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Jean-Denis LANJUINAIS
(1753-1827)

Jean-Denis LANJUINAIS

Présidence du 5 au 18 juin 1795
et du 4 juin 1815 au 13 juillet 1815
(1mois et 3 semaines)

[Biographie et mandats]

Né le 12 mars 1753 à Rennes dans une famille de la petite bourgeoisie bretonne, il est avocat à 19 ans, obtient une chaire de droit ecclésiastique à 22 ans et devient avocat des États de Bretagne en 1779. Il se pose rapidement en défenseur du tiers et publie en 1788 une critique violente de la noblesse, les Réflexions patriotiques, puis se consacre quelques années à des tâches universitaires.

Rédacteur des cahiers de doléances du tiers état de la sénéchaussée de Rennes, il est élu député le 17 avril 1789 et est l’un des fondateurs du Club Breton, ancêtre du Club des Jacobins. Député particulièrement actif, il condamne la formule « j’ordonne, je veux » utilisée par le roi dans la séance royale en déclarant que ces paroles « ne devaient plus trouver place dans le langage parlementaire ». Il participe le 23 juin 1789 aux événements à l’origine de la séance du Jeu de paume.

Très présent à la tribune, il s’intéresse à la loi électorale, tente d’assouplir les conditions d’éligibilité, se fait remarquer lors de la rédaction de la Constitution civile du clergé et est chargé du projet de loi sur l’état civil, dont nombre de dispositions seront reprises dans le Code civil.

Élu député d’Ille-et-Vilaine à la Convention nationale le 5 septembre 1792, il s’oppose aux excès de l’Assemblée comme il s’était opposé à ceux de l’Ancien régime, manifeste son hostilité au serment de haine à la royauté, vote contre la peine de mort au troisième appel nominal et se trouve dès lors en lutte constante avec la Montagne.

Il s’oppose à la création du tribunal révolutionnaire, vote pour la mise en accusation de Marat et déclaré traître à la patrie le 28 juillet 1793, il se réfugie à Rennes. Réintégré dans ses fonctions de député le 8 mars 1795, il occupe brièvement la fonction de Président de l’Assemblée au mois de juin. C’est pendant sa présidence que le mot « révolutionnaire » est supprimé dans le nom des institutions de la république.

Il siège sous le Directoire au Conseil des Anciens jusqu’en 1797, puis ayant approuvé le coup d’État du 18 brumaire, est nommé membre du Sénat conservateur, ce qui ne l’empêche pas de continuer à défendre une politique du juste milieu et de voter la déchéance de l’Empereur en 1814.

Nommé pair de France par Louis XVIII, il refuse de prêter serment à l’Empereur lors du retour de l’île d’Elbe, mais le collège du département de la Seine le nomme le 7 mai 1815 représentant à la Chambre des Cent Jours. Élu président de cette Chambre contre le candidat de Napoléon, il fait substituer le mot de « héros » à celui de « grand homme » dans la discussion de l’adresse, puis le 21 juin, dans un comité spécial tenu aux Tuileries, demande la deuxième abdication de l’Empereur.

Le 8 juillet 1815, lors de l’occupation militaire du Palais Bourbon qui fait suite à l’entrée des troupes « alliées » dans Paris, il réunit les députés à son domicile pour signer un procès verbal constatant la violence qui leur est faite.

Maintenu à la Chambre des pairs par Louis XVIII, il déclare son attachements aux « royalistes constitutionnels, à qui les intérêts du peuple sont chers autant que ceux du trône », réaffirmant ainsi la ligne de conduite politique qu’il a toujours observée. Il siège douze ans à la Chambre des pairs, continue d’y défendre les libertés individuelles et s’oppose à une remise en cause des acquis révolutionnaires sans craindre les attaques du ministère ni les censeurs.

Membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1808, il consacre les dernières années de sa vie à l’écriture, publiant de nombreux articles sur des questions politiques et religieuses.