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André-Marie
DUPIN
Présidence du 29 avril 1832 au 2 février 1839 Fils d’un avocat, député de la Nièvre à l’Assemblée législative de 1791, puis au Conseil des anciens et au Corps législatif de 1799 à 1804, André-Marie Dupin naît le 1er février 1783 à Varzy dans la Nièvre. Docteur en droit en 1806 et malgré un échec au concours ouvert pour une chaîne à la faculté de droit de Paris, il acquiert assez rapidement une solide réputation de jurisconsulte. Élu par l’arrondissement de Château-Chinon en mai 1815 à la Chambre des Cent-Jours, il ne manifeste son hostilité à Napoléon qu’après Waterloo en se prononçant tour à tour pour l’abdication du père et contre l’avènement de son fils, le roi de Rome. Il ne retrouve un siège de député qu’en mai 1827 à l’occasion d’une élection partielle dans la Sarthe. Dès le mois de novembre de la même année, il se fait élire par l’arrondissement de La Charité-sur-Loire. Jusqu’à la fin du règne de Charles X, il siège au centre gauche et fut signataire du manifeste des 221. Conseiller juridique du duc d’Orléans depuis 1817, il prend une part active aux événements de juillet 1830, réussissant à faire accepter à Louis-Philippe la lieutenance générale du Royaume. Il en est récompensé dès le mois d’août par le poste de procureur général à la Cour de cassation. Il est ensuite nommé ministre d’État et fait partie, à ce titre, du conseil des ministres de Louis-Philippe. Il fut, au long de la monarchie de Juillet, élu et réélu député de la Nièvre. Le 21 novembre 1832, il devient Président de la Chambre. Il est reconduit sept fois au perchoir et sa présidence ne prend fin qu’en février 1839. Dupin est resté légendaire, comme président, par un penchant marqué au sarcasme, aux réparties mordantes qu’il ne pouvait contenir et qui lui ont attiré beaucoup d’inimitié. Il est équitable et ne ménage personne, ni à droite, ni à gauche et, lorsqu’il ne préside plus, ce sont les ministres qui ont droit à ses quolibets. Le roi le ménage et il est écouté. Il est membre de l’académie française depuis 1831. Lors de la crise de février 1848 son attitude vis-à-vis des Orléans évolue très vite. Il pousse à la régence et à la reconnaissance du Comte de Paris le 24 février, mais quelques jours plus tard, il fait décider par la Cour de cassation que la justice, désormais, sera rendue « au nom du peuple français ». Il est devenu républicain… Il lui reste à s’intégrer au nouveau régime. Il se fait réélire à la Constituante par le département de la Nièvre. Il siège avec les conservateurs bien que ceux-ci ne l’aiment pas. Ils reconnaissent toutefois son expérience et ses compétences. Réélu à la Législative de 1849, il a le plaisir de constater que la majorité est monarchiste. Dès le 1er juin, elle le porte à la présidence, où il demeure jusqu’au corps d’État du 2 décembre. Toujours impartial, il manifeste cependant une certaine animosité à l’égard de la Montagne. Sa résistance au corps d’État a été assez molle et Victor Hugo a eu des mots très durs contre lui. « Corrompre M. Dupin ? A quoi bon. Le payer ? Pourquoi ? C’est de l’argent perdu quand la peur suffit. » Dupin se retire pendant six ans dans le Morvan. L’Empire le fait entrer au Sénat en 1857. Il meurt à Paris le 10 novembre 1865.
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