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1852
LE SECOND EMPIRE

 

 
  Le coup d'État du 2 décembre 1851

  Le plébiscite sous le Second Empire

  La Lanterne 

 


1851 le suffrage universel est dénaturé
(audio)
 

© Assemblée nationale

 

 

Le coup d'État du 2 décembre 1851 « La barricade était livide dans l'aurore ».

 

Ce vers de Victor Hugo, que se répétèrent les vétérans de 1848, décrit la barricade édifiée le matin du 3 décembre 1851 rue du Faubourg Saint-Antoine. Le député Baudin y sera tué. Dans la nuit du lundi 1er au mardi 2 décembre, -anniversaire d'Austerlitz-, avait eu lieu, avec la dissolution de l'Assemblée nationale et la prise du pouvoir par l'armée, le coup d'État perpétré par Louis Napoléon Bonaparte, président de la République. Il était prévisible, mais non justifiable, à mesure qu'approchait (mai 1852) l'échéance de sa non rééligibilité, voulue par la Constitution du 4 novembre 1848 (article 45).

La résistance tarda à s'organiser. Le peuple de Paris n'aimait pas l'Assemblée, qui avait porté atteinte au suffrage universel par la loi du 31 mai 1850 et refusé, en octobre 1851, de le rétablir intégralement.

Caricature : "les fricoteurs politiques"    - Le Charivari - 13 juin 1850

Le Charivari - 13 juin 1850

Contre un début d'insurrection, la répression, le 4 décembre, fut atroce : 380 tués sur les Boulevards, selon les chiffres du Moniteur. Victor Hugo dans L'Histoire d'un crime parle avec exactitude de « massacre » Ce massacre a scellé pour longtemps le destin politique de la France.

Le coup d'État, ratifié ensuite par le suffrage universel, fonde le Second Empire. Au-delà, il fonde la haine durable des Républicains pour le bonapartisme et tout ce qui lui est apparenté, ou risque d'y ramener : la démocratie directe, le référendum-plébiscite -dont le Second Empire n'a fait d'ailleurs qu'un usage modéré-, le « pouvoir personnel », le gouvernement conçu et pratiqué comme domaine exclusif d'un homme et de son clan, l'idée que le chef de l'État doit être choisi en vertu d'une affinité privilégiée, qui se passe d'intermédiaires, entre lui et « son » peuple, par le jeu d'une sorte d'inconscient collectif.

Pour qu'un peu de démocratie directe soit réinjecté dans un système ultra représentatif ; pour que le chef de l'État soit de nouveau élu au suffrage universel, il faudra que l'oubli soit venu. Cela prendra plus d'un siècle.

- Victor Hugo :

Discours à l'Assemblée nationale législative : 31 mai 1850


© Bibliothèque de l'Assemblée nationale - Photo Irène Andréani

- Affiche - Proclamation du Président de la République. Appel au peuple. Paris, le 2 décembre 1851.

- Louis Napoléon Bonaparte. Lithographie.

- Elections législatives de mai-juin 1869

 

Le plébiscite sous le Second Empire

Daumier : caricature - le bibiscite
- M'sieur l'Maire, quoi donc que c'est qu'un bibiscite ?
- C'est un mot latin qui veut dire OUI
Honoré Daumier
 

- Carte d'électeur -1851.

- Recensement général des votes sur le projet de plébiscite du 2 décembre 1851.

- Le Siècle du 6 janvier 1852.

- Bulletins de vote du plébiscite de 1851.

- Décret impérial qui convoque le Peuple français dans ses comices pour le dimanche 8 mai. Du 23 avril 1870.
   in Bulletin des lois de l'Empire Français - n° 1796.

- Le Plébiscite. Aspects de la place de l'Hôtel-de-Ville, le soir du 8 mai. L'Illustration du 14 mai 1870.

 

La Lanterne

A la fin du Second Empire, la libéralisation du régime est marquée par le vote de la loi sur la presse du 9 mars 1868, qui autorisait tout citoyen à fonder un journal, tout en maintenant un système répressif contre les « abus ». Ce texte provoqua une floraison de journaux : 140 virent le jour à Paris en un an. Le plus agressif contre le régime impérial fut La Lanterne d'Henri Rochefort, lancé le 30 mai 1868. La première phrase du premier numéro est restée célèbre : « La France compte 38 millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement ». Rochefort a créé le genre du journal satirique, promis à un long succès.

Un des thèmes favoris de Rochefort fut la dénonciation du vide de la vie politique des assemblées du Second Empire, provoqué par le dévoiement du suffrage universel.

Dès le 11e numéro, La Lanterne fut interdite, et Rochefort dut s'exiler à Bruxelles. Le 15 octobre 1869, Napoléon III, effrayé de son propre libéralisme, écrivait à l'impératrice « Le pays est malheureusement incapable de supporter la liberté... Les excitations des journaux démocratiques et les réunions publiques doivent amener tôt ou tard une émeute, qui fera l'effet de l'orage qui purifie l'atmosphère ».


Henri Rochefort en 1871


La Lanterne n° 8
18 juillet 1868
par Henri Rochefort

 

 

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