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Jean CASIMIR-PERIER
Présidence du 10 janvier 1893 au 14 octobre 1893,
Petit fils de Casimir Perier, Président du Conseil de Louis-Philippe, fils d’Auguste Casimir-Perier, deux fois ministre de l’Intérieur d’Adolphe Thiers, ayant reçu en héritage une grande partie des actions des mines d’Anzin, il débute sa carrière politique en 1874, à l’âge de vingt-six ans, comme conseiller général de l’Aube, puis est élu député à Nogent-sur-Seine en février 1876 et réélu en 1877. En décembre 1877 il est nommé sous-secrétaire d’État à l’instruction publique, aux cultes et aux beaux-arts dans le cabinet Dufaure. En février 1883 il démissionne de son mandat de député avant le vote privant les princes d’Orléans de leurs fonctions militaires. Un mois après, il se fait réélire dans l’Aube et devient sous-secrétaire d’État à la guerre. Excellent orateur, élu vice-président de la Chambre après les élections d’octobre 1885 et, de nouveau en novembre 1889, après les élections, puis Président de la commission du budget, il accède à la présidence le 10 janvier 1893 par 254 voix contre 76 et exerce ses fonctions jusqu’au terme de la législature. Après le renouvellement en août de la Chambre, apprécié pour sa modération, il est réélu à la présidence le 18 novembre par 295 voix contre 195 au candidat radical Henri Brisson. Après la chute du cabinet Dupuy, le Président de la République Sadi Carnot l’appelle à la présidence du Conseil en décembre 1893. Et c’est Charles Dupuy qui devient Président de la Chambre. C’est sous le gouvernement de Casimir-Perier qu’est signée secrètement l’alliance franco-russe et que continue la vague d’attentats anarchistes. Le 9 décembre Auguste Vaillant jette une bombe au Palais Bourbon. Le gouvernement fait adopter de nouvelles lois dites « lois scélérates » dès le 12 décembre 1893, en vue de réprimer les auteurs d’attentats anarchistes et la propagande libertaire notamment par voie de presse. Le cabinet Casimir-Perier démissionne après le rejet de l’ordre du jour sanctionnant le refus du ministre des Travaux publics d’accorder le droit syndical aux employés des chemins de fer de l’État. Casimir-Perier retrouve la présidence de la Chambre le 2 juin 1894 par 227 voix contre 187 succédant à Charles Dupuy devenant lui-même, nouveau chassé-croisé, Président du Conseil. Le 24 juin 1894 le Président de la République Sadi Carnot, est assassiné à Lyon par l’anarchiste italien Caserio. Les groupes de la majorité réunis au Sénat choisissent Jean Casimir-Perier comme candidat à la présidence de la République et il est élu largement le 29 juin à Versailles face au radical Brisson et à Charles Dupuy. Dans son message aux chambres il déclare : « J'aurai le devoir de ne laisser ni méconnaître ni prescrire les droits que la Constitution me confère.» Le nouveau Président de la République nomme Président du Conseil Charles Dupuy qui le tient écarté de toutes les informations que détient le Gouvernement. Se sentant humilié notamment par ceux qui avec Jaurès dénoncent en lui « la tradition larmoyante et hautaine du grand capitalisme bourgeois », il se plaint d'un manque d'égards général. En proie à une violente campagne -« A bas Casimir ! » titre Gérault-Richard dans Le Chambard- et affecté nerveusement par de nombreuses marques d’hostilité, il démissionne, adressant au Parlement un message -lu à la Chambre le 16 janvier 1895 par le Président Paul Painlevé- dénonçant les « fictions constitutionnelles » qui privent la Présidence de moyens d'action et de contrôle : « Plus de vingt années de lutte pour la même cause, plus de vingt années d’attachement à la République n’ont pas suffi à désabuser des adversaires qui croient ou affectent de croire que je me ferai l’instrument de leurs passions ou de leurs espérances. [...] Je ne me résigne pas à comparer le poids des responsabilités morales qui pèsent sur moi et l’impuissance à laquelle je suis condamné ; peut-être me comprendra-t-on si j'affirme que les fictions constitutionnelles ne peuvent faire taire les exigences de de la conscience politique ; peut-être, en me démettant de mes fonctions, aurai-je tracé leur devoir à ceux qui ont le souci de la dignité du pouvoir et du bon renom de la France dans le monde. [...] » Il se consacre enfin à la gestion des mines d’Anzin et d’œuvres sociales, refusant la présidence du Conseil proposée en 1899 par le Président Émile Loubet ; il meurt à soixante ans en mars 1907.
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