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AMBASSADE DE FRANCE - MISSION ÉCONOMIQUE DE JOHANNESBURG
Fiche signalétique sur
l'Afrique du Sud
a c t u a l i s a t i o n : J u i l l e t 2 0 0 1
© MINEFI - DREE
Une démocratie stable et apaisée
Depuis 1994, date des premières élections libres et multiraciales, l’Afrique du Sud est une
démocratie parlementaire. La transition avec l’ancien régime de l’apartheid a été accomplie en douceur par Nelson Mandela. L’ANC domine très largement la vie
politique sud-africaine (66% des voix aux dernières élections législatives). La solidité des institutions démocratiques, confirmée à chaque élection, traduit la
pacification du climat politique et social.
Une session placée sous le signe de la continuité.
Le successeur de Nelson Mandela à la tête du pays, M. Thabo Mbeki, a placé sa présidence sous le signe de la continuité en matière politique et économique, tout en
promettant l’accélération des réformes sociales.
Un niveau de développement et une structure économique
uniques en Afrique
L’Afrique du Sud est un pays dont le niveau de développement s’apparente à certains égards à celui
de nations industrialisées.
Une économie moderne.
L’Afrique du Sud est un géant de l’Afrique. Avec 25 % du PIB du continent et 80% du PIB de l’Afrique Australe, ce pays apparaît comme le leader économique
du continent.
La répartition sectorielle des activités économiques est proche de celle des pays industrialisés : le
secteur primaire contribue pour 9,5% au PIB (6,2% pour les mines), le secondaire pour 39% et le tertiaire pour 51,5%.
L’Afrique du Sud possède de nombreuses infrastructures (1er réseau ferré du continent, 1er parc automobile d’Afrique, 58 000 km de routes, 3 aéroports
internationaux, 2 millions d’internautes, 8 millions d’abonnés aux réseaux GSM mobiles), des principales technologies modernes et d’un savoir-faire reconnu
(production et distribution d’électricité, maîtrise de l’énergie nucléaire par exemple). L’accès à ces infrastructures demeure cependant très inégalitaire : 61 %
des foyers sud-africains n’ont pas d’accès à l’eau courante, 34 % ne sont pas reliés au réseau électrique.
L’Afrique du Sud dispose de capacités industrielles et minières inégalées sur le continent (1er rang mondial pour l’or, le manganèse, le chrome et le platine, 3ème
producteur mondial de diamants). Cette rente minière importante est notamment constituée d’une gamme très large de minéraux rares (or, platine, uranium, diamants),
qui lui assure des rentrées de devises substantielles (50% des recettes d’exportation).
Dans les domaines minier, énergétique, de l’armement et des télécommunications, les entreprises sud-africaines occupent une très bonne position au niveau mondial.
Adossée à de puissants groupes internationaux, l’économie du pays se fonde sur un tissu industriel, commercial et financier de bonne qualité.
Contribution par province au PNB national
(chiffres 2000)
Le paysage économique reste cependant marqué par quelques grands conglomérats (privés et publics), essentiellement industriels, qui constituent de véritables
multinationales.
Bien que certains ne soient désormais plus juridiquement sud-africains, AngloAmerican (extraction
minière), Billiton (charbon et métallurgie), Rembrandt (tabac, produits de luxe, médias), SASOL (chimie), Eskom (électricité) ou South African Breweries
(agroalimentaire) appartiennent aux 500 premières entreprises mondiales par leur chiffre d’affaires. Le tissu de petites et moyennes entreprises demeure encore
assez modeste. De forts potentiels de croissance existent dans le secteur des télécommunications et du tourisme.
L’économie du pays s’appuie aussi sur des structures bancaires performantes (5 banques sud-africaines détiennent près de 90% des actifs du secteur:
ABSA, Standard Bank, First National Bank, NEDCOR et Investec ), sur le plus important marché de l’assurance d’Afrique et sur une place
boursière mondialement reconnue (le Johannesburg Stock Exchange-17ème rang mondial). L’Afrique
du Sud attire 89% du portefeuille d’investissements en actions consacré à l’Afrique sub-saharienne.
L’Afrique du Sud possède un système scolaire et universitaire solide mais la maind’oeuvre qualifiée reste encore trop insuffisante (accès des classes noires à
l’enseignement supérieur encore trop récent).
Toutes ces caractéristiques font de l’Afrique du Sud un géant de l’Afrique, qui joue un rôle déterminant dans le dynamisme économique de l’Afrique australe et dont
l’aire d’influence économique et politique s’étend de plus en plus à tout le continent africain.
Des fondamentaux économiques sains
La politique d’orthodoxie budgétaire (programme « GEAR »), engagée depuis 1996, a assuré le redressement des grands équilibres macro-économiques.
Le déficit public a été ramené à environ 2% du PIB en 2001. Cette maîtrise du déficit budgétaire permet à l’Etat sud-africain de limiter la progression de la dette
publique (44,3% en 2001).
