Réception dans l'hémicycle
de M. Vicente Fox Quesada,
Président des États-Unis mexicains


 jeudi 14 novembre 2002, à 11 heures

Buenvenido al Presidente de los Estados Unidos Mexicanos

 

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Groupe d'amitié France-Mexique

M. Vicente Fox Quesada, Président des États-Unis mexicains
s'est adressé à Mmes et MM. les députés, à l'occasion d'une séance solennelle dans l'hémicycle du Palais Bourbon, 
le jeudi 14 novembre 2002, à 11 heures

Compte rendu de la séance du 14 novembre 2002 
(Journal Officiel de la République française, Débats parlementaires)

Discours de Monsieur Jean-Louis Debré, Président de l'Assemblée nationale
Discours de M. Vicente Fox Quesada, Président des États-Unis mexicains - [Discours au format PDF] 
Versión estenográfica de las palabras del Presidente Vicente Fox Quesada durante la Sesión Solemne de la Asamblea Nacional,

Reportage photographique

Biographie du Président des États-Unis mexicains
[Sur le site de la Présidence de la République]

En savoir plus :

Fiche signalétique sur le Mexique [Source : site de la DREE - Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie]

Direction des relations économiques extérieures, Mission économique :
http://www.dree.org/mexique/

L'Ambassade du Mexique  en France : http://www.sre.gob.mx/francia/bienve.htm

Le pouvoir exécutif :
Présidence de la République : http://www.presidencia.gob.mx/

Le pouvoir législatif : 
le Congrès de l'Union :http://www.cddhcu.gob.mx/
La Chambre des Députés : http://www.camaradediputados.gob.mx/
Le Sénat de la République : http://www.senado.gob.mx/

Réceptions dans l'hémicycle de chefs d'État ou de Gouvernement étrangers

AMBASSADE DE FRANCE AU MEXIQUE - MISSION ÉCONOMIQUE


Fiche Signalétique :
le Mexique

Actualisation au 4 juillet 2002
© MINEFI – DREE/TRÉSOR

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GÉOGRAPHIE - DÉMOGRAPHIE
Un pays grand comme 4 fois la France 
Situé entre les deux océans Pacifique et Atlantique, le Mexique occupe un territoire de 1 967 183 km², soit près d'un quart de la surface des États-Unis ou près de quatre fois celle de la France. C'est le troisième plus grand pays d'Amérique Latine, après le Brésil et l'Argentine. Il est limité au nord par les États-Unis, avec qui il partage une frontière de 3 107 km, et au sud par le Guatemala et le Belize, le long de 122 km de frontières communes. La plus grande partie du territoire est constituée d'un plateau encadré à l'est, l'ouest et au sud par des montagnes. Dans la partie sud de ce plateau se trouve, à 2 240 m d'altitude, la ville de Mexico, capitale et centre économique, politique et démographique du Mexique

100 millions d’habitants et une population jeune
En 2002, le Mexique compte environ 100 millions d’habitants, tandis que la communauté mexicaine aux États-Unis atteint 23 millions d’habitants. Entre 1900 et 2000, la population du Mexique a été multiplié par 7,2, alors que la population mondiale ne l’a été que par 3,7 dans le même temps. Le taux de croissance de la population, qui était encore de l’ordre de 4% par an dans les années 80, est désormais de l’ordre de 1,9% par an. On compte un peu plus de 20 millions de foyers au Mexique, soit une moyenne de 5 personnes par foyer. 10% des foyers sont constitués de 8 personnes ou plus et 30% des foyers comptent au moins 6 personnes. Cette population est jeune : fin 2001, 45% des habitants ont moins de 20 ans et les moins de 30 ans représentent 63% de la population.
La population mexicaine est de plus en plus urbaine : les 123 plus grandes villes du pays (celles de plus de 50 000 habitants) regroupent 68% de la population totale. Le Distrito Federal (l’entité administrative correspondant à la ville de México) compte à lui seul 8,8 millions d’habitants. L’ensemble de la zone métropolitaine étendue (soit les 16 délégations du District Fédéral et les 27 municipalités adjacentes appartenant à l’État de Mexico) compte près de 19 millions d’habitants. Mexico constitue ainsi la 2ème plus grande conurbation au niveau mondial, derrière Tokyo-Okohama. On trouve à l’inverse des régions très peu peuplées, comme la Basse Californie du Sud, avec à peine 450 000 habitants pour une surface de 73.475 km2.
Ainsi, si la densité moyenne de la population est d’environ 50 habitants/km2, elle approche 6 000 habitants/km2 dans la ville de Mexico alors qu’elle est à peine de 6 habitants/km2 en Basse Californie du Sud.

CHRONOLOGIE
1325 Fondation de México-Tenochtitlan et début de l’Empire Aztèque
1521 Conquête de Mexico par Hernán Cortés
1810-1811 Guerre d’Indépendance
1823 Le Mexique devient une République Fédérale
1836 Perte du Texas
1846-1848 Perte de la Californie, du Nouveau-Mexique et de l’Arizona
1857 Nouvelle Constitution
1858-1861 Guerre civile amenant au pouvoir Benito Juárez, malgré l’intervention française (Empereur Maximilien soutenu par Napoléon III)
1876-1911 Présidence de Porfirio Díaz
1911 Début de la Révolution
1929 Etablissement du Partido Nacional Revolucionario - PNR
1938 Le PNR devient le Partido Revolucionario Mexicano - PRM
1946 Le PRM devient le Partido Revolucionario Institucional - PRI
1997 Démocratisation de l’appareil politique
2000 Accès au pouvoir de Vicente Fox, candidat du PAN (Parti d’Action Nationale), après 71 années de monopole politique du PRI.

POLITIQUE
Le Mexique (Estados Unidos Mexicanos) est une République Fédérale composée de 31 États et d'un District Fédéral (Mexico et ses environs immédiats).
Le chef de l’exécutif est le Président de la République, élu pour une période de 6 ans non renouvelable au suffrage universel direct à un seul tour et à la majorité relative. Comme aux États-Unis, il n'y a pas de Premier Ministre. Le Président nomme et révoque les Ministres, le Procureur Général (Ministre de la Justice), les Ambassadeurs et les consuls généraux.
A condition de disposer d’un appui au sein du corps législatif, le Gouvernement Fédéral dispose de plus de pouvoirs que son équivalent nord-américain. Il peut destituer les gouverneurs des États élus au suffrage universel pour faute grave, corruption, etc. Par ailleurs, les revenus fiscaux sont réservés en majeure partie au Gouvernement Fédéral qui n’en redistribue qu’une faible part aux États.
L’élection de Vicente Fox à la Présidence de la République en juillet 2000 a mis fin à 71 ans de pouvoir du PRI
Le Congrès est divisé en deux chambres: la Chambre des Députés et le Sénat. La Chambre des Députés compte 500 représentants élus au suffrage universel direct tous les 3 ans. Le Sénat, quant à lui, est composé de 128 membres, soit 4 sénateurs par entité fédérative. Le District Fédéral est pour sa part doté d’une assemblée de 66 représentants élus pour 6 ans.

