Réception dans l'hémicycle
de M. Fernando Henrique Cardoso
Président de la République fédérative du Brésil


mardi 30 octobre 2001, à 15 heures

Fiche d'information
sur le Brésil, son histoire et ses institutions

Groupe d'amitié France - Brésil

À l'invitation de M. Raymond Forni, Président de l'Assemblée nationale, 
M. Fernando Henrique Cardoso, Président de la République fédérative du Brésil, 
s'est exprimé dans l'hémicycle du Palais Bourbon, 
le mardi 30 octobre 2001 de 15 heures à 16 heures.

Discours prononcé par M. Raymond Forni, Président de l'Assemblée nationale (en français)

Discours prononcé par M. Fernando H.Cardoso, Président de la République fédérative du Brésil (en français)

Discurso do Presidente da Assembléia Nacional Francesa, Senhor Raymond Forni

Discurso do Senhor Presidente da República em Sessão Solene da Assembléia Nacional da República da França

Reportage photographique


Source : Ambassade du Brésil en France

Son intervention a remplacé la traditionnelle séance des questions au Gouvernement organisée, en période de session parlementaire, les mardis et mercredis de 15 h à 16 h.

M. Cardoso était ainsi le dixième chef d'Etat ou de gouvernement à s'exprimer dans l'hémicycle depuis que cette procédure a été instaurée par le Bureau de l'Assemblée nationale en 1994.

Pour mémoire, se sont exprimés dans l'hémicycle, devant la Représentation nationale, après une allocution de bienvenue du Président de l'Assemblée, le souverain espagnol Juan Carlos, le 7 octobre 1993, le Président des Etats-Unis William J. Clinton, le 7 juin 1994, le Roi du Maroc Hassan II, le 7 mai 1996, M. Romano Prodi, Président du Conseil de la République italienne, le 19 novembre 1997, M. Tony Blair, Premier ministre du Royaume Uni, le 24 mars 1998, M. Abdou Diouf, Président de la République du Sénégal, le mercredi 21 octobre 1998, M. Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU, le 8 décembre 1998 , M. Gerhard Schröder, Chancelier de la République Fédérale d'Allemagne, le 30 novembre 1999, et M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République algérienne démocratique et populaire, le 14 juin 2000.

M. Cardoso était le premier chef d'Etat d'un pays du continent latino-américain à s'exprimer devant les députés.

Réceptions dans l'hémicycle de chefs d'État ou de Gouvernement étrangers

Fiche d'information sur le Brésil
(Sources : Ambassade de France au Brésil, Service d'expansion économique a href="http://www.dree.org/bresil/">http://www.dree.org/bresil/ et site de la DREE)

Le Brésil :

Superficie : 8,5 millions de km²
Population : 162 millions d'habitants (1999)

Taux d'accroissement de la population :
19 pour 1000

Capitale : Brasilia
Principales villes :
Sao Paulo (17 millions d'habitants)
Rio de Janeiro (11 millions d'habitants)

Histoire:
1500 : Découverte du Brésil
1822 : Indépendance de l'Empire du Brésil
1888 : Abolition de l'esclavage
1889 : Proclamation de la République
1960 : Inauguration de Brasilia
1964 : Prise du pouvoir par l'armée
1985 : Rétablissement de la démocratie
1988 : Nouvelle Constitution
1994 : Election de M. Fernando H. Cardoso
1998 : Réelection de M. Cardoso

Economie : 
PIB : 589 milliards de dollars us (2000)
PIB par habitant : 3.453 dollars
Taux de chômage : 6,9% (2001)
Hausse des prix : +7% (mai 2001 / mai 2000)
Déficit des finances publiques : 4,6% du PIB
Importations françaises : 15,9 milliards francs
(dont produits industriels : 58%)
Exportations françaises : 15,1 milliards francs
(dont produits industriels : 93%)

Les institutions politiques :

Le Brésil est une fédération de 26 états (auxquels s'ajoute le District fédéral)

Le pouvoir exécutif est assuré par un Président de la République élu pour 4 ans au suffrage universel direct. Elu en même temps que le Président, le Vice-président  le remplace en cas d'absence ou de vacance. Les ministres d'Etat sont nommés par le Président qui peut les révoquer. Le Président est rééligible une fois. Le Président ne peut dissoudre les chambres du Congrès.

Le pouvoir législatif appartient au Congrès national formé de deux Chambres :

Le Sénat fédéral compte 81 sénateurs, élus au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire pour 4 ans, à raison de 3 sénateurs par Etat. Le Sénat est renouvelé par un tiers et deux tiers tous les quatre ans.

La Chambre des députés est composée de 513 députés élus au scrutin proportionnel de liste par Etat, pour 4 ans. Chaque Etat désigne au moins 8 députés.

Le Congrès tient deux sessions ordinaires par an, du 15 février au  30 juin et du 1er août au 15 décembre.  Le Congrès ne peut censurer le Gouvernement, mais il peut passer outre le veto présidentiel, à la majorité de chaque Chambre.

Congrès du Brésil :

Chambre des Députés : www.camara.gov.br
Sénat fédéral : www.senado.gov.br

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Discours du Président de l’Assemblée nationale, Monsieur Raymond FORNI,
A l’occasion de la visite officielle de M. Fernando Henrique CARDOSO,
Président de la République fédérative du Brésil,
Hémicycle du Palais-Bourbon, mardi 30 octobre 2001

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Chers Collègues,

Vous avez fait, Monsieur le Président de la République fédérative du Brésil, un très grand honneur à la Représentation nationale française en acceptant son invitation. Nous sommes heureux et fiers de recevoir en votre personne le représentant du plus grand Etat démocratique d’Amérique latine et de saluer à travers vous le Brésil, si proche du cœur et de l’esprit des Français.

Monsieur le Président, la France et le Brésil entretiennent des relations privilégiées faites de fascination et d’influences réciproques.

