Réception dans
l'hémicycle
de M. Vicente Fox Quesada,
Président des États-Unis mexicains
jeudi 14 novembre 2002, à 11 heures
Buenvenido al
Presidente de los Estados Unidos Mexicanos
M. Vicente Fox
Quesada, Président des États-Unis mexicains,
s'est adressé à Mmes et MM. les députés, à l'occasion d'une séance
solennelle
dans l'hémicycle du Palais Bourbon,
le jeudi 14 novembre 2002, à 11 heures
Compte
rendu de la séance du 14 novembre 2002
(Journal Officiel de la République française, Débats parlementaires)
Discours de Monsieur Jean-Louis Debré, Président de
l'Assemblée nationale
Discours
de M. Vicente Fox Quesada, Président des États-Unis mexicains - [Discours
au format PDF]
Versión
estenográfica de las palabras del Presidente Vicente Fox Quesada durante
la Sesión Solemne de la Asamblea Nacional,
Reportage photographique

Biographie du Président des États-Unis mexicains
[Sur le site de la Présidence de la République]
En savoir plus :
Fiche
signalétique sur le Mexique [Source : site de la DREE - Ministère
de l'Economie, des Finances et de l'Industrie]
Direction des relations économiques extérieures, Mission
économique : http://www.dree.org/mexique/
L'Ambassade du Mexique en
France : http://www.sre.gob.mx/francia/bienve.htm
Le pouvoir exécutif :
Présidence de la République : http://www.presidencia.gob.mx/
Le pouvoir législatif :
le Congrès de l'Union :http://www.cddhcu.gob.mx/
La Chambre des Députés : http://www.camaradediputados.gob.mx/
Le Sénat de la République : http://www.senado.gob.mx/
Réceptions
dans l'hémicycle de chefs d'État ou de Gouvernement étrangers
|
AMBASSADE DE FRANCE AU MEXIQUE -
MISSION ÉCONOMIQUE
Fiche
Signalétique :
le Mexique
Actualisation au 4 juillet 2002 ©
MINEFI – DREE/TRÉSOR
__
GÉOGRAPHIE
- DÉMOGRAPHIE
Un
pays grand comme 4 fois la France
Situé entre
les deux océans Pacifique et Atlantique, le Mexique occupe un territoire
de 1 967 183 km², soit près d'un quart de la surface des
États-Unis ou près de quatre fois celle de la France. C'est le troisième
plus grand pays d'Amérique Latine, après le Brésil et l'Argentine. Il
est limité au nord par les États-Unis, avec qui il partage une frontière
de 3 107 km, et au sud par le Guatemala et le Belize, le long de 122 km de
frontières communes. La plus grande partie du territoire est constituée
d'un plateau encadré à l'est, l'ouest et au sud par des montagnes. Dans
la partie sud de ce plateau se trouve, à 2 240 m d'altitude, la ville de
Mexico, capitale et centre économique, politique et démographique du
Mexique
100
millions d’habitants et une population jeune
En 2002, le
Mexique compte environ 100 millions d’habitants, tandis que la
communauté mexicaine aux États-Unis atteint 23 millions d’habitants.
Entre 1900 et 2000, la population du Mexique a été multiplié par 7,2,
alors que la population mondiale ne l’a été que par 3,7 dans le même
temps. Le taux de croissance de la population, qui était encore de l’ordre
de 4% par an dans les années 80, est désormais de l’ordre de 1,9% par
an. On compte un peu plus de 20 millions de foyers au Mexique, soit une
moyenne de 5 personnes par foyer. 10% des foyers sont constitués de 8
personnes ou plus et 30% des foyers comptent au moins 6 personnes. Cette
population est jeune : fin 2001, 45% des habitants ont moins de 20 ans et
les moins de 30 ans représentent 63% de la population.
La population mexicaine est de plus en plus urbaine : les 123 plus grandes
villes du pays (celles de plus de 50 000 habitants) regroupent 68% de la
population totale. Le Distrito Federal (l’entité administrative
correspondant à la ville de México) compte à lui seul 8,8 millions d’habitants.
L’ensemble de la zone métropolitaine étendue (soit les 16
délégations du District Fédéral et les 27 municipalités adjacentes
appartenant à l’État de Mexico) compte près de 19 millions d’habitants.
Mexico constitue ainsi la 2ème plus grande conurbation
au niveau mondial, derrière Tokyo-Okohama. On trouve à l’inverse des
régions très peu peuplées, comme la Basse Californie du Sud, avec à
peine 450 000 habitants pour une surface de 73.475 km2.
Ainsi, si la densité moyenne de la population est d’environ 50
habitants/km2, elle approche 6 000 habitants/km2 dans la ville de Mexico
alors qu’elle est à peine de 6 habitants/km2 en Basse Californie du
Sud.
CHRONOLOGIE
1325 Fondation de
México-Tenochtitlan et début de l’Empire Aztèque
1521 Conquête de Mexico par Hernán Cortés
1810-1811 Guerre d’Indépendance
1823 Le Mexique devient une République Fédérale
1836 Perte du Texas
1846-1848 Perte de la Californie, du Nouveau-Mexique et de l’Arizona
1857 Nouvelle Constitution
1858-1861 Guerre civile amenant au pouvoir Benito Juárez, malgré l’intervention
française (Empereur Maximilien soutenu par Napoléon III)
1876-1911 Présidence de Porfirio Díaz
1911 Début de la Révolution
1929 Etablissement du Partido Nacional Revolucionario - PNR
1938 Le PNR devient le Partido Revolucionario Mexicano - PRM
1946 Le PRM devient le Partido Revolucionario Institucional - PRI
1997 Démocratisation de l’appareil politique
2000 Accès au pouvoir de Vicente Fox, candidat du PAN (Parti d’Action
Nationale), après 71 années de monopole politique du PRI.
POLITIQUE
Le Mexique (Estados Unidos Mexicanos) est une République Fédérale composée de 31
États et
d'un District Fédéral (Mexico et ses environs immédiats).
Le chef de l’exécutif est le Président de la République, élu pour
une période de 6 ans non renouvelable au suffrage universel direct à un
seul tour et à la majorité relative. Comme aux États-Unis, il n'y a pas
de Premier Ministre. Le Président nomme et révoque les Ministres, le
Procureur Général (Ministre de la Justice), les Ambassadeurs et les
consuls généraux.
A condition de disposer d’un appui au sein du corps législatif, le
Gouvernement Fédéral dispose de plus de pouvoirs que son équivalent
nord-américain. Il peut destituer les gouverneurs des États élus au
suffrage universel pour faute grave, corruption, etc. Par ailleurs, les
revenus fiscaux sont réservés en majeure partie au Gouvernement
Fédéral qui n’en redistribue qu’une faible part aux États.
