Tout a commencé à Versailles
L'an 1789 l'annonçait bien. Quelques mois plus tôt, le roi, Louis XVI, avait décidé de réunir les députés à Versailles. La date était fixée au 5 mai 1789. A cette occasion, le roi avait demandé aux députés des États généraux (assemblée composée de députés de la noblesse, du clergé et du peuple) d'écrire dans des cahiers (les cahiers de doléances) tout ce qui n'allait pas. C'était un immense espoir dans tout le pays. Surtout pour le peuple qui espérait que le roi comprendrait enfin sa misère en lisant ces cahiers. Un geste, une parole du roi suffirait. Nous sommes le 5 mai 1789. Mais…
Dame Gratiane s'en souvient. Elle y était. Parlez-lui donc de l'année 1787 où les pluies et les inondations ont détruit les récoltes ! Quelle catastrophe ! Cela a provoqué l'augmentation du prix du pain. Et l'année 1788, encore pire, avec la sécheresse et la grêle. Il a fait si chaud que les rivières n'avaient plus d'eau pour faire tourner les moulins dans lesquels on fait la farine. Que les pauvres ont souffert de faim ! Ah, si notre bon roi Louis XVI savait ! Aussi, quand dame Gratiane a appris que le roi avait décidé de réunir les États généraux, qu'elle était heureuse ! Le roi allait les sauver. Avec quelle joie elle a appris l'élection de son député. Il faut dire que cela faisait plus d'un siècle qu'on n'en avait pas élu !
5 mai 1789. Une foule immense était massée depuis le lever du jour aux abords du château de Versailles. Tous venaient voir et applaudir les 1 200 députés arrivés de la France entière.
Le roi a réuni, à Versailles, les États généraux. Le voilà. Il arrive.
Dans son discours, le roi avertit qu'il n'est pas question de faire des réformes. Tous les espoirs du peuple sont anéantis. Les députés sont là pour lui obéir. D'ailleurs, le roi voudrait augmenter les impôts. C'est le choc. Les députés du tiers état (c'est-à-dire du peuple) sont furieux. Pensez donc... les pauvres sont déjà si pauvres. Ils décident de réagir. Ils resteront à Versailles le temps qu'il faudra afin que le roi finisse par prendre en compte les demandes formulées dans les cahiers de doléance. Le 17 juin 1789, ils se proclament (se nomment) Assemblée nationale pour obliger le roi à les écouter. Et le 20 juin, le roi ayant ordonné la fermeture de la salle des Menus Plaisirs afin d'empêcher les représentants du tiers état de s'y réunir, un député du nom de Bailly a une idée. Il entraîne avec lui tous les députés du tiers état, une partie de la noblesse et du clergé dans la salle du Jeu de paume (salle où on pratiquait un sport ressemblant au squash). Là, ils jurent tous de ne pas se séparer avant d'avoir donné à la France une Constitution (un ensemble de règles) qui limite les pouvoirs du roi. Comment le roi va-t-il réagir ?
Le 23 juin, Louis XVI se rend dans la salle des Menus Plaisirs. Il menace de dissoudre (supprimer) l'Assemblée. Mais, finalement, le roi cède. Il accepte que les États généraux deviennent une Assemblée nationale. Le calme revient. Mais, le 11 juillet, c'est l'erreur. Le roi congédie (renvoie) son ministre Necker. Quand les Parisiens apprennent le renvoi de leur ministre bien aimé, ils se rassemblent dans les rues. Ils pillent (volent) les magasins d'armes. Des barricades s'élèvent dans les rues. Ils veulent encore des armes. Ils vont les chercher à l'Hôtel des Invalides, puis attaquent et s'emparent de la Bastille le 14 juillet : la foule excitée et ivre de sa victoire veut encore du sang...