Il y a des siècles que les Français rêvent du Brésil, depuis la Découverte de Gonneville, l’expédition de Villegaignon et le songe d’une " France équinoxiale " de Daniel de La Touche. Le précurseur de l’Indépendance du Brésil, Tiradentes, arracheur de dents et visionnaire, séduit par l’idéal des Lumières vint en France puis retourna au Brésil où, en avance sur l’histoire, il mourut écartelé à Rio en 1792.

La devise " Ordre et progrès " de la jeune République du Brésil, proclamée en 1889, s’inspirait du positivisme d’Auguste Comte, qui parrainait ainsi la naissance de la future grande puissance d’Amérique latine.

Mais la France doit aussi beaucoup à l’influence du Brésil. Il suffit pour l’illustrer d’évoquer Paul Claudel, Darius Milhaud, Anatole France, première personnalité à entrer à l’Académie brésilienne des Lettres, mais aussi Santos Dumont et Blaise Cendrars qui appartiennent à notre Panthéon commun.

Votre littérature a nourri l’imaginaire des Français. Jorge Amado, cette grande voix du Brésil qui vient de s’éteindre, en fut l’un des plus illustres représentants. Bahia de tous les Saints  et Cacao ont été les livres cultes de toute une génération. Faut-il mentionner aussi notre goût pour la musique brésilienne et notre admiration pour votre lumineux football qui a inspiré le notre, avec tant de joueurs brésiliens dans nos équipes ?

Si notre attirance pour votre beau pays est ancienne, elle n’a cessé depuis de se confirmer, elle est aujourd’hui plus forte que jamais, dans une relation d’authentique proximité.

Nos deux pays partagent d’abord la fidélité à la liberté. Après des décennies de régime militaire, la démocratie est depuis 1985 profondément ancrée dans l’identité du Brésil, qui a prouvé la vigueur de ses institutions politiques et son attachement aux droits de l’Homme et aux libertés fondamentales.

Le Brésil cherche aujourd’hui une voie propre vers la modernité politique, dont la généralisation du vote électronique et son succès populaire constituent un exemple particulièrement éloquent.

Tout en approfondissant sa démocratie, le Brésil est devenu une grande puissance économique. Il prouve par son exemple que les Nations engagées sur la voie de la démocratie sont aussi les plus aptes à la réussite économique.

Il n’est besoin, pour illustrer cette affirmation, que d’évoquer la densité et la diversité du tissu industriel brésilien, la renommée de ses grandes entreprises, telles Embraer dans l’aéronautique ou Petrobràs dans le domaine énergétique. La vigueur de l’économie brésilienne ne manque pas de susciter l’admiration. Les difficultés financières de 1998 ont été surmontées avec succès, votre croissance, soutenue et régulière, s’est élevée à 4 % en 2000 et se trouvait, avant les événements internationaux récents, sur une tendance identique en 2001.

Ce bilan positif, Monsieur le Président, doit beaucoup à l’action que vous avez menée avec constance, rigueur et détermination.

Vous vous êtes attaché à engager les réformes de fond qui ont permis de mieux préparer votre pays aux indispensables mutations. Pendant votre mandat, le Brésil a vaincu l’hyper-inflation, et a donc pu mettre fin au prélèvement qu’elle inflige aux revenus, notamment ceux des plus défavorisés. Ces différentes actions, je tiens à le souligner, ont contribué à faire reculer considérablement la pauvreté.

En vous efforçant de stabiliser la monnaie, de maîtriser la dynamique de l’endettement, vous avez consolidé l’économie brésilienne. En lançant de grands programmes d’infrastructures, vous vous êtes fixé pour objectif de poursuivre la modernisation de votre pays.

Dans cette démarche, vous avez eu à cœur de faire vôtre le principe selon lequel il n’est pas de développement économique sans progrès humain et social.

Vous rappelez souvent que " le Brésil n’est pas un pays pauvre mais un pays injuste ". Votre politique sociale ambitieuse dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accession à la terre, porte déjà ses fruits et constitue le véritable fil conducteur de votre action gouvernementale.

Le Brésil a fait le choix de l’ouverture : il est devenu un acteur majeur de la construction régionale en Amérique latine et un partenaire proche de la France dans l’indispensable effort de régulation de la mondialisation.

Le Brésil est convaincu que, dans ce monde global, les solidarités régionales, fondées sur le partage des cultures, des intérêts économiques et du développement, constituent une chance pour les peuples. Le Brésil a fait le pari de l’intégration régionale et, aujourd’hui, le MERCOSUL constitue le quatrième ensemble économique du monde.

Profondément attachée à la construction européenne dont elle sait pour elle-même les avantages qu’elle comporte, la France se réjouit de la détermination des dirigeants brésiliens à construire, sur le continent sud-américain, un espace d’échange et de liberté.

Je souhaite très vivement que les négociations entre l’Union européenne et le MERCOSUL ouvrent un nouveau chapitre de l’histoire de nos relations. Le Brésil a déployé beaucoup d’efforts en faveur du rapprochement de nos deux ensembles.

Sachons poursuivre cette action dans les prochains mois et créer les conditions de l’établissement d’une zone de prospérité commune, qui sera un facteur d’équilibre des rapports économiques mondiaux.

Monsieur le Président, la devise de votre pays " Ordre et progrès " , malgré l’usage discutable qui a pu un temps en être fait dans votre pays, correspond bien au programme que nos deux pays souhaitent voir appliquer aux relations internationales et à la mondialisation des échanges.

On ne peut, en effet, les laisser se développer dans le désordre et l’injustice. Les événements internationaux dramatiques que nous vivons depuis le 11 septembre dernier rappellent l’urgente nécessité de l’équité et de la solidarité, de l’élaboration de règles communes.

Toutes les institutions doivent être animées du même souci d’organiser et d’harmoniser la mondialisation, de maintenir la paix et la sécurité, d’éviter les crises financières qui déstabilisent les économies et sont particulièrement nocives pour les pays en développement.