L’élection
de Vicente Fox à la Présidence de la République en juillet 2000 a mis
fin à 71 ans de pouvoir du PRI
Le Congrès est
divisé en deux chambres: la Chambre des Députés et le Sénat. La
Chambre des Députés compte 500 représentants élus au suffrage
universel direct tous les 3 ans. Le Sénat, quant à lui, est composé de
128 membres, soit 4 sénateurs par entité fédérative. Le District
Fédéral est pour sa part doté d’une assemblée de 66 représentants
élus pour 6 ans.
Les résultats des élections présidentielles du 2 juillet 2000 ont été
les suivants :
Vicente Fox (PAN) : 43,43% des suffrages)
Francisco Labastida (PRI) 36,88%
Cuauhtemoc Cárdenas (PRD) 17%
Le PAN, parti qui a soutenu la campagne du Président Fox, n’a pas de
majorité au Parlement : il ne
dispose que de 211 sièges sur 500 à la Chambre des Députés et de 60
sièges sur 128 au Sénat. Le PRI a perdu le pouvoir après 71 ans de «
règne », mais ne s’est pas effondré : il dispose d’autant de
sièges que le PAN à la Chambre des Députés (211 contre 206) et de 46
sièges de Sénateurs.
Répartition des sièges à la Chambre des Députés : PRI
42%, PAN 41%, PRD 10 %, PVEM 3 %,PT 2%, Autres 2%
Ce morcellement du pouvoir législatif complique l’action du gouvernement
qui doit sans cesse rechercher des compromis avec le PRI, le PRD (centre
gauche, 50 sièges à la Chambre des Députés) ou les autres petits
partis. Des dissensions au sein-même du PAN compliquent encore la
situation. Les réformes structurelles promises par le Président Fox
(notamment dans les domaines de l’énergie, de la fiscalité, du travail
ou de la justice) sont pour l’instant bloquées. Il n’est pas certain
que les prochaines élections parlementaires, qui auront lieu à la
mi-2003, clarifient la situation : le résultat de ces élections pourrait
en effet être très serré entre le PAN et le PRI.
Au niveau local, le PRI demeure à la tête de 17 États, contre 9
seulement pour le PAN. Manuel Lopéz Obrador, pour le PRD, assume quant à
lui la succession de Cuauhtemoc Cardenas et de Rosario Robles à la mairie
de Mexico.
ÉCONOMIE
L’économie
mexicaine présente des caractéristiques d’un pays en développement
(fortes inégalités sociales et régionales, 40% de la population vivant
avec moins de 2 USD par jour, importance de l’économie informelle,
insuffisances dans les domaines de l’éducation ou de la santé...),
mais dispose aussi d’un socle industriel et commercial à certains
égards comparable à celui des grands pays industrialisés : avec un PIB
de 630 Mds USD en 2001, un revenu par tête supérieur à 6200 USD (plus
de 9000 USD en parité de pouvoir d’achat), le Mexique est membre de l'OCDE.
Son économie est la première d’Amérique latine. Dixième puissance
commerciale dans le monde, ses échanges sont supérieurs à ceux de la
totalité des autres pays de la région (voir Fiche de synthèse sur la
situation économique).
Principaux indicateurs
:
Taux de change : 1 USD = 9,96 Pesos (le 3/7/02)
PIB : 630 Mds USD en 2001
PIB par habitant : 6250 USD (et 9500 US$ en parité de pouvoir d’achat)
en 2001
Taux de croissance : +6,9% en 2000 ; -0,3% en 2001 ; +1,5% en 2002
(prévision)
Taux de chômage : environ 3% officiellement ; sous-emploi de l’ordre de
20%
Inflation : 4,7% sur 12 mois en mai 2002
Déficit budgétaire : environ 0,8% du PIB ; entre 3 et 4% du PIB pour le
déficit public
Déficit courant : 17,5 Mds USD, soit 2,8% du PIB en 2001 ; 3% du PIB en
2002 (p)
Dette extérieure : 160 Mds USD
Déficit commercial : 9,8 Mds USD en 2001
Importations : 168,3 Mds USD en 2001
Exportations : 158,5 Mds USD en 2001
Exportations françaises vers le Mexique : 1,39 Md EURO en 2001
Importations françaises du Mexique : 0,6 Md EURO en 2001
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Réception dans l'hémicycle de Monsieur Vicente Fox
Quesada Président des États-Unis mexicains
Discours de Monsieur Jean-Louis DEBRÉ
Président de l'Assemblée nationale
Jeudi 14 novembre 2002
-------
Monsieur le Président des États-Unis mexicains,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Il y a maintenant plus de trente huit ans, en mars 1964, la
France rendait pour la première fois visite au Mexique à l'occasion d'un
voyage officiel du Général de Gaulle. Dix sept ans plus tard, en octobre
1981, c'est au Mexique encore que le Président François Mitterrand
accomplissait l'un de ses premiers déplacements officiels à l'étranger à
l'occasion de la Conférence Nord-Sud de Cancun. Le Général de Gaulle comme
le Président Mitterrand avaient eu, en ces circonstances, le privilège de
s'adresser au Congrès des États-Unis mexicains et de dire au peuple
mexicain, à travers ses représentants, l'amitié de la France pour votre
grand pays.
Depuis, les visites entre hauts responsables de nos deux
nations se sont multipliées. Pour ne citer que les plus marquants, la visite
d'État du Président Portillo en octobre 1997 suivie de la visite du
Président de la République française à Mexico en novembre 1998, ont ainsi
témoigné du prix que nous attachons à cette relation. Vous-même, Monsieur le
Président, êtes déjà venu en France à deux reprises, une première fois en
octobre 2000 avant même votre investiture, puis de nouveau en octobre 2001.
Mais aucun Président des États-Unis mexicains ne s'était
encore exprimé devant l'Assemblée nationale. C'est vous dire, Monsieur le
Président, l'honneur que vous faites à la Représentation nationale française
en acceptant son invitation.
En vous recevant, c'est un pays très ancien par son histoire
et sa civilisation que nous accueillons ; une terre épique qui a su, au
travers de multiples épreuves, conjuguer l’héritage d’une culture antique et
de la conquête espagnole. Par l'alchimie de cette synthèse originale, votre
nation s’est forgée une identité dont la force et la singularité fascinent
tous ceux, et ils sont nombreux, qui s'en approchent.
