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Victor Hugo
(1802 - 1885)

Lecture de discours parlementaires du député-poète Victor Hugo    Vidéo   Lecture de discours parlementaires du député-poète Victor Hugo

Le politique

Discours à l'Assemblée nationale (1848-1871)

Manuscrit autographe du discours sur la liberté de l'enseignement, prononcé le 15 janvier 1850 à l'Assemblée législative

Chronologie

Notice biographique

Tables nominatives des interventions devant l'Assemblée nationale

Voir aussi : Victor Hugo l'universel, de Marieke Stein
(Collection Tribuns, Éditeur la Documentation française - Assemblée nationale)

 

Nommé par Louis-Philippe à la Chambre des pairs en 1845, Victor Hugo recueillit soixante mille voix sans faire campagne quand fut élue la Constituante de 1848. Il y entra le 4 juin, à la faveur d’une élection complémentaire dans le département de la Seine. Reconduit en 1849 pour l’Assemblée nationale législative, le représentant du peuple Hugo s’y montra très actif, jusqu’au coup d’Etat du 2 décembre 1851. Après dix-neuf ans d’exil et un retour triomphal en France, il fut élu à l’Assemblée nationale de 1871, mais il démissionna un mois plus tard parce que la majorité refusait de valider l’élection de Garibaldi. Battu en janvier 1872 dans une élection complémentaire, il renonça à la députation ; les grands électeurs de la Seine l’envoyèrent au Sénat, où il siégea de 1876 à sa mort.

Premier paradoxe : Victor Hugo n’a jamais parlé dans l’hémicycle aujourd’hui occupé par les députés. Débutant et finissant au Palais du Luxembourg, comme pair de France et comme sénateur, il ne connut entre 1848 et 1851 que la « Salle de carton » érigée dans la cour d’honneur du Palais-Bourbon pour recevoir les neuf cents élus du suffrage universel. Quant à son bref mandat de 1871, il l’exerça au Grand Théâtre de Bordeaux, où les élus de la Nation avaient fui l’invasion prussienne.

Second paradoxe : Victor Hugo a réussi ce tour de force de devenir un grand parlementaire sans être ni un grand législateur, ni un grand tribun. Il n’y a pas de « loi Hugo », en effet, et les passages à la tribune de l’auteur d’Hernani, toujours remarqués, surprenaient par le ton et la manière. En bon dramaturge, Hugo écrivait entièrement ses discours et les apprenait par cœur, pour les déclamer comme au théâtre. La méthode n’était pas sans inconvénient. Excluant l’improvisation, elle empêchait l’orateur de répondre aux interruptions, qui ne manquaient pas : « Quel pathos ! », « Tous les comédiens ne sont pas au théâtre ! », « Laissez-le jouer sa pièce ! »… Ses visions d’avenir suscitaient des ricanements de mauvais aloi, au point que le président Dupin fit un jour cette remarque cruelle : « Le règlement ne peut pas me donner la force d’empêcher de rire. »

C’est pourquoi, sans doute, Victor Hugo ressentit le besoin, à la fin de sa vie, de livrer au public, dans Actes et Paroles, des versions considérablement remaniées de ses discours parlementaires : en supprimant les interruptions les plus blessantes, ou bien en insérant quelques décennies trop tard une répartie assassine, le grand poète montrait qu’il avait aussi ses faiblesses. Mais les archives de l’Assemblée nationale conservent les discours de Victor Hugo dans leur version originale, c’est-à-dire tels que les ont entendus et consignés les sténographes de l’époque : ce sont ces textes d’origine, sans retouches littéraires ni repentirs politiques, que nous reproduisons ici.

 

Voir aussi :