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Pierre-Paul Royer-Collard
(1763-1845)

Pierre-Paul Royer-Collard
© Assemblée nationale

Présidence du 25 février 1828 au 16 mai 1830
(2 ans et 3 mois)

[Biographie et mandats]

Né le 21 juin 1763, dans une famille de riches cultivateurs jansénistes de Champagne, il fait de brillantes études, devient tout d’abord professeur de mathématiques, puis étudie le droit et s’inscrit en 1787 au barreau de Paris.

Il adopte avec réserves les principes de la Révolution, devient membre du conseil de la Commune puis s’en retire après la journée du 10 août 1792. Il rejoint alors les Girondins, mais est contraint de fuir la Terreur à la suite du 31 mai 1793 et se réfugie dans la Marne.

En 1797 il devient député de la Marne au Conseil des Cinq-Cents, mais ses opinions royalistes entraînent quelques mois plus tard l’annulation de son élection. Partisan de la monarchie constitutionnelle, il entretient des relations secrètes avec le comte de Provence, futur Louis XVIII, mais délaisse bientôt la vie politique, s’intéresse à la philosophie et en 1811 obtient une chaire à la Sorbonne.

Réélu député de la Marne sous la Restauration, il siège sur les bancs de l’opposition constitutionnelle et devient le porte-parole des « doctrinaires » qui prônent le retour à une monarchie tempérée. Ardent défenseur de l’abaissement du cens électoral, il est violemment attaqué par les ultra-royalistes et est finalement exclu du Conseil d’État en 1820.

En 1822 lors du débat sur la presse il s’oppose à Villèle en ces termes : « Oui, la démocratie coule à pleins bords dans cette belle France plus que jamais favorisée au Ciel. Que d’autres s’en courroucent, pour moi, je rends grâce à la Providence. »

Élu à l’Académie française en 1827, il participe avec Guizot à la création de la société « Aide-toi le Ciel t’aidera ». Cette même année voit le retour de l’opposition libérale et sa nomination à la Présidence de la Chambre où il incarne selon Rémusat « l’union d’un royalisme systématique avec un constitutionnalisme philosophique. »

Il soutient le ministère Martignac dans sa tentative de concilier l’ultraroyalisme et les différents courants du libéralisme, entretient de bonnes relations avec Charles X et Barante décrit ainsi sa présidence : « l’autorité du Président de la Chambre était telle que les orateurs les plus passionnés de la droite comme de la gauche lui communiquaient leurs discours, le consultaient pour savoir jusqu’à quel point ils pouvaient aller. »

C’est en tant que Président de la Chambre que le 18 mars 1830 il présente au roi l’« Adresse des 121 ». Il quitte Paris après la prorogation de la Chambre, ne joue aucun rôle dans la révolution de Juillet et finit par se rallier à la monarchie de Louis-Philippe.

Réélu le 5 juillet 1831, puis le 21 juin 1834, il siège à nouveau au Palais Bourbon mais se désintéresse de plus en plus de la politique active. Un contemporain écrit de lui : « Isolé et sarcastique, il siégeait sur un banc élevé de la Chambre, d’où il assistait aux discussions d’opportunité, aux débats économiques, aux querelles de personnes qui jouaient un rôle croissant dans la vie parlementaire. »

Battu aux élections de 1842, il meurt trois ans plus tard. Tocqueville qui l’avait connu sur les bancs de la Chambre salue en lui: «le dernier reste des grandes figures, des grandes passions politiques, des grands caractères de son temps… », puis ajoute que malgré sa froideur de vieux janséniste « c’est le seul homme politique auquel on peut s’attacher tendrement ».