Les résultats des élections présidentielles du 2 juillet 2000 ont été les suivants :
Vicente Fox (PAN) : 43,43% des suffrages)
Francisco Labastida (PRI) 36,88%
Cuauhtemoc Cárdenas (PRD) 17%

Le PAN, parti qui a soutenu la campagne du Président Fox, n’a pas de majorité au Parlement : il ne dispose que de 211 sièges sur 500 à la Chambre des Députés et de 60 sièges sur 128 au Sénat. Le PRI a perdu le pouvoir après 71 ans de « règne », mais ne s’est pas effondré : il dispose d’autant de sièges que le PAN à la Chambre des Députés (211 contre 206) et de 46 sièges de Sénateurs.

Répartition des sièges à la Chambre des Députés :
PRI 42%, PAN 41%, PRD 10 %, PVEM 3 %,PT 2%,  Autres 2%

Ce morcellement du pouvoir législatif complique l’action du gouvernement qui doit sans cesse rechercher des compromis avec le PRI, le PRD (centre gauche, 50 sièges à la Chambre des Députés) ou les autres petits partis. Des dissensions au sein-même du PAN compliquent encore la situation. Les réformes structurelles promises par le Président Fox (notamment dans les domaines de l’énergie, de la fiscalité, du travail ou de la justice) sont pour l’instant bloquées. Il n’est pas certain que les prochaines élections parlementaires, qui auront lieu à la mi-2003, clarifient la situation : le résultat de ces élections pourrait en effet être très serré entre le PAN et le PRI.
Au niveau local, le PRI demeure à la tête de 17 États, contre 9 seulement pour le PAN. Manuel Lopéz Obrador, pour le PRD, assume quant à lui la succession de Cuauhtemoc Cardenas et de Rosario Robles à la mairie de Mexico.

ÉCONOMIE
L’économie mexicaine présente des caractéristiques d’un pays en développement (fortes inégalités sociales et régionales, 40% de la population vivant avec moins de 2 USD par jour, importance de l’économie informelle, insuffisances dans les domaines de l’éducation ou de la santé...), mais dispose aussi d’un socle industriel et commercial à certains égards comparable à celui des grands pays industrialisés : avec un PIB de 630 Mds USD en 2001, un revenu par tête supérieur à 6200 USD (plus de 9000 USD en parité de pouvoir d’achat), le Mexique est membre de l'OCDE. Son économie est la première d’Amérique latine. Dixième puissance commerciale dans le monde, ses échanges sont supérieurs à ceux de la totalité des autres pays de la région (voir Fiche de synthèse sur la situation économique).

Principaux indicateurs :
Taux de change : 1 USD = 9,96 Pesos (le 3/7/02)
PIB : 630 Mds USD en 2001
PIB par habitant : 6250 USD (et 9500 US$ en parité de pouvoir d’achat) en 2001
Taux de croissance : +6,9% en 2000 ; -0,3% en 2001 ; +1,5% en 2002 (prévision)
Taux de chômage : environ 3% officiellement ; sous-emploi de l’ordre de 20%
Inflation : 4,7% sur 12 mois en mai 2002
Déficit budgétaire : environ 0,8% du PIB ; entre 3 et 4% du PIB pour le déficit public
Déficit courant : 17,5 Mds USD, soit 2,8% du PIB en 2001 ; 3% du PIB en 2002 (p)
Dette extérieure : 160 Mds USD
Déficit commercial : 9,8 Mds USD en 2001
Importations : 168,3 Mds USD en 2001
Exportations : 158,5 Mds USD en 2001
Exportations françaises vers le Mexique : 1,39 Md EURO en 2001
Importations françaises du Mexique : 0,6 Md EURO en 2001


Réception dans l'hémicycle de  Monsieur Vicente Fox Quesada Président des États-Unis mexicains
Discours de Monsieur Jean-Louis DEBRÉ
Président de l'Assemblée nationale

Jeudi 14 novembre 2002

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Monsieur le Président des États-Unis mexicains,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,

 Il y a maintenant plus de trente huit ans, en mars 1964, la France rendait pour la première fois visite au Mexique à l'occasion d'un voyage officiel du Général de Gaulle. Dix sept ans plus tard, en octobre 1981, c'est au Mexique encore que le Président François Mitterrand accomplissait l'un de ses premiers déplacements officiels à l'étranger à l'occasion de la Conférence Nord-Sud de Cancun. Le Général de Gaulle comme le Président Mitterrand avaient eu, en ces circonstances, le privilège de s'adresser au Congrès des États-Unis mexicains et de dire au peuple mexicain, à travers ses représentants, l'amitié de la France pour votre grand pays.

Depuis, les visites entre hauts responsables de nos deux nations se sont multipliées. Pour ne citer que les plus marquants, la visite d'État du Président Portillo en octobre 1997 suivie de la visite du Président de la République française à Mexico en novembre 1998, ont ainsi témoigné du prix que nous attachons à cette relation. Vous-même, Monsieur le Président,  êtes déjà venu en France à deux reprises, une première fois en octobre 2000 avant même votre investiture, puis de nouveau en octobre 2001. 

Mais aucun Président des États-Unis mexicains ne s'était encore exprimé devant l'Assemblée nationale. C'est vous dire, Monsieur le Président, l'honneur que vous faites à la Représentation nationale française en acceptant son invitation.

En vous recevant, c'est un pays très ancien par son histoire et sa civilisation que nous accueillons ; une terre épique qui a su, au travers de multiples épreuves, conjuguer l’héritage d’une culture antique et de la conquête espagnole. Par l'alchimie de cette synthèse originale, votre nation s’est forgée une identité dont la force et la singularité fascinent tous ceux, et ils sont nombreux, qui s'en approchent.

