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Charles de Morny
(1811-1865)

Charles de Morny
© Assemblée nationale

Présidence du 12 novembre 1854 au 10 mars 1865
(10 ans et 4 mois )

[Biographie et mandats]

 

Fils naturel de la reine Hortense et du général comte de Flahaut, Morny est le demi-frère de Napoléon III par sa mère et le petit-fils de Talleyrand par son père.

Ancien officier et homme d’affaires avisé, Charles de Morny, qui a fait l’acquisition d’une société sucrière dans la région de Clermont-Ferrand, apparaît comme le type même du grand bourgeois libéral dévoué à l’orléanisme.

Sa carrière politique commence en juillet 1842 lorsqu’il se fait élire député du Puy-de-Dôme. Réélu en 1846, il soutient fermement les gouvernements, notamment celui de Guizot au cours de ces deux mandats.

Ruiné par la révolution de février 1848 et non réélu à la Constituante de 1848, Morny fait alors la connaissance de son demi-frère Louis-Napoléon Bonaparte et devient en quelques mois le principal conseiller du Président de la République. Réélu député du Puy-de-Dôme en mai 1849, Morny participe activement, aux côtés de Louis-Napoléon Bonaparte, au coup d’État qui préside à l’avènement du Second Empire.

Le 2 décembre au matin, il prend possession du ministère de l’intérieur. Il gagne les jours suivants la bataille de la rue face aux barricades érigées par les opposants républicains et socialistes. C’est à lui aussi que revient la réussite du plébiscite du 21 décembre et des élections législatives de février 1852. Il est lui-même élu dans le Puy-de-Dôme et l’est à nouveau en 1857 et en 1863.

Ayant démissionné du ministère de l’intérieur, le 22 janvier pour protester contre la nationalisation, par Louis-Napoléon, des biens de la famille d’Orléans, Morny se trouve provisoirement dans une semi-disgrâce. Le Président n’est pas mécontent de cette démission. Il commence, en effet, à trouver un peu encombrante la présence de son demi-frère qui cachait de moins en moins sa parenté avec lui, et qui avait de plus en plus tendance à se comporter comme son maître à penser.

Cette disgrâce fut de courte durée ; le 12 novembre 1854, Morny est nommé Président du Corps législatif. Il donne à ce mandat un lustre inconnu jusqu’alors, et se fait, auprès de l’empereur, le défenseur de la libéralisation du régime. Sentant que les esprits avaient évolué, il propose à ce dernier une modification du règlement du Corps législatif, qui aboutit, le 24 novembre 1860, à un décret impérial accordant un droit d’adresse aux parlementaires. Le Corps législatif pourra ainsi délibérer et voter une réponse au discours du trône. Il améliore aussi les conditions d’exercice du droit d’amendement. C’est enfin à lui qu’on doit le compte rendu sténographique intégral publié le lendemain des débats.

Morny meurt d’une bronchite aggravée le 10 mars 1865.