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L'œuvre financière du Gouvernement Poincaré
•
Préface de Georges Bonnet,
ancien ministre du Budget.
Paris, Librairie générale de droit et de
jurisprudence, 1928.
Mendès France a fait de
Raymond Poincaré,
avec Léon Blum et
Charles de Gaulle, une des trois figures
votives de son action politique. Il l'évoque en ces termes à la
fin de son premier discours d'investiture, le 3 juin 1953 : «
Tout jeune, j'admirais en Raymond Poincaré l'homme d'État, digne
de la France qu'il gouvernait ». Les dernières lignes de sa
thèse montrent que l'admiration n'allait pas sans réserves : «
Une fois de plus, hélas, notre République politiquement
démocratique n 'a pas été économiquement équitable. La sûreté
technique, la réussite même de M. Poincaré ne peuvent nous faire
oublier les injustices commises ou accrues. Demain, sur le
nouveau terrain d'un franc restauré, de finances rétablies, il
faudra donc reprendre le programme qui réalisera enfin, jusque
dans le domaine de l'économique, la vraie République égale et
sociale ».

(Bibliothèque de l'Assemblée nationale)
Lettre en date du 15 mars 1928 adressée par
Raymond Poincaré, Président du Conseil, à Pierre Mendès France en
remerciement pour renvoi de sa thèse « L'œuvre financière du
Gouvernement Poincaré »
• Raymond Poincaré au sommet de sa gloire
d'homme d'État républicain remercie, dans une lettre qui est
plus qu'un accusé de réception courtois, un obscur docteur en
droit de 21 ans. « Je ne fais aucune difficulté de reconnaître
les imperfections de l'œuvre accomplie. »
Vingt-sixième congrès du Parti
républicain radical et radical-socialiste tenu à Reims (24-25-26 et 27 octobre
1929)
• La délégation de l'Eure compte pour
la première fois dans ses rangs « Mendès, France, Paris. » (sic). Par la
suite, Mendès France, qui y tenait, eut beaucoup de mal à faire supprimer le
trait d'union entre Mendès et France.
Dans son discours d'ouverture au
congrès du Parti radical à Marseille en octobre 1954, il évoquera son adhésion
au parti en 1923, à 16 ans à peine, séduit par un discours d'Édouard Herriot.

(Bibliothèque de l'Assemblée
nationale).
Programme électoral. Circonscription de
Louviers. Élections de mai 1932
• « C'est à une croisade de
liberté intérieure, de justice sociale et de paix démocratique que vous
appelle le parti auquel j'appartiens, le Parti républicain radical et
radical-socialiste, à l'occasion des prochaines élections législatives les
plus graves peut-être qu'ait connues la Troisième République. »
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Circonscription de LOUVIERS
M. MENDÈS-FRANCE, radical-socialiste.
Élu au deuxième tour de scrutin. — 6.347
voix.
Aux électeurs !
Désigné par l'unanimité des comités républicains de la
circonscription, j'ai l'honneur de solliciter vos suffrages à l'occasion
des prochaines élections législatives, les plus graves peut-être qu'ait
connues la Troisième République.
Le monde est en proie à une crise intense. La paix est en
péril. Notre pays sauvé en 1918, grâce à l'endurance et à la ténacité des
anciens combattants, grâce au sacrifice de centaines de milliers de
victimes, est menacé aujourd'hui à nouveau par les difficultés
économiques, et par l'incertitude d'une paix précaire.
Contre ces menaces et ces dangers, notre pays doit être
défendu avec énergie. Or, depuis quelques années, les Gouvernements qui se
sont succédé n'ont pu mener à bien la tâche qui leur incombait. Certes, la
critique est toujours plus facile que l'action. Mais la preuve est faite,
par leur échec, qu'il faut aujourd'hui changer de méthodes et changer
d'hommes.
Mon devoir de candidat est de vous soumettre un programme
d'action susceptible de rallier tous les républicains auxquels je fais
appel.
Avant tout, c'est la paix, dans la sécurité, qu'ils
réclament pour notre pays.
La collaboration internationale qui, par Locarno, a réussi
à nous procurer des avantages substantiels, doit survivre à la disparition
du grand Européen qu'était Aristide Briand. Les nécessités de la défense
nationale, qu'il ne faut certes pas méconnaître doivent se concilier avec
la nécessité des méthodes d'arbitrage et de conciliation.