Mais il nous faut aussi maîtriser l’ouverture commerciale. Veiller à ce qu’elle se fasse, dans les deux sens, et sans entraîner de drames sociaux.

Nos peuples ne craignent pas de s’ouvrir au monde. Mais ils entendent le faire selon leur vision propre, qui repose sur un respect de la réalité économique, des équilibres sociaux et des références culturelles de chacun. Nous estimons, en effet, que l’économie a besoin d’un cadre stable afin d’en assurer une véritable régulation.

Sans règles, sans institutions internationales, véritablement démocratiques et suffisamment fortes pour être respectées, il n’est point de commerce équitable, de partage harmonieux des richesses, de respect des droits de l'Homme.

Ordre donc, mais aussi progrès.

Tous les pays développés ont besoin que les autres se développent. N’oublions pas ce que François Mitterrand écrivait déjà en 1985 : " L’écart, qui s’élargit entre les pays pauvres et les pays riches, voue le monde à des ruptures sans pardon " .

Ces propos restent plus que jamais d’actualité. Il faut un meilleur partage des richesses mondiales. La France appuie donc les initiatives visant à l’annulation de la dette des pays les plus pauvres.

Elle n’est pas opposée à ce qu’un prélèvement spécifique sur certains flux de capitaux soit créé pour financer des transferts supplémentaires vers les pays les plus pauvres.

Elle partage également les priorités du Brésil pour mieux préserver notre environnement. Depuis le Sommet de Rio, la prise de conscience de nos responsabilités collectives dans ce domaine a considérablement progressé. La France est favorable à une pleine et entière mise en œuvre des engagements internationaux contractés jusqu’ici, et tient à saluer le rôle actif du Brésil en faveur de l’application du Protocole de Kyoto sur les changements climatiques.

Le Brésil a également fait sien le principe moral selon lequel la santé des hommes exige la solidarité de la communauté internationale. Son action déterminée dans le domaine de la lutte contre le SIDA mérite d’être saluée et soutenue.

L’opinion publique mondiale, dont un des lieux de naissance a été Porto Alegre en janvier dernier, nous incite aujourd’hui à de telles mesures.

Autant de priorités, Monsieur le Président, qui appellent un dialogue et une concertation accrus entre nos peuples.

Pour une mondialisation, à tous égards solidaire, dont doivent profiter tous les hommes et tout l’Homme , soyez assuré, Monsieur le Président, de la détermination de la France à continuer sa route avec vous.

Notre histoire commune est placée sous le signe de la découverte. Hier, celle du Nouveau Monde par l’Ancien. Aujourd’hui, celle d’une solidarité renouvelée entre nos continents, pour construire un avenir plus sûr dans un monde plus juste.

Merci de nous éclairer et de nous accompagner dans cette voie. Merci d’être ici aujourd’hui.

Esta casa da democracia é sua e Vossa Excelência tem a palavra*.

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*Cette maison de la démocratie est la vôtre et vous avez la parole.

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Présidence de la République

Discours du Président de la République Fédérative du Brésil
à la séance solennelle de l’Assemblée nationale de la République Française
Paris, le 30 octobre 2001

C’est la première fois qu’un Président du Brésil s’adresse à l’Assemblée nationale de la République Française.

Recevez, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, les salutations les plus chaleureuses du gouvernement et du peuple brésiliens.

Je vous remercie, car c’est un honneur, de l’occasion qui m’est offerte de parler au nom d´un pays qui a renouvelé son engagement envers la démocratie et le développement.

Le Brésil a toujours nourri une profonde admiration pour cette Maison de la Démocratie, marquée du sceau de l’histoire de France et de celle de l’Humanité.

Le Brésil appartient à un continent qui a conquis son indépendance sous l’influence des luttes mémorables engagées dans cet hémicycle pour la liberté et la justice.

Un intense dialogue avec la France et ses représentants s’en est suivi.

Surtout dans les grands tournants de notre histoire.

Je rappelle que la consolidation de la jeune monarchie brésilienne s’est opérée autour du concept de "pouvoir neutre" proposé par Benjamin Constant.

Par la suite, en 1889, nous avons choisi la République, avec une devise positiviste. Notre référence était Auguste Comte, adapté à nos circonstances.

Au Brésil, le positivisme a été l’emblème du progrès matériel, bien que sous la façade conservatrice de l’ordre.

La France a également servi de modèle à la création de grandes institutions brésiliennes: le Musée des Beaux Arts, l’Institut d’Histoire et de Géographie, l’Académie Brésilienne des Lettres, l’Université de São Paulo.

J´ai été élève de l’Université de São Paulo, où j’ai bénéficié du legs laissé par Roger Bastide, Claude Lévi-Strauss et Fernand Braudel.

J’ai appris la sociologie du travail avec Georges Friedmann et Alain Touraine, à qui je dois tant sur le plan intellectuel.

Dans les années soixante, l’exil m’a conduit à Paris. J’y ai vécu de près les journées libertaires de mai 68.

À Nanterre j’ai assuré un enseignement sur l’Amérique Latine, mais j´y ai appris bien davantage.

J’ai appris que l´aspiration de Tocqueville à un équilibre idéal entre liberté et égalité continuait à animer l’esprit français.

Lefort et Castoriadis mettaient à nu l’expérience totalitaire. La démocratie se voyait ainsi confirmée comme méthode de satisfaction individuelle et collective, ce à quoi avaient contribué des libéraux clairvoyants tels que Raymond Aron, dont j’avais suivi les cours bien avant, en 1961.

Plus tard, dans les années soixante-dix, j’ai enseigné à l’Ecole des Hautes Études et, grâce à la générosité de Michel Foucault, au Collège de France.

Il ne pouvait y avoir d´ambiance plus stimulante, grâce aussi à l’ouverture de la France aux exilés. Nombre d’entre eux ont fait de ce pays leur seconde patrie. La règle était: tolérer, transiger, accepter l’Autre.