Mais c'est aussi un pays aux institutions et traditions démocratiques fortement établies que nous recevons. Il y a près d'un siècle, la Révolution mexicaine aboutissait à l'adoption d'une nouvelle Constitution : elle posait les fondements d'un État de droit auquel votre pays est, depuis, toujours resté fidèle, faisant à plusieurs reprises du Mexique une exception en Amérique latine. Votre élection le 2 juillet 2000, en permettant l’alternance, a démontré la vigueur de cette tradition démocratique.

La force de son identité nationale, la solidité de ses institutions, la créativité de ses artistes et de ses savants, le dynamisme de ses industriels, ont fait du Mexique la première économie de l'Amérique latine, la dixième puissance commerciale du monde. Bref, un pays avec lequel il faut compter sur la scène mondiale.

Il est donc naturel que nos deux pays, que rapprochent des parcours singuliers, aient, par delà les solidarités fortes que commande leur environnement naturel, continent américain pour le Mexique, Union européenne pour la France, développé des liens étroits et durables. La France est ainsi le troisième investisseur européen au Mexique, son onzième fournisseur et son quatorzième client ; plus de sept cents entreprises à capital français sont aujourd'hui implantées dans votre pays et les plus grands groupes, que ce soit dans l'énergie, les transports, l'automobile, l'eau, les techniques de l'information et bien d'autres secteurs encore, ont depuis longtemps reconnu dans le Mexique une destination indispensable. L'entrée en vigueur, il y a  un peu plus de deux ans, du traité de libre échange entre le Mexique et l'Union européenne devrait contribuer à donner à cette coopération un nouvel élan, dont votre visite est, nous l’espérons, le signe.

Monsieur le Président, le développement de ces intérêts légitimes ne saurait résumer la relation franco-mexicaine. Celle-ci s'enrichit d'une vision du monde largement partagée. Voilà longtemps que la France et le Mexique se reconnaissent dans ces principes constitutifs de l’organisation d’un monde civilisé que devraient être l'indépendance nationale, l’affirmation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, la primauté du droit international sur la loi du plus fort, l’attachement au règlement pacifique des différends entre les Nations.

La France et le Mexique mesurent ensemble combien dans ce monde globalisé et interdépendant qui est désormais le nôtre, les Nations qui ont en commun les mêmes valeurs doivent agir ensemble : pour lutter contre le terrorisme et s’attaquer aux causes de sa progression, pour combattre la dégradation de la planète et de son environnement naturel, qui frappe d’abord les pays les plus fragiles et les plus démunis, pour mettre la mondialisation au service de l’homme. Que de grands défis à relever la main dans la main !

L'élection de votre pays, après plus de vingt ans d'absence, au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour 2002 et 2003 est le signe de votre engagement retrouvé dans les affaires du monde et dans la défense des principes du droit international. Elle est pour nous Français et Mexicains, l'occasion de travailler de concert et de soutenir dans les grandes questions du moment, une position voisine, comme en témoigne la similitude de nos vues sur la crise irakienne.

C’est assez dire, Monsieur le Président, que nous nous reconnaissons dans la même conception d’un ordre international multilatéral respectueux des principes de la Charte des Nations Unies ; un ordre international marqué par l’acceptation du pluralisme politique et de la diversité culturelle qui sont deux facettes indissociables d’un monde vraiment libre.

Il est significatif à cet égard que nos deux pays aient signé en novembre 1998 une déclaration commune sur la promotion de la diversité culturelle ; que le Mexique ait accueilli à Oaxaca, en 1999, une réunion des ministres de la culture des pays attachés à lui donner un sens, pour lancer un processus qui depuis a fait son chemin, avec l’adoption par l’UNESCO en novembre 2001 d’une importante déclaration sur la diversité culturelle.

Il est significatif encore que nos deux pays entretiennent des liens culturels et linguistiques forts, notamment au travers des deux lycées franco mexicains de Mexico et de Guadalajara, de l'école Molière de Cuernavaca, ou encore de l'Alliance française. Nous ne doutons pas que la France et le Mexique, qui dans cette démarche pour le dialogue des cultures ont été des pionniers, se retrouveront pour promouvoir la conclusion d'une convention internationale sur la diversité culturelle, tant il s’agit maintenant de passer des intentions aux actes.

Voilà bien des raisons pour lesquelles nous sommes particulièrement heureux, Monsieur le Président, de recevoir aujourd'hui en vous le représentant d'un grand pays dont la France est l'amie et le partenaire. Voilà bien des raisons pour lesquelles nous sommes impatients de vous entendre.

La parole est à Monsieur Vicente Fox Quesada, Président des États-Unis mexicains.

 


Allocution prononcée par M. Vicente Fox Quesada, Président des États-Unis mexicains
à l'Assemblée Nationale.

Paris, 14 novembre 2002

Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les députés,
Chers amis,

Je remercie M. Jean-Louis Debré de son aimable invitation qui me vaut l'honneur et le privilège de m'adresser aux dignes représentants du peuple français dans cette enceinte historique.

Cet hémicycle a été le témoin de moments clés de l'histoire de France, et a eu une influence décisive sur l'évolution des institutions qui font de ce pays l'une des grandes démocraties du monde. Je reconnais la force et [e dynamisme de la société française, et je tiens à exprimer la volonté du Mexique de développer un dialogue constructif avec vous tous qui, depuis cette assemblée parlementaire, contribuez au renforcement de la paix et du développement dans le monde.

Nos deux pays ont entretenu une relation longue et féconde. Le Mexique indépendant est l'héritier d'idées et de valeurs nées en France, qui ont aidé à définir son identité politique. Les philosophes des Lumières ont influé de façon considérable sur la formation de l'État mexicain et. de ce fait, font partie de notre propre histoire intellectuelle. Aujourd'hui, les aspirations républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité, sont des éléments essentiels des idéaux politiques du peuple mexicain et orientent l'action de son gouvernement.

Le Mexique, tout comme la France, a su répondre à l'appel de l'histoire. Nous sommes devenus une nation indépendante dans cette nouvelle ère inaugurée par la Guerre d'indépendance des États-Unis et la Révolution française ; pendant le XIXe siècle, nous nous sommes consacrés à la tâche ardue de la construction nationale, qui allait peu à peu définir l'État mexicain; au début du XXe siècle, à la suite de la Révolution mexicaine, nous avons procédé à une réforme sociale historique et, tout au long de ce siècle, nous avons consolidé nos institutions nationales.

