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Présentation
de l'Union interparlementaire
 


L'Union interparlementaire est l'organisation des Parlements des États souverains dans le monde. Elle est aussi la plus ancienne des institutions internationales à caractère politique puisque sa naissance date de 1889. C'est un député français, Frédéric Passy, qui à l'époque eut l'idée, avec un de ses collègues britanniques, William Randal Cremer, de créer cette organisation destinée à œuvrer au service de la paix.

Aujourd'hui, l'UIP est toujours ce foyer de la concertation à l'échelle mondiale. Elle poursuit sa vocation de promotion de la paix et de la coopération entre les peuples par la voie parlementaire et entend développer et renforcer les institutions représentatives dans un très grand nombre de pays. Actif depuis la création de l'UIP, le Parlement français continue de se mobiliser et contribue au mieux de ses possibilités à la réalisation des objectifs ambitieux de cette organisation.

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L'Union interparlementaire, qui est l'organisation mondiale des Parlements des États souverains, est la plus ancienne des institutions internationales à caractère politique.

Sa naissance, en 1889, se situe dans le contexte des idées pacifistes qui s'étaient développées au milieu du XIXe siècle : le souvenir des campagnes napoléoniennes restait vif, et les tensions causées par les ambitions des empires comme par la montée des nationalismes avaient suscité un mouvement d'opinion qui refusait la fatalité de la guerre et réclamait la création de mécanismes susceptibles de résoudre les conflits par la négociation, après l'échec des moyens diplomatiques ordinaires.

L'idée de créer une structure permettant de réunir régulièrement des parlementaires de tous les pays pour faire progresser l'application de ce que l'on appelait alors l'arbitrage international fut d'abord lancée, semble-t-il, par le député autrichien Robert de Walterdkircher puis reprise en Espagne, en Allemagne, en Italie et en Belgique. Mais ce sont deux députés, français et britannique, qui la concrétisèrent : Frédéric Passy et William Randal Cremer, deux personnages que tout aurait pu opposer mais qui se fixèrent un même but : la mobilisation des parlements au service de la paix.

Frédéric Passy était issu d'une famille de grands bourgeois intellectuels. Juriste, économiste, brillant conférencier, libéral convaincu opposé au socialisme, adversaire déclaré du régime impérial, fondateur en 1867 de la Ligue internationale de la paix qui devint plus tard la Société française pour l'Arbitrage entre Nations, auréolé, dès cette époque, du titre d'Apôtre de la paix, il contribua à la création de l'Institut de droit international et participa à tous les congrès internationaux de la paix. Membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1877, député de la Seine de 1881 à 1889, il siégea à gauche mais fit preuve d'une très grande indépendance à l'égard des partis, refusant de s'inscrire à un groupe et d'obéir à des consignes de vote.

Tout autre était le profil de William Randal Cremer qui venait du prolétariat urbain. Élevé dans la misère, embauché à 12 ans comme « bouilleur de poix » dans un chantier de fabrication de bateaux, il aborda la politique en militant pour la journée de travail de 9 heures, la liberté syndicale et l'abolition du suffrage censitaire mais le caractère concret de ses revendications n'ayant pas été jugé suffisamment radical, son adhésion à la Première Internationale fut de courte durée. Après avoir entendu prôner dans une réunion publique le règlement des querelles entre nations par des moyens pacifiques, il se voua entièrement à la cause de l'arbitrage international. Proche des idées socialistes, il fut membre de la Chambre des Communes de 1885 à 1895, puis de 1900 à 1908.

En 1888, William Cremer, qui avait pris le relais de l'action de Henry Richard, fondateur en 1816 en Angleterre de la Société de la Paix, et avait notamment lancé en 1871 un projet de Haute Cour des Nations, prit contact avec Frédéric Passy, qui venait, avec quarante-quatre de ses collègues députés, de demander au Gouvernement français de négocier avec d'autres pays les moyens de régler les conflits internationaux à l'aide de l'arbitrage et de la médiation. Il lui proposa une rencontre entre parlementaires français et britanniques.

Cremer vint à Paris en juillet 1888 pour y soutenir l'idée d'un traité d'arbitrage entre la France et les États-Unis. Passy et lui furent reçus par le Ministre des affaires étrangères, M. Goblet, qui estima que la situation intérieure française ne lui permettait pas de prendre une telle initiative.

