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COLLOQUE SUR LA FRANCE ET L'AMÉRIQUE LATINE
NOVEMBRE 1995 -"France-Amérique latine : un dialogue à plusieurs voix"
- Contexte
Ce colloque fondé sur les liens de l'Assemblée nationale avec les Assemblées des pays d'Amérique latine a été organisé par la Délégation du Bureau, en liaison avec les présidents des groupes d'amitié concernés.
Il s'agissait d'accompagner le renouveau de nos relations avec les pays d'Amérique latine, pays engagés depuis la fin des années 1980 dans un processus de démocratisation étendu peu à peu à l'ensemble du continent, du Chili au Paraguay, en passant par l'Argentine, le Brésil et le Nicaragua. Dès 1988, l'Assemblée avait manifesté son intérêt pour la mise en oeuvre des transitions démocratiques, en envoyant pour la première fois des missions d'observation d'élections au Chili, puis au Nicaragua et en Haïti, et par la suite au Salvador, au Panama et au Pérou.
Il s'agissait également d'appuyer l'action entreprise par le gouvernement, visant à favoriser les rapprochements, soit dans un cadre bilatéral, soit dans le cadre de l'Union européenne.
- Objectifs
Souhaitant dépasser le stade des relations culturelles traditionnelles, le colloque a voulu placer au premier rang les préoccupations d'ordre politique et économique, dans le contexte des expériences d'intégration régionale et du dynamisme des économies latino-américaines.
Sans négliger le soutien à l'état de droit et à la démocratie, le colloque a mis l'accent sur le nécessaire développement de la présence économique française et sur l'effort de coopération que doit poursuivre notre pays.
Un nouveau dialogue politique, engagé à Paris, en mars 1995, lors de la conférence "Union européenne - Groupe de Rio", et poursuivi par la signature de l'accord-cadre "Union européenne - Mercosur" en décembre de la même année, devrait permettre à la France, à l'Europe et aux pays d'Amérique latine de mettre en place, dans le contexte de la mondialisation, un pôle spécifique d'influence et de développement.
- Participants
Vingt-quatre parlementaires, dont quatre présidents d'Assemblée, représentant douze pays d'Amérique latine membres du Groupe de Rio, ont été associés à cette manifestation.
Tous ont mis en relief
- les progrès des nouveaux régimes démocratiques
- les succès de la croissance et de l'ouverture économique,
- mais aussi les difficultés à surmonter, dues aux grandes inégalités sociales, au trafic de la drogue dans les pays andins, ou encore à la fragilité des systèmes monétaires et financiers.
Souvent passionnées, les interventions des parlementaires latino-américains ont permis à leurs homologues français de mieux saisir la diversité des situations d'un pays à l'autre.
De nombreux intervenants ont insisté sur les perspectives offertes par les rapprochements politiques récents et les processus d'intégration régionale, en particulier le Mercosur, et exprimé leurs espoirs quant à la reprise et l'approfondissement des liens avec la France et l'Europe, trop longtemps négligés.
Associés aux débats, les représentants du Ministère des Affaires étrangères ont évoqué les orientations nouvelles d'une coopération basée désormais sur le partenariat, tandis que des responsables du commerce extérieur et des représentants de grandes entreprises françaises ont décrit les perspectives ouvertes aux investissements français dans de nombreux pays d'Amérique latine à la suite de l'ouverture économique et des opérations de privatisation.
- Clôture du colloque
Les interventions ont démontré que les parlements ont un rôle à jouer dans l'amélioration des relations de la France avec les pays d'Amérique latine.
En conclusion du colloque, des propositions concrètes ont été formulées portant sur
- la multiplication des occasions d'échanges et d'informations réciproques,
- le renforcement du rôle des groupes d'amitié et
- la mise en oeuvre d'actions de coopération interparlementaire.
- Suite donnée au colloque
Par la suite, les rencontres et les échanges avec les parlementaires des pays d'Amérique latine ont été fort nombreux :
- visites individuelles ou de délégations à l'Assemblée nationale ;
- accueil et réunions de travail avec les groupes d'amitié ;
- contacts privilégiés lorsque les chefs d'Etat ont été reçus à l'Hôtel de Lassay
(le Président Cardoso en mai 1996, le Président Sanguinetti en novembre 1996, le Président Frei en avril 1997) ;
- missions en Amérique latine des groupes d'amitié : au Brésil, en Colombie, en Equateur, au Mexique, en Uruguay ;
- missions de coopération dans les assemblées de ces pays ou stages de formation à Paris.
A l'issue du colloque, le Président de la Maison de l'Amérique latine à Paris avait souhaité que soit assuré un "suivi" des conclusions, sous la forme de contacts et d'échanges plus fréquents entre l'Assemblée nationale et la Maison de l'Amérique latine. Celle-ci avait pris l'engagement d'associer à ses activités les présidents de groupes d'amitié. Le principe de rencontres latino-américaines organisées conjointement par l'Assemblée et la Maison de l'Amérique latine a été ainsi retenu.
Dès l'année suivante, une première rencontre a été organisée le 4 décembre 1996, à l'Assemblée, sur le thème "Perspectives des échanges scientifiques, universitaires et culturels entre la France et l'Amérique latine".
Cette manifestation, organisée par la Délégation du Bureau chargée des activités internationales et les groupes d'amitié, s'est proposée
- de faire le point sur la coopération avec l'Amérique latine dans le domaine scientifique et universitaire
- et d'attirer l'attention sur le problème de l'accueil en France des étudiants latino-américains.
Aux parlementaires des groupes d'amitié concernés, ont été associés les ambassadeurs des pays d'Amérique latine à Paris, des représentants du Ministère des Affaires étrangères et du Ministère de l'Education nationale, ainsi que des universitaires responsables des programmes communs de recherche. La présence en nombre d'étudiants latino-américains, spécialement invités par l'Assemblée à cette occasion, et pour la plupart boursiers du gouvernement français, a contribué au succès de cette rencontre.
Cette coopération universitaire apporte une réponse à la demande de pays désireux de nouer avec la France des liens scientifiques de haut niveau. Elle fait appel à des formules originales associant, en partenariat, des universités et centres de recherche français et latino-américains.
Les universitaires présents ont exposé les programmes communs de recherche mis en oeuvre par des Comités paritaires, le "Cofecub" avec le Brésil et le "Comité Ecos" avec le Chili, le Mexique et l'Uruguay. Pour leur part, des universités françaises et brésiliennes se sont regroupées dans un vaste ensemble, le réseau "Santos Dumont".
L'attribution de bourses est apparue comme un instrument privilégié de la coopération et l'on doit favoriser l'accueil des étudiants d'Amérique latine, boursiers ou non, qui sont nombreux à choisir de poursuivre des recherches dans les universités françaises.
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