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50 ans de la Ve République à l'Assemblée nationale
en images et en ligne
- 28 septembre 1958, le peuple adopte la Constitution
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octobre 1958, la Constitution est promulguée
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LA CINQUIÈME RÉPUBLIQUE A 50 ANS
9 décembre 1958
L'ouverture de la première législature de la Cinquième République
Vidéo
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Le 28 septembre 1958 la Constitution avait été adoptée par référendum par près de quatre électeurs sur cinq. En cent jours environ les nouvelles institutions allaient être mises en place.
La première étape, après les élections législatives, était l'ouverture de la première législature.
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Les élections législatives ont eu lieu les 20 et 30 novembre, au scrutin d'arrondissement uninominal.
Le choix du mode de scrutin ne figurait pas dans la Constitution. C'est l'ordonnance du 13 octobre 1958 qui a institué le scrutin uninominal, majoritaire à deux tours, par circonscription. L'intervalle entre les deux tours était fixé à une semaine. Les candidats devaient obtenir au moins 5 % des suffrages exprimés pour se présenter au second tour.
Le scrutin majoritaire à deux tours a été préféré au scrutin majoritaire à un tour dont était partisan Michel Debré. Les membres du Gouvernement étaient en outre divisés entre les tenants du scrutin de liste et ceux du scrutin uninominal. C'est le général de Gaulle qui a arbitré en faveur du scrutin uninominal.
Sous la Troisième République, avant 1919, lorsque les élections avaient eu lieu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, la circonscription était l'arrondissement administratif, d'où l'appellation de scrutin d'arrondissement [Voir : la République et le suffrage universel les modes de scrutin]. Or de nombreux arrondissements avaient été supprimés en 1926 et lors des élections de 1928 les circonscriptions redécoupées ne correspondaient plus aux arrondissements.
Le nombre des députés métropolitains en vue des élections de 1958 avait été ramené de 544 à 465 de sorte qu'en moyenne une circonscription correspondait à 93 000 habitants.
Le général de Gaulle, avait alors déclaré : « l'impartialité m'oblige à ce que mon nom, même sous la forme d'un adjectif, ne soit utilisé dans la proclamation d'aucun groupe ou d'aucun candidat. » mais cinq des mouvements ayant fait campagne pour le oui au référendum se sont regroupés dans l'Union pour la Nouvelle République (UNR), créée le 1er octobre.
Les résultats des élections législatives des 23 et 30 novembre 1958 ont été les suivants :
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Nombre de voix au premier tour |
% |
Nombre de
sièges |
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Inscrits : 27 236 491 Exprimés : 20 41 908 (1er tour) |
PC et apparentés Union des forces démocratiques SFIO Radicaux MRP Gaullistes (UNF, CRR, etc.) Modérés Extrême droite |
3 907 763 261 738 3 193 786 1 503 787 2 273 281 4 165 453 4 502 449 533 651 |
19,2 1,3 15,7 7,4 11,2 20,5 22,1 2,6 |
PC Socialistes MRP et apparentés UNR Indépendants Élus d'Algérie Divers Non inscrits |
10 47 64 207 118 66 24 41 |
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(Source : Mode de scrutin et systèmes électoraux - Les documents d'étude de la Documentation française - 1995)
Ces résultats traduisent une transformation du paysage politique, puisque la nouvelle Assemblée compte parmi ses membres seulement 131 ayant siégé sous la précédente législature.
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Conformément à l'ordonnance n° 58-974 du 17 octobre 1958 les deux assemblées du Parlement se réunissent pour la première fois du mardi 9 au jeudi 11 décembre 1958.
Le 9 décembre s'ouvre la première législature de la Ve République en présence du général de Gaulle.
Après la constitution du Bureau d'âge, le chanoine Kir prononce l'allocution du Président d'âge [Voir aussi le dossier historique L'allocution du Président d'âge]. Il déclare, après avoir défendu la fonction parlementaire, que « la Ve République, quelles que soient les améliorations que comportent sa Constitution, sera cependant ce que les hommes feront d'elle. »
L'élection du Président est le premier acte politique important de la nouvelle législature. Quatre candidats se présentent : Jacques Chaban-Delmas (UNR), Paul Reynaud (indépendant), Max Lejeune (socialiste) et Fernand Grenier (communiste).
Âgé de 43 ans, ancien inspecteur des finances, délégué militaire national chargé de la coordination des forces de résistance sur l'ensemble du territoire et général de brigade en 1944, député de la Gironde depuis le 10 novembre 1946 et maire de Bordeaux depuis 1947, Jacques Chaban-Delmas a été l'un des organisateurs du RPF et a été ministre dans les gouvernements de Pierre Mendès France, Guy Mollet et Félix Gaillard.
Paul Reynaud, député du Nord, représente la tradition parlementaire de la IIIe et de la IVe Républiques. Il a été Président du Conseil en 1940 et le général de Gaulle a été son sous-secrétaire d'État à la défense nationale. Il a été en août 1958 président du Comité consultatif constitutionnel. [Biographie de Paul Reynaud]
Au premier tour de scrutin, le nombre de votants est de 552 et la majorité absolue est de 271. Jacques Chaban-Delmas obtient 259 suffrages et Paul Reynaud 168. Paul Reynaud se retire après la proclamation des résultats du premier tour et la décision de Max Lejeune de se maintenir.
Au second tour Jacques Chaban-Delmas est élu par 355 voix contre 132 à Max Lejeune.

Première séance de la première législature de la Cinquième République, 9 décembre 1958
Jacques Chaban-Delmas au perchoir
© Roger-Viollet
Dans son allocution du 11 décembre, Jacques Chaban-Delmas indique bien la rupture entre la IVe et la Ve République : « Cet effacement de la IVe République n'en doit pas moins être complet, sans esprit de retour, et il revient à notre Assemblée de jouer un rôle primordial dans l'établissement .d'une république vraiment nouvelle. Ce rôle s’exercera sur le triple plan du fonctionnement interne, des rapports avec le chef de l'État, le pouvoir exécutif et les Assemblées, et de l'estime dont jouira le Parlement dans l'opinion publique. » Il insiste sur la nécessité de retrouver la confiance dans le régime parlementaire : « L'Assemblée dans son ensemble, comme chacun de vous, mes chers collègues, en particulier, devra veiller à conserver, le contact avec les réalités nationales, régionales et locales et faire percevoir clairement l'accomplissement de sa mission, en un mot, obtenir et conserver l'estime de l'opinion publique sans laquelle le régime parlementaire et, avec lui, la Ve République, seraient assurément promis à leur perte. » [Allocution de Jacques Chaban-Delmas, 11 décembre 1958]
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Voir aussi :
Compte rendu intégral :
séances des 9, 10 et 11 décembre 1958
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