C´est sans doute celui de mes souvenirs de cette époque qui m´est le plus cher. Toujours associée aux principes universels, la France est également devenue pour moi synonyme de pluralisme, valeur que je cultive comme le font tous les Brésiliens, nous qui sommes le fruit de l’intégration continue et durable de différentes cultures.

Ces réminiscences ont un ton bien personnel, mais j´en connais la portée politique.

Le fait que deux grandes nations, comme la France et le Brésil, partagent une valeur aussi essentielle que le pluralisme est digne de louange, en toutes circonstances.

Mais cela prend une importance toute particulière dans la conjoncture que nous sommes en train de vivre.

À la suite des attentats du 11 septembre, le fanatisme des terroristes semble retentir sur le désir néfaste d’exacerber les tensions entre religions ou cultures.

Nous nous opposons avec ténacité au discours du choc des civilisations: d’un côté, "l’Occident" judéo-chrétien; de l’autre, la civilisation musulmane.

Si la barbarie et l’autoritarisme, ont, malheureusement, fait rage dans l’une et l’autre de ces civilisations - aussi hétérogènes que soient leurs traditions -, ils ont aussi suscité le rejet des segments les plus éclairés de chacune d’entre elles.

Je me souviens d’Albert Camus et de sa conception selon laquelle "pour faire triompher un principe, c’est un principe qu’il faut abattre".

Sachons nous faire l’écho de ce grand écrivain.

Contre la peur et l’irrationnel, faisons prospérer le dialogue et la coopération, valeurs que nous savons inscrites dans toutes les civilisations.

Il faut réagir au terrorisme avec détermination, mais en même temps faire face avec la même vigueur aux causes profondes et immédiates de conflits, d’instabilité, d´inégalité.

Nous ne pouvons plus supporter le poids de la souffrance, de la violence et de l’intolérance qui depuis longtemps empêche une solution juste et durable du conflit entre Israéliens et Palestiniens.

Ainsi, de même qu’il a soutenu en 1948 la création de l’Etat d’Israël, le Brésil réclame aujourd’hui que des mesures concrètes soient prises pour la création d’un Etat Palestinien démocratique, harmonieux et économiquement viable.

Le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et le respect de l’existence d’Israël en tant qu’Etat souverain, libre et sûr, sont essentiels pour que le Moyen Orient puisse se reconstruire un avenir dans la paix.

Des pays comme la France et le Brésil sont tout à fait habilités à prendre une part active au façonnement d’un ordre international plus protégé contre le dogmatisme et l´exclusion.

Historiquement et de par notre formation, nous sommes voués à l’universalisme.

S´il est une affinité claire entre le Quai d’Orsay et l’Itamaraty, c’est précisément la conviction que le respect de la diversité est la condition sine qua non du dialogue.

C’est la méthode de notre action en matière de politique étrangère, action qui se distingue par la variété de ses interlocuteurs.

La vocation universaliste s’est exercée, en France et au Brésil, à partir de l’intégration avec les voisins.

Le Mercosud est aussi important pour le Brésil que l’Union Européenne l´est pour la France.

Jean Monnet se disait satisfait, sentant que l’intégration européenne trouvait son assise non pas dans le texte des Traités, mais dans la tête des gens.

Je dirais de même pour le Mercosud, qui est passé de l’état de projet de gouvernements, à celui de projet de sociétés.

Par delà les obstacles ponctuels, qui sont le lot commun chaque fois que l’on cherche à intégrer des volontés souveraines, il y a la détermination de faire avancer une expérience d’importance majeure pour la région et ses échanges avec le reste du monde.

Je crois en l´association du Mercosud et de l’Union Européenne, qui peut devenir un des modèles de convivium lesquels, espérons-le, prévaudront, une fois la crise passée.

Quelles que soient les circonstances, le Brésil cherchera à s’associer à l’Union Européenne et compte sur le soutien de la France.

Il faut être attentif au principe de l’équité.

Aux bénéfices des uns, doit répondre la satisfaction des attentes des autres.

L’intérêt fondamental du Mercosud est d´élargir son accès au marché agricole communautaire et de pouvoir participer, à armes égales, à la compétition sur les autres marchés.

La proposition du Mercosud sera présentée dans les jours qui viennent.

Je crois que c´est une bonne proposition. Mais je suis sûr que nous pouvons faire bien davantage, et je voudrais que le patronat et les négociateurs des deux côtés soient à même de considérer une gamme de produits plus variée. En effet, il nous faut signaler d´une façon plus claire que nous sommes décidés d´avancer plus rapidement vers la définition d´un accord de libre commerce.

Si nous croyons effectivement au libre-échange, le Mercosud et l’Union Européenne se doivent d’adopter des mesures effectives contre le protectionnisme.

>La convergence entre nos blocs contribuerait à ce que le prochain Cycle de l’Organisation Mondiale du Commerce réponde, avec équité, aux attentes de tous.

La menace d’une nouvelle récession est trop présente pour perdre l’occasion qui nous est donnée de relancer à Doha les négociations commerciales.

De même, l’heure est venue de contrôler l’instabilité des flux financiers.

Si le marché est l’instrument le plus efficace pour produire de la richesse, il faut mettre des limites à ses distorsions et à ses abus.

Osons, si nécessaire, taxer le mouvement des capitaux pour assurer de la liquidité aux économies émergentes, et des fonds pour lutter contre la pauvreté, la faim et les maladies dans les pays les plus démunis.

Montesquieu disait que le commerce a la vertu de civiliser les mœurs politiques, en empêchant la discorde, en favorisant la modération.

Il parlait de «doux commerce».

Puisse l’économie de demain nous apporter ce gain supplémentaire.

N’oublions pas, quoi qu’il en soit, que le renforcement de la démocratie est une fin en soi, y compris sur le plan des rapports entre les Etats.