Mais c'est aussi un pays aux institutions et traditions
démocratiques fortement établies que nous recevons. Il y a près d'un siècle,
la Révolution mexicaine aboutissait à l'adoption d'une nouvelle Constitution
: elle posait les fondements d'un État de droit auquel votre pays est,
depuis, toujours resté fidèle, faisant à plusieurs reprises du Mexique une
exception en Amérique latine. Votre élection le 2 juillet 2000, en
permettant l’alternance, a démontré la vigueur de cette tradition
démocratique.
La force de son identité nationale, la solidité de ses
institutions, la créativité de ses artistes et de ses savants, le dynamisme
de ses industriels, ont fait du Mexique la première économie de l'Amérique
latine, la dixième puissance commerciale du monde. Bref, un pays avec lequel
il faut compter sur la scène mondiale.
Il est donc naturel que nos deux pays, que rapprochent des
parcours singuliers, aient, par delà les solidarités fortes que commande
leur environnement naturel, continent américain pour le Mexique, Union
européenne pour la France, développé des liens étroits et durables. La
France est ainsi le troisième investisseur européen au Mexique, son onzième
fournisseur et son quatorzième client ; plus de sept cents entreprises à
capital français sont aujourd'hui implantées dans votre pays et les plus
grands groupes, que ce soit dans l'énergie, les transports, l'automobile,
l'eau, les techniques de l'information et bien d'autres secteurs encore, ont
depuis longtemps reconnu dans le Mexique une destination indispensable.
L'entrée en vigueur, il y a un peu plus de deux ans, du traité de libre
échange entre le Mexique et l'Union européenne devrait contribuer à donner à
cette coopération un nouvel élan, dont votre visite est, nous l’espérons, le
signe.
Monsieur le Président, le développement de ces intérêts
légitimes ne saurait résumer la relation franco-mexicaine. Celle-ci
s'enrichit d'une vision du monde largement partagée. Voilà longtemps que la
France et le Mexique se reconnaissent dans ces principes constitutifs de
l’organisation d’un monde civilisé que devraient être l'indépendance
nationale, l’affirmation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, la
primauté du droit international sur la loi du plus fort, l’attachement au
règlement pacifique des différends entre les Nations.
La France et le Mexique mesurent ensemble combien dans ce
monde globalisé et interdépendant qui est désormais le nôtre, les Nations
qui ont en commun les mêmes valeurs doivent agir ensemble : pour lutter
contre le terrorisme et s’attaquer aux causes de sa progression, pour
combattre la dégradation de la planète et de son environnement naturel, qui
frappe d’abord les pays les plus fragiles et les plus démunis, pour mettre
la mondialisation au service de l’homme. Que de grands défis à relever la
main dans la main !
L'élection de votre pays, après plus de vingt ans d'absence,
au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour 2002 et 2003 est le signe de
votre engagement retrouvé dans les affaires du monde et dans la défense des
principes du droit international. Elle est pour nous Français et Mexicains,
l'occasion de travailler de concert et de soutenir dans les grandes
questions du moment, une position voisine, comme en témoigne la similitude
de nos vues sur la crise irakienne.
C’est assez dire, Monsieur le Président, que nous nous
reconnaissons dans la même conception d’un ordre international multilatéral
respectueux des principes de la Charte des Nations Unies ; un ordre
international marqué par l’acceptation du pluralisme politique et de la
diversité culturelle qui sont deux facettes indissociables d’un monde
vraiment libre.
Il est significatif à cet égard que nos deux pays aient signé
en novembre 1998 une déclaration commune sur la promotion de la diversité
culturelle ; que le Mexique ait accueilli à Oaxaca, en 1999, une réunion des
ministres de la culture des pays attachés à lui donner un sens, pour lancer
un processus qui depuis a fait son chemin, avec l’adoption par l’UNESCO en
novembre 2001 d’une importante déclaration sur la diversité culturelle.
Il est significatif encore que nos deux pays entretiennent
des liens culturels et linguistiques forts, notamment au travers des deux
lycées franco mexicains de Mexico et de Guadalajara, de l'école Molière de
Cuernavaca, ou encore de l'Alliance française. Nous ne doutons pas que la
France et le Mexique, qui dans cette démarche pour le dialogue des cultures
ont été des pionniers, se retrouveront pour promouvoir la conclusion d'une
convention internationale sur la diversité culturelle, tant il s’agit
maintenant de passer des intentions aux actes.
Voilà bien des raisons pour lesquelles nous sommes
particulièrement heureux, Monsieur le Président, de recevoir aujourd'hui en
vous le représentant d'un grand pays dont la France est l'amie et le
partenaire. Voilà bien des raisons pour lesquelles nous sommes impatients de
vous entendre.
La parole est à Monsieur Vicente Fox Quesada, Président des
États-Unis mexicains.

Allocution prononcée par M. Vicente Fox Quesada, Président des
États-Unis mexicains
à l'Assemblée Nationale.
Paris, 14 novembre 2002
Monsieur
le Président de l'Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les députés,
Chers amis,
Je remercie
M. Jean-Louis Debré de son aimable invitation qui me vaut l'honneur et le
privilège de m'adresser aux dignes représentants du peuple français
dans cette enceinte historique.
Cet
hémicycle a été le témoin de moments clés de l'histoire de France, et
a eu une influence décisive sur l'évolution des institutions qui font de
ce pays l'une des grandes démocraties du monde. Je reconnais la force et
[e dynamisme de la société française, et je tiens à exprimer la
volonté du Mexique de développer un dialogue constructif avec vous tous
qui, depuis cette assemblée parlementaire, contribuez au renforcement de
la paix et du développement dans le monde.
Nos deux
pays ont entretenu une relation longue et féconde. Le Mexique
indépendant est l'héritier d'idées et de valeurs nées en France, qui
ont aidé à définir son identité politique. Les philosophes des
Lumières ont influé de façon considérable sur la formation de l'État
mexicain et. de ce fait, font partie de notre propre histoire
intellectuelle. Aujourd'hui, les aspirations républicaines de liberté,
d'égalité et de fraternité, sont des éléments essentiels des idéaux
politiques du peuple mexicain et orientent l'action de son gouvernement.
Le Mexique,
tout comme la France, a su répondre à l'appel de l'histoire. Nous sommes
devenus une nation indépendante dans cette nouvelle ère inaugurée par
la Guerre d'indépendance des États-Unis et la Révolution française ;
pendant le XIXe siècle, nous nous sommes consacrés à la tâche ardue
de la construction nationale, qui allait peu à peu définir l'État
mexicain; au début du XXe siècle, à la suite de la Révolution
mexicaine, nous avons procédé à une réforme sociale historique et,
tout au long de ce siècle, nous avons consolidé nos institutions
nationales.