La baisse de l’inflation s’est poursuivie en 2001 (6,6% contre 7,7% en 2000), rendant possible une réduction sensible des taux d’intérêt. Cette tendance est
contrariée cependant depuis la fin 2001 par la baisse signicative du rand (inflation importée, hausse des prix à la production et hausse des taux probable par la
Banque Centrale sud-africaine).
Des équilibres extérieurs en voie d’amélioration. En 2000, le déficit de la balance courant ne dépassait pas 0,3% du PIB et la balance devrait connaître un léger excédent de 0,2% du PIB en 2001. L’Afrique
du Sud reste marquée par un flux d’investissements sud-africains à l’étranger structurellement supérieur aux investissements étrangers dans le pays. Ces investissements prennent notamment la forme d’investissement de
portefeuille à court terme, au détriment d’investissements directs (de production).
Un marché intérieur à conquérir
L’Afrique du Sud s’appuie sur une loi commerciale d’inspiration anglosaxonne, très favorable à la
vie des affaires.
L’économie sud-africaine dispose d’un marché captif peu exploité, qu’il s’agisse du marché national de 43 millions d’habitants ou du marché régional de la SADC (South
African Development Community) ou de la SACU (South African Customs Union). La progression du pouvoir d’achat de la population noire permet progessivement le
développement d’un nouveau marché intérieur, que les politiques de rattrapage social sont venues soutenir (Reconstruction and Development Programme, Black
Empowerment, Equity Act).
La distribution des revenus reste néanmoins très inégalitaire (rapport moyen entre Noirs et Blancs de 1 à 12) et le taux de chômage élevé (36% de la population
active).
L’ouverture sur le monde
Une économie en mutation.
Depuis la fin des années 80, l’instabilité des gains à l’exportation des matières premières a persuadé les décideurs sud-africains que l’avenir résidait dans le
développement de l’économie manufacturière, le développement de services et la conquête de marchés extérieurs. A ce titre, l’orientation des activités économiques vers l’exportation est, dans une certaine mesure, affectée
positivement par la dépréciation actuelle du rand.
La réinsertion du pays dans les grandes organisations mondiales du commerce a conduit l’Afrique du Sud à démanteler progressivement ses barrières douanières et
tarifaires.
Après des années de repli et d’autarcie imposées par les sanctions économiques, l’Afrique du Sud affiche donc des indices d’ouverture commerciale proches des pays
d’Europe occidentale (le total des importations et des exportations représente près de 47% du PIB).
La balance commerciale était excédentaire en 2000 (2,5 milliards US$) et devrait s’élever à 700 M USD en 2001. Les principaux produits exportés par la RSA sont les
minerais et pierres précieuses (34%), l’acier et le fer (9%), tandis que les premiers postes d’importation sont les équipement électriques et mécaniques (36%),
ainsi que les produits issus de la pétrochimie (8%).
L’adaptation des conglomérats et de toute la structure industrielle du pays à la mondialisation, le développement du capitalisme noir (« Black Economic
Empowerment »), la signature d’accords économiques multilatéraux majeurs (avec l’Union Européenne notamment) contribuent à transformer profondément
l’économie sud-africaine, créant ainsi de nombreuses opportunités d’investissements et de développement pour des entreprises étrangères.
Un axe de conquête des marchés d’Afrique australe
L’Afrique du Sud domine l’ensemble de l’économie de l’Afrique Australe et joue un rôle actif au sein
de la SADC (zone de coopération économique regroupant 14 pays, soit 190 M d’habitants et un PIB de 176 Mds USD). L’ Afrique Australe représente environ 60% du PIB
de l’Afrique sub-saharienne et affiche un PIB/habitant (900 USD) et un taux de croissance deux fois
supérieurs au reste de l’Afrique.
Depuis la levée des sanctions, les principaux partenaires commerciaux de l’Afrique du Sud sont l’Union Européenne (40% de ses échanges commerciaux), les Etats-Unis
(13%), l’Asie (20%) et l’Afrique (8%). La France est le 7ème partenaire de l’Afrique du Sud par le montant des échanges commerciaux réalisés (4% du
total des importations sud-africaines en 2000), loin derrière l’Allemagne, les Etats-Unis, le Royaume Uni et le Japon, et à peu près au même niveau que l’Arabie
Saoudite.
Le rôle économique majeur de l’Afrique du Sud en Afrique Australe et sur le continent africain est
d’autant plus à souligner que les échanges commerciaux franco-sud-africains demeurent notoirement insuffisants. L’Afrique du Sud tient en effet une place
intermédiaire dans le commerce extérieur français: elle n’est que son 41ème client et son 43ème fournisseur.
En 2001, la forte baisse du rand a sensiblement affecté les exportations françaises (-6%). La baisse
des exportations françaises risque encore de s’accentuer dans les prochains mois. Le marché sud-africain reste toutefois très attractif à moyen terme pour de
nombreux secteurs d’excellence français, compte tenu du potentiel de développement de ce pays dans les prochaines années.
Source : DREE Mission économique de Johannesburg
http://www.dree.org/afriquedusud/ |