Aucun ordre n’apparaîtra comme légitime, sans le concours de ceux auquel il est destiné.

Pour ne pas parler de son efficacité, qui sera toujours fonction du consentement des Parties.

En ce sens, la demande de démocratisation des mécanismes de prise de décision est ainsi justifiée, ce qui comprend le Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui doit être élargi et réformé pour mieux refléter la réalité actuelle.

Les institutions de gouvernance internationale ont été conçues pour régir le monde de la Guerre froide.

Le moment est venu de les adapter aux circonstances du XXIe siècle.

Le nouvel ordre ne peut se passer d’un renforcement de la protection des droits de l’homme.

Maintenant, le Brésil travaille pour faire avancer les procédures nécessaires à la ratification du statut du Tribunal Pénal International.

Des instruments comme ce Tribunal renouvellent notre confiance en la coopération entre les Etats.

Ils vont même jusqu’à nous faire croire en un nouveau contrat international.

Contrat qui répondrait au besoin de sécurité des Etats tout en encourageant le développement durable, la démocratie et le respect des droits de l’homme.

Contrat qui mettrait à jour l´utopie de la fraternité entre les peuples, qui a tant mobilisé cette Assemblée Nationale à l’aube de son existence.

Contrat qui essaimerait une nouvelle éthique.

S’il est sûr que la mondialisation rapproche marchés et systèmes de production, il est tout aussi sûr que la paix dans le monde dépend de la diffusion d’une éthique de la solidarité.

Solidarité qui ne dispense pas l’action des Etats.

Qui l’exige plutôt.

Nous savons que l’intérêt général peut entraîner des restrictions de la souveraineté des Etats; mais la souveraineté populaire, elle, ne peut prospérer sans une présence plus grande encore des Etats nationaux.

Le pluralisme culturel appelle aussi les sociétés à s’organiser en Etats actifs et radicalement démocratiques, dans le respect du sentiment et de l’autonomie des peuples.

Aussi salutaire que soit l’intervention de nouveaux acteurs dans le débat international, les possibilités réelles de changement passent par la médiation des Etats.

Ce contrat que j´entrevoie est donc un contrat entre Etats. Des Etats qui n’étouffent pas les nations, mais qui soient à leur service.

Cela s’impose surtout dans les moments de crise qui peuvent être féconds.

Le paradoxe des moments de crise, c’est précisément de créer un contexte propice à une révision des paradigmes.

C´est lorsque l´on fait reculer les frontières du possible.

Luttons pour un nouvel ordre mondial qui soit le reflet d’une entente entre des nations réellement libres, et non pas la seule prédominance de quelques Etats sur les autres, de quelques marchés sur les autres.

Cela demande de l’audace. Des idées. Des actes.

Pour la France, c’est une tradition. Pour le Brésil aussi, dans la mesure de ses possibilités.

Il est plus qu’opportun de savoir intensifier davantage notre dialogue, dialogue noué il y a des siècles, porteur de résultats, mais aussi de promesses non concrétisées.

Que notre dialogue, en ce début de siècle, se nourrisse d’espoir et nous mène ensemble sur un chemin de bonne fortune, tel est mon plus cher désir.

Je vous remercie, une fois encore, au nom de mon pays, pour le geste de m’avoir invité à cette tribune.

 

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Discurso do Presidente da Assembléia Nacional Francesa, Senhor Raymond FORNI,
Por ocasião da visita oficial do Sr. Fernando Henrique CARDOSO,
Presidente da República Federativa do Brasil,
Plenário do Palácio Bourbon, terça-feira 30 de outubro de 2001

Senhor Presidente da República,
Senhor Primeiro Ministro,
Senhoras e Senhores Ministros,
Caros Colegas,

Vossa Excelência, Senhor Presidente da República Federativa do Brasil, prestou uma grande honra à Representação Nacional Francesa aceitando seu convite. Ficamos felizes e honrados de receber, em sua pessoa, o representante do maior Estado democrático da América Latina e de saudar, através de Vossa Excelência, o Brasil, tão ligado ao coração e à mente dos franceses.

Senhor Presidente, a França e o Brasil mantêm relações privilegiadas, feitas de fascinação e influências recíprocas.

Os franceses sonham com o Brasil há séculos, desde a Descoberta de Gonneville, a expedição de Villegaignon e o sonho de uma " França Equinocial " de Daniel de La Touche. O precursor da Independência do Brasil, Tiradentes, dentista e visionário, veio à França seduzido pelo ideal das Luzes retornando em seguida ao Brasil onde, por estar à frente da história, morreu esquartejado no Rio de Janeiro em 1792.

O lema " Ordem e Progresso " da jovem República do Brasil, proclamada em 1889, foi inspirado no positivismo de Auguste Comte, que apadrinhava assim o nascimento da futura grande potência da América Latina.

Mas a França também deve muito à influência do Brasil. Para ilustrar, basta evocar Paul Claudel, Darius Milhaud, Anatole France, primeira personalidade a ingressar na Academia Brasileira de Letras, e ainda Santos Dumont e Blaise Cendras, que pertencem a nosso Panteão comum.

Sua literatura alimentou o imaginário dos franceses. Jorge Amado, essa grande voz brasileira que acaba de nos deixar, foi um de seus mais ilustres representantes. Bahia de Todos os Santos e Cacau foram livros cultos de toda uma geração. Seria necessário mencionar nosso gosto pela música brasileira e nossa admiração por seu brilhante futebol, que inspirou o nosso, com tantos jogadores brasileiros em nossos times?

Nossa atração por seu belo país é antiga e nunca cessou de se confirmar, sendo hoje ainda mais forte do nunca, numa relação de autêntica proximidade.

Nossos países compartilham em primeiro lugar a fidelidade à liberdade. Desde 1985 e após décadas de regime militar, a democracia agora está profundamente enraizada na identidade do Brasil. Seu país, com efeito, soube comprovar o vigor de suas instituições políticas e seu apego aos direitos humanos e às liberdades fundamentais.

