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Auguste RAVEZ
(1770-1849)

Auguste RAVEZ
© Assemblée nationale

 Présidence du 11 décembre 1818 au 24 décembre 1823

et du 31 mars 1824 au 5 novembre 1827

(8 ans et 7 mois)

[Biographie et mandats]

Né à Lyon le 21 octobre 1770 dans une famille de marchands, il fait ses études chez les Oratoriens, puis devient avocat dans sa ville natale en 1791. Il participe à la résistance de la ville contre les troupes de la Convention, mais doit prendre la fuite après la défaite de l’insurrection et se retire à Bordeaux.

Élu le 4 octobre 1816 député de la Gironde, il vote avec la droite, soutient le projet de loi restrictif de la liberté individuelle et se déclare adversaire de l’application du jury aux délits de presse.

Après quelques mois en tant que conseiller d’État en service extraordinaire et sous-secrétaire d’État à la Justice, la Chambre des députés le désigne comme président, et le roi confirme ce choix le 11 décembre1818. Il occupe ce poste pendant dix sessions consécutives et se montre un président talentueux, comme le relate son prédécesseur Pasquier : « Il n’était pas fait pour les grandes luttes parlementaires, mais un imperturbable sang-froid, un grand talent d’analyse et la dignité soutenus par l’organe le plus puissant lui ont créé bien vite une existence à part ».

Il a néanmoins fréquemment maille à partir avec l’opposition libérale qui l’accuse de partialité : « Vous n’êtes pas un président, lui dit un jour Alexandre de Lameth, vous êtes un membre du côté droit ! »

Son sang-froid est particulièrement apprécié dans l’affaire de l’expulsion du député Manuel en 1823. Lors de la discussion de la question de l’intervention militaire en Espagne qui dure cinq jours, le député Manuel multiplie les provocations et Ravel tente vainement de résister à la majorité qui réclame son expulsion en s’efforçant de protéger les droits de l’accusé. Manuel est finalement exclu mais refuse de quitter la Chambre. La garde nationale requise n’ose pas s’emparer du député et cette tâche incombe alors à un détachement de gendarmerie commandé par le colonel de Foucauld qui le fait enfin expulser. Cet épisode est relaté dans ces vers de Victor Hugo :  

« Vicomte de Foucauld, lorsque vous empoignâtes

Le député Manuel de vos mains auvergnates… » 

Il se pose en défenseur des pouvoirs de la Chambre en combattant en 1820 le projet de dissolution et en obtenant que l’Adresse de 1821 soit présentée au roi par une députation de la Chambre et non par le ministre de l’Intérieur. Il tente également de renforcer les prérogatives présidentielles, et le texte du règlement de 1821 consacre le droit exclusif du président de rappeler à l’ordre un député et de prendre l’initiative de l’interdiction de parole.

A la suite de la révolution de Juillet il refuse de prêter serment à Louis-Philippe et retourne à Bordeaux où il reprend son métier d’avocat. Ce n’est qu’après les évènements de février 1848 qu’il retourne à l’âge de 79 ans à la vie politique et est élu en mai 1849 député de la Gironde à l’Assemblée législative. Il ne joue aucun rôle dans cette « Chambre de bois » installée hâtivement dans la cour d’honneur du Palais Bourbon et décède quelques mois plus tard.

  Portefeuille en maroquin rouge(serrure et écoinçons en laiton ciselé, repercés et dorés à décor de fleurs et de Lyres ayant appartenu à Auguste Simon Hubert Marie Ravez, né en 1770, mort en 1849; Président de la Chambre des députés de 1819 à 1827)
Portefeuille en maroquin rouge
(serrure et écoinçons en laiton ciselé, repercés et dorés à décor de fleurs et de lyres
ayant appartenu à Auguste Simon Hubert Marie Ravez