La Révolution commence et va bouleverser tout le pays. Le 16 août, Louis XVI essaye de calmer le peuple et rappelle Necker. Mais les Parisiens ont donné l'exemple. Les révoltes se multiplient en province, dans les villes, les campagnes. Les paysans s'arment, attaquent, pillent, incendient les châteaux. L'Assemblée, pour calmer les paysans, décide dans la nuit du 4 août de supprimer tous les droits féodaux (c'est tout ce que devaient payer les paysans à leurs seigneurs). Puis le 26 août, elle rédige la Déclaration des droits de l'homme qui proclame la Liberté et l'Égalité pour tous les citoyens. De la royauté, il ne reste plus grand chose. Louis XVI a quitté son château de Versailles pour les Tuileries, à Paris. Son avenir est désormais entre les mains des députés qui doivent réfléchir au rôle qu'ils donneront au roi dans la nouvelle Constitution.
Pour comprendre 1789
Les Français sont divisés en trois ordres (le clergé, la noblesse et le tiers état).
Le clergé
Ce sont les cardinaux, les évêques, les curés, les moines. Mais si les évêques sont riches et puissants, le curé de campagne est généralement pauvre.
La noblesse
Réunit les grands seigneurs très riches qui vivent à la cour du roi mais aussi les petits nobles vivant souvent difficilement dans leurs châteaux, en province.
Le tiers état
Rassemble tout le reste (soit 96 % de la population). Il est formé de tous ceux qui travaillent et paient le plus d'impôts. lI comprend à la fois les riches bourgeois (commerçants, docteurs, avocats...) mais aussi les ouvriers et les paysans qui sont très pauvres. C'est le tiers état qui est à l'origine de la Révolution. Les nobles ne travaillent pas alors que les bourgeois ont la possibilité de s'enrichir. Ce sont eux qui s'occupent des industries et du commerce. Ils ont une grande importance dans la vie économique du pays (ils font travailler les ouvriers et construire des usines) mais n'ont aucun pouvoir dans l'État. Et ils veulent que cela change. D'un autre côté, les paysans et les ouvriers sont très pauvres. Ils sont écrasés par les impôts (la « taille » pour le roi, la « dîme » pour l'Église), mais aussi par les droits féodaux (supprimés le 6 août 1789) qu'ils doivent à leurs seigneurs. Par exemple, ils travaillent gratuitement pour eux un certain nombre de jours par an, ils doivent payer pour avoir le droit de faire paître leurs troupeaux, pour utiliser le four, les moulins...
Les États généraux
C'est une assemblée composée de députés élus par les trois ordres (clergé, noblesse, tiers état). En général, ils sont convoqués par le roi pour faire accepter de nouveaux impôts. Ils n'ont aucun pouvoir. Nés au XIVe siècle, les États généraux ne se sont plus réunis depuis 1614.
La Constituante (1789-1791)
Du 5 mai 1789 (date de la réunion des États généraux)à l'année 1791, la France bouge. Tout va très vite. L'Assemblée nationale (appelée la Constituante) donne à la France sa première Constitution.
En l'espace de deux ans seulement, la France change de visage. Déjà, dans la rue, les gens ne s'habillent plus comme avant. Au panier, les culottes courtes et les bas pour les hommes ! Au feu, les robes larges des femmes ! Place aux pantalons longs et aux jupes plus près du corps. Plus de Monsieur ou Madame, on se salue par du Citoyen, Citoyenne. Car les Français sont désormais des citoyens avec des droits. Et cela grâce aux députés qui ont rédigé(écrit) la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Tous les Français sont libres et égaux.
On parle, on crie, on chante. Des clubs se sont créés un peu partout. Ici, les partisans de la Révolution (les révolutionnaires) échangent des propos passionnés et rêvent d'un autre monde. Les députés y travaillent.
En 1791, l'Assemblée donne à la France sa première Constitution. C'est un ensemble de règles qui dit qui fait quoi et qui dirige. Désormais, ce n'est plus le roi qui fait les lois mais une Assemblée législative (elle remplace l'ancienne Assemblée). Les lois sont ensuite proposées au roi qui peut les accepter ou les refuser. Son pouvoir est diminué. Ce n'est plus une monarchie absolue où le roi n'avait de comptes à rendre qu'à Dieu, mais une monarchie constitutionnelle où il partage le pouvoir avec les hommes (les députés). L'Assemblée représente une France nouvelle divisée en 83 départements. Elle confisque tous les biens de l'Église (comme ses terres) qui deviennent biens nationaux (appartiennent maintenant à la Nation) et crée une nouvelle monnaie, l'assignat.