Il y a deux ans, nous avons effectué une transition politique pour accéder à une pleine démocratie, exprimant ainsi la volonté du Mexique d'être le protagoniste de sa propre histoire et de participer de façon active et légitime sur la scène internationale.

Mon pays est entré dans le nouveau millénaire avec un gouvernement pluriel, issu d'un processus électoral exemplaire. Durant de nombreuses années, des forces politiques de courants divers ainsi que d'innombrables citoyens ont lutté pacifiquement pour la consolidation démocratique que désirait le peuple mexicain. Fermement instaurée, la démocratie fait désormais partie intégrante de la vie quotidienne des Mexicains.

L'équilibre des pouvoirs est un élément central de notre nouvelle vie politique. Maintenir cet équilibre s'est avéré un exercice difficile et complexe, mais nécessaire à la consolidation du Mexique des mille voix que nous souhaitons tous. Ce Mexique trouve une expression privilégiée dans le dialogue constant que le gouvernement a entamé avec la société civile, pilier essentiel de notre système démocratique.

L'un des principaux défis de la société mexicaine consiste à garantir la pleine application de l'État de droit. C'est pour cette raison que nous avons renforcé le règne de la légalité dans tous les domaines. Nous n'avons épargné aucun effort pour combattre la corruption et l'impunité, car nous sommes convaincus que l'obligation juridique et éthique de ce combat n'a pas de couleur politique, qu'elle se situe au-delà de tout intérêt sectoriel ou de parti. Dans ce même esprit, nous avons nommé un procureur spécial chargé d'enquêter sur des cas de répression policière des cinquante dernières années et avons ouvert aux citoyens les archives officielles sur ces événements du passé.

La situation qui prévaut aujourd'hui au Chiapas est un sujet qui a suscité un vif intérêt au sein de la communauté internationale. Nous avons mis en œuvre un ensemble de réformes constitutionnelles en matière de droit et culture indigènes et avons entrepris une politique ambitieuse pour améliorer les conditions de vie des peuples indigènes au Mexique, Nous savons que beaucoup reste à faire, mais nous devons avant tout rétablir un dialogue constructif avec tous les groupes et tous les secteurs qui participent à cette tâche importante. Dans une société démocratique, les positions extrêmes qui rejettent la conciliation et les consensus nécessaires à la solution des problèmes, sont inadmissibles.

Je sais que le peuple français voit avec sympathie la transition démocratique que vit actuellement mon pays. Mais il ne s'agit pas d'une simple mise en conformité avec les valeurs contemporaines. Il s'agit d'un changement de fond qui a fait de nous un pays démocratique, améliorant notre fiabilité en tant que partenaire et acteur sur la scène internationale.

Le Mexique a donné des preuves de son nouvel engagement à l'égard des Droits de l'Homme. Nous sommes une société plurielle et tolérante, ouverte à l'examen et à la coopération internationale. Nous savons que la défense des Droits de l'homme dans notre pays a été renforcée par les liens étroits que nous maintenons avec les mécanismes et les organismes internationaux, ainsi qu'avec les organisations non gouvernementales. Nous partons du principe que les Droits de l'Homme représentent des valeurs absolues et universelles, et qu'il incombe à tous les États, individuellement et collectivement, de veiller à leur respect. En même temps, nous sommes convaincus qu'en les promouvant à l'étranger, nous contribuons à faire en sorte que leur application soit pleinement garantie au Mexique,

Notre politique des droits de l'homme a modifié l'image que nous projetons vers l'extérieur. Un pays comme le Mexique qui ne dispose pas d'instruments de pouvoir traditionnel - comme la puissance militaire ou économique- pour peser sur les événements internationaux, doit utiliser d'autres formes d'influence. Celle que la diplomatie de mon pays est en mesure d'exercer, provient de l'attrait que sa société et sa culture exercent sur les autres peuples, notamment durant l'actuelle période de renouveau démocratique et de vitalité culturelle. Mais elle se nourrit également de l'engagement mexicain à l'endroit des valeurs universelles. Projeter ces facteurs de manière consciente et délibérée sur le reste du monde, nous confère une nouvelle marge d'action, ce que l'on nomme de nos jours le "pouvoir doux". Ce concept ne vous est pas inconnu. Pendant longtemps, la France a su user efficacement de cette forme d'influence positive de par le monde. Maintenant que le Mexique a commencé à mettre en œuvre cette politique, les liens entre nos deux pays se sont intensifiés et renforcés.

La consolidation des institutions démocratiques, le renforcement de l'État de droit et l'influence croissante du Mexique sur la scène internationale, nous offrent une nouvelle opportunité pour approfondir nos relations avec la France. Par le passé, nos gouvernements ont souvent visé les mêmes objectifs et déployé les mêmes efforts, dans le domaine international, comme l'a démontré leur action conjointe pour promouvoir la paix en Amérique Centrale dans les années quatre-vingt. Aujourd'hui, grâce à l'ensemble des valeurs et des intérêts que nous partageons, nous pouvons à nouveau unir nos efforts et exercer dans le monde une influence plus efficace et positive encore, comme partenaires et alliés d'un nouvel axe transatlantique.

En fait, ce processus est déjà en marche. Chacune de nos deux nations reconnaît et encourage la présence bienveillante et constructive de l'autre sur la scène internationale, Nous entretenons un dialogue continu et maintenons de nombreuses convergences dans les instances internationales. Au cours de cette année, nous avons pu confirmer cette communauté de valeurs et d'objectifs, ce qui nous a conduit à émettre les mêmes votes tant à la Commission des Droits de l'Homme, que pour la récente résolution des Nations Unies sur la Cour Pénale Internationale.