Il y a deux
ans, nous avons effectué une transition politique pour accéder à une
pleine démocratie, exprimant ainsi la volonté du Mexique d'être le
protagoniste de sa propre histoire et de participer de façon active et
légitime sur la scène internationale.
Mon pays
est entré dans le nouveau millénaire avec un gouvernement pluriel, issu
d'un processus électoral exemplaire. Durant de nombreuses années, des
forces politiques de courants divers ainsi que d'innombrables citoyens ont
lutté pacifiquement pour la consolidation démocratique que désirait le
peuple mexicain. Fermement instaurée, la démocratie fait désormais
partie intégrante de la vie quotidienne des Mexicains.
L'équilibre
des pouvoirs est un élément central de notre nouvelle vie politique.
Maintenir cet équilibre s'est avéré un exercice difficile et complexe,
mais nécessaire à la consolidation du Mexique des mille voix que nous
souhaitons tous. Ce Mexique trouve une expression privilégiée dans le
dialogue constant que le gouvernement a entamé avec la société civile,
pilier essentiel de notre système démocratique.
L'un des
principaux défis de la société mexicaine consiste à garantir la pleine
application de l'État de droit. C'est pour cette raison que nous avons
renforcé le règne de la légalité dans tous les domaines. Nous n'avons
épargné aucun effort pour combattre la corruption et l'impunité, car
nous sommes convaincus que l'obligation juridique et éthique de ce combat
n'a pas de couleur politique, qu'elle se situe au-delà de tout intérêt
sectoriel ou de parti. Dans ce même esprit, nous avons nommé un
procureur spécial chargé d'enquêter sur des cas de répression
policière des cinquante dernières années et avons ouvert aux citoyens
les archives officielles sur ces événements du passé.
La
situation qui prévaut aujourd'hui au Chiapas est un sujet qui a suscité
un vif intérêt au sein de la communauté internationale. Nous avons mis
en œuvre un ensemble de réformes constitutionnelles en matière de droit
et culture indigènes et avons entrepris une politique ambitieuse pour
améliorer les conditions de vie des peuples indigènes au Mexique, Nous
savons que beaucoup reste à faire, mais nous devons avant tout rétablir
un dialogue constructif avec tous les groupes et tous les secteurs qui
participent à cette tâche importante. Dans une société démocratique,
les positions extrêmes qui rejettent la conciliation et les consensus
nécessaires à la solution des problèmes, sont inadmissibles.
Je sais que
le peuple français voit avec sympathie la transition démocratique que
vit actuellement mon pays. Mais il ne s'agit pas d'une simple mise en
conformité avec les valeurs contemporaines. Il s'agit d'un changement de
fond qui a fait de nous un pays démocratique, améliorant notre
fiabilité en tant que partenaire et acteur sur la scène internationale.
Le Mexique
a donné des preuves de son nouvel engagement à l'égard des Droits de
l'Homme. Nous sommes une société plurielle et tolérante, ouverte à
l'examen et à la coopération internationale. Nous savons que la défense
des Droits de l'homme dans notre pays a été renforcée par les liens
étroits que nous maintenons avec les mécanismes et les organismes
internationaux, ainsi qu'avec les organisations non gouvernementales. Nous
partons du principe que les Droits de l'Homme représentent des valeurs
absolues et universelles, et qu'il incombe à tous les États,
individuellement et collectivement, de veiller à leur respect. En même
temps, nous sommes convaincus qu'en les promouvant à l'étranger, nous
contribuons à faire en sorte que leur application soit pleinement
garantie au Mexique,
Notre
politique des droits de l'homme a modifié l'image que nous projetons vers
l'extérieur. Un pays comme le Mexique qui ne dispose pas d'instruments de
pouvoir traditionnel - comme la puissance militaire ou économique- pour
peser sur les événements internationaux, doit utiliser d'autres formes
d'influence. Celle que la diplomatie de mon pays est en mesure d'exercer,
provient de l'attrait que sa société et sa culture exercent sur les
autres peuples, notamment durant l'actuelle période de renouveau
démocratique et de vitalité culturelle. Mais elle se nourrit également
de l'engagement mexicain à l'endroit des valeurs universelles. Projeter
ces facteurs de manière consciente et délibérée sur le reste du monde,
nous confère une nouvelle marge d'action, ce que l'on nomme de nos jours
le "pouvoir doux". Ce concept ne vous est pas inconnu. Pendant
longtemps, la France a su user efficacement de cette forme d'influence
positive de par le monde. Maintenant que le Mexique a commencé à mettre
en œuvre cette politique, les liens entre nos deux pays se sont intensifiés
et renforcés.
La
consolidation des institutions démocratiques, le renforcement de l'État
de droit et l'influence croissante du Mexique sur la scène
internationale, nous offrent une nouvelle opportunité pour approfondir
nos relations avec la France. Par le passé, nos gouvernements ont souvent
visé les mêmes objectifs et déployé les mêmes efforts, dans le
domaine international, comme l'a démontré leur action conjointe pour
promouvoir la paix en Amérique Centrale dans les années quatre-vingt.
Aujourd'hui, grâce à l'ensemble des valeurs et des intérêts que nous
partageons, nous pouvons à nouveau unir nos efforts et exercer dans le
monde une influence plus efficace et positive encore, comme partenaires et
alliés d'un nouvel axe transatlantique.
En fait, ce
processus est déjà en marche. Chacune de nos deux nations reconnaît et
encourage la présence bienveillante et constructive de l'autre sur la
scène internationale, Nous entretenons un dialogue continu et maintenons
de nombreuses convergences dans les instances internationales. Au cours de
cette année, nous avons pu confirmer cette communauté de valeurs et
d'objectifs, ce qui nous a conduit à émettre les mêmes votes tant à la
Commission des Droits de l'Homme, que pour la récente résolution des
Nations Unies sur la Cour Pénale Internationale.
Cependant,
l'exemple le plus marquant de cette communauté d'objectifs et
d'intérêts qui unit le Mexique et la France, est le dialogue intense que
nous entretenons sur la question si complexe que constitue l'Irak. La
position de mon pays est claire : nous sommes convaincus que tous les
membres des Nations unies doivent respecter les résolutions du Conseil de
sécurité. L'Irak, pas plus qu'un autre pays, ne peut en faire exception,
Les inspecteurs des Nations unies doivent retourner dans ce pays pour
vérifier qu'il n'y existe ni production, ni possession, ni vecteurs
capables de transporter des armes de destruction massive. Cependant, toute
action éventuelle contre l'Irak pour non-respect des résolutions du
Conseil de sécurité, doit être fondée sur les rapports présentés par
les inspecteurs au Secrétaire général, et par celui-ci au Conseil de
sécurité. Le Mexique est convaincu que l'action d'un ou de plusieurs
pays, qui s'exercerait sans l'aval de la communauté internationale,
nuirait gravement à la crédibilité des Nations unies et restreindrait
leur capacité d'action. C'est pourquoi nous avons, depuis le début,
soutenu la position de la France,
Le dialogue
et la concertation nous ont permis d'atteindre des objectifs importants,
mais en agissant de concert, nos pays peuvent encore faire beaucoup plus
pour contribuer à la définition du nouveau système international.