Hélas, avant même que l'Assemblée ait terminé de rédiger la Constitution, tout paraît compromis. Le roi, qui avait juré fidélité à son peuple et à la future Constitution, les trahit. Il tente de s'enfuir avec sa famille à l'étranger, le 20 juin 1791. Arrêtés à Varennes, ils sont ramenés à Paris, aux Tuileries.
L'Assemblée législative (1791 - 1792)
La Constituante vient de donner à la France sa première Constitution. Elle laisse la place à une nouvelle assemblée, l'Assemblée législative.
Ils sont jeunes ! Et tout nouveaux. Les députés de l'Assemblée législative ont entre 25 et 35 ans. Aucun d'entre eux n'avait été député. Tous sont contre la monarchie. Ils se divisent principalement en deux groupes, les Girondins et les Montagnards. Les Montagnards portaient ce nom parce que ces hommes s'asseyaient sur les bancs les plus élevés de l'Assemblée et les Girondins parce que ses principaux députés venaient du département de la Gironde. Robespierre, Marat, Danton sont des Montagnards. Ces « petits nouveaux » vont être très vite dépassés par les événements. En effet, malgré tous ces changements, le peuple n’est pas content. Beaucoup d'ouvriers n'ont pas de travail, le pain manque. Et les nobles, qui se sont enfuis à l'étranger dès 1791, font tout pour que l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse entrent en guerre et sauvent le roi.
Furieux, le peuple demande que les députés réagissent. Et le 20 avril 1792, l'Assemblée législative déclare la guerre à l'Autriche. Ça commence mal ! Notre pays est envahi. La Commune des révolutionnaires soutenus par Danton rendent Louis XVI responsable de cet échec. Le 10 août 1792, ils attaquent la résidence royale des Tuileries et obligent les députés à détrôner le roi. Celui-ci est emmené à la prison du Temple avec sa famille. L'Assemblée législative tombe. Elle est remplacée par la Convention.

C'est sous l'Assemblée législative que
Claude Joseph Rouget de Lisle crée la Marseillaise,
notre hymne national
© Assemblée nationale
Place à la Convention et vive la République (1792 - 1795)
C'est une grande première ! Les députés sont élus au suffrage universel, ce qui veut dire que tous les Français (sauf les femmes) peuvent voter. La Convention proclamera la République. Mais elle sera surtout marquée par les massacres de milliers de Français.
Ça commence mal pour les nouveaux députés de la Convention. La Commune, sous l'influence de Robespierre, fait régner la terreur. On arrête ceux qui ne sont pas d'accord avec la Révolution. On arrête les prêtres réfractaires (ceux qui refusent d'obéir à la Constitution qui dit que les prêtres sont maintenant nommés par l'Assemblée et plus par le pape). Les prisons sont pleines quand arrivent de mauvaises nouvelles : les armées autrichiennes et prussiennes se rapprochent de Paris. Excités par Marat, les révolutionnaires se précipitent dans les prisons et, du 2 au 5 septembre 1792, massacrent plus de 1 100 détenus. C'est la première Terreur.
Le 21 septembre 1792, au lendemain de la victoire de Valmy, la Convention proclame la République (le roi n'est plus rien depuis le 10 août 1792, jour où les députés ont suppriméla monarchie). Ainsi commence l'an I de la République. Aux airs de « Vive la Nation ! », les soldats font reculer l'ennemi. Les Prussiens et les Autrichiens retournent chez eux. Pour la première fois, l'armée d'un roi est vaincue par l'armée du peuple. La République est sauvée !
A mort le roi ! Les députés Montagnards demandent la mort du roi. Les Girondins (plus modérés) ont peur des Montagnards. Ils finissent par s'unir à eux. Et le 18 janvier 1793, la mort du roi est votée par 361 voix pour et 360 contre. Le 21 janvier 1793, le roi est guillotiné. Désormais, la Révolution ne peut plus revenir en arrière.