Cependant, l'exemple le plus marquant de cette communauté d'objectifs et d'intérêts qui unit le Mexique et la France, est le dialogue intense que nous entretenons sur la question si complexe que constitue l'Irak. La position de mon pays est claire : nous sommes convaincus que tous les membres des Nations unies doivent respecter les résolutions du Conseil de sécurité. L'Irak, pas plus qu'un autre pays, ne peut en faire exception, Les inspecteurs des Nations unies doivent retourner dans ce pays pour vérifier qu'il n'y existe ni production, ni possession, ni vecteurs capables de transporter des armes de destruction massive. Cependant, toute action éventuelle contre l'Irak pour non-respect des résolutions du Conseil de sécurité, doit être fondée sur les rapports présentés par les inspecteurs au Secrétaire général, et par celui-ci au Conseil de sécurité. Le Mexique est convaincu que l'action d'un ou de plusieurs pays, qui s'exercerait sans l'aval de la communauté internationale, nuirait gravement à la crédibilité des Nations unies et restreindrait leur capacité d'action. C'est pourquoi nous avons, depuis le début, soutenu la position de la France,

Le dialogue et la concertation nous ont permis d'atteindre des objectifs importants, mais en agissant de concert, nos pays peuvent encore faire beaucoup plus pour contribuer à la définition du nouveau système international. Nombreuses sont les tâches qui restent à accomplir, mais je tiens à en souligner deux qui, pour le Mexique, sont prioritaires,

La première consiste à poursuivre l'élaboration d'un cadre normatif de portée universelle. Au fur et à mesure qu'émergé une véritable communauté mondiale, dans laquelle la plupart des nations partage intérêts et besoins, il est indispensable d'édifier un système international fondé sur des règles applicables à tous sans distinction, qui permette de trouver des solutions mondiales à des problèmes mondiaux, en s'appuyant sur les principes élémentaires d'équité, de justice et de démocratie.

Les Mexicains voient avec satisfaction l'activité sans précédent qui se déploie actuellement dans les enceintes multilatérales en vue de créer des régimes juridiques internationaux articulés autour de valeurs universelles, auxquelles on ne saurait opposer la souveraineté de l'État, et qui ont trait à des domaines tels que les Droits de l'homme, la démocratie, l'égalité entre les sexes, les droits des peuples autochtones, la protection de l'environnement, ou la lutte contre le crime organisé et la corruption. Des thèmes de portée mondiale qui constituent ce que l'on a appelé le "Nouvel Agenda international". Le Mexique souhaite et encourage l'instauration d'une régulation internationale accrue qui devienne le cadre d'action obligé pour tous les États, quelle que soit leur puissance économique ou militaire.

Ceci m'amène à la seconde tâche que nous considérons comme prioritaire. La communauté des nations connaît les effets négatifs qui peuvent découler du libre jeu de souverainetés s'exerçant sans restriction. Dans le système international contemporain, où subsiste une puissance unique à laquelle sa force militaire et économique confère une position privilégiée, il est indispensable de garantir que les relations entre les pays soient régies par des normes conçues et acceptées par tous. Nous devons éviter que persiste la tentation d'agir de manière unilatérale, sans restrictions ni contrepoids.

Les États-Unis sont une grande nation, un pays ami qui a apporté de grandes contributions à la communauté internationale. Néanmoins, il semble impératif de les persuader de se joindre à l'action collective et de participer au nouveau système international fondé sur des normes universelles. Autrement, ce système n'entrera jamais vraiment en vigueur. La densité et la diversité de ces normes endigueront les actions unilatérales, assurant la sécurité à tous les pays. Les États-Unis tireront de l'application de ces normes des bénéfices considérables puisqu'elles favoriseront une plus grande stabilité du système international. En conséquence, il est dans l'intérêt de tous de contribuer à l'élaboration de ce réseau de normes, en particulier après les événements atroces survenus le 11 septembre de l'année dernière. Si nous ne réagissons pas avec lucidité et clairvoyance, nous courrons le risque que le système international entre dans une période de conflit et d'instabilité.

Consciente de ces défis, la diplomatie mexicaine s'est efforcée de trouver des convergences politiques avec d'autres nations en vue de participer activement à l'édification de ce nouvel ensemble de règles et de normes universelles. Il en a résulté un rapprochement important des positions de la France et du Mexique. Les initiatives françaises au sein des différents organismes multilatéraux se caractérisent par leur sensibilité à reconnaître l'identité des parties prenantes et par la prise en compte des circonstances particulières de chacune d'elles, dans le respect du droit international. Mon gouvernement partage pleinement cette vision de l'action internationale et souhaite maintenir et renforcer un dialogue ininterrompu, respectueux et franc avec le gouvernement français, en vue de promouvoir des objectifs communs. Nous avons accompli les premiers pas sur cette voie, mais beaucoup reste à :aire.

Des tâches prioritaires que je viens de décrire, découle un ensemble d'actions spécifiques auxquelles nos pays peuvent collaborer étroitement. L'élaboration du Statut de la Cour Pénale Internationale constitue l'une d'elles. Cette instance unique permettra de faire justice dans des cas de génocide et de crime contre l'humanité, Nous aspirons à ce que les responsables de ces crimes soient jugés sans exception, lorsqu'ils n'auront pas été sanctionnés dans leurs propres pays. Le Mexique a entamé le processus de ratification du Statut, processus qui exige la réforme de certaines dispositions de notre Constitution. Mon gouvernement est décidé à encourager l'adhésion de tous les pays à la Cour Pénale Internationale afin que celle-ci devienne une institution viable et efficace au service de l'humanité. Nous savons que la France partage cet objectif et nous avons la volonté inébranlable d'œuvrer avec votre gouvernement en vue de sa réalisation.

La ratification du Protocole de Kyoto constitue une autre des actions que nous devons entreprendre sans délai. Le Mexique est favorable à l'entrée en vigueur de cette Convention, qui permettra d'affronter les causes et conséquences du changement climatique, ainsi que de réduire les risques mondiaux qu'il implique. C'est pour cela que nous avons été parmi les premiers pays du continent américain à le ratifier. Néanmoins, nous sommes conscients du fait que le Protocole ne sera viable que si tous les pays s'engagent à respecter les obligations qui leur sont imposées, tout en tenant compte de leurs responsabilités communes mais distinctes. L'effort conjoint de la France et du Mexique peut s'avérer décisif pour assurer la viabilité de ce Protocole.

Le renforcement du dialogue entre l'Amérique latine et l'Europe sera fondamental pour rapprocher et concilier nos positions sur ces sujets et sur bien d'autres. Le Mexique s'est proposé d'être un pont entre nos peuples. Nous avons participé activement au dialogue initié à Rio de Janeiro en 1999, et nous continuerons d'être pleinement engagés dans ce processus. Afin de consolider l'association stratégique entre nos deux régions, mon pays sera le siège du Troisième Sommet des Chefs d'État et de Gouvernement de l'Union européenne, de l'Amérique latine et des Caraïbes, prévu pour 2004. Cette occasion nous offrira la possibilité d'approfondir nos échanges et d'adopter des stratégies pour la promotion de nos objectifs communs. La France et le Mexique peuvent être les locomotives de ce processus.

