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Hippolyte PASSY
(1793-1880)

 Hippolyte Passy
© BnF

Présidence du 16 avril au 12 mai 1839
(1 mois)

 

Né à Garches le 25 octobre 1793 dans une famille originaire de Gisors, il est le fils de Louis-François Passy qui fut emprisonné sous la Terreur. Destiné à la carrière militaire, il intègre en 1809 l’école de cavalerie de Saumur, participe comme lieutenant de hussards aux dernières campagnes napoléoniennes et démissionne après Waterloo.

Hostile à la Restauration, il embarque pour les Antilles et la Louisiane. La légende raconte qu’il s’est pris de passion pour l’économie politique en lisant La Richesse des nations d’Adam Smith alors qu’il était en mer. A son retour en France, il cultive ses terres de Gisors, commence à s’intéresser à la politique et écrit dans des journaux d’opposition, notamment Le National.

Élu député de l’Eure le 28 octobre 1830, puis réélu en 1831, il dirige le « tiers parti » qui devient à partir de 1835 un groupe charnière entre la majorité ministérielle et l’opposition. Intervenant principalement sur les questions financières, il fait figure d’économiste du centre gauche et est rapporteur du budget en 1831 et en 1832.

Après un bref passage comme ministre des finances il est réélu en 1834 et devient alors vice-président de la Chambre, poste qu’il conserve jusqu’en 1839 sauf pendant ses ministères. En 1838 il succède à Talleyrand comme membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

La chute du Cabinet Molé en 1839 provoque une période d’instabilité qui le mène à la présidence de la Chambre. En effet, l’attitude de Thiers qui soutient la candidature d’Odilon Barrot suscite une dissidence au centre gauche et Passy recueille les voix du centre ministériel et des doctrinaires. Dans son discours inaugural du 19 avril il annonce aux députés qu’il « ne pourra exercer longtemps les hautes fonctions dont ils viennent de l’investir » et quitte la présidence de la Chambre pour devenir ministre des finances de Soult le 12 mai.

Nommé à la Chambre des pairs le 16 décembre 1843 il y est rapporteur de la loi de finances. A nouveau ministre des finances sous l’autorité de Louis Napoléon Bonaparte, il s’oppose à la réduction de l’impôt sur le sel et propose l’établissement d’une surtaxe sur les successions et donations, d’un impôt de 1% sur le revenu ainsi que le rétablissement de l’impôt sur les boissons.

Réélu député en 1849, il continue de soutenir la politique présidentielle, mais refuse son adhésion au coup d’État de décembre et se retire alors de la vie politique pour se consacrer à sa vraie passion : l’économie, et à la Société d’économie politique qu’il a contribuée à fonder en 1845.