A la mort de Louis XVI, les États européens s'unissent (c'est une coalition) pour attaquer à nouveau la France. Notre pays est envahi. Partout, la nourriture manque. En Bretagne, le peuple se soulève contre la Convention. Il défend les prêtres réfractaires et refuse de servir dans l'armée révolutionnaire. Des Girondins soulèvent la Normandie et la Gironde. Lyon, Marseille et la Vendée se révoltent. Face au danger, la Convention décide de laisser le pouvoir à un nouveau gouvernement : le Comité de Salut Public. Dans toute la France, des personnes du Salut Public font exécuter les opposants. Des disputes éclatent entre les Montagnards. Robespierre réussit à faire guillotiner Danton. Il devient le chef du Comité de Salut Public et fait guillotiner près de 40 000 personnes. C'est la Grande Terreur.
Mais ses ennemis, qui craignent pour leur vie, font arrêter Robespierre. Il est guillotiné le 10 Thermidor An II (28 juillet 1 794). La Terreur prend fin.
Le Directoire (1795-1799)
La Convention a réussi à repousser les États européens, notamment grâce aux 14 victoires d'un certain Bonaparte, en Italie. La Convention laisse la place au Directoire (en 1 795). Il est composé de deux Assemblées (le Conseil des anciens et le Conseil des cinq cents) et de cinq directeurs. Mais il n'arrivera pas à rétablir l'ordre dans le pays. Il tombe en 1799.
De Bonaparte à Napoléon (1799 - 1814)
« Foutez-moi tout ce monde-là dehors ! » : à ce cri, les soldats de Bonaparte dispersent les députés. C'est le coup d'État du 18 Brumaire (9 novembre 1799) qui marque la fin de la République.
1799 : l'une des deux assemblées (le Conseil des Cinq-Cents) siège à Saint-Cloud (près de Paris). Brusquement, Bonaparte fait irruption. Hué par les députés, il doit sortir sous la protection de ses soldats. Lucien, son frère, en profite. Il déclare aux soldats de Napoléon que les députés ont voulu assassiner leur chef et leur crie « Foutez-moi tout ce monde-là dehors ! »
L'armée pénètre dans la salle et disperse les députés. Puis elle récupère, par ci par là, des députés et les ramène par la « peau du dos » dans la salle. Les députés sont alors obligés (sous la menace) de remplacer le Directoire par trois consuls (dont Bonaparte). L'armée vient d'imposer sa volonté aux députés. Le vainqueur, c'est Bonaparte. Désormais le pouvoir lui appartient, car sans lui et sans l'armée, les deux autres consuls, Sieyès et Roger Ducos, ne sont rien.
C'est la fin de la République et le début du Consulat. Bonaparte, devenu Premier consul, rétablit l'ordre.
Dans chaque département, il place un préfet chargé de faire respecter les lois. Il fait rédiger le Code civil (liberté d'opinion, liberté religieuse, égalité entre les hommes). Il crée la Banque de France qui fabrique les billets de banque. Enfin, il rétablit la paix avec les pays étrangers.
On renaît ! Bonaparte est nommé consul à vie. Mais il veut plus. Et en 1804, il se fait sacrer empereur. Il gouverne en souverain absolu et crée la Cour Impériale (il crée de nouveaux nobles). Les Français ont un nouveau « roi » mais cette fois-ci, il vient du peuple !
Napoléon réorganise l'enseignement, encourage de nouvelles cultures (la pomme de terre, la chicorée). Mais le peuple n'a plus de liberté ; la police surveille tout.
Napoléon veut devenir le maître de l'Europe. Il crée la Grande Armée et récompense ses soldats en créant la Légion d'honneur. La Grande Armée remporte de nombreuses victoires (Austerlitz, léna, Friedland, Wagram). Mais Napoléon est battu en Russie. C'est la fin. Il doit signer la paix à Fontainebleau en 1814. Vaincu, il est envoyé en exil à l'île d'Elbe.
La monarchie est rétablie (1814 - 1848)
La Restauration et la monarchie de Juillet succèdent à l'empire. C'est le retour des rois qui règnent à nouveau en France de 1814 à 1848. Ils ne seront pas aimés des Français qui se plaignent de ne pas avoir assez de liberté.