La stratégie internationale de mon gouvernement se caractérise par sa volonté de renouveau. Le monde a changé, et le Mexique aussi. Nous tenons à ce que notre politique étrangère réponde aux nouvelles nécessités d'une nation pleinement démocratique, dans le contexte d'un système international en voie de transformation. C'est pour cela, que nous sommes décidés à assumer une position plus active au sein du système international, ce qui nous permettra de peser dans la définition de l'ordre mondial des prochaines décennies.

Mesdames et Messieurs,

Depuis la révolutionnaire Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, jusqu'à l'influence ininterrompue de la tradition juridique française dans le droit mexicain, la civilisation française est très vivante au Mexique. C'est peut- être là l'aspect le plus important de notre relation ; une fascination mutuelle pour nos cultures respectives. Nous, les Mexicains, avons été intimement nourris de culture française, tant par la connaissance des auteurs et des artistes de cette grande nation, que par la fréquentation de l'œuvre de certains des plus grands créateurs du Mexique. Ce n'est pas un hasard si les trois écrivains mexicains les plus éminents du XXème siècle, Alfonso Reyes, Octavio Paz et Carlos Fuentes, ont été profondément imprégnés de culture française, ce qui transparaît dans leurs œuvres, Carlos Fuentes évoquait récemment la visite historique du président Charles de Gaulle à Mexico en mars 1964. Ce fut la première visite officielle d'un chef d'État français dans notre pays, et au cours de son séjour, il lui a été accordé la distinction exceptionnelle de s'adresser aux Mexicains depuis le balcon du Palais national. Ma présence ici auprès des représentants du peuple français me semble une façon de confirmer cette profonde affinité et cette amitié qui unissent nos peuples.

Cette nation a toujours représenté une source de lumière et d'humanisme pour le monde. Alfonso Reyes l'a exprimé avec son élégance et sa lucidité habituelle, lorsqu'il a dit de la France : "Oh ! Patrie commune, terre de tous I". Il ne s'agissait nullement d'une expression d'indifférence à l'égard de son propre pays, qu'il aimait profondément ; il ne faisait là que manifester son admiration, l'admiration de tous, pour la civilisation française. Je vous remercie pour le privilège qui m'a été accordé de participer, dans ce palais, au dialogue entre le Mexique et la France, patrie commune de l'humanité.

Merci beaucoup.

 

París, Francia, 14 de noviembre de 2002.

Versión estenográfica de las palabras del Presidente Vicente Fox Quesada durante la Sesión Solemne de la Asamblea Nacional, que esta mañana ofreció en su honor en el Salón Plenario del "Edificio de Lassay", en esta ciudad.


Señor Presidente; señoras y señores diputados; amigas y amigos:

Agradezco la amable invitación del señor Jean-Louis Debré, quien me otorga el honor y el privilegio de dirigir algunas palabras a las y los dignos representantes del pueblo francés en este recinto histórico.

Este hemiciclo ha sido testigo de momentos claves de la historia de Francia, y que ha ejercido una influencia decisiva en la evolución de las instituciones que hacen de este país una de las grandes democracias del mundo.

Que conozco el valor y el dinamismo de la sociedad francesa, y les manifiesto la aspiración de México a desarrollar un diálogo constructivo con todos ustedes que, desde este foro parlamentario, contribuyen al fortalecimiento de la paz y el desarrollo en todo el mundo.

Nuestros países han mantenido una larga y fecunda relación. El México independiente es heredero de ideas y valores surgidos en Francia, que contribuyeron a definir su identidad política.

Los filósofos de la ilustración ejercieron una poderosa influencia en la formación del Estado Mexicano y se han convertido, por ello, en parte de nuestra propia historia intelectual.

Hoy los anhelos republicanos de libertad, igualdad y fraternidad, siguen siendo parte esencial del ideario político del pueblo de México y orientan la acción de su gobierno.

México, como Francia, ha respondido siempre al llamado de la historia. Surgimos como una nación independiente en el compás abierto por la Guerra de Independencia de los Estados Unidos y por la Revolución Francesa.

Emprendimos una ardua tarea de construcción nacional a lo largo del siglo XIX, que gradualmente definiría el Estado Mexicano. Realizamos como resultado de la Revolución Mexicana una reforma social histórica, lo hicimos a principios del siglo XX y, a lo largo de ese siglo, continuamos consolidando las instituciones nacionales.

Hace dos años logramos, de manera histórica, una transición política hacia una democracia plena, expresión de la voluntad de México de ser protagonista de su historia y de participar activa y legítimamente en el escenario internacional.

Mi país ha iniciado el nuevo milenio con un gobierno plural, producto de un proceso ejemplar en materia electoral. A lo largo de muchos años diversas fuerzas políticas y muchos millones de mexicanas y mexicanos luchamos pacíficamente por la consolidación democrática que deseaba nuestro pueblo.

Hoy la democracia se ha instituido firmemente y forma parte de la vida cotidiana de las y los mexicanos.

El equilibrio de poderes es un elemento central de esta nueva vida pública. Mantener tal equilibrio ha demostrado ser un ejercicio difícil y complejo, pero necesario para la consolidación del México de mil voces que deseamos. Ese México encuentra una expresión privilegiada en el diálogo continuo que desde el Gobierno hemos iniciado con la sociedad civil, con el Congreso de la Unión, fundamento primario de nuestro sistema democrático.

Uno de los mayores retos que enfrenta la sociedad mexicana es asegurar la vigencia plena del Estado de Derecho. Por ello, estamos reforzando la primacía de la legalidad en todos los ámbitos. No hemos escatimado ningún esfuerzo para combatir la corrupción y la impunidad, convencidos de que la obligación legal y ética de enfrentarlas es políticamente neutral, ya que trasciende intereses sectoriales y de partido.

Con ese mismo espíritu, hemos creado una Fiscalía Especial para la Investigación de los Hechos de Represión Política y Policiaca de los últimos 50 años. Y hemos abierto a las y los ciudadanos los archivos oficiales relacionados sobre esos acontecimientos del pasado, incluidos los del Ejército Mexicano.

Un tema que ha generado especial interés en el ámbito internacional es la situación que prevalece en Chiapas.