Nombreuses sont les tâches qui restent à accomplir, mais je tiens à en
souligner deux qui, pour le Mexique, sont prioritaires,
La
première consiste à poursuivre l'élaboration d'un cadre normatif de
portée universelle. Au fur et à mesure qu'émergé une véritable
communauté mondiale, dans laquelle la plupart des nations partage
intérêts et besoins, il est indispensable d'édifier un système
international fondé sur des règles applicables à tous sans distinction,
qui permette de trouver des solutions mondiales à des problèmes
mondiaux, en s'appuyant sur les principes élémentaires d'équité, de
justice et de démocratie.
Les
Mexicains voient avec satisfaction l'activité sans précédent qui se
déploie actuellement dans les enceintes multilatérales en vue de créer
des régimes juridiques internationaux articulés autour de valeurs
universelles, auxquelles on ne saurait opposer la souveraineté de
l'État, et qui ont trait à des domaines tels que les Droits de l'homme,
la démocratie, l'égalité entre les sexes, les droits des peuples
autochtones, la protection de l'environnement, ou la lutte contre le crime
organisé et la corruption. Des thèmes de portée mondiale qui
constituent ce que l'on a appelé le "Nouvel Agenda
international". Le Mexique souhaite et encourage l'instauration d'une
régulation internationale accrue qui devienne le cadre d'action obligé
pour tous les États, quelle que soit leur puissance économique ou
militaire.
Ceci
m'amène à la seconde tâche que nous considérons comme prioritaire. La
communauté des nations connaît les effets négatifs qui peuvent
découler du libre jeu de souverainetés s'exerçant sans restriction.
Dans le système international contemporain, où subsiste une puissance
unique à laquelle sa force militaire et économique confère une position
privilégiée, il est indispensable de garantir que les relations entre
les pays soient régies par des normes conçues et acceptées par tous.
Nous devons éviter que persiste la tentation d'agir de manière
unilatérale, sans restrictions ni contrepoids.
Les
États-Unis sont une grande nation, un pays ami qui a apporté de grandes
contributions à la communauté internationale. Néanmoins, il semble
impératif de les persuader de se joindre à l'action collective et de
participer au nouveau système international fondé sur des normes
universelles. Autrement, ce système n'entrera jamais vraiment en vigueur.
La densité et la diversité de ces normes endigueront les actions
unilatérales, assurant la sécurité à tous les pays. Les États-Unis
tireront de l'application de ces normes des bénéfices considérables
puisqu'elles favoriseront une plus grande stabilité du système
international. En conséquence, il est dans l'intérêt de tous de
contribuer à l'élaboration de ce réseau de normes, en particulier
après les événements atroces survenus le 11 septembre de l'année
dernière. Si nous ne réagissons pas avec lucidité et clairvoyance, nous
courrons le risque que le système international entre dans une période
de conflit et d'instabilité.
Consciente
de ces défis, la diplomatie mexicaine s'est efforcée de trouver des
convergences politiques avec d'autres nations en vue de participer
activement à l'édification de ce nouvel ensemble de règles et de normes
universelles. Il en a résulté un rapprochement important des positions
de la France et du Mexique. Les initiatives françaises au sein des
différents organismes multilatéraux se caractérisent par leur
sensibilité à reconnaître l'identité des parties prenantes et par la
prise en compte des circonstances particulières de chacune d'elles, dans
le respect du droit international. Mon gouvernement partage pleinement
cette vision de l'action internationale et souhaite maintenir et renforcer
un dialogue ininterrompu, respectueux et franc avec le gouvernement
français, en vue de promouvoir des objectifs communs. Nous avons accompli
les premiers pas sur cette voie, mais beaucoup reste à :aire.
Des tâches
prioritaires que je viens de décrire, découle un ensemble d'actions
spécifiques auxquelles nos pays peuvent collaborer étroitement.
L'élaboration du Statut de la Cour Pénale Internationale constitue l'une
d'elles. Cette instance unique permettra de faire justice dans des cas de
génocide et de crime contre l'humanité, Nous aspirons à ce que les
responsables de ces crimes soient jugés sans exception, lorsqu'ils
n'auront pas été sanctionnés dans leurs propres pays. Le Mexique a
entamé le processus de ratification du Statut, processus qui exige la
réforme de certaines dispositions de notre Constitution. Mon gouvernement
est décidé à encourager l'adhésion de tous les pays à la Cour Pénale
Internationale afin que celle-ci devienne une institution viable et
efficace au service de l'humanité. Nous savons que la France partage cet
objectif et nous avons la volonté inébranlable d'œuvrer avec votre
gouvernement en vue de sa réalisation.
La
ratification du Protocole de Kyoto constitue une autre des actions que
nous devons entreprendre sans délai. Le Mexique est favorable à
l'entrée en vigueur de cette Convention, qui permettra d'affronter les
causes et conséquences du changement climatique, ainsi que de réduire
les risques mondiaux qu'il implique. C'est pour cela que nous avons été
parmi les premiers pays du continent américain à le ratifier.
Néanmoins, nous sommes conscients du fait que le Protocole ne sera viable
que si tous les pays s'engagent à respecter les obligations qui leur sont
imposées, tout en tenant compte de leurs responsabilités communes mais
distinctes. L'effort conjoint de la France et du Mexique peut s'avérer
décisif pour assurer la viabilité de ce Protocole.
Le
renforcement du dialogue entre l'Amérique latine et l'Europe sera
fondamental pour rapprocher et concilier nos positions sur ces sujets et
sur bien d'autres. Le Mexique s'est proposé d'être un pont entre nos
peuples. Nous avons participé activement au dialogue initié à Rio de
Janeiro en 1999, et nous continuerons d'être pleinement engagés dans ce
processus. Afin de consolider l'association stratégique entre nos deux
régions, mon pays sera le siège du Troisième Sommet des Chefs d'État
et de Gouvernement de l'Union européenne, de l'Amérique latine et des
Caraïbes, prévu pour 2004. Cette occasion nous offrira la possibilité
d'approfondir nos échanges et d'adopter des stratégies pour la promotion
de nos objectifs communs. La France et le Mexique peuvent être les
locomotives de ce processus.