Le pouvoir appartient à deux chambres (assemblées) qui votent aussi les impôts. Cependant, ces deux chambres ne représentent pas tous les Français. Les pairs de la Chambre des pairs sont nommés par le nouveau roi, Louis XVIII. Les députés de la Chambre des députés sont élus par les citoyens les plus riches. Les Français sont mécontents. Bonaparte en profite pour revenir de l'île d'Elbe (1815). Louis XVIII s'enfuit. Bonaparte redevient alors le maître de la France, mais pour cent jours seulement. Car les États européens font de nouveau la guerre à la France. Napoléon est battu à Waterloo (1815). Il abdique une seconde fois et les Anglais l'envoient à Sainte-Hélène (une île de l'océan Atlantique) où il mourra en 1821.
Louis XVIII revient et signe la paix avec les Anglais (traité de Paris, 1815). Les troupes étrangères quittent le sol français. A la mort de Louis XVIII (1824), son frère Charles X monte sur le trône. Il dissout (annule) la Chambre par les ordonnances de juillet 1830. Il supprime la liberté de la presse (la liberté des journalistes d'écrire ce qu'ils pensent). Il va même jusqu'à remplacer le drapeau tricolore (symbole de la République) par le drapeau blanc (symbole de la monarchie). C'est trop. Le journaliste Thiers demande aux Parisiens de se soulever. Ils dressent des barricades et, après trois jours de combats de rues (27, 28, 29 juillet 1830 appelés les Trois Glorieuses), les Parisiens battent les troupes du roi. Charles X s'enfuit en Angleterre. Louis-Philippe 1er (cousin de Charles X) prend sa suite (1830). C'est la monarchie de Juillet. C'est une époque riche en progrès de toutes sortes. Les premières voies ferrées sont construites. Les grandes usines apparaissent. Le règne de Louis-Philippe est marqué aussi par la conquête de l'Algérie qui devient une colonie française.
Le mécontentement des Français contre Louis-Philippe s'aggrave à partir de 1846. Les récoltes sont mauvaises, le travail manque, beaucoup de gens ont faim. Un rien risque de mettre en péril la monarchie. Et c'est l'interdiction, par le roi, d'un banquet organisé par les opposants au régime qui met le feu aux poudres. La révolution éclate le 22 février 1848, Le roi abdique et s'enfuit en Angleterre. La monarchie est morte pour toujours.
La IIe République (1848-1852) et le Second Empire (1852-1870)
La révolution de 1848 établit la Seconde République et le suffrage universel. Louis Napoléon Bonaparte est élu Président de la République. Mais il veut rétablir l'Empire. C'est le coup d'État du 2 décembre 1851. Louis Napoléon Bonaparte devient Napoléon III.
24 février 1848 : la République est proclamée. Un gouvernement est formé en attendant l'élection d'une nouvelle assemblée. Le gouvernement provisoire rétablit le suffrage universel (mais seulement pour les hommes), abolit l'esclavage dans les colonies, accorde (accepte) la liberté de la presse, limite la journée de travail à dix heures à Paris et douze heures en province. Une nouvelle assemblée rédige la Constitution de 1848. Désormais, la France est gouvernée par un Président de la République aidé par une Assemblée législative. Louis Napoléon Bonaparte est élu Président de la République. Mais il veut devenir Empereur. Dans la nuit du 1er au 2 décembre, tous ceux qui sont contre Louis-Napoléon sont arrêtés. L'Assemblée est dissoute. Louis-Napoléon Bonaparte prend le pouvoir par la force. C'est le coup d'État du 2 décembre 1851. Un an plus tard, il devient Empereur (le 2 décembre 1852) sous le nom de Napoléon III. Le Second Empire est une époque de grande activité. Les chemins de fer se développent, les bateaux à vapeur triomphent, les villes sont transformées (création d'égouts, de gares, d'hôpitaux). Mais Napoléon III se lance dans des guerres qui le mèneront à sa perte. Pourtant, tout avait bien commencé. La guerre d'Italie rapporte à la France la ville de Nice et la Savoie. Le Sénégal (pays d'Afrique) devient une colonie française. Mais l'Empereur n'accepte pas que Bismarck, ministre de la Prusse, fasse de l'Allemagne et de la Prusse, un seul pays (trop grand, trop puissant et donc trop dangereux pour la France). Le 17 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Quelques mois plus tard, l'armée française est battue, le pays est envahi, Napoléon III est fait prisonnier à Sedan et le Second Empire disparaît.
