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Jacques LAFFITTE
Présidence du 21 août au 11 novembre 1830 Né à Bayonne le 24 octobre 1767, il grandit dans une famille de 10 enfants. Après de courtes études il devient apprenti charpentier chez son père, puis à 12 ans troisième clerc chez un notaire. Sur recommandation de son patron il entre à 20 ans à la banque Perrégaux à Paris. En 1806 Perrégaux en fait son associé et en 1808 son successeur. A la tête d’une immense fortune, il devient en 1809 régent de la Banque de France et juge au tribunal de commerce de la Seine. Élu de la Seine à la Chambre des Cent-Jours, réélu le 4 octobre 1816, il devient membre de la Chambre des députés et le reste pratiquement sans interruption jusqu’à sa mort. Il siège dans l’opposition libérale et, de part sa profession, se spécialise dans les matières financières. Partisan du respect des libertés publiques, il défend la liberté de la presse, vote contre le nouveau système électoral et condamne à la tribune la répression sanglante des émeutes de novembre 1825. Dès 1827 il se pose en véritable chef de l’opposition, utilise sa fortune pour aider les opposants et finance avec Talleyrand et Thiers le journal d’opposition Le National. Après la dissolution de la garde nationale de Paris, il réclame la mise en accusation des ministres. Il est réélu en juillet 1830 dans les Basses-Pyrénées après avoir combattu vigoureusement le ministère Polignac. Sentant la chute du roi inéluctable, il craint de voir instaurer la République et le pays sombrer dans l’anarchie. Il pense donc que la solution à cette situation de crise passe par l’instauration d’une monarchie parlementaire qui devrait être confiée au duc d’Orléans. Il est donc tout à fait préparé à jouer un rôle décisif au moment des journées de juillet en prend alors la tête de l’opposition parlementaire. Il se place à la tête des députés qui demandent le retrait des ordonnances et, devant le refus du Gouvernement, il se range aux côtés des émeutiers. Son hôtel devient alors le quartier général des députés d’opposition. Mais c’est pourtant Casimir Perier qui est élu président de la Chambre à la grande déception des insurgés. Ce dernier décide de s’effacer pour laisser Laffitte présider en tant que premier vice-président, et c’est alors qu’il est au « perchoir » que le trône est déclaré vacant, la Charte modifiée et la royauté décernée à Louis-Philippe. Enfin élu président après la démission de Casimir Perier, il déclare: « Vous me voyez pénétré d’une marque d’estime que je regarde comme la circonstance la plus heureuse de ma vie ». Le 11 novembre il est nommé président du Conseil et c’est à regret qu’il quitte le « perchoir » : « Si je n’avais consulté que mes vœux, je serais resté longtemps à ce fauteuil où vos suffrages m’avaient appelé, où votre indulgence me soutenait tous les jours… » Déçu par Louis-Philippe, il démissionne le 13 mars 1831, est réélu le 6 juillet député de Bayonne et se porte candidat à la présidence de la Chambre. Casimir Perier réussit à empêcher cette élection et Laffitte tout en restant député, se détache peu à peu de la vie politique. Il retourne alors à son métier de banquier qu’il avait délaissé au profit de sa carrière politique, et après des déboires financiers fonde la Caisse générale pour le commerce et l’industrie, banque destinée à escompter des sommes modestes et donc à faire pénétrer le crédit en France. Le 30 décembre 1843, il préside comme doyen d’âge l’ouverture de la session à la Chambre et prononce un discours amer que ses adversaires l’empêchent de terminer : « Des occasions s’offriront sans doute d’examiner si nos dernières illusions et notre fortune iront s’engloutir dans le gouffre ouvert à nos portes… » Il meurt à Paris le 26 mai 1884 et vingt mille parisiens suivent les funérailles de ce banquier généreux qui n’avait pas oublié ses modestes origines.
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