La
stratégie internationale de mon gouvernement se caractérise par sa
volonté de renouveau. Le monde a changé, et le Mexique aussi. Nous
tenons à ce que notre politique étrangère réponde aux nouvelles
nécessités d'une nation pleinement démocratique, dans le contexte d'un
système international en voie de transformation. C'est pour cela, que
nous sommes décidés à assumer une position plus active au sein du
système international, ce qui nous permettra de peser dans la définition
de l'ordre mondial des prochaines décennies.
Mesdames et
Messieurs,
Depuis la
révolutionnaire Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen,
jusqu'à l'influence ininterrompue de la tradition juridique française
dans le droit mexicain, la civilisation française est très vivante au
Mexique. C'est peut- être là l'aspect le plus important de notre
relation ; une fascination mutuelle pour nos cultures respectives. Nous,
les Mexicains, avons été intimement nourris de culture française, tant
par la connaissance des auteurs et des artistes de cette grande nation,
que par la fréquentation de l'œuvre de certains des plus grands créateurs
du Mexique. Ce n'est pas un hasard si les trois écrivains mexicains les
plus éminents du XXème siècle, Alfonso Reyes, Octavio Paz et Carlos
Fuentes, ont été profondément imprégnés de culture française, ce qui
transparaît dans leurs œuvres, Carlos Fuentes évoquait récemment la
visite historique du président Charles de Gaulle à Mexico en mars 1964.
Ce fut la première visite officielle d'un chef d'État français dans
notre pays, et au cours de son séjour, il lui a été accordé la
distinction exceptionnelle de s'adresser aux Mexicains depuis le balcon du
Palais national. Ma présence ici auprès des représentants du peuple
français me semble une façon de confirmer cette profonde affinité et
cette amitié qui unissent nos peuples.
Cette
nation a toujours représenté une source de lumière et d'humanisme pour
le monde. Alfonso Reyes l'a exprimé avec son élégance et sa lucidité
habituelle, lorsqu'il a dit de la France : "Oh ! Patrie commune,
terre de tous I". Il ne s'agissait nullement d'une expression
d'indifférence à l'égard de son propre pays, qu'il aimait profondément
; il ne faisait là que manifester son admiration, l'admiration de tous,
pour la civilisation française. Je vous remercie pour le privilège qui
m'a été accordé de participer, dans ce palais, au dialogue entre le
Mexique et la France, patrie commune de l'humanité.
Merci
beaucoup.
París,
Francia, 14 de noviembre de 2002.
Versión estenográfica de las
palabras del Presidente Vicente Fox Quesada durante la Sesión Solemne
de la Asamblea Nacional, que esta mañana ofreció en su honor en el
Salón Plenario del "Edificio de Lassay", en esta ciudad.
Señor Presidente; señoras y señores diputados; amigas y amigos:
Agradezco la amable invitación del señor Jean-Louis Debré, quien me
otorga el honor y el privilegio de dirigir algunas palabras a las y
los dignos representantes del pueblo francés en este recinto histórico.
Este hemiciclo ha sido testigo de momentos claves de la historia de
Francia, y que ha ejercido una influencia decisiva en la evolución de
las instituciones que hacen de este país una de las grandes
democracias del mundo.
Que conozco el valor y el dinamismo de la sociedad francesa, y les
manifiesto la aspiración de México a desarrollar un diálogo
constructivo con todos ustedes que, desde este foro parlamentario,
contribuyen al fortalecimiento de la paz y el desarrollo en todo el
mundo.
Nuestros países han mantenido una larga y fecunda relación. El México
independiente es heredero de ideas y valores surgidos en Francia, que
contribuyeron a definir su identidad política.
Los filósofos de la ilustración ejercieron una poderosa influencia
en la formación del Estado Mexicano y se han convertido, por ello, en
parte de nuestra propia historia intelectual.
Hoy los anhelos republicanos de libertad, igualdad y fraternidad,
siguen siendo parte esencial del ideario político del pueblo de México
y orientan la acción de su gobierno.
México, como Francia, ha respondido siempre al llamado de la
historia. Surgimos como una nación independiente en el compás
abierto por la Guerra de Independencia de los Estados Unidos y por la
Revolución Francesa.
Emprendimos una ardua tarea de construcción nacional a lo largo del
siglo XIX, que gradualmente definiría el Estado Mexicano. Realizamos
como resultado de la Revolución Mexicana una reforma social histórica,
lo hicimos a principios del siglo XX y, a lo largo de ese siglo,
continuamos consolidando las instituciones nacionales.
Hace dos años logramos, de manera histórica, una transición política
hacia una democracia plena, expresión de la voluntad de México de
ser protagonista de su historia y de participar activa y legítimamente
en el escenario internacional.
Mi país ha iniciado el nuevo milenio con un gobierno plural, producto
de un proceso ejemplar en materia electoral. A lo largo de muchos años
diversas fuerzas políticas y muchos millones de mexicanas y mexicanos
luchamos pacíficamente por la consolidación democrática que deseaba
nuestro pueblo.
Hoy la democracia se ha instituido firmemente y forma parte de la vida
cotidiana de las y los mexicanos.
El equilibrio de poderes es un elemento central de esta nueva vida pública.
Mantener tal equilibrio ha demostrado ser un ejercicio difícil y
complejo, pero necesario para la consolidación del México de mil
voces que deseamos. Ese México encuentra una expresión privilegiada
en el diálogo continuo que desde el Gobierno hemos iniciado con la
sociedad civil, con el Congreso de la Unión, fundamento primario de
nuestro sistema democrático.
Uno de los mayores retos que enfrenta la sociedad mexicana es asegurar
la vigencia plena del Estado de Derecho. Por ello, estamos reforzando
la primacía de la legalidad en todos los ámbitos. No hemos
escatimado ningún esfuerzo para combatir la corrupción y la
impunidad, convencidos de que la obligación legal y ética de
enfrentarlas es políticamente neutral, ya que trasciende intereses
sectoriales y de partido.
Con ese mismo espíritu, hemos creado una Fiscalía Especial para la
Investigación de los Hechos de Represión Política y Policiaca de
los últimos 50 años. Y hemos abierto a las y los ciudadanos los
archivos oficiales relacionados sobre esos acontecimientos del pasado,
incluidos los del Ejército Mexicano.
Un tema que ha generado especial interés en el ámbito internacional
es la situación que prevalece en Chiapas.