Mi Gobierno ha promovido un conjunto de reformas constitucionales en materia de derechos y cultura indígenas, que ha sido aprobada por el Congreso de la Unión y que representa una ley de vanguardia.

Sabemos que aún falta mucho por hacer para impulsar la dignificación de nuestros hermanos y hermanas indígenas, pero hemos restablecido un diálogo constructivo con todos los grupos, con todas las comunidades, con todos los sectores involucrados en esta importante tarea.

En una sociedad democrática no es admisible mantener una oposición extrema que rechaza la conciliación y los consensos necesarios para la resolución de los problemas.

Sé que el pueblo francés ve con simpatía la transición democrática que mi país vive actualmente. Pero no se trata únicamente de un cambio conforme con los valores contemporáneos, se trata de una transformación profunda que nos ha convertido en un país democrático, acrecentando nuestra confiabilidad como socios y actores en el escenario internacional.

México ha demostrado un nuevo compromiso con los derechos humanos, somos una sociedad plural y tolerante, abierta al escrutinio y a la cooperación internacional. Sabemos que la defensa de estos derechos en nuestro país se ha fortalecido en virtud de los estrechos lazos que mantenemos con foros, organizaciones y mecanismos internacionales.

Partimos del reconocimiento de que los valores humanos constituyen valores absolutos y universales y que es obligación de los estados, tanto individual como colectivamente, velar por su respeto.

Al mismo tiempo, estamos convencidos que al promoverlos en el exterior estamos contribuyendo a garantizar que en México tales valores tengan plena vigencia. Todo ello ha repercutido en la imagen que proyectamos al exterior.

Un país como México, que no cuenta con instrumentos de poder tradicionales, como la fortaleza militar o económica, para incidir en los acontecimientos internacionales necesita aprovechar otras formas de influencia.

Lo que mi país puede ejercer por medio de su diplomacia se deriva de la atracción que nuestra sociedad y nuestra cultura despiertan en otros pueblos, de la autoridad moral que hemos construido a través del tiempo y, particularmente, por este período de renovación democrática y vitalidad cultural. También se nutre del compromiso de México con los valores universales.

El proyectar estos factores de manera consciente y deliberada hacia el resto del mundo, nos ha conferido una nueva imagen y un nuevo margen de acción, eso que se llama ahora “poder suave”. Para ustedes este concepto no resulta desconocido.

Por largo tiempo Francia ha sabido utilizar con eficacia esta forma de influencia positiva en el mundo. Ahora que México ha comenzado a desarrollar una política similar, la vinculación entre nuestras dos naciones se ha vuelto más intensa y más estrecha.

La consolidación de las instituciones democráticas, el fortalecimiento del Estado de Derecho, la ampliación del margen de influencia internacional de México, nos ofrecen una nueva oportunidad para profundizar nuestra relación con Francia.

En el pasado nuestros gobiernos llegaron a unir propósitos y esfuerzos en el ámbito internacional, como lo demostró la labor conjunta que desarrollaron para promover la paz en América Central durante la década de los 80.

Ahora, gracias al conjunto de valores e intereses que compartimos, podemos volver a unir esfuerzos y ejercer como socios y aliados en un nuevo eje trasatlántico una influencia más eficaz y positiva en el mundo.

En realidad éste es ya un proceso en marcha, cada una de nuestras naciones reconoce y alienta la presencia benigna y constructiva de la otra en el escenario internacional.

Sostenemos un diálogo continúo y mantenemos numerosas convergencias en foros internacionales.

A lo largo de este año hemos podido confirmar esa comunidad de valores y propósitos, lo que nos ha llevado a emitir nuestros votos en el mismo sentido, tanto en la Comisión de Derechos Humanos, como en la reciente resolución de las Naciones Unidas sobre la Corte Penal Internacional.

No obstante, el ejemplo más poderoso de esta comunidad de objetivos e intereses entre México y Francia es el intenso diálogo y tarea diplomática que hemos desarrollado entorno a la compleja cuestión de Iraq.

La posición de mi país en este caso ha sido clara, sostenemos que todos los miembros de las Naciones Unidas deben acatar las resoluciones del Consejo de Seguridad, ni Iraq ni ningún otro país puede ser la excepción.

Los inspectores de Naciones Unidas deben de regresar a ese país para verificar que no haya producción, almacenamiento ni capacidad de transporte militar de armas de destrucción masiva.

Sin embargo, cualquier acción eventual en contra de Iraq por el incumplimiento de las resoluciones del Consejo de Seguridad debe hacerse con base en los informes que los inspectores de armas presenten al Secretario General y éste a su vez al Consejo de Seguridad.

México está convencido que la acción de uno o varios países sin el consenso de la comunidad internacional dañaría seriamente la credibilidad y la capacidad de acción del Sistema de las Naciones Unidas, por eso apoyamos desde el principio la posición de Francia.

El diálogo y la concertación nos han permitido alcanzar logros importantes, pero nuestros países pueden hacer mucho más, debemos hacer mucho más en la definición del nuevo Sistema Internacional si actuamos unidos.

Hay numerosas tareas que emprender, pero quisiera destacar dos que a juicio de México resultan prioritarias. La primera consiste en continuar impulsando un marco normativo de alcance internacional y universal.

Conforme emerge una verdadera comunidad mundial en la que la gran mayoría de las naciones comparte intereses y necesidades, resulta indispensable edificar un Sistema Internacional basado en reglas aplicables a todos por igual, que permita buscar soluciones globales a problemas globales, con base en principios elementales de equidad, justicia y democracia.

Las y los mexicanos vemos con satisfacción la actividad sin precedentes que se registra actualmente en los foros multilaterales, para la creación de regímenes jurídicos internacionales, articulados entorno a valores universales, a los cuales no se puede oponer la soberanía del Estado.

En ámbitos como los derechos humanos, la democracia, las cuestiones de género, los derechos indígenas, la protección del medio ambiente, el combate al crimen organizado y la corrupción; es decir, en los temas de alcance global que conforman la llamada nueva agenda.

México desea y alienta el establecimiento de una mayor regulación internacional que constituye un marco de obligaciones para todos los estados, independientemente de su poder económico o militar.

Ello me lleva a la segunda de las tareas que consideramos prioritarias, la comunidad de naciones conoce los efectos negativos que puede generar el libre juego de soberanías irrestrictas.