La IIIe République (1871-1940)
Plus jamais ! La Troisième République tablit, par la Constitution de 1875, la Rpublique définitivement (pour toujours). Il n'y aura plus jamais de monarchie ni d'empire. C'est une priode de grand progrès pour les ouvriers. Mais c'est aussi une époque douloureuse pour le peuple français avec deux nouvelles guerres contre l'Allemagne (1914-1918 et 1919-1945).
Nous perdons l'Alsace et la Lorraine. C'est le prix de la paix signée sous la Troisième République le 10 mai 1871. Thiers, élu chef du gouvernement, relève le pays. Une nouvelle Constitution (1875) établit définitivement la République. Deux assemblées sont élues, la Chambre des députés et le Sénat. Ces assemblées, qui forment le Parlement, choisissent tous les sept ans le Président de la République. Celui-ci représente la France et nomme les ministres avec l'accord des Assemblées. Si le Parlement n'est pas d'accord avec un ministre, ce dernier est obligé de démissionner. Cette surveillance des ministres par le Parlement s'appelle « le régime parlementaire ».
Sous la Troisième République, la vie des ouvriers s'améliore. A partir de 1884, ils ont le droit de se grouper en syndicats pour défendre leurs intérêts et la journée de travail est réduite à 8 heures en 1919. L'année 1936 voit la création des congés payés et de la semaine de 40 heures. C'est aussi sous la Troisième République que le ministre Jules Ferry décide que l'école primaire sera gratuite, laïque (sans enseignement religieux) et obligatoire (de 6 à 13 ans). Mais la Troisième République, c'est aussi deux guerres contre l'Allemagne (1914-1918 et 1939-1945). La France sortira vainqueur de la Première Guerre mondiale et reprendra l'Alsace et la Lorraine (traité de Versailles en juin 1919).
La IVe République(1946-1958)
Enfin la paix. La France semble revivre. Mais tout est à reconstruire (usines, chemins de fer, etc.) Les Américains prêtent de l'argent à la France pour l'aider. C'est le plan Marshall. Une nouvelle Constitution voit le jour en 1946. C'est à Versailles que le Parlement élit le Président de la République. Ce dernier n'a pas de vrai pouvoir.
Par contre, c'est l'Assemblée nationale qui choisit le chef du gouvernement (le président du Conseil). Le président du Conseil doit se présenter devant les députés avec son gouvernement. Les députés ont alors le pouvoir d'accepter ou de refuser le gouvernement. C'est aussi l'Assemblée nationale qui fait les lois, le Sénat ne donnant que son avis. Mais une fois de plus, c'est une guerre, la guerre d'Algérie (les Algériens, sous domination française depuis 1 830, veulent être indépendants) qui fera tomber la Quatrième République.
Cette guerre, commencée en 1954, se terminera en 1962 par l'indépendance de l'Algérie.
La Ve République (depuis 1958)
Quatre-vingt pour cent (80 %) des Français votent pour une nouvelle Constitution le 28 septembre 1958. C'est la naissance de la Ve République soutenue (voulue) par le général de Gaulle. C'est la nôtre aujourd'hui.
Désormais, le Président de la République a de véritables pouvoirs. Dans la rédaction initiale de la Constitution, il est élu au suffrage universel indirect (c'est-à-dire par des électeurs qui ont eux-mêmes été élus par l'ensemble des Français) par 80 000 élus locaux, des maires par exemple. C'est lui qui nomme le Premier ministre chargé de former le gouvernement. En cas de situation grave, il a tous les pouvoirs : c'est l'article 16 de la Constitution. Le Sénat examine et vote les lois avec l'Assemblée nationale. Enfin, le Président de la République peut demander aux Français leur avis par référendum (on répond par oui ou non à une question). C'est ainsi qu'en 1962 les Français décident par référendum d'élire directement le Président de la République (suffrage universel direct) et non plus par l'intermédiaire des élus locaux.
Le général de Gaulle est le premier Président de la Ve
République.
Malvoyants