Mi Gobierno ha promovido un conjunto de reformas constitucionales en
materia de derechos y cultura indígenas, que ha sido aprobada por el
Congreso de la Unión y que representa una ley de vanguardia.
Sabemos que aún falta mucho por hacer para impulsar la dignificación
de nuestros hermanos y hermanas indígenas, pero hemos restablecido un
diálogo constructivo con todos los grupos, con todas las comunidades,
con todos los sectores involucrados en esta importante tarea.
En una sociedad democrática no es admisible mantener una oposición
extrema que rechaza la conciliación y los consensos necesarios para
la resolución de los problemas.
Sé que el pueblo francés ve con simpatía la transición democrática
que mi país vive actualmente. Pero no se trata únicamente de un
cambio conforme con los valores contemporáneos, se trata de una
transformación profunda que nos ha convertido en un país democrático,
acrecentando nuestra confiabilidad como socios y actores en el
escenario internacional.
México ha demostrado un nuevo compromiso con los derechos humanos,
somos una sociedad plural y tolerante, abierta al escrutinio y a la
cooperación internacional. Sabemos que la defensa de estos derechos
en nuestro país se ha fortalecido en virtud de los estrechos lazos
que mantenemos con foros, organizaciones y mecanismos internacionales.
Partimos del reconocimiento de que los valores humanos constituyen
valores absolutos y universales y que es obligación de los estados,
tanto individual como colectivamente, velar por su respeto.
Al mismo tiempo, estamos convencidos que al promoverlos en el exterior
estamos contribuyendo a garantizar que en México tales valores tengan
plena vigencia. Todo ello ha repercutido en la imagen que proyectamos
al exterior.
Un país como México, que no cuenta con instrumentos de poder
tradicionales, como la fortaleza militar o económica, para incidir en
los acontecimientos internacionales necesita aprovechar otras formas
de influencia.
Lo que mi país puede ejercer por medio de su diplomacia se deriva de
la atracción que nuestra sociedad y nuestra cultura despiertan en
otros pueblos, de la autoridad moral que hemos construido a través
del tiempo y, particularmente, por este período de renovación democrática
y vitalidad cultural. También se nutre del compromiso de México con
los valores universales.
El proyectar estos factores de manera consciente y deliberada hacia el
resto del mundo, nos ha conferido una nueva imagen y un nuevo margen
de acción, eso que se llama ahora “poder suave”. Para ustedes
este concepto no resulta desconocido.
Por largo tiempo Francia ha sabido utilizar con eficacia esta forma de
influencia positiva en el mundo. Ahora que México ha comenzado a
desarrollar una política similar, la vinculación entre nuestras dos
naciones se ha vuelto más intensa y más estrecha.
La consolidación de las instituciones democráticas, el
fortalecimiento del Estado de Derecho, la ampliación del margen de
influencia internacional de México, nos ofrecen una nueva oportunidad
para profundizar nuestra relación con Francia.
En el pasado nuestros gobiernos llegaron a unir propósitos y
esfuerzos en el ámbito internacional, como lo demostró la labor
conjunta que desarrollaron para promover la paz en América Central
durante la década de los 80.
Ahora, gracias al conjunto de valores e intereses que compartimos,
podemos volver a unir esfuerzos y ejercer como socios y aliados en un
nuevo eje trasatlántico una influencia más eficaz y positiva en el
mundo.
En realidad éste es ya un proceso en marcha, cada una de nuestras
naciones reconoce y alienta la presencia benigna y constructiva de la
otra en el escenario internacional.
Sostenemos un diálogo continúo y mantenemos numerosas convergencias
en foros internacionales.
A lo largo de este año hemos podido confirmar esa comunidad de
valores y propósitos, lo que nos ha llevado a emitir nuestros votos
en el mismo sentido, tanto en la Comisión de Derechos Humanos, como
en la reciente resolución de las Naciones Unidas sobre la Corte Penal
Internacional.
No obstante, el ejemplo más poderoso de esta comunidad de objetivos e
intereses entre México y Francia es el intenso diálogo y tarea
diplomática que hemos desarrollado entorno a la compleja cuestión de
Iraq.
La posición de mi país en este caso ha sido clara, sostenemos que
todos los miembros de las Naciones Unidas deben acatar las
resoluciones del Consejo de Seguridad, ni Iraq ni ningún otro país
puede ser la excepción.
Los inspectores de Naciones Unidas deben de regresar a ese país para
verificar que no haya producción, almacenamiento ni capacidad de
transporte militar de armas de destrucción masiva.
Sin embargo, cualquier acción eventual en contra de Iraq por el
incumplimiento de las resoluciones del Consejo de Seguridad debe
hacerse con base en los informes que los inspectores de armas
presenten al Secretario General y éste a su vez al Consejo de
Seguridad.
México está convencido que la acción de uno o varios países sin el
consenso de la comunidad internacional dañaría seriamente la
credibilidad y la capacidad de acción del Sistema de las Naciones
Unidas, por eso apoyamos desde el principio la posición de Francia.
El diálogo y la concertación nos han permitido alcanzar logros
importantes, pero nuestros países pueden hacer mucho más, debemos
hacer mucho más en la definición del nuevo Sistema Internacional si
actuamos unidos.
Hay numerosas tareas que emprender, pero quisiera destacar dos que a
juicio de México resultan prioritarias. La primera consiste en
continuar impulsando un marco normativo de alcance internacional y
universal.
Conforme emerge una verdadera comunidad mundial en la que la gran
mayoría de las naciones comparte intereses y necesidades, resulta
indispensable edificar un Sistema Internacional basado en reglas
aplicables a todos por igual, que permita buscar soluciones globales a
problemas globales, con base en principios elementales de equidad,
justicia y democracia.
Las y los mexicanos vemos con satisfacción la actividad sin
precedentes que se registra actualmente en los foros multilaterales,
para la creación de regímenes jurídicos internacionales,
articulados entorno a valores universales, a los cuales no se puede
oponer la soberanía del Estado.
En ámbitos como los derechos humanos, la democracia, las cuestiones
de género, los derechos indígenas, la protección del medio ambiente,
el combate al crimen organizado y la corrupción; es decir, en los
temas de alcance global que conforman la llamada nueva agenda.
México desea y alienta el establecimiento de una mayor regulación
internacional que constituye un marco de obligaciones para todos los
estados, independientemente de su poder económico o militar.
Ello me lleva a la segunda de las tareas que consideramos prioritarias,
la comunidad de naciones conoce los efectos negativos que puede
generar el libre juego de soberanías irrestrictas.