Hoje ele busca seu próprio caminho para a modernidade política, cujo exemplo particularmente eloqüente é a generalização do voto eletrônico e seu sucesso popular.

Aprofundando a sua democracia, o Brasil tornou-se uma grande potência econômica. Ele prova, com seu exemplo, que as nações empenhadas na via democrática são também as mais aptas ao sucesso econômico.

Para ilustrar essa afirmação, basta evocar a densidade e a diversidade do tecido industrial brasileiro, a boa reputação de suas grandes empresas como a Embraer na aeronáutica, ou a Petrobras na área energética. O vigor da economia brasileira não deixa de suscitar admiração. As dificuldades financeiras de 1998 foram superadas; seu crescimento, forte e regular, foi de 4% em 2000 e, antes dos eventos internacionais recentes, seguia uma tendência idêntica para o ano de 2001.

Esse balanço positivo, Senhor Presidente, deve muito à ação empreendida por Vossa Excelência com constância, rigor e determinação.

Vossa Excelência empenhou-se nas reformas estruturais, o que permitiu uma melhor preparação de seu país para as indispensáveis transformações. Durante seu mandato, o Brasil venceu a hiperinflação e pôde portanto pôr fim às perdas que ela infligia à renda, particularmente à dos menos favorecidos. Essas diferentes ações, convém salientar, contribuíram para fazer recuar de maneira considerável a pobreza.

Esforçando-se para estabilizar a moeda e controlar a dinâmica do endividamento, Vossa Excelência consolidou a economia brasileira. Lançando grandes programas de infra-estrutura, Vossa Excelência empenhou-se em dar prosseguimento à modernização de seu país.

Dentro desse espírito, Vossa Excelência teve especial interesse em defender como seu o princípio segundo o qual não existe desenvolvimento econômico sem progresso humano e social.

Vossa Excelência lembra sempre que " o Brasil não é um país pobre e, sim, um país injusto ". Sua política social ambiciosa nas áreas da educação, da saúde e do acesso à terra já vem dando seus frutos e constitui o verdadeiro fio condutor de sua ação governamental.

O Brasil optou pela abertura. Ele se tornou um ator maior na construção do bloco regional na América Latina e um parceiro próximo à França no indispensável esforço de regulação da globalização.

O Brasil está convencido de que, neste mundo global, as solidariedades regionais, que têm como fundamento compartilhar culturas, interesses econômicos e desenvolvimento, constituem uma sorte para os povos. O Brasil apostou na integração regional; o Mercosul constitui hoje o quarto bloco regional do mundo.

Profundamente ligada à construção européia, cujas vantagens e benefícios conhece, a França regozija-se da determinação dos dirigentes brasileiros em construir, no continente sul-americano, um espaço de intercâmbio e liberdade.

Desejo sinceramente que as negociações entre a União Européia e o Mercosul inaugurem um novo capítulo na história de nossas relações. O Brasil empreendeu grandes esforços pela aproximação dos dois blocos.

Saibamos dar prosseguimento a essa ação nos próximos meses e criar as condições para a construção de uma zona comum de prosperidade que seja um fator de equilíbrio entre as relações econômicas mundiais.

Senhor Presidente, o lema de seu país, " Ordem e Progresso ", apesar do uso discutível que porventura tenha sido feito numa determinada época em seu país, corresponde bem ao programa que nossos países desejam ver aplicado às relações internacionais e à globalização dos intercâmbios.

Não podemos, com efeito, permitir que se desenvolvam em meio à desordem e a injustiça. Os dramáticos acontecimentos internacionais que vivemos desde o dia 11 de setembro passado fazem lembrar a urgente necessidade de eqüidade e solidariedade, da elaboração de regras comuns.

Todas as instituições internacionais devem ser animadas por uma mesma preocupação de organizar e tornar mais harmônica a globalização, de manter a paz e a segurança, de evitar as crises financeiras que desestabilizam as economias e são particularmente nocivas aos países em desenvolvimento.

Mas precisamos também organizar a abertura comercial. Estar atentos para que ela se faça nos dois sentidos e sem gerar dramas sociais.

Nossos povos não têm receio de se abrir para o mundo. Mas eles pretendem fazê-lo conforme sua própria visão, que se baseia no respeito à realidade econômica, aos equilíbrios sociais e às referências culturais de cada um. Acreditamos, com efeito, que a economia precisa de um contexto estável para assegurar uma verdadeira regulação dessa abertura.

Sem regras, sem instituições internacionais verdadeiramente democráticas e suficientemente fortes para serem respeitadas, não existe comércio eqüitativo, distribuição harmoniosa das riquezas, nem respeito aos direitos humanos.

Ordem portanto, mas também progresso.

Todos os países desenvolvidos precisam que os outros também se desenvolvam. Não podemos esquecer o que escreveu François Mitterrand ainda em 1985: "... A distância que vem se ampliando entre os países pobres e os países ricos condena o mundo a rupturas irreparáveis ".

Essas palavras, mais do que nunca, permanecem atuais. Uma melhor distribuição das riquezas mundiais é necessária. A França vem apoiando, portanto, as iniciativas que visam ao cancelamento da dívida dos países mais pobres.

Ela não se opõe a que seja criado um desconto específico sobre certos fluxos para financiar transferências suplementares de capital para os países mais pobres.

Ela também compartilha as prioridades do Brasil para uma melhor preservação do nosso meio ambiente. Desde a Cúpula do Rio, a tomada de consciência de nossas responsabilidades coletivas nessa área fez progressos consideráveis. A França é favorável a uma plena e total aplicação dos compromissos internacionais contratados até o momento, e saúda o papel ativo do Brasil em favor da aplicação do Protocolo de Kyoto sobre as mudanças climáticas.

O Brasil também fez seu o princípio moral segundo o qual a saúde dos homens exige a solidariedade da comunidade internacional. Sua ação firme no campo da luta contra a Aids merece ser saudada e apoiada.

