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COLLOQUE SUR LE DEFI ALIMENTAIRE EN AFRIQUE (Mars 1997) - Contexte : En novembre 1996, s'était tenu, à Rome, le Sommet mondial de l'alimentation, réunissant les cent soixante quatorze membres (174) de la FAO. Dans la "déclaration de Rome", ces pays prenaient l'engagement de réduire de moitié, d'ici à 2015, le nombre de personnes souffrant de malnutrition à travers la planète. Dans ce contexte, qui concerne particulièrement l'Afrique subsaharienne, et compte tenu des liens privilégiés qui unissent de nombreux pays africains à la France, l'Assemblée nationale s'est proposée d'étudier les conditions de la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne. - Intervenants Ont été mobilisés pour participé à ce colloque - des personnalités politiques : les ministres français de l'Agriculture et de la Coopération et le ministre de l'Economie sénégalais - des représentants de grandes organisations internationales : la FAO, l'UE, la Banque mondiale - des experts en agriculture, des ingénieurs agronomes Les intervenants ont étudié, avec la plus grande objectivité, et sans pessimisme excessif, la nature des contraintes pesant sur la sécurité alimentaire de cette région, et réfléchi aux moyens de les surmonter dans le délai, très bref, imparti par la déclaration de Rome. Ils ont évoqué la croissance insuffisante du volume de la production agricole, notamment vivrière, rapportée à une accélération de la croissance démographique et de l'urbanisation, avec la situation de précarité qui en résulte, politiquement et socialement inacceptable. La fatalité de l'appauvrissement doit être fermement refusée, malgré des facteurs structurels défavorables. Il est apparu clairement que, face au défi alimentaire, l'augmentation de l'offre, c'est-à-dire de la production agricole africaine, devait être élevée au rang de priorité absolue. Après avoir analysé le rôle des agricultures nationales et l'apport de la recherche agronomique, les parlementaires ont étudié les solutions proposées par les diverses organisations internationales (PNUD, FAO ou Banque mondiale) et par l'Union européenne, qui, dans le cadre des Conventions de Lomé, demeure un acteur essentiel de l'aide au développement de l'Afrique. - Propositions du "Plan Guillaume" Le "Plan Guillaume", qui s'efforce d'apporter une réponse globale au problème de la sécurité alimentaire, a été exposé par son auteur. En contradiction avec le libre-échangisme mondial, ses propositions reposent sur l'organisation des marchés des produits agricoles, s'efforçant d'assurer un prix minimum à hauteur du prix de revient des agricultures les plus compétitives et de permettre aux producteurs regroupés de rééquilibrer leur pouvoir économique face aux acheteurs. Selon ce plan, ce dispositif serait complété par le financement d'un plan Marshall pour les PED, rendu possible, notamment, par les économies réalisées sur les subventions et les aides, dans le cadre d'une véritable organisation des marchés mondiaux. - Clôture du colloque En clôture, le Ministre de la Coopération a rappelé que la France, en tête des pays donateurs d'aide publique au développement, s'efforçait de conduire une politique de partenariat avec des pays responsables de leurs politiques économique et alimentaire. Il a souligné - le rôle fondamental des institutions françaises de recherche pour mener à bien la révolution "doublement verte", - l'importance de la gestion des marchés africains au plan régional et de la régulation des marchés internationaux de produits alimentaires. Au-delà de la fourniture d'aide alimentaire qui ne doit pas perturber les politiques agricoles des pays bénéficiaires, l'émergence d'une demande solvable en Afrique apparaît comme la seule perspective durable. Tous les acteurs du développement et les partenaires de l'Afrique doivent se mobiliser vers l'objectif d'une amélioration de la sécurité alimentaire, qu'il s'agisse des Etats, des organisations internationales, de l'Union européenne, des O.N.G., ainsi que des élus. Les parlementaires qui, pour beaucoup d'entre eux, exercent aussi des responsabilités locales, y apportent leur contribution dans le cadre de la coopération décentralisée. |