En el Sistema Internacional Contemporáneo, dentro del cual subsiste una potencia única cuyo poderío militar y económico le confiere una posición preeminente, es indispensable asegurar que las relaciones entre países se rijan por normas concebidas y aceptadas por todos.

Debemos evitar que persista la tentación de actuar de manera unilateral sin cortapisas ni equilibrios.

Estado Unidos es una gran nación, es un país amigo, es un socio que ha hecho invaluables aportaciones a la comunidad internacional.

Sin embargo, resulta imperativo persuadirle para que se sume a la acción colectiva y sea partícipe del nuevo sistema internacional basado en normas universales, pues de otro modo ese sistema jamás tendrá vigencia plena.

La densidad, la diversidad de esas normas, será un dique a la acción unilateral, lo que ofrecerá seguridad a todos los países; pero también traerá considerables beneficios a Estados Unidos, al propiciar una mayor estabilidad en el sistema internacional, a todos conviene, a todos conviene, por tanto, contribuir al establecimiento de un entramado de normas, sobre todo, después de los atroces hechos del 11 de septiembre del año pasado.

De no reaccionar ante ellos con lucidez y previsión, corremos el riesgo de que el sistema internacional entre en un período de conflicto e inestabilidad.

Consciente de estos desafíos, la diplomacia mexicana ha puesto su empeño en la búsqueda de convergencias políticas con otras naciones, de modo que podamos participar activamente en la edificación de este nuevo conjunto de reglas y normas universales. Ello, ha traído como consecuencia un mayor acercamiento en las posiciones de Francia y México.

Las iniciativas francesas en los diversos foros multilaterales se caracterizan por su sensibilidad, por reconocer siempre a las diferentes partes y tomar en cuenta sus circunstancias específicas, respetando el derecho internacional.

Esta visión del quehacer internacional es también la de mi Gobierno, que desea mantener y fortalecer un diálogo fluido, respetuoso, franco con el gobierno de Francia para promover las metas que compartimos. Hemos dado los primeros pasos en este sentido, pero faltan cosas por hacer.

A partir de las tareas prioritarias que he descrito, se deriva un conjunto de acciones específicas en las que nuestros países pueden colaborar estrechamente. Una de ellas, consiste en construir el andamiaje del Estatuto de la Corte Penal Internacional, instancia única, que permitirá la aplicación de la justicia por los delitos de genocidio y de lesa humanidad.

Aspiramos a que los responsables de sus crímenes sean sometidos a proceso, sin excepciones cuando no hayan sido sancionados en sus propios países.

México ha emprendido el proceso legal para ratificar el Estatuto que exige las reformas de algunas disposiciones de nuestra Constitución.

Mi Gobierno está decidido a promover la adhesión de todos los países a la Corte para convertirla en una institución viable y efectiva al servicio de la humanidad.

Sabemos que Francia comparte este objetivo y tenemos la firme voluntad de trabajar junto con su gobierno para hacerlo realidad.

La ratificación del Protocolo de Kyoto es otra de las acciones que debemos emprender sin dilación. México favorece la entrada en vigor de esta Convención, la cual permitirá enfrentar las causas y consecuencias del cambio climático, así como reducir los riesgos globales que esto implica. Por eso fuimos uno de los primeros países del continente americano en ratificarla.

No obstante, estamos conscientes de que el Protocolo sólo podrá ser viable si logramos que todos los países se comprometan, tomando en cuenta sus responsabilidades comunes, pero diferenciadas a cumplir con las obligaciones que el mismo impone.

El fortalecimiento del diálogo entre América Latina y Europa será fundamental para acercar y conciliar nuestras posturas en torno a estos y otros temas.

México se ha propuesto ser un puente entre los pueblos de ambas regiones. Hemos participado activamente en el diálogo iniciado en Río de Janeiro en 1999, y seguiremos desempeñando un papel comprometido con ese proceso.

Con miras a consolidar la asociación estratégica entre ambas regiones, mi país será sede de la III Cumbre de Jefes de Estado y de Gobierno de la Unión Europea, América Latina y el Caribe, a celebrase en el año 2004.

En esa ocasión, podremos continuar profundizando nuestros intercambios y acordar estrategias que promuevan los objetivos que compartimos. Francia y México pueden ser las locomotoras de este proceso.

La estrategia internacional de mi Gobierno se caracteriza por su voluntad de renovación. El mundo ha cambiado, México también lo ha hecho.

Queremos que nuestra política exterior responda a las nuevas necesidades de una nación plenamente democrática en el contexto de un sistema internacional en proceso de transformación.

Por eso, hemos decidido asumir una actitud más activa en el sistema internacional, participar donde se toman las decisiones responsables que tienen que ver con el orden mundial y que habrá de prevalecer en las próximas décadas.

Señoras y señores:

Desde la revolucionaria Declaración de los Derechos del Hombre y del Ciudadano, hasta la continua influencia de la tradición jurídica de Francia en el Derecho Mexicano, la civilización francesa vive en México. Acaso aquí radica lo más trascendente de nuestra relación, en la fascinación mutua por nuestras respectivas culturas.

Las y los mexicanos tenemos una vivencia íntima de la cultura francesa, tanto por nuestro contacto con autores y artistas de esta gran tradición, como por la obra de algunos de los más grandes creadores de México.

No es casual que los tres escritores mexicanos más importantes del siglo XX, Alfonso Reyes, Octavio Paz, Carlos Fuentes, hayan tenido una profunda impregnación de la cultura de Francia que se ve reflejada en sus obras.

Recientemente este último recordaba la histórica visita del Presidente Charles De Gaulle a la ciudad de México, en marzo de 1964, la primera de un Jefe de Estado de Francia a nuestro país, en la que se le confirió la distinción inusual de dirigirse a las y los mexicanos desde el palco de Palacio Nacional.

Mi presencia hoy ante esta distinguida Asamblea es una manera de refrendar esa profunda amistad que une a nuestros pueblos.

Esta nación ha representado siempre una fuente de luminosidad y humanismo para el mundo.

Alfonso Reyes lo expresó con su habitual elegancia y lucidez, al decir de Francia: "¡Oh, patria común; oh, tierra de todos!".

El que amaba profundamente a su país no hacía con ello un desaire a su propia tierra, sólo manifestaba su admiración, la admiración de todos por la civilización francesa.

Les agradezco a ustedes este honor y privilegio de permitirme participar en este recinto en el diálogo de México con Francia, esta patria común de la Humanidad.

Muchas gracias.