Cremer et Passy n'en poursuivirent pas moins leur projet de réunir des parlementaires français et britanniques pour faire progresser leurs idées. Cette réunion eut lieu le 31 octobre 1888 à Paris, au Grand Hôtel. Sept membres de la Chambre des Communes et vingt-cinq députés français y participaient. C'était peu, même en tenant compte des témoignages de soutien.

Passy ouvrit les débats. Il fut élu président, Cremer et Sir George Cambell vice-présidents. On exprima l'opinion qu'un traité d'arbitrage serait plus facile à obtenir entre la France et les États-Unis qu'entre ceux-ci et la Grande Bretagne, en raison du contentieux qui existait alors entre ces deux pays sur l'Irlande, le Canada et les pêcheries. La déclaration finale, adoptée à l'unanimité, prévoyait qu'une conférence plus large aurait lieu l'année suivante, réunissant les membres des parlements qui avaient soutenu les mêmes idées.

La première conférence interparlementaire se tint les 29 et 30 juin 1889, à l'Hôtel Continental, à Paris, et rassembla environ une centaine de parlementaires de huit pays : cinquante-cinq Français, vingt-huit Anglais, cinq Italiens, et un représentant pour la Belgique, l'Espagne, le Danemark, les États-Unis, la Hongrie et le Libéria.

On y adopta des résolutions en faveur de la juridiction arbitrale et l'on décida de se réunir chaque année, dans l'un des pays représentés. Un comité fut chargé de préparer la réunion de l'année suivante, à Londres.

L'Union interparlementaire était née. Elle ne trouva sa dénomination actuelle qu'en 1905, après s'être appelée "Conférence parlementaire de l'arbitrage", "Conférence interparlementaire pour l'arbitrage international," puis "Union interparlementaire de l'arbitrage et de la paix", ces changements successifs traduisant l'évolution des buts et de la vocation d'une institution qui ne tarda pas à élargir son champ de réflexion au désarmement, à l'étude de questions économiques et financières, à la responsabilité des États vis-à-vis des colonies et à la protection des minorités nationales.

Couronnant l'action à laquelle les fondateurs de l'Union interparlementaire consacrèrent leur vie, le Prix Nobel de la paix fut décerné à Frédéric Passy en 1901, l'année même de sa création, honneur qu'il partagea avec Henri Dunant ; en 1903, le prix fut attribué à William Randal Cremer.

Neuf pays étaient représentés à la première conférence de l'Union interparlementaire ; il y en avait une soixantaine entre les deux guerres, soixante-six en 1971, et cent trente-neuf en 2000, auxquels s'ajoutent cinq membres associés : l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, le Parlement andin, le Parlement centre-américain, le parlement européen et le Parlement latino-américain.

Les conférences statutaires de l'Union interparlementaire rassemblent désormais six à sept cents parlementaires ainsi que de très nombreux observateurs représentant, notamment, les organisations internationales et les institutions des Nations Unies concernées par l'ordre du jour.

C'est dire l'importance de l'évolution qu'a connue l'Union interparlementaire au cours des dernières années.

Foyer de la concertation interparlementaire à l'échelle mondiale, l'Union s'est donné pour vocation de promouvoir la paix et la coopération entre les peuples par la voie parlementaire, ainsi que le développement et le renforcement des institutions représentatives en étroite liaison avec l'Association des secrétaires généraux des Parlements (A.S.G.P.).

Elle est, dans les faits, l'homologue parlementaire des Nations Unies, auxquelles la lie, depuis 1996, un Accord de coopération.

La conférence des Présidents des Présidents des parlements nationaux qui s'est tenue au siège des Nations Unies à New York du 30 août au 1er septembre 2000 a poursuivi dans cette voie et ouvert de nouvelles perspectives à cette coopération.
http://www.ipu.org/

La France au sein de l'Union interparlementaire

Depuis la fondation de l'Union interparlementaire, deux parlementaires français ont assuré sa présidence : Fernand Bouisson, Président de la Chambre des députés, de 1928 à 1933, et André Chandernagor, de 1968 à 1973. Par ailleurs, la France a été à dix reprises membre du Comité exécutif. Elle a accueilli six conférences à Paris : en 1889, 1900, 1927, 1937, 1971 et 1994. En 2000, Marseille a accueilli une conférence spécialisée, la IIIème Conférence sur la sécurité et la coopération en Méditerranée.

Voir aussi :

La coopération interparlementaire

La présence de l'Assemblée nationale dans les institutions internationales