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Théodore VERNIER
Présidence
du 27 août au 10 septembre 1791,
Né à Lons-le-Saunier le 31 mars 1731 et destiné par sa famille à l’état ecclésiastique, Théodore Vernier préfère s’engager dans la gendarmerie qu’il quitte ensuite pour devenir avocat. Élu député du tiers aux États généraux le 15 avril 1789, il signe le serment du Jeu de paume et devient secrétaire de l’Assemblée nationale constituante. Il en est président lorsque celle-ci achève l’élaboration de la Constitution qui limite les pouvoirs du roi et confère à la prochaine Assemblée compétence pour voter les lois et l’impôt, fixer les dépenses publiques, ratifier les traités et déclarer la guerre. Lors de son mandat, il est particulièrement actif dans le domaine des finances, fait décréter la liberté du commerce des eaux-de-vie, le paiement en argent des baux nationaux, et obtient le vote d’un décret pour l’organisation de la trésorerie. Très impliqué dans le domaine des finances publiques, il soutient l’idée d’un impôt juste et équitable. Ardent défenseur du principe de la progressivité de l’impôt, il fait publier en 1790 par l’Imprimerie nationale un « nouveau plan de finances et d’impositions, formé d’après les décrets de l’Assemblée nationale ». Réélu le 4 septembre 1792 membre de la Convention par le département du Jura, il siége parmi les modérés et au troisième appel nominal lors du procès du roi, il vote pour l’appel au peuple et la détention. Il intervient sur les contributions, combat le maximum, s’oppose à un emprunt forcé sur les riches et se trouve donc en désaccord marqué avec les révolutionnaires. Ses protestations contre l’Acte du 31 mai le font mettrent en état d’arrestation et il se réfugie en Suisse. Rappelé à la Convention par le décret du 8 décembre 1794, il présente un rapport sur la liquidation de la dette nationale. Il préside l’Assemblée lorsque pendant les journées de prairial (mai 1795) une foule armée envahit la Convention en criant « Du pain et la Constitution de 93 ! » Sous le Directoire, il devient député du Jura au Conseil des Anciens, qu’il préside le 21 janvier 1796, jour du troisième anniversaire de la mort du roi et prononce à cette occasion un discours dans lequel il célèbre l’époque où le peuple « jeté depuis de siècles dans un esclavage héréditaire », est rentré dans ses droits et a reconquis la liberté. Favorable au maintien de la République, il ajoute : « Si le bonheur peut exister sur la terre, c’est dans une république démocratique qu’il doit le rencontrer ». En l’an VIII il devient néanmoins membre du Sénat conservateur et est nommé comte d’Empire en 1808, mais son attitude relativement indépendante à l’égard de Bonaparte le fait tomber en disgrâce et le pousse à se retirer près de Villeneuve-Saint-Georges. Appelé à siéger à la Chambre des Pairs le 4 juin 1814, il meurt quelques années plus tard à 87 ans.
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