A opinião pública mundial, que teve Porto Alegre como um dos locais de nascimento, em janeiro passado, impele-nos hoje a tomar essas medidas.

Prioridades, Senhor Presidente, que pedem um diálogo e um entendimento mais acentuados entre nossos povos.

Para uma globalização solidária em todos os sentidos, que beneficie todos os homens e o Homem como um todo, esteja certo, Senhor Presidente, da determinação da França em continuar seu caminho com Vossa Excelência.

Nossa história comum é marcada pela descoberta. Ontem, a do Novo Mundo pelo Antigo. Hoje, a de uma solidariedade renovada entre nossos continentes, para construirmos um futuro mais seguro em um mundo mais justo.

Obrigado por nos iluminar e nos acompanhar nesse caminho. Obrigado por estar aqui hoje.

Esta casa da democracia é sua e Vossa Excelência tem a palavra.

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Presidência da Repúblic

Discurso do Senhor Presidente da República em Sessão Solene da Assembléia Nacional da República da França
Paris, 30 de outubro de 2001

Esta é a primeira vez que um Presidente do Brasil se dirige à Assembléia Nacional da França.

Recebam, Senhores Deputados, a mais calorosa saudação do Governo e do povo brasileiro.

Agradeço, honrado, a oportunidade de trazer-lhes a palavra de um país que renovou seu compromisso com a democracia e o desenvolvimento.

O Brasil sempre nutriu profunda admiração por esta Casa, que traz o timbre da história da França e da humanidade.

Somos parte de um continente que conquistou a independência sob a influência da luta memorável que se travou neste hemiciclo pela liberdade e pela justiça.

Daí se seguiu um diálogo intenso com a França e seus intérpretes.

Sobretudo nos momentos de inflexão de nossa história.

Lembro que a jovem Monarquia brasileira se consolidou tendo como eixo o poder neutro proposto por Benjamin Constant.

Depois, em 1889, optamos pela República, com lema positivista. A referência foi Auguste Comte, assimilado segundo as circunstâncias locais.

O positivismo no Brasil foi emblema do progresso material, ainda que sob o invólucro conservador da ordem.

A França também serviu de modelo à criação de importantes instituições brasileiras: o Museu de Belas Artes, o Instituto Histórico e Geográfico, a Academia de Letras, a Universidade de São Paulo.

Sou egresso da Universidade de São Paulo, onde usufruí do legado que lá deixaram Roger Bastide, Claude Lévi-Strauss e Fernand Braudel.

Aprendi a sociologia do trabalho com Georges Friedmann e Alain Touraine, a quem tanto devo intelectualmente.

Nos anos sessenta, o exílio me trouxe a Paris. Vivi de perto os dias libertários de maio de 1968.

Estive em Nanterre, onde ensinei sobre a América Latina, mas aprendi bem mais.

Aprendi que o anseio de Tocqueville por um equilíbrio ideal entre liberdade e igualdade continuava a animar o espírito francês.

Lefort e Castoriadis colocavam a nu a experiência totalitária. A democracia era confirmada como método de satisfação individual e coletiva, para o que não faltava a contribuição de liberais refinados como Raymond Aron, a cujas aulas havia assistido muito antes, em 1961.

Mais tarde, nos anos setenta, lecionei na École des Hautes Études e, por generosidade de Michel Foucault, no Collège de France.

O ambiente não podia ser mais estimulante, inclusive pela abertura da França aos exilados. Muitos fizeram deste país sua segunda pátria. A norma era a tolerância, a transigência, a aceitação do outro.

Das lembranças que guardo do período, esta talvez seja a que mais cultivo. A França, sempre identificada com os valores universais, para mim se tornou também sinônimo de pluralismo, ideal que me é muito caro, como a todos os brasileiros, produto que somos da integração contínua e duradoura de diferentes culturas.

Faço esta reminiscência em tom pessoal, mas sei de sua importância política.

O fato de duas grandes nações, como a França e o Brasil, partilharem valor tão essencial como o pluralismo é digno de louvor em qualquer circunstância.

Mas isto assume relevância especial na conjuntura em que vivemos.

Na onda dos atentados de 11 de setembro, o fanatismo dos terroristas parece encontrar eco no desejo nefasto de acirrar ânimos entre religiões ou culturas.

Nós nos opomos tenazmente ao discurso de que existe um choque de civilizações: de um lado, o "Ocidente" judaico-cristão; de outro, a civilização muçulmana.

Heterogêneas como são as duas tradições, a barbárie e o autoritarismo, infelizmente, brotaram em ambas, mas também mereceram o repúdio dos segmentos mais lúcidos de cada uma delas.

Recordo Albert Camus e sua visão de que "pour faire triompher un principe c’est un principe qu’il faut abattre".

Que saibamos fazer eco ao grande escritor.

Contra o medo e o irracionalismo, façamos prosperar o diálogo e a cooperação, valores que sabemos inscritos em todas as civilizações.

É preciso reagir com determinação ao terrorismo, mas ao mesmo tempo enfrentar, com igual vigor, as causas profundas e imediatas de conflito, de instabilidade, de desigualdade.

Não podemos mais suportar a carga de sofrimento, violência e intolerância que há muito impede que se chegue a uma solução justa e duradoura para o conflito entre israelenses e palestinos.

Assim como apoiou em 1948 a criação do Estado de Israel, o Brasil hoje reclama passos concretos para a constituição de um Estado Palestino democrático, coeso e economicamente viável.

O direito à autodeterminação do povo palestino e o respeito à existência de Israel como Estado soberano, livre e seguro são essenciais para que o Oriente Médio possa reconstruir seu futuro em paz.

Países como a França e o Brasil estão mais do que credenciados a assumirem um papel ativo na modulação de uma ordem mais imune ao dogmatismo e à exclusão.

Por história e formação, somos fadados ao universalismo.

