| Henri Wallon (1812-1904) Un itinéraire au service de la République © Bibliothèque de l'Assemblée nationale Cliquer sur la photo pour l'agrandir
« Le Président de la République est élu à la majorité des suffrages par le Sénat et par la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. « Il est élu pour sept ans. Il est rééligible. » Pour : 353. Contre : 352 A une voix de majorité, le samedi 30 janvier 1875, l’Assemblée de Versailles adopte, avec l’amendement Wallon, la constitution pour ainsi dire implicite du nouveau régime. En trois lignes, tout y est : la forme républicaine de gouvernement, le bicamérisme, la présidence et le septennat renouvelable. Jamais des dispositions de cette importance n’ont été votées par amendement, sur proposition d’un parlementaire. Henri Wallon, né à Valenciennes le 23 décembre 1812, appartient à une famille de la petite bourgeoisie. Reçu à l'École normale en 1831, il réussit l'agrégation d'histoire en 1834 et une licence en droit. En 1837, il obtient deux thèses de doctorat, une sur le droit d'asile et la seconde sur l'immortalité de l'âme. Elles lui permettent d'être nommé en 1840 maître de conférence à l'École normale et suppléant de François Guizot en 1846 à la Sorbonne. Remarqué par Victor Schœlcher après la publication en 1847 d'un ouvrage sur L'histoire de l'esclavage dans l'Antiquité, Henri Wallon fut appelé au secrétariat de la Commission pour l'Abolition de l'esclavage et, en avril 1848, est élu second suppléant en Guadeloupe à l'Assemblée constituante [Voir l'abolition de l'esclavage]. Aux élections de mai 1849, il est élu dans le Nord sur la liste du parti de l'Ordre. Il démissionne afin de manifester son hostilité à la loi du 31 mai 1850 amputant le suffrage universel. Il quitte la vie politique et devient titulaire de la Chaire d'Histoire moderne à la Sorbonne. Fervent catholique, Henri Wallon publie plusieurs ouvrages historiques et théologiques dont une biographie de Jeanne d'Arc en 1860 et Saint Louis et son temps en 1875. Ses œuvres lui valent d'être secrétaire perpétuel à l'Académie des inscriptions et belles-lettres dont il est membre depuis 1850. Henri Wallon est élu à l'Assemblée nationale le 8 février 1871 sur la liste conservatrice du département du Nord. Le 30 janvier 1875 [Procès-verbal des séances des 29 et 30 janvier 1875], il fait voter, à une voix de majorité, le célèbre amendement éponyme qui établit un septennat impersonnel et fonde la République [Voir le manuscrit de l'amendement Wallon]. Ce fut le point de départ de l'adoption des lois constitutionnelles. Henri Wallon apparaît donc comme étant le père de la République. Le 11 mars 1875, il est appelé au ministère de l'Instruction publique et est élu, in extremis, sénateur inamovible le 18 décembre 1875. Sa carrière ministérielle se termine en mars 1876. La même année, il est élu doyen de la Faculté des lettres de Paris. Henri Wallon décède à Paris le 13 novembre 1904.
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