire de Louviers

Président du Centre d'orientation professionnelle de l'Arrondissement

Délégué cantonal.

Vice-président de la Commission des douanes de la Chambre.

Secrétaire du Parti radical et radical-socialiste.

Avocat à Louviers. — Docteur en droit.

Professeur à l'École des hautes études .sociales.

 

« Pour poursuivre cette tâche, j'ai besoin de toute l'autorité que votre confiance me confère. On a critiqué parfois le cumul des mandats législatif et municipal. C'est une erreur. Depuis mai 1935 je n'ai pu résoudre à la mairie plus d'une question délicate ou obtenir une subvention (...) que parce que ma qualité de député m'a permis de mieux défendre les intérêts de la ville. »

(Recueil Barodet - Bibliothèque de l'Assemblée nationale).

(Recueil Barodet - Bibliothèque de l'Assemblée nationale).

Proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à prendre toutes mesures en vue de développer la distribution du lait dans les écoles (novembre 1937)

• L'image de Mendès « buveur de lait », popularisée par la presse, restera inséparable des sept mois de son Gouvernement 17 ans après. On voit qu'elle venait de loin. Dès son élection à la mairie de Louviers en mai 1935, Pierre Mendès France avait fait subventionner la distribution de lait dans les écoles.

(Impression de la Chambre des Députés n° 2878. Session extraordinaire de 1937). (Assemblée nationale). (Page 8).


© D.R.

Pierre Mendès France, 16 juillet 1936

 


© D.R.

Pierre Mendès France, 16 mars 1938

 

Photographie. Au Gouvernement, avec Paul Marchandeau, Charles Spinasse (12 avril 1938)


© D.R.

« Député, j'étais appelé par Léon Blum à faire partie de son second ministère ; une vague d'enthousiasme populaire exaltait sa générosité et son intelligence. »

(Assemblée nationale, séance du 3 juin 1953, p. 2912 - Premier discours d'investiture). (Robert Cohen/A.G.I.P.).

Projet de loi tendant à donner au Gouvernement les pleins pouvoirs économiques... (avril 1938)

• Pierre Mendès France a participé à la rédaction de l'exposé des motifs et du dispositif de ce projet de loi. Son rejet par le Sénat provoqua la chute de Léon Blum le 8 avril 1938 et la fin de la première expérience ministérielle de P.M.F. Le radical Joseph Caillaux, président de la commission des finances sénatoriale, fut en première ligne du combat contre Blum.

Il s'agit de la première infiltration dans un texte juridique français des théories keynésiennes. « II fallut attendre le second Gouvernement Blum (...) pour voir figurer le "circuit" et le "plein emploi" dans l'exposé des motifs d'un projet de loi »

(Pierre Mendès France, « Choisir », Conversations avec Jean Bothorel, Stock, 1974, p. 29).

Selon Pierre Rosanvallon, « ce texte n'est pas encore keynésien au sens technique du terme, au sens où il se contente de s'appuyer sur la théorie du circuit monétaire, qui est simplement bouclée par le contrôle des importations et le contrôle des changes, et de développer l'idée de relance par la dépense. Donc c'est une sorte de keynésianisme au sens le plus large et le plus vague du terme ». (Pierre Rosanvallon. « Pierre Mendès France et l'introduction des idées de Keynes en France », conférence faite à l'Institut Pierre Mendès France le 28 janvier 1986).

(Impression de la Chambre des députés n° 3396. Seizième législature). (Assemblée nationale). (Page 10).

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