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AMBASSADE DE FRANCE
MISSION ÉCONOMIQUE DE
MADRID
Situation économique de l’Espagne à
LA fin 2004
Fiche
actualisée au 15 février 2005
1- La croissance du PIB réel aurait atteint 2,7% en 2004.
Selon l’indicateur
avancé de l’INE (Institut espagnol de la statistique), l’Espagne
aurait enregistré une croissance du PIB réel de 2,7%. Ce résultat
est toutefois inférieur à l’hypothèse initiale d’une croissance de
l’économie espagnole de 3%, sur laquelle reposait la préparation du
budget 2004 et conservée par le gouvernement issu des élections de
mars 2004, puis officieusement portée à 2,8% l’été dernier.
Selon certains commentateurs, les dernières performances
espagnoles seraient le signe d’un essoufflement de la croissance,
après plus de dix années de progression continue. Le taux pour 2004
témoigne toutefois d’une relative stabilisation, après une
croissance du PIB de 2,2% en 2002 et 2,5% en 2003, années au cours
desquelles l’Espagne avait mieux résisté que d’autres Etats-membres
à un environnement marqué par l’appréciation de l’euro et le
renchérissement des prix du pétrole. Le différentiel favorable avec
la zone euro se réduit cependant pour s’établir autour de 0,6 point
(il était de 2 points en 2003).
La croissance espagnole reste portée par la demande
intérieure : la consommation des ménages et le secteur de la
construction en demeurent les principaux facteurs (avec des taux
respectifs de 3,4% et de 4,2% au troisième trimestre). Mais on note
également un redémarrage sensible de l’investissement en biens
d’équipement (en progression de près de 10%). Inversement, le
déficit commercial se creuse très nettement du fait de la poussée
des importations et augmente sa contribution négative à la
croissance (-1,5% au 3ème trimestre). Le déficit
commercial espagnol a ainsi progressé de plus de 30% en un an
(autour de 44 Md€) pour atteindre désormais plus de 5% du PIB.
Pour 2005, la prévision gouvernementale de croissance a été
ramenée à 2,9% dans le cadre de la révision du programme de
stabilité, contre 3% prévus dans le projet de budget présenté en
septembre dernier. Selon le secrétaire d’Etat aux finances, cette
prévision est « raisonnable », et pourrait atteindre 3% si les prix
du pétrole baissent au cours de l’exercice, sans cependant écarter
l’hypothèse d’un déficit budgétaire si la croissance du PIB était
plus faible. Plus optimiste, le conseiller économique de M. Zapatero,
Miguel Sebastián, a déclaré : « nous pouvons affirmer
aujourd’hui, sans crainte de nous tromper, qu’en 2005 l’économie
espagnole croîtra plus et mieux ». La plupart des analystes
économiques sont toutefois plus prudents, avec des prévisions de
croissance du PIB réel se situant entre 2,2% et 2,7%. Les
principales incertitudes portent sur l’évolution des prix du
pétrole, la parité euro/dollar, mais aussi le comportement des
ménages.
2- Le niveau élevé de l’inflation constitue une réelle
préoccupation.
Les performances espagnoles sont moins bonnes sur le front
de l’inflation, qui reste supérieure à 3% (3,1% en rythme annuel en
janvier, après 3,2% à fin décembre, soit 0,5 à 0,6% point au-dessus
du résultat de 2003, et loin de la prévision gouvernementale
initiale de 2%. L’inflation sous-jacente se maintient à un niveau
élevé, à 2,9% (contre 2,5% en 2003). Sur l’année 2004, les plus
fortes augmentations concernent les transports (+6%), suivis des
boissons alcoolisées et des tabacs (+5,5%), de l’enseignement et des
hôtels, cafés, restaurants (+4,2%) et enfin du logement (+4,1%).
En termes harmonisés, l’inflation s’établit à 3,2%, induisant
une détérioration du différentiel avec la zone euro : de 0,3 point
en janvier, il se rapproche de 1 point, seuil critique pour la
compétitivité des entreprises et des produits espagnoles.
Pour 2005, les experts s’attendent à peu de variation,
estimant que l’Espagne devrait connaître un taux d’inflation proche
de 3%. Pour
la Banque d’Espagne, la période de faible inflation est achevée, car
le prix du baril se maintiendra au dessus de 30 dollars. La
persistance d’une inflation élevée constitue un sujet de
préoccupation croissante, notamment pour le patronat espagnol et les
analystes privés, en termes de compétitivité de l’économie
espagnole.
3 – L’emploi continue d’évoluer favorablement.
Les données relatives à l’emploi sont bien orientées : pour
la première fois depuis 2001, l’Espagne enregistre une baisse du
chômage de 2,4%, le nombre de chômeurs s’établissant à 1,6 million à
la fin de l’année 2004. Cette baisse concerne les jeunes, et en
particulier le secteur de la construction et de l’industrie. Le taux
d’emploi temporaire reste cependant au même niveau de 30,6%.
Du fait des créations d’emplois et de la régularisation de
l’immigration, le nombre d’affiliés à la sécurité sociale a augmenté
de 572 359 personnes et atteint 17,3 millions au 31 décembre
dernier. Les femmes constituent désormais 40% de la population
occupée (se rapprochant de la moyenne européenne de 45%). La part
des étrangers, en augmentation de 13%, atteint de 6,2% (contre 5,5%
en 2003). L’excédent de la sécurité sociale devrait
vraisemblablement se vérifier à un niveau proche des 0,7% du PIB
prévus par le gouvernement.
En 2005, la baisse du chômage devrait se confirmer, de même
que le maintien d’un taux de croissance de l’emploi supérieur à 2%,
pour autant que la croissance soit conforme aux prévisions.
* * *
L’économie espagnole a montré sa capacité de résistance face
à la détérioration de l’environnement international après
l’explosion de la bulle technologique, en conservant un rythme de
croissance nettement supérieur à celui de la plupart des autres
Etats européens. Mais en 2004, le différentiel de PIB avec la zone
euro s’est contracté rapidement et l’écart en terme d’inflation
s’est accru, mettant en évidence un problème majeur de relance de la
productivité.
De son côté,
la Banque d’Espagne
continue de s’émouvoir de la croissance de l’endettement des ménages
(qui atteint 100% du RNB) et de ses possibles conséquences
macroéconomiques, notamment dans les décisions de consommation qui
sont désormais plus sensibles aux coûts de financement.
Plusieurs observateurs, y compris étrangers, s’interrogent
sur la poursuite de la libéralisation et des réformes structurelles.
Si la première année du nouveau gouvernement espagnol est marquée
par des succès, notamment en terme de stabilité budgétaire, d’emploi
et de croissance, des défis subsistent en effet. Les priorités en
2005 seront, selon toute vraisemblance, la productivité, le
logement, la réforme de la fiscalité et le problème des autonomies,
dans un contexte politique rendu difficile par les alliés
nationalistes du Gouvernement, qui ne dispose pas d’une majorité
stable, mais compte, notamment sur le premier thème, annoncer
rapidement les premières mesures, à peine esquissées dans le Budget
2005.
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