En el Sistema Internacional Contemporáneo, dentro del cual subsiste
una potencia única cuyo poderío militar y económico le confiere una
posición preeminente, es indispensable asegurar que las relaciones
entre países se rijan por normas concebidas y aceptadas por todos.
Debemos evitar que persista la tentación de actuar de manera
unilateral sin cortapisas ni equilibrios.
Estado Unidos es una gran nación, es un país amigo, es un socio que
ha hecho invaluables aportaciones a la comunidad internacional.
Sin embargo, resulta imperativo persuadirle para que se sume a la acción
colectiva y sea partícipe del nuevo sistema internacional basado en
normas universales, pues de otro modo ese sistema jamás tendrá
vigencia plena.
La densidad, la diversidad de esas normas, será un dique a la acción
unilateral, lo que ofrecerá seguridad a todos los países; pero también
traerá considerables beneficios a Estados Unidos, al propiciar una
mayor estabilidad en el sistema internacional, a todos conviene, a
todos conviene, por tanto, contribuir al establecimiento de un
entramado de normas, sobre todo, después de los atroces hechos del 11
de septiembre del año pasado.
De no reaccionar ante ellos con lucidez y previsión, corremos el
riesgo de que el sistema internacional entre en un período de
conflicto e inestabilidad.
Consciente de estos desafíos, la diplomacia mexicana ha puesto su
empeño en la búsqueda de convergencias políticas con otras naciones,
de modo que podamos participar activamente en la edificación de este
nuevo conjunto de reglas y normas universales. Ello, ha traído como
consecuencia un mayor acercamiento en las posiciones de Francia y México.
Las iniciativas francesas en los diversos foros multilaterales se
caracterizan por su sensibilidad, por reconocer siempre a las
diferentes partes y tomar en cuenta sus circunstancias específicas,
respetando el derecho internacional.
Esta visión del quehacer internacional es también la de mi Gobierno,
que desea mantener y fortalecer un diálogo fluido, respetuoso, franco
con el gobierno de Francia para promover las metas que compartimos.
Hemos dado los primeros pasos en este sentido, pero faltan cosas por
hacer.
A partir de las tareas prioritarias que he descrito, se deriva un
conjunto de acciones específicas en las que nuestros países pueden
colaborar estrechamente. Una de ellas, consiste en construir el
andamiaje del Estatuto de la Corte Penal Internacional, instancia única,
que permitirá la aplicación de la justicia por los delitos de
genocidio y de lesa humanidad.
Aspiramos a que los responsables de sus crímenes sean sometidos a
proceso, sin excepciones cuando no hayan sido sancionados en sus
propios países.
México ha emprendido el proceso legal para ratificar el Estatuto que
exige las reformas de algunas disposiciones de nuestra Constitución.
Mi Gobierno está decidido a promover la adhesión de todos los países
a la Corte para convertirla en una institución viable y efectiva al
servicio de la humanidad.
Sabemos que Francia comparte este objetivo y tenemos la firme voluntad
de trabajar junto con su gobierno para hacerlo realidad.
La ratificación del Protocolo de Kyoto es otra de las acciones que
debemos emprender sin dilación. México favorece la entrada en vigor
de esta Convención, la cual permitirá enfrentar las causas y
consecuencias del cambio climático, así como reducir los riesgos
globales que esto implica. Por eso fuimos uno de los primeros países
del continente americano en ratificarla.
No obstante, estamos conscientes de que el Protocolo sólo podrá ser
viable si logramos que todos los países se comprometan, tomando en
cuenta sus responsabilidades comunes, pero diferenciadas a cumplir con
las obligaciones que el mismo impone.
El fortalecimiento del diálogo entre América Latina y Europa será
fundamental para acercar y conciliar nuestras posturas en torno a
estos y otros temas.
México se ha propuesto ser un puente entre los pueblos de ambas
regiones. Hemos participado activamente en el diálogo iniciado en Río
de Janeiro en 1999, y seguiremos desempeñando un papel comprometido
con ese proceso.
Con miras a consolidar la asociación estratégica entre ambas
regiones, mi país será sede de la III Cumbre de Jefes de Estado y de
Gobierno de la Unión Europea, América Latina y el Caribe, a
celebrase en el año 2004.
En esa ocasión, podremos continuar profundizando nuestros
intercambios y acordar estrategias que promuevan los objetivos que
compartimos. Francia y México pueden ser las locomotoras de este
proceso.
La estrategia internacional de mi Gobierno se caracteriza por su
voluntad de renovación. El mundo ha cambiado, México también lo ha
hecho.
Queremos que nuestra política exterior responda a las nuevas
necesidades de una nación plenamente democrática en el contexto de
un sistema internacional en proceso de transformación.
Por eso, hemos decidido asumir una actitud más activa en el sistema
internacional, participar donde se toman las decisiones responsables
que tienen que ver con el orden mundial y que habrá de prevalecer en
las próximas décadas.
Señoras y señores:
Desde la revolucionaria Declaración de los Derechos del Hombre y del
Ciudadano, hasta la continua influencia de la tradición jurídica de
Francia en el Derecho Mexicano, la civilización francesa vive en México.
Acaso aquí radica lo más trascendente de nuestra relación, en la
fascinación mutua por nuestras respectivas culturas.
Las y los mexicanos tenemos una vivencia íntima de la cultura
francesa, tanto por nuestro contacto con autores y artistas de esta
gran tradición, como por la obra de algunos de los más grandes
creadores de México.
No es casual que los tres escritores mexicanos más importantes del
siglo XX, Alfonso Reyes, Octavio Paz, Carlos Fuentes, hayan tenido una
profunda impregnación de la cultura de Francia que se ve reflejada en
sus obras.
Recientemente este último recordaba la histórica visita del
Presidente Charles De Gaulle a la ciudad de México, en marzo de 1964,
la primera de un Jefe de Estado de Francia a nuestro país, en la que
se le confirió la distinción inusual de dirigirse a las y los
mexicanos desde el palco de Palacio Nacional.
Mi presencia hoy ante esta distinguida Asamblea es una manera de
refrendar esa profunda amistad que une a nuestros pueblos.
Esta nación ha representado siempre una fuente de luminosidad y
humanismo para el mundo.
Alfonso Reyes lo expresó con su habitual elegancia y lucidez, al
decir de Francia: "¡Oh, patria común; oh, tierra de todos!".
El que amaba profundamente a su país no hacía con ello un desaire a
su propia tierra, sólo manifestaba su admiración, la admiración de
todos por la civilización francesa.
Les agradezco a ustedes este honor y privilegio de permitirme
participar en este recinto en el diálogo de México con Francia, esta
patria común de la Humanidad.
Muchas gracias.

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