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Casimir PERIER
(1777-1832)
Présidence
du 6 août au 21 août 1830
(7 mois et
7 jours)
Né à Grenoble le 11 octobre 1777, il fait ses études chez les oratoriens de Lyon,
puis de Paris, et est ensuite officier du Génie à l’armée d’Italie. En 1801,
à la mort de son père, il fonde avec son frère Scipion une banque qu’il gère
bientôt seul et devient rapidement l’un des plus opulents banquiers de
Paris.
Cette importante situation financière lui facilite l’accès aux fonctions
publiques : il devient juge au tribunal de commerce de la Seine, puis
conseiller d’escompte de la Banque de France et enfin régent de cette banque
où il fait établir une comité d’enquête sur la solvabilité des commerçants.
En 1817 il publie deux brochures financières contre un emprunt de 300 millions
contracté par le Gouvernement à l’étranger et est élu la même année député
d’opposition à Paris. Libéral en économie, il mène alors une bataille
incessante contre le ministère. On peut lire dans la Biographie
pittoresque des députés (1820) : « Monsieur Casimir Perier a été une
grande cause de perturbation dans les budgets du ministère…La nation est
redevable à Monsieur Casimir Perier de l’habitude investigatrice que les
députés ont contractée à l’égard des chapitres du budget ».
Réélu à Paris le 9 mai 1822 et le 17 novembre 1824, puis élu le 17 novembre 1927 à
Troyes, son apparition à la tribune suffisait pour soulever un tumulte :
« La clôture ! Encore du scandale ! A l’ordre le factieux ! »
Il est plus réservé pendant le ministère Martignac, mais retourne à son banc d’opposant
lorsque ce dernier est remplacé par l’ultra royaliste Polignac et signe le
18 mars 1830 l’adresse des 221.
Réélu à Troyes le 12 juillet 1830, il suit à contre cœur l’insurrection de juillet.
Redoutant par-dessus tout l’inconnu révolutionnaire, il s’efforce pourtant
de faire preuve de neutralité, tente même une conciliation. Après avoir dans
un premier temps refusé de signer la déchéance de Charles X, il est élu
Président de la Chambre des députés, mais devant la déception des insurgés
il ne préside pas, laisse cette charge au premier vice-président Jacques
Laffitte et démissionne de la Présidence en sa faveur le 21 août.
Réélu à Troyes le 21 octobre, il est de nouveau appelé au « perchoir » le 11
novembre 1830 et préside avec toute l’autorité et l’aisance que lui donne sa
longue pratique de l’opposition. Louis Blanc le décrit ainsi dans son
Histoire de dix ans : « Un jour, par exemple, tandis que l’émeute
grondait, il arrive au Palais Bourbon qu’il trouve entouré de soldats.
Aussitôt son regard s’enflamme, et d’une voix tonnante : « Des soldats,
messieurs ? Et en vertu de quels ordres ? - C’est, répondent les questeurs,
le ministre… - Quel ministre ? Vous n’avez d’ordres à recevoir ici que de
moi » »
Le Cabinet Laffitte renversé, il devient Président du Conseil et ministre de
l’intérieur, il mène alors ce qu’il nomme « la politique du juste milieu » :
contraindre à l’intérieur la révolution par la force, limiter à l’extrême
l’abaissement du cens et l’extension du suffrage et à l’extérieur garantir
la paix avec les puissances étrangères. C’est ainsi qu’en octobre 1831 il
réprime la première révolte des canuts, et annonce devant la Chambre sa
résolution d’abandonner les peuples qui tels la Pologne ou l’Italie
s’étaient soulevés sur la foi des déclarations de la France. Bien qu’en
accord avec les conceptions politiques du roi, il maintient une indépendance
vis-à-vis de lui et se soucie d’affermir le régime parlementaire. Il
interdit que le roi voie les dépêches télégraphiques avant lui, exige que le
Conseil des ministres ait lieu chez lui et non aux Tuileries et en refuse
l’accès au duc d’Orléans. Ses colères donnent lieu à plusieurs incidents de
séance. Un jour que son ministre du commerce répond maladroitement à une
interpellation, il le rappelle violemment à son banc par cette apostrophe :
« Ici ! D’Argout ! Ici ! ».
L’état permanent de lutte et d’excitation dans lequel il vit finit par avoir raison
de sa santé. Alors qu’il accompagne le duc d’Orléans qui visite les hôpitaux
pendant l’épidémie de choléra, il est pris d’une fièvre qui ne le quitte pas
et meurt le 16 mai 1832. L’administration de la ville de Paris lui fait
élever au Père-Lachaise un monument funéraire orné de bas-reliefs
représentant l’Éloquence, la Justice et la Force.
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