Se existe uma afinidade clara entre o Quai D’Orsay e o Itamaraty, é exatamente a convicção de que o respeito à diversidade é condição sem a qual não se realiza o diálogo.

Este é o método de nossa ação externa, uma ação que se distingue pela variedade de interlocutores.

Na França e no Brasil, a vocação universalista tem sido explorada a partir da integração com os vizinhos.

O Mercosul é tão importante para o Brasil quanto a União Européia o é para a França.

Jean Monnet se dizia satisfeito em perceber que a integração européia não se amparava na letra de Tratados, mas na mente das pessoas.

Diria o mesmo do Mercosul, que deixou de ser projeto de Governos para se transformar em projeto de sociedades.

Acima dos obstáculos ocasionais, que são comuns sempre que se busca a integração de vontades soberanas, está a determinação de avançar uma experiência de grande importância para a região e seu intercâmbio com o mundo.

Acredito na associação entre o Mercosul e a União Européia, que pode vir a ser um dos padrões de convivência que esperamos prevaleçam após a crise.

Em quaisquer circunstâncias, o Brasil buscará associarse à União Européia e conta com o apoio da França.

Cumpre estar atento ao princípio da eqüidade.

Aos ganhos de um lado deve corresponder o atendimento às expectativas do outro.

O interesse básico do Mercosul é de maior acesso ao mercado agrícola comum e de poder competir em igualdade de condições em terceiros mercados.

A proposta do Mercosul será apresentada nos próximos dias. Acredito ser uma boa proposta. Mas estou convencido de que podemos fazer mais, e convido os empresários e os negociadores dos dois lados a fazerem um esforço adicional para incluir um universo mais amplo de produtos, pois devemos dar um sinal claro de que estamos dispostos a avançar rápido na construção de um acordo de livre comércio.

Se acreditamos de fato no livre comércio, cabe ao Mercosul e à União Européia a adoção de medidas efetivas contra o protecionismo.

A convergência de nossos blocos contribuirá para que a próxima rodada da Organização Mundial do Comércio satisfaça aos anseios de todos, de forma eqüitativa.

A ameaça de um novo ciclo recessivo é demasiado presente para que se desperdice a oportunidade de relançar em Doha as negociações comerciais.

É também hora de controlar a instabilidade dos fluxos financeiros.

Se o mercado é o instrumento mais eficiente para a geração de riqueza, é preciso impor limites a suas distorções e abusos.

Ousemos, se necessário, tributar o movimento dos capitais para assegurar liquidez às economias emergentes e recursos para combater a pobreza, a fome e as doenças nos países mais carentes.

Dizia Montesquieu que o comércio tem a virtude de civilizar os costumes políticos, inibindo a discórdia, favorecendo a moderação.

Falava do doux commerce.

Oxalá a economia do futuro proporcione esse importante ganho adicional.

Não nos esqueçamos, de todo modo, que o fortalecimento da democracia constitui um fim em si mesmo, inclusive no plano das relações entre os Estados.

Ordem alguma se revelará legítima sem o concurso daqueles a que se destina.

Para não falar de sua eficácia, que será sempre função do consentimento das Partes.

Assim se justifica o pleito pela democratização dos mecanismos decisórios de poder, o que inclui o Conselho de Segurança das Nações Unidas, que deve ser ampliado e reformado para melhor refletir a realidade em que hoje vivemos.

As instituições da governança internacional foram concebidas para reger o mundo da Guerra Fria.

É chegado o momento de atualizar essas instituições às circunstâncias do século XXI.

A nova ordem não pode prescindir tampouco do reforço da proteção dos direitos humanos.

O Brasil está concluindo os procedimentos necessários à ratificação do estatuto do Tribunal Penal Internacional.

São instrumentos como o TPI que revigoram nossa confiança na cooperação entre os Estados.

E até nos fazem acreditar na possibilidade de um novo contrato internacional.

Um contrato que atenda à segurança dos Estados e também promova o desenvolvimento sustentável, a democracia e os direitos humanos.

Um contrato que atualize a utopia da fraternidade entre os povos, que tanto mobilizou esta Assembléia em seus primeiros dias.

Um contrato que dissemine uma nova ética.

Se é certo que a globalização aproxima mercados e sistemas produtivos, não é menos certo que a paz no mundo depende da difusão de uma ética da solidariedade.

Solidariedade que não dispensa a ação dos Estados.

Antes a exige.

Sabemos que o interesse geral pode reclamar restrições à soberania estatal, mas a soberania popular não prospera sem presença ainda maior dos Estados Nacionais.

O pluralismo cultural também requer que as sociedades estejam organizadas em Estados ativos e radicalmente democráticos, que respeitem o sentimento e a autonomia dos povos.

Por salutar que seja a intervenção direta de novos atores no debate internacional, as possibilidades reais de mudança passam pela mediação dos Estados.

O contrato que antevejo se dá, portanto, entre Estados. Mas Estados que não sufoquem as nações, senão que sejam delas súditos.

Isto se impõe sobretudo nos momentos de crise, que podem ser fecundos.

O paradoxo das situações de crises é exatamente o de criar ambiente propício à revisão de paradigmas.

Expandem-se as fronteiras do possível.

Lutemos por uma nova ordem mundial que reflita um contrato entre nações realmente livres, e não apenas o predomínio de uns Estados sobre outros, de uns mercados sobre outros.

Mas isto exige ousadia. Em idéias e atos.

Esta é a tradição da França e, na medida de suas possibilidades, também a do Brasil.

É mais do que oportuno que saibamos intensificar ainda mais nosso diálogo, um diálogo de séculos, pleno de realizações, mas também de promessas não concretizadas. Que nosso diálogo neste início de século se nutra de esperanças, mas nos leve à construção de um caminho comum e venturoso, é o meu desejo.

Agradeço, uma vez mais, em nome de meu país, a gentileza do convite para ocupar esta nobre tribuna.

Muito obrigado.

 

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