Partisan résolu du désarmement progressif et simultané, je
pense que la France doit travailler à l'aboutissement de la Conférence du
désarmement. Des accords simples et pratiques doivent permettre d'alléger
les charges militaires de chaque État. La France, comme les autres pays,
en ressentira un soulagement financier inappréciable./p>
Nous ne pouvons pas oublier, à cet égard, que nos finances,
autrefois florissantes, sont aujourd'hui déficitaires. Et les prodigalités
des Gouvernements français depuis 1928, au profit de certains États,
foyers de fascisme et de nationalisme, n'y sont pas étrangères. Plus de
cinq milliards ont été ainsi distribués pour entretenir des germes
guerriers — cinq milliards qui eussent permis de soulager pendant un an la
misère d'un million de chômeurs..
L'heure n'est pas aux prodigalités et aux dépenses
improductives puisque (c'est le bilan de la « politique de la prospérité
») notre budget est en déficit de huit milliards environ, que notre
Trésorerie doit aujourd'hui de nouveau recourir à l'emprunt (où sont les
vingt milliards d'économies de M. Chéron ?) et que nos ressources vont se
trouver encore réduites par la défaillance de l'Allemagne pour sa dette de
réparations.
A cet égard, la France doit proclamer qu'elle ne payera pas
les États-unis si elle-même n'est pas remboursée par l'Allemagne. Il ne
doit y avoir sur ce point aucune incertitude, car je ne crois pas que nous
puissions engager notre pays à de lourds versements qui se prolongeront
soixante ans durant, alors surtout que nous n'avons pas encore fait pour
les anciens combattants, tout ce que nous avons le devoir de faire pour eux : révision
de nombreuses pensions, distribution plus juste de la carte du
combattant, liquidation plus rapide de la retraite du combattant, etc. La
défense et l'extension de leurs droits figureront au premier plan de mes
préoccupations.
L'équipement économique
de notre région appellera aussi mon activité. Tous ceux qui m'ont entendu
parler de ce grand problème — c'est l'immense majorité des électeurs, car
j'ai tenu à visiter toutes les communes de l'arrondissement, les plus
importantes comme les plus modestes — connaissent mes opinions sur ce
point : le département de l'Eure, l'un des plus riches de France, a encore
la moitié de ses communes sans électricité, sans téléphone. Et je ne parle
pas des routes, des adductions d'eau, de tant de problèmes urgents qui
mériteraient un effort énergique. Mais cet effort ne peut être entrepris
qu'en contrôlant les grandes sociétés industrielles (travaux publics,
électricité, etc.) qui rançonnent usagers et consommateurs, grâce à
l'absence de concurrence et à la passivité de l'État.
Toute notre vie
économique subit d'ailleurs l'influence égoïste de grandes entreprises que
la nation a négligé de surveiller jusqu'ici : grands spéculateurs,
sociétés productrices d'électricité, compagnies de chemins de fer, gros
raffineurs, cartels de l'industrie lourde, etc. responsables de la vie
chère.
La lutte contre la vie
trop chère pour les travailleurs est le premier point d'un programme
républicain. Elle comporte d'abord la révision de notre système d'impôts
qui pèse surtout sur le modeste consommateur au lieu de frapper les
grosses fortunes, et aussi la •répression de fraudes et de spéculations
trop nombreuses.
La lutte contre la vie
trop chère est aujourd'hui plus nécessaire que jamais, par suite de la
baisse des salaires et des profits. Par suite aussi du chômage, contre
lequel l'État doit lutter de la manière la plus vigoureuse, notamment par
l'exécution d'un véritable plan d'outillage national (celui qui a été voté
était trop modeste et n'a rien donné). En attendant, le règlement des
caisses de chômage doit être amélioré et le fonctionnement des assurances
sociales simplifié. L'État devra poursuivre une active politique des
habitations à bon marché, dans les villes comme dans les communes rurales.
La stabilisation de la
situation des classes laborieuses assurera plus de sécurité au petit
commerce et à l'artisanat, atteints eux aussi par la crise, par des impôts
souvent injustes, par l'insuffisance de grandes lois, telles que la loi de
la propriété commerciale.
Quant à la culture, elle
a droit à une protection particulière de la part des pouvoirs publics, en
raison de l'inorganisation de la profession agricole en face de grands
trusts, des grands moulins, des sociétés d'engrais, des ramasseurs de
lait, etc.
C'est pourquoi, en
modernisant l'équipement économique des campagnes, l'État devra favoriser
les coopératives de stockage et de vente, les syndicats d'usagers, les
associations agricoles, les mutuelles./p>
En un mot, le programme
démocratique veut libérer les travailleurs urbains et ruraux de
l'hypothèque que des «congrégations économiques» ont prise, depuis la
guerre surtout, sur notre politique économique et sociale. Fermement
attaché au principe de la propriété individuelle, j'estime qu'elle doit
être respectée par ces grandes sociétés./p>
Si je suis fidèle sur ce
point à la doctrine de la Révolution française, j'adopte aussi sa doctrine
en matière de laïcité. L'État doit respecter toutes les convictions,
toutes les croyances ; entre elles, il doit rester neutre. L'école
publique, pour être obligatoire, doit être forcément étrangère aux
diverses conceptions philosophiques.
De même, l'école aux
divers degrés doit être ouverte à tous sans distinction de fortune et de
rang social Cette idée est à la base de l'école unique, que nous voulons
réaliser dans un prochain avenir, au profit des populations rurales, comme
des populations urbaines.
C'est donc à une croisade
de liberté intérieure, de justice sociale et de paix démocratique que
vous appelle le parti auquel j'appartiens, le parti républicain radical et
radical-socialiste.
Ce parti a été attaqué
violemment : « On ne jette des pierres qu'aux arbres qui portent
des fruits ». Ses services passés sont en effet garants de
son action future. J'espère que vous le favoriserez de votre vote.
Quant à moi, vous me connaissez. J'engage la campagne
électorale, au nom d'un pro gramme qui résume vos intérêts et votre idéal,
et c'est sur ce terrain que je lutterai, négligeant toutes les attaques
personnelles dont je serai peut-être l'objet, dédaignant d'y recourir
moi-même contre les autres candidats.
Je serais fier d'être demain votre représentant, si vous
voulez bien faire confiance à mon dévouement.
PIERRE MENDÈS-FRANCE
Docteur en droit. —
Avocat à Louviers. Professeur à l'École des Hautes Études sociales.
Diplômé de l'École des Sciences politiques. Ancien chef-adjoint du Cabinet
du Ministre du Commerce
et du Ministre des P. T. T. Candidat républicain radical et
radical-socialiste.
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(Recueil Barodet - Bibliothèque
de l'Assemblée nationale).
Vingt-neuvième congrès du Parti
républicain radical et radical-socialiste à Toulouse (3-4-5 et 6 novembre 1932)
• Dès son entrée dans la carrière,
Pierre Mendès France prit figure d'économiste compétent, chose rare alors dans
le monde politique, et plus encore à gauche, et plus encore au Parti radical
(à l'exception, notable, de Joseph Caillaux).
Le congrès de Toulouse en apporte un
témoignage, avec les félicitations adressées au « citoyen Mendès France » à la
fois pour sa récente victoire à Louviers, et pour sa « science ». Science qui
n'est pas encore keynésienne. Mendès France au début de l'année 1937, sur le
conseil de Georges Boris, lira la « Théorie générale de l'emploi et de la
monnaie » parue en 1936, et traduite en français en 1942 seulement.

Pierre Mendès France en 1932
© Assemblée nationale

(Bibliothèque de l'Assemblée
nationale).
Proposition de loi concernant les
fraudes fiscales commises à l'instigation d'agents d'affaires (janvier 1933)
(Impression de la Chambre des Députés
n ° 1209).
Proposition de loi concernant la
protection de l'épargne et la réglementation des émissions publiques et privées
(janvier 1933)
(Impression de la Chambre des Députés
n° 1210).
• Premiers textes dus à l'initiative
de Mendès France, au début de sa vie parlementaire. En janvier 1933, il dépose
une dizaine de propositions de loi à portée financière, économique,
fiscale..., conformément à une spécialisation et à une volonté réformatrice
qui s'affirment dès son premier mandat. « Ce fut aussi une manière de
ménager ses aînés et de s'interdire toute incursion dans les chasses gardées
de la politique générale »
(Alain Gourdon, Mendès France ou le
rêve français). Sa Spécialisation lui vaut ses premiers galons parlementaires, la présidence de la
commission des douanes en 1936.
(Assemblée nationale).
Programme électoral. Circonscription de
Louviers. Élections de mai 1936
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Circonscription de LOUVIERS.
M. PIERRE MENDÈS-FRANCE
(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)
Élu pour la 1ère fois le 8 mai 1932. — Réélu le 3 mai 1936.
Aux électeurs de l'arrondissement de Louviers,
Il y a quatre ans, dans un magnifique mouvement de
confiance, vous m'avez désigné pour vous représenter au Parlement et y
défendre vos intérêts.
Cette confiance, j'espère l'avoir méritée.
Inlassablement, dans une période difficile, j'ai
travaillé pour la réalisation du programme que je vous avais soumis.
Prochainement, je vous rendrai compte de ce labeur sur le terrain
politique et sur le terrain économique.
Laissez-moi évoquer seulement aujourd'hui quatre ans
d'une collaboration constante entre toutes les forces vives de notre bel
arrondissement de Louviers et moi.
Il n'est pas une collectivité, une société, un
particulier qui n'aient trouvé chez moi le concours le plus actif,
lorsqu'ils venaient faire appel à mon dévouement. De samedi en samedi,
j'ai reçu et aidé des milliers de personnes à qui je pouvais être utile.
A aucune je n'ai demandé d'abord la couleur de son
bulletin de vote.
J'ai soutenu les efforts des élus cantonaux ou municipaux
— sans me soucier de leurs opinions. Plus d'une commune a pu ainsi être
électrifiée, profiter d'une école nouvelle, d'un puits, ou d'une
installation téléphonique.
J'ai eu naturellement à m'occuper plus spécialement de
notre ville de Louviers. De 1932 à 1935, j'ai secondé le travail et le
dévouement de M. Raoul Thorel, votre conseiller -général et ancien
maire. J'ai pu souvent lui être utile en hâtant des formalités
administratives ou en obtenant d'indispensables subventions (pour les
nouvelles écoles, par exemple).
Lorsqu'il s'est retiré, j'ai accepté — à regret, on le
sait — d'occuper sa place. Mais si j'hésite parfois à prendre des
charges nouvelles, je ne marchande ni mon temps ni ma peine pour y faire
face quand je les ai acceptées.
Je me suis donc mis à l'œuvre pour exécuter le programme
que, mes amis et moi, nous avions proposé aux électeurs. Relisez-le. En
moins d'un an, il est presqu'entièrement exécuté ou en voie d'exécution.
Trois hameaux (Saint-Lubin, La Fringale et les Monts)
seront électrifiés en 1936. Pour un autre (La Haye-le-Comte),
l'éclairage sera amélioré.
Le prix de l'électricité et des compteurs, celui du gaz
font l'objet d'avenants qui représentent une réduction de charges pour
les usagers de plus de 200.000 francs par an.
Grâce à des subventions de l'État ou à des bonifications
d'intérêts, de grands travaux contre le chômage ont été entrepris ou
seront entamés : place de Rouen, pont de la Villette (ce qui réduira les
dangers d'inondation), écoles de Beaulieu et Saint-Germain, clocher de
l'église Saint-Germain, etc. ainsi que d'importantes améliorations de
voierie.
Des œuvres sociales ont été créées : cantine scolaire,
baignade et salle de douches pour les enfants, livres scolaires
gratuits, assurances sociales des chômeurs, distribution de lait à
l'école des filles, etc., etc. L'eau a été ou sera incessamment amenée
dans de nouveaux quartiers.
Le commerce profitera peu à peu d'un effort accru pour
développer le tourisme, réduire le chômage et supprimer certains de ses
impôts (patente sur les habitations, octroi, etc.).
La question des inondations enfin, va recevoir la
solution réclamée depuis vingt ans par M. Raoul Thorel.
Mais tout cela n'est rien puisqu'il reste à faire. Trop
de misères, de besoins urgents subsistent. Je m'emploierai à y faire
face.
Pour poursuivre cette tâche, j'ai besoin de toute
l'autorité que votre confiance me confère. On a critiqué parfois le
cumul des mandats législatif et municipal. C'est une erreur. Depuis mai
1935, je n'ai pu résoudre à la mairie plus d'une question délicate ou
obtenir une subvention (les subventions de l'État sont devenues si rares
aujourd'hui) que parce que ma qualité de député m'a permis de mieux
défendre les intérêts de la ville.
Aujourd'hui, je suis votre député depuis quatre ans,
votre maire depuis près d'un an. Je vous demande de juger mon travail.
En dehors des passions qui divisent, examinez l'effort constructif qui,
seul, compte.
Vous approuverez aussi la fidélité d'un élu qui n'a
jamais oublié le programme qu'il avait mission de défendre.
Demain comme hier, je resterai dans les rangs de ceux qui
entendent maintenir à la fois la République libérale, laïque, largement
tolérante, menacée par les factieux, et la paix, menacée par les
dictatures étrangères et ceux qui les soutiennent. Je partage ici
l'opinion des anciens combattants (pour la défense desquels je voterai
demain comme je l'ai toujours fait hier) et des jeunes qui ne veulent
pas revoir les horreurs qui ont assombri leurs premières années.
Je sais que, malgré les attaques de toutes soutes, vous
me donnerez par votre vote le moyen de poursuivre mon chemin
— pour la défense de vos intérêts agricoles,
commerciaux et ouvriers,
— pour la défense de la République et de la Paix.
PIERRE MENDÈS-FRANCE
Député .sortant.
Maire de Louviers
Président du
Centre d'orientation professionnelle de l'Arrondissement
Délégué cantonal.
Vice-président de
la Commission des douanes de la Chambre.
Secrétaire du
Parti radical et radical-socialiste.
Avocat à
Louviers. — Docteur en droit.
Professeur à
l'École des hautes études .sociales.
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• « Pour poursuivre cette tâche,
j'ai besoin de toute l'autorité que votre confiance me confère. On a critiqué
parfois le cumul des mandats législatif et municipal. C'est une erreur. Depuis
mai 1935 je n'ai pu résoudre à la mairie plus d'une question délicate ou
obtenir une subvention (...) que parce que ma qualité de député m'a permis de
mieux défendre les intérêts de la ville. »
(Recueil Barodet - Bibliothèque de
l'Assemblée nationale).
(Recueil Barodet - Bibliothèque de
l'Assemblée nationale).
Proposition de résolution
tendant à inviter le Gouvernement à prendre toutes mesures en vue
de développer la distribution du lait dans les écoles (novembre
1937)
• L'image de Mendès «
buveur de lait », popularisée par la presse, restera inséparable
des sept mois de son Gouvernement 17 ans après. On voit qu'elle
venait de loin. Dès son élection à la mairie de Louviers en mai
1935, Pierre Mendès France avait fait subventionner la
distribution de lait dans les écoles.
(Impression de la
Chambre des Députés n° 2878. Session extraordinaire de 1937).
(Assemblée nationale). (Page 8).

© D.R.
Pierre Mendès France, 16
juillet 1936

© D.R.
Pierre Mendès France, 16 mars 1938
Photographie. Au Gouvernement, avec Paul Marchandeau, Charles Spinasse (12
avril 1938)

© D.R.
• « Député, j'étais
appelé par Léon Blum à faire partie de son second ministère ;
une vague d'enthousiasme populaire exaltait sa générosité et son
intelligence. »
(Assemblée nationale,
séance du 3 juin 1953, p. 2912 - Premier discours
d'investiture). (Robert Cohen/A.G.I.P.).
Projet de loi tendant à donner au Gouvernement
les pleins pouvoirs économiques... (avril 1938)
• Pierre Mendès France
a participé à la rédaction de l'exposé des motifs et du
dispositif de ce projet de loi. Son rejet par le Sénat provoqua
la chute de Léon Blum le 8 avril 1938 et la fin de la première
expérience ministérielle de P.M.F. Le radical Joseph Caillaux,
président de la commission des finances sénatoriale, fut en
première ligne du combat contre Blum.
Il s'agit de la
première infiltration dans un texte juridique français des
théories keynésiennes. « II fallut attendre le second
Gouvernement Blum (...) pour voir figurer le "circuit" et le
"plein emploi" dans l'exposé des motifs d'un projet de loi »
(Pierre Mendès France,
« Choisir », Conversations avec Jean Bothorel, Stock, 1974, p.
29).
Selon Pierre
Rosanvallon, « ce texte n'est pas encore keynésien au sens
technique du terme, au sens où il se contente de s'appuyer sur
la théorie du circuit monétaire, qui est simplement bouclée par
le contrôle des importations et le contrôle des changes, et de
développer l'idée de relance par la dépense. Donc c'est une
sorte de keynésianisme au sens le plus large
et le plus vague du terme ». (Pierre Rosanvallon. « Pierre
Mendès France et l'introduction des idées de Keynes en France »,
conférence faite à l'Institut Pierre Mendès France le 28 janvier
1986).
(Impression de la
Chambre des députés n° 3396. Seizième législature). (Assemblée